La librairie du Clairon

Depuis dix ans , le Clairon relate ses escapades, souvent au plus proche de la nature, partage son goût des saveurs et des couleurs, expose ses points de vue sur une société en pleine évolution.

Et maintenant le Clairon se retrouve sur papier avec des hors série qui rassemblent nos meilleurs articles par sujet, sous la forme de livres où le texte se marie avec des photos soignées. Les tirages sont signés Matisseo auprès de qui on peut acheter en ligne.

– La vigne et le vin:

couverture

Cinq leçons pour connaître la vigne et le vin .. et apprécier   les bonnes bouteilles !

Les vignes vues du ciel

Vendanges en Reuilly

40 pages

– Vers une économie numérique ?

vignette numeriqueLe secteur des services à l’heure d’Internet 2.0

Renouveler le tertiaire – des services pour aujourd’hui et pour demain

Révolution numérique : tous ubérisés?

Amateurs versus professionnels

Emploi et numérique

-Sous les tropiques

couverture sous les tropiquesLes plages de Martinique

Baignoire de Joséphine

Les jardins de Martinique

La route de la Trace

24H sur les marais de Kaw

-Préalpes d’ouest en est

couverture prealpesBeaufortain : la montagne préservée

Bénétan

En Chartreuse : le Guiers mort ou vif?

Dolomites: vertige des cimes, paix des alpages

– Marchés et cuisine de là bas

couverture-1040258Les marchés de Martinique et la cuisine créole

Marchés de Cayenne et cuisine Guyannaise

Habitations de Martinique : de la canne au rhum

La cuisine et la table: une passion libanaise

-De Forez en Auvergne

couverture forezLes Bois Noirs

La Montagne Thiernoise

En cliquant sur le titre du sujet vous êtes dirigés sur le site Matisseo où vous pouvez feuilleter le livre et l’acheter en ligne si vous le souhaitez. Le prix correspond aux frais de fabrication, une minuscule ristourne revient aux auteurs.

Dès le début Danièle Godard-Livet a contribué régulièrement  au Clairon. Mais voici un an  qu’elle  s’est aventurée à publier ses écrits sur le Web, avec la création du  site lesmotsjustes.org et l’auto-édition de ses textes

Vous pouvez ainsi trouver le roman de Danièle -ainsi que ses chroniques familiales-que vous pouvez télécharger en e-book ou acheter en ligne sous forme papier, en cliquant sur les titres ci-dessous .

T’es trop conne, Antigone,  Une vie à Puy-Guillaume et Histoire de mes ancêtres

Bannière dix ans 2016

Renouveler le tertiaire : des services pour aujourd’hui et pour demain !

Nous l’avons vu dans le précédent article, le secteur de l’industrie en France  n’est pas le seul  à connaître des défis historiques, les services  sont soumis à des bouleversements qui ne font que commencer.

On dit communément que les services ne sont pas exposés à la concurrence entraînée par la mondialisation. C’est vrai pour votre coiffeur , mais totalement à coté dela plaque pour bien des entreprises françaises de services  à dimension internationale.Business international Ainsi Cap Gemini, une des 13 plus grandes dans le  secteur informatique à l’échelle de la planète qui emploie 120 000 personnes dont 40 000 à l’étranger . De même Sodexo, dans la restauration collective,  regroupe  420 000 collaborateurs dans 80 pays. Les services français s’exportent bien , leur balance, +21,7 milliards en 2012 dépasse largement l’agriculture et l’agro-alimentaire  +11,7 M € et même l’aeronautique +17,5 M€. Quant aux seuls produits industriels et biens d’équipement, ils  présentent un déficit de 50 M€.   

Les services seront à l’avenir plus exposés à la mondialisation , du fait de leur dématérialisation croissante : rien ne s’oppose en théorie, à conclure un contrat avec un assureur anglais, de traiter sa comptabilité avec un cabinet belge, d’acheter du matériel photographique chez un e-marchand allemand. A la condition que les opérateurs sur Internet soient prêts à traiter ces nouvelles clientèles. Les français ne sont pas mal placés (14% du commerce passe par le canal électronique), mais moins que les tchèques ( 24%),  les irlandais(21%), les suédois(20%) , les anglais(19%) et les allemands (19%) si l’on considère la part de marché de l’e-commerce (vente en ligne et EDI échange de Données  Informatiques  entre entreprises).

Avec un marché en France de 57 Milliards d’€ – multiplié par 8,5 entre 2005 et 2014, l’e-commerce est bien ancré dans le paysage économique , malgré une défiance marquée des responsables économiques et politiques, échaudés par l’éclatement de la bulle internet au début de ce siècle et inquiets devant la difficulté de réguler ces activités (Amazon ne paye que peu d’impôts au Luxembourg quel que soit le lieu de la transaction avec le client final). Il devrait représenter 24 % de  l’ensemble du commerce en 2020 selon le CREDOC.

Mais la révolution des services ne concerne pas seulement les activités commerciales

Services du bien vivre individuel et collectif

Nos sociétés vieillissent sous l’effet de l’allongement de la vie et du retournement démographique. Même les pays émergents ne sont pas à l’abri de cette évolution. Ehpad Cette réalité survient dans une société marquée par une individualisation – voire un individualisme- croissant.  Les services sont donc aux premières loges pour tenter de renouer des liens qui font de plus en plus défaut.

Ces activités peuvent difficilement se passer du facteur humain.   Même si certains services périphériques ont un potentiel de modernisation : dispositifs d’assistance à distance – voire intervention de robots domestiques, télé-médecine, portage de repas… ,  dans chaque cas le maintien d’une relation humaine est primordial.

Ce qui se joue ici, c’est l’amélioration à la fois quantitative et qualitative des services de développement humain, autant de  biens communs, autant  de droits universels à (re)conquérir, dans l’éducation, la santé, la justice, la culture, les services destinés à la petite enfance, aux personnes âgées, aux handicapés, autant de services dits sociaux… On y applique aujourd’hui une logique de performance industrielle et de réduction des coûts qui menace la qualité des prestations et leur universalité. Cette évolution s’oppose à une nécessaire professionnalisation de ces métiers, et nuit au développement de l’emploi.

Dans le même esprit  si l’on veut assurer une orientation ferme de la société française vers une économie de la connaissance, il faudra donner une place accrue aux activités de recherche et d’éducation. En renouvelant les méthodes, notamment dans l’enseignement où l’efficacité du système est gravement mis en cause par les enquêtes internationales (PISA Programme international  pour le suivi des acquis- OCDE) 

verts les services !

Tout le monde peut constater les ravages sur notre environnement d’un développement irresponsable des activités industrielles pendant près d’un siècle. Mais lorsqu’on examine de près les dangers que court la planète, on ne peut que parvenir  à cette conclusion : c’est l’ensemble de notre mode de vie qu’il s’agit de modifier en profondeur. Et dans cette perspective, les services tiennent une place centrale, si l’on souhaite une économie verte, qui permette la poursuite du développement économique tout en réduisant la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, en limitant le plus possible la production de déchets et le gaspillage des ressources naturelles, en préservant la biodiversité et en renforçant la sécurité énergétique.

metiers vertsEn dehors des activités nouvelles qui apparaissent dans les énergies renouvelables, le traitement des déchets, la conception et la réalisation de l’isolation des bâtiments, c’est l’ensemble des services qui sont concernés par cette perspective.

Privilégier la proximité, «acheter et consommer local ».  Cela devrait favoriser les circuits courts, y compris dans des services «au plus près des gens », en fonction de bilans écologiques et sociaux : la grande distribution n’a pas la même empreinte écologique ni la même utilité sociale qu’une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) distribuant les produits de producteurs proches. Il s’agit aussi de maintenir et réorganiser les services publics pour qu’ils s’adaptent au plus près des besoins des usagers.

Enfin, l’idée progresse qu’il  n’est pas toujours indispensable d’être propriétaire d’un bien ou d’un objet pour profiter de son usage. velibDans les métropoles, pourquoi faire l’acquisition d’un vélo – ou même d’une voiture- si l’on peut profiter d’un réseau bon marché de véhicules gérés collectivement : Vélib, Autolib et autres Vélov. Dans ce cas, le besoin de plus de produits industriels recule devant le besoin de plus de services adaptés. On peut citer les services de location, de réparation, de récupération, de revente, de recyclage, d’entretien, de prévention et plus généralement toute une «économie du prendre soin » des objets, des ressources naturelles vitales et de la qualité de l’environnement.

Dans le même  esprit, le co-voiturage  http://www.covoiturage.fr/  , la consommation collaborative se développe en remettant en cause le besoin de toujours plus d’objets industriels. La gratuité –qui est une valeur forte de la « culture Internet » – vient même contaminer heureusement ces nouvelles pratiques : donner une seconde vie aux objets dont on n’a plus l’utilité grâce à www.donnons.org, organiser une après-midi conviviale pour récolter les cerises de votre jardin sur  http://www.onvasortir.com , échanger votre maison pour des vacances sur http://www.echangedemaison.com/  ou tout simplement louer tout ou partie de votre logement pour une semaine ou un mois sur www.airbnb.fr   

Vous l’avez compris le tertiaire est à la veille de grands bouleversements. Ces révolutions sont subies par les responsables économiques et politiques, plutôt qu’anticipés et accompagnés. L’histoire récente  de l’industrie musicale qui n’a rien vu venir, rien prévu, qui s’est raccrochée désespérément aux solutions répressives mises en avant par un pouvoir politique myope,  est un magnifique contre-exemple de ce qu’il ne faudrait pas faire.

Il est temps de penser aux nouveaux services de demain !

Pour en savoir plus : http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/

http://www.oecd.org/fr/economie/34752900.pdf