Salut les déconfinés – 8 –

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On dirait le sud !

On nous dit qu’avec le changement climatique, il faut s’attendre à une modification de nos paysages, qu’un jour les alentours de Lyon ressembleront à ceux de Madrid aujourd’hui.
Cette semaine passée à Chabeuil, à une heure de chez nous, au milieu de cette petite canicule de septembre, m’a donné comme un avant-goût de ce glissement vers le sud. En parcourant ces espaces péri-urbains, à distance de la vieille ville sur son piton, ces bâtisses anciennes à l’allure quasiment coloniale, ces jardins grillés me rappelaient le midi de mon enfance et peut-être plus loin vers le sud, l’Andalousie, les quartiers européens du Maghreb…

Les palmiers sont courants et même cet agave mexicain au coin d’une terrasse:

Les clôtures occultantes protègent de la vue mais aussi de la chaleur qu’elle reflètent grâce à leur blancheur agressive.

Mais toutes les villas ne sont pas pimpantes. Le temps, l’absence d’entretien ont fait leur oeuvre :

Sans compter ces espaces délaissés où s’entreposent toutes sortes de matériaux à l’abandon :

C’est dans le camping où nous logeons, à deux pas du centre ville. Une bonne part des emplacements sont occupés à l’année par des familles qui y ont installé leur domicile, grâce aux commodités modernes : électricité, eau courante, eaux usées, à l’ombre de platanes centenaires;

Credit photo Danièle Godard-Livet

Chabeuil ne cesse de s’étendre, de construire de nouveaux lotissements pour des exilés de la ville voisine Valence qui se dépeuple. Les champs, les terrains vagues, les bâtiments agricoles sont promis à l’oeuvre des promoteurs.

Cette vieille grange, située rue des Alexandrins va rejoindre les constructions disparues de ce « clos des Poètes ».

Le dernier en date des lotissements. Un bel ensemble encore en peine croissance . Des maisons individuelles et des petits immeubles collectifs au bord de la Véore, qui serpente à coté, encore en eau malgré la sécheresse.
Qui a dit que les petites villes n’avaient plus d’avenir ?

Salut les déconfinés -7-

À la Une

Etrange épidémie !

Non contente de semer la panique d’un bout à l’autre de la planète, d’envoyer au cimetière 800 000 terriens à ce jour, cette épidémie excite les esprits et transforme les plus placides en passionaria (ou -o) d’un camp ou d’un autre.

J’en sais quelque chose, vu que je suis placé entre deux types de combattants opposés, de quoi craindre les balles perdues. Tous les deux sont retraités et ont passé depuis plus ou moins longtemps les soixante ans.
 Commençons par Philippe, qui habite Venise depuis toujours (enfin presque, je l’ai connu aussi dans sa vie française). Au moment où tout le monde parlait de « grippette » en France, c’est grâce à lui que l’épidémie a pris, à nos yeux, un peu de consistance, une vraie réalité jusqu’à ce que nous annulions début Mars notre voyage vers la Sérénissime.

Philippe a survécu dans une Vénétie confinée parmi les premières régions d’Europe.  Pendant toutes ces semaines, il a tenu sur Tweeter une chronique régulière des chiffres italiens présenté par la protection civile. Dans un appel adressé à ses amis français, il s’inquiétait de l’insouciance qui régnait encore chez nous où l’épidémie observait un retard de 8 jours par rapport à l’Italie du Nord 

RESTEZ A LA MAISON !!! tel était le message qu’il martelait sur son blog, sur les réseaux sociaux.

Au moment du déconfinement, Philippe n’a pas quitté son attitude inquiète face à l’épidémie. A chaque relâchement programmé des mesures de protection, il s’insurgeait devant cette hâte coupable des autorités.  Il a ainsi refusé cet été de rejoindre son épouse en France, vu les mauvais signes de reprise de l’épidémie de ce côté des Alpes.

Jean se trouve à l’opposé. Cet ami de quarante ans est viticulteur, on se voit aux vendanges et puis sur Facebook.

Comme beaucoup d’agriculteurs qui ont pu continuer à se déplacer, à travailler leurs champs, il n’a pas été personnellement gêné par le confinement. Mais il s’inquiétait des restrictions qui pesaient sur son activité : annulation des foires au vin, fermeture des bars et restaurant, exportation en berne du fait des taxes imposées par Trump sur les vins français. Il n’a pas tardé à se rapprocher des coronasceptiques contre la « dictature sanitaire » et au nom des libertés fondamentales, partageant sur Facebook les publications de Jean-Dominique Michel puis celle du Professeur Raoult, recommandant la lecture de son livre. Le point commun : l’épidémie n’est pas si grave, elle est appelée à disparaître, les autorités en profitent pour restreindre les libertés, le système politico-médico-médiatique s’acharne à discréditer le seul traitement efficace : la Chloroquine !

Entre les deux, nous observons les jeunes dans notre entourage, qui se soucient fort peu des querelles académiques. Vaille que vaille, ils se sont soumis avec difficulté aux restrictions du confinement. Maintenant, ils attendent impatiemment de pouvoir reprendre leur liberté, bouger, voir leurs amis, faire la fête ….

Alors c’est vrai que cette épidémie (et surtout la reprise actuelle en Europe) ne fait rien pour clarifier nos débats :


 Des contaminations en hausse rapide, qui contrastent avec des hospitalisations stables voire en légère augmentation. Des jeunes, asymptomatiques (la moitié des cas) sont détectés grâce à des tests enfin nombreux, ils ont peu de risque de développer des formes graves. Rien à voir avec la situation de février-mars !

La situation donne un avantage aux tenants de la thèse de la disparition de l’épidémie. Même si leurs arguments n’en sont pas plus convaincants. Peu importe qu’on évoque la saisonnalité, l’immunité collective, les mutations d’atténuation ou l’adoption d’un traitement miracle, aucune de ces hypothèses n’a, à ce jour, bénéficié de preuve recevable, voire définitive.

Du coté des autorités, on craint le pire pour la suite, les cas positifs donneront inévitablement les hospitalisations de demain et les décès d’après-demain. Taxés de cécité et d’impréparation en Mars, ils ne voudraient pas se laisser surprendre par une reprise incontrôlée de l’épidémie et multiplient les mesures parfois excessives.

Ce resserrement des restrictions peut apparaitre décalé par rapport à une situation où les menaces sont encore vécues comme abstraites.

Les querelles n’ont pas fini de prospérer… l’avenir seul les départagera à condition que chacun s’astreigne à juger des faits et non à rechercher à tout prix confirmation de ses opinions.

Salut les déconfinés -6-

À la Une

Certaines théories scientifiques sont invoquées par les coronasceptiques.

Le corona-scepticisme est une opinion. Elle s’appuie parfois sur l’une ou l’autre des interrogations scientifiques sur le virus et le développement de l’épidémie.
A un moment où le conseil scientifique s’inquiète d’une probable seconde vague dans les semaines à venir, diverses thèses viennent alimenter le doute ou la révolte des anti-mesures sanitaires , au-delà des critiques légitimes de la gestion politique de l’épidémie.

L’épidémie est en train de disparaître : Le professeur Raoult ne disait pas autre chose dès le 14 avril. Maintenant, après 30 000 décès, il n’est plus aussi affirmatif !

D’autres médecins mettent en avant la baisse des cas positifs (et encore il pourrait s’y cacher beaucoup de faux positifs) et surtout la baisse, voire la disparition des cas mortels. Le docteur Nicole Delépine, dans une tribune parue le 31 juillet  dans le Parisien  y voit le signe d’une disparition de l’épidémie.

et le règne de « la propagande de la peur ». Comment le virus est -il amené à sa fin, selon quels mécanismes biologiques ? Mystère !

Alors, comme la prédiction n’est pas fondée sur des éléments explicatifs, il n’y aura qu’un juge de paix pour la réfuter : les chiffres des jours suivants qui pourraient annoncer le rebond de l’épidémie.

Le virus est saisonnier

Le virus pourrait disparaître avec le retour des beaux jours mais pourrait revivre avec l’hiver.

La diffusion du virus sous toutes les latitudes permet maintenant de mettre en doute cette théorie : le virus flambe simultanément dans l’hémisphère nord en plein été (cf les USA) ainsi que dans l’hémisphère sud en plein hiver (cf le Brésil). Difficile d’espérer une disparition estivale même si la diffusion du virus a considérablement ralenti.

L’immunité collective

 Pour l’instant le nombre d’individus ayant contracté le virus et ayant acquis sans doute une immunité est estimé aujourd’hui en France à 10% par le conseil scientifique.
 Tout le monde s’accorde à dire qu’un jour, la proportion de personnes ayant contacté le virus, et ayant développé une immunité, sera suffisante pour stopper sa diffusion. Les épidémiologistes de l’Impérial College de Londres l’avaient fixé à 70%. Mais que se passe-t-il, si l’on ne prend aucune mesure sanitaire, avant d’atteindre ce seuil ? Eh bien pas mal de morts : 250 à 500 000 morts annoncés au Royaume uni qui, finalement, a changé de doctrine.

Une autre thèse met en avant le fait -incontestable- que parmi les individus infectés, certains ne donnent lieu à aucun nouveau cas par contagion, alors que d’autres sont des « superspreaders » des supercontamineurs qui contaminent des dizaines de personnes, sans doute du fait d’une particularité biologique ou d’une pratique sociale très extravertie. Il est donc difficile de parler d’un R0 (« le taux de reproduction ») homogène. Ce R0 effectif peut aussi évoluer selon le stade l’épidémie. Le seuil d’immunité peut donc se situer plus bas que les 70 %, peut-être autour de 25 %. Même avec cette hypothèse, on est loin actuellement en France de s’en approcher.

C’est néanmoins le pari qu’a adopté la Suède, sous l’impulsion de l’épidémiologiste en chef, Anders Tegnell, en renonçant à la perspective de mesures sanitaires fortes. Les lieux publics sont restés ouverts, la population libre de ses mouvements et sans masques.

Les parcs publics à Stockholm en mai

Résultat : beaucoup de morts (560 par million d’habitants), mais moins que la Belgique, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne et un peu plus que la France (450 par million), avec une baisse plus tardive comparée aux autres pays européens ayant confiné.

Les mutations du virus

Certains commentateurs ont pu espérer qu’au fil des mutations le virus pourrait devenir moins agressif. C’est ce qu’on avait dit au sujet de la grippe H1N1 dite grippe porcine qui s’était révélée moins virulente que prévu. Et c’est ce que prédisaient certains optimistes pour l’épidémie COVID 19.

Hélas ! Pour le coronavirus Sars-CoV-2, c’est une autre affaire. On sait qu’il mute sans cesse, mais pas pour s’atténuer. La mutation D614G, est pointée par le laboratoire national de Los Alamos : mieux adaptée, plus contagieuse, mais pas plus mortelle, elle serait apparue en Europe dès Février.

Un recul improbable de l’épidémie

Nous avons vu que les théories sous-jacentes aux pronostics optimistes ne permettent pas de les valider. Elles sont l’occasion pour de nombreux commentateurs de dénoncer une soi-disant dictature sanitaire et de refuser les mesures de distanciation sociale et les gestes barrière.

N’écoutons pas ces faux prophètes qui affaiblissent nos défenses face à une deuxième vague hélas bien probable.

Personnellement, mon choix est fait : Faisant partie de la population à risque, je maintiens mes distances vis-à-vis de ceux, plus jeunes, qui ne craignent pas de s’exposer et je garde mes protections.

*Spécial Beyrouth : Les libanais ont tout eu : la crise économique, le COVID et maintenant cet accident format XXXL. On a vérifié la situation de nos amis là-bas, de notre famille : Ils vont bien !
Place maintenant à la solidarité : Fondation de France Solidarité Liban

Un seul cadeau qu’on ne peut leur amener à leur place : Une démocratie débarrassée des clans et des confessions et une bonne gouvernance !

Salut les déconfinés – 5-

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Face à l’épidémie, on est loin du consensus !

Au-delà de l’insouciance des vacances, désirée pour beaucoup, redoutée pour les autres qui craignent l’envolée des contaminations, tout le monde s’interroge sur les semaines qui nous attendent. Et nous avons peu d’éléments pour imaginer la suite, à moins de consulter des voyantes. Alors écoutons « les spécialistes, les scientifiques, plus généralement les penseurs » qui vont nous montrer le chemin.

Hélas ! Si les scénarios de prudence l’emportent dans les milieux scientifiques et sont respectés majoritairement dans l’opinion publique, il ne manque pas de voix dissonantes. Les corona-sceptiques sont nombreux.  Essayons d’en faire l’inventaire : Rappelons-nous, début mars : l’épidémie commence à flamber en Italie qui confine des régions au Nord puis dans tout le pays ? Le 17 mars, le confinement est décrété en France.

Dans le même temps le professeur Raoult annonce la fin de partie pour le virus. Sans oublier de vanter les mérites de son traitement, le célèbre infectiologue annonce la fin de l’épidémie :
“Pour nous, l’épidémie est en train de disparaître progressivement.” Voilà comment débute la vidéo du 14 avril publiée par le directeur de l’IHU Méditerranée, à Marseille, au sujet de la propagation du coronavirus dans la ville. 
“Il est possible que d’ici quelques semaines, il n’y ait plus de cas”, poursuit le docteur controversé, dont le président de la République Emmanuel Macron a vanté les mérites le mercredi 15 avril. “C’est assez banal”, ajoute-t-il évoquant la perspective de la disparition de l’épidémie au printemps, ce qui arrive avec certains virus.



Une autre voix le rejoint de Suisse cette fois : Jean-Dominique Michel et son blog qui est repris abondamment sur les réseaux sociaux, Il n’est pas épidémiologiste, infectiologue ou virologue, ni même médecin ou universitaire. Il se présente comme anthropologue de la santé, en fait il est juste titulaire d’un “diplôme d’études supérieures” en provenance d’une certaine “Psycho-Physics Academy” de Londres, complété par d’autres formations (bio-généalogie, coaching, théologie). Il ne dispose pas de position institutionnelle centrale mais gravite depuis longtemps dans le monde de la santé.
Jean-Dominique Michel est par ailleurs secrétaire général de l’association Pro Mente Sana, fondateur d’un institut de neuro-coaching et auteur d’un livre sur les médecines alternatives, auxquelles il dit s’être converti à la suite d’une expérience personnelle auprès d’un chamane philippin. Il a monté sur ces bases un prospère business de caoching.
Selon l’auteur l’épidémie a été surestimée, les autorités sanitaires en ont profité pour imposer des mesures liberticides. Il évoque une « hallucination collective »
Un site d’information suisse a bien résumé ses positions.

Certains penseurs ont pris position contre la « dictature sanitaire ».

Bernard Henri Levi parcourt les plateaux télévision en serrant ostensiblement les mains en dépit des recommandations.« Une vague de crétinisme et d’ignorance a déferlé sur le monde» . C’est ainsi qu’il analyse la réaction de nos sociétés face à ce « virus qui rend fou ».

Henri Comte-Sponville s’insurge contre le « tout Covid ».

Pour le philosophe, « il faut d’abord se rappeler que l’énorme majorité d’entre nous ne mourra pas du coronavirus. J’ai été très frappé par cette espèce d’affolement collectif qui a saisi les médias d’abord, mais aussi la population, comme si tout d’un coup, on découvrait que nous sommes mortels. Ce n’est pas vraiment un scoop. Nous étions mortels avant le coronavirus, nous le serons après ». « La tendance existe depuis déjà longtemps à faire de la santé la valeur suprême et non plus de la liberté, de la justice, de l’amour qui sont pour moi les vraies valeurs suprêmes. » 

Et puis c’est du côté des politiques qu’on trouve les meilleurs corona-sceptiques.

Trump pendant des mois n’a cessé de relativiser l’épidémie, organisant des grands rassemblements sans aucune précaution. Mais devant la croissance incontrôlable du nombre de mort dans son pays, s’est finalement rangé du côté des précautionneux en recommandant le port du masque.
De son côté, Bolsonaro, malgré sa contamination, n’a pas cessé de défier les règles de distanciation sociale et de combattre les mesures de santé publique.

Une partie de la population, surtout aux USA, refuse les mesures de santé publique pour des raisons idéologiques ou politiques.

Une manifestation anti-confinement dans le Michigan avec des armes : photo

Le corona-scepticisme est une opinion. Elle s’appuie parfois sur l’une ou l’autre des interrogations scientifiques sur le virus et le développement de l’épidémie. Dans un prochain post nous tenterons de faire le tour des diverses approches.

Salut les déconfinés -4-

À la Une

Le tour du Sancy en quatre jours et en camping-car

Depuis le déconfinement, nous avions dans l’idée de respirer l’air des sommets auvergnats, mais de nombreux travaux à la maison et sur notre camping-car, nous avaient fait différer notre projet.

Mercredi 15 juillet nous prenons la route par temps gris pour joindre Aydat et son aire de camping-car superbement aménagée en limite de zone humide au bord du lac propice à l’observation des oiseaux et autres éléments de la biodiversité. Nous y avions fait un séjour agréable en octobre 2014.   Après une difficile traversée d’Aubière pour cause de fermeture de la jonction A89-A75 nous arrivons à destination. L’aire (payante) est plus chargée qu’en automne, mais il reste des places. Pas un seul oiseau, hormis les canards cols-verts qui se moquent du mauvais temps.

Jeudi 16 juillet il fait toujours très gris et frais. Après l’invite d’un animateur d’exploration de la zone humide et un rapide (demi) tour du lac, nouvelle petite incursion en zone humide où je vois un ragondin (petit).

La zone est bien aménagée avec des cheminements de planches au-dessus de l’eau et de la végétation aquatique . Et de nombreux postes d’observation, peu utiles en cette période , les migrateurs sont déjà passés. J’avais repéré le héron et je peux indiquer son emplacement à l’animateur qui termine sa promenade avec le groupe de 20 personnes, dont de nombreux enfants… qui se moquent de voir le héron. En début d’après-midi nous décidons de lever le camp et d’aller voir plus loin et plus haut.

En route donc pour la vallée de Chaudefour, réserve naturelle, haut lieu des botanistes clermontois et promenade appréciée depuis le XIXe siècle comme en témoigne le tableau d’un peintre russe exposé au musée de St Petersbourg.

Il y a tant de voitures garées dans le modeste parking que nous renonçons et nous garons un peu plus loin au milieu des prés et des vaches. Une grand-mère et ses deux petits enfants (8 et 10 ans) tous munis de jumelles observent un milan royal (ci-dessous) posé dans une prairie fauchée.

Le rapace n’est pas pressé; j’ai même le temps de régler le zoom et de le saisir dans son envol. Les enfants nous montrent aussi des bruants jaunes et des torcols ! Repérés grâce à leur jumelles de qualité mais aussi à l’acuité de leurs yeux tout jeunes. Jamais je n’ai vu des enfants aussi calés en ornitho qui font la différence entre le bruant jaune et le bruant zizi et vérifient dans le guide !

Il fait toujours très gris et on ne voit pas grand-chose de la vallée de Chaudefour. Les nuées s’accrochent dans les hauteurs. Parfois, sur les sommets,  la Dent de la Rancune apparaît à travers le brouillard qui la cache très vite à nouveau.

Vendredi 17 juillet. Il fait toujours gris. Nous partons très tôt à l’assaut du circuit de la vallée de Chaudefour. Quelques camping-caristes ont dormi sur le parking vidé par la nuit. Très vite nous sommes rejoints par de nombreux randonneurs. Le chemin est bien aménagé, la hêtraie et la sapinière d’épicéas splendide. Arrivés à la source ferrugineuse, il est évident que le temps ne se lèvera pas et qu’il y aura bientôt un monde fou. Il est temps de lever le camp.

Direction Super-Besse pour prendre de la hauteur. Un arrêt à Besse, et une visite du centre-ville moyenâgeux nous fait découvrir une vieille cité commerçante sans doute très prospère qui se préparer à une foire touristique de grande ampleur pour le week-end.

Les parkings pour camping-car ne manquent pas à Super-Besse ! Le village manque de charme malgré son grand lac.

Urbanisme de station à la mode des années 70, certaines constructions comme cette tour de 15 étages au bord des pistes ont de quoi choquer. Beaucoup de logement gardent leur volets fermés. Mais l’affluence des familles , souvent venues pour la journée, est le signe d’un tourisme d’été qui va bon train. Différentes activités de glisse sont proposées autour des quelques remontées mécaniques qui fonctionnent : nous n’empruntons pas la Tyrolienne, pas plus que nous ne louons un kart ou un VTT pour descendre les pentes. Ça a l’air réservé aux enfants d’ailleurs.
La grisaille et le froid persistent. Cela fait trois jours que Norbert m’annonce en vain le retour du beau temps. Aujourd’hui il est frigorifié et se réfugie à l’intérieur du camping-car.  Je suis plus couverte que lui et je vais par les prés jusqu’à la chapelle de Vassivière. C’est plein de fleurs.

Samedi 18 juillet. De premiers signes de ciel bleu apparaissent dès le lever du soleil.

Nous partons pour le lac Chauvet par le col de Geneste. Planèzes en fleurs splendides et une maison isolée sur une butte. A 1400m d’altitude, sur une butte soumise aux vents d’hiver, au gel, à la neige, cette construction du siècle dernier qui n’a rien d’une bergerie d’estive, ne manque pas d’attirer notre curiosité.

Plus bas, le lac Chauvet est charmant, à fleur de terre, très bleu, encadré par les molles ondulations des prairies d’élevage.

Les nuages courent dans le ciel. Un papa initie son fils à la pause longue avec pied et filtres… pour saisir un filé sur les nuages ? Mais le lac est propriété privée et le propriétaire de l’unique maison surveille les promeneurs. Pas question de s’installer.

À Picherande, petites courses. Nous nous mettons en quête de Saint-Nectaire après avoir vu un panonceau annonçant la vente à la ferme du précieux fromage. Un brave homme occupé dans son potager à qui nous demandons notre chemin nous prévient : il y a pénurie de Saint-Nectaire, ce qu’il m’explique par « trois causes combinées » :

– la sècheresse de l’an dernier dont les vaches ont souffert

– le printemps très précoce qui a rendu l’herbe rapidement trop dure et la covid 19 qui a contraint les producteurs à trouver d’autres modes de commercialisation puisque plus personne ne venait à la ferme

– l’afflux des touristes au moment du déconfinement.

Effectivement, il n’y a plus aucun Saint-Nectaire dans les fermes. Nous ferons deux tentatives avant d’abandonner. A chaque fois nous croisons des touristes à la recherche du stock caché. Du jamais vu pour une production fromagère qui a su maintenir et développer les exploitations laitières et amener un peu de prospérité dans ces territoires difficiles grâce à une bonne gestion de l’appellation protégée.

Nous terminons la journée au bord du plan d’eau de La Tour d’Auvergne et une petite promenade par un chemin creux et ombragé à la vieille église de St Pardoux, classée monument historique et en pleine rénovation.

Dimanche 19 juillet retour par l’A89 et l’A 71. Nous quittons la très verte Auvergne pour retrouver les prairies desséchées des Monts du Forez et des monts du Lyonnais.

En prenant de l’essence chez Leclerc, nous rencontrons nos amis Jean François et Colette qui partent manger chez Marcon (une table réputée) à Sauzet le froid. Décidément l’Auvergne a la côte cette année.

Salut les déconfinés -3-

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L’épidémie sous contrôle ? Ou pas ?

Après deux mois de confinement, un déconfinement très prudent, tout le monde se détend désormais. Où passer ses vacances ? Où trouver une plage ? Où faire la fête ?

Même de modestes fêtes de famille sont l’occasion d’embrassades, de bises qui claquent. Sauf une bonne partie de ceux qui, comme moi, ont dépassé les 65 ans qui se retrouvent un peu à contre-courant, cherchant à éviter les rapprochements excessifs. Ils savent -on leur répète dans tous les médias – que 90% des décès concernaient les plus de 65 ans (85% des cas mortels pour les plus de 70 ans). Les plus jeunes peuvent donc logiquement se permettre l’insouciance après les lourds sacrifices du confinement.

Et pourtant les autorités rappellent que le virus est toujours présent et que les gestes barrière sont toujours indispensables.
Nos gouvernants sont-ils vraiment exemplaires ?
Si quelques masques apparaissent à l’assemblée nationale : ici JM Blanquer et Jean Castex.

En revanche, finies les précautions, lorsqu’il s’agit de se rapprocher, montrer son affection, ses émotions vraies ou feintes, lors de la passation de pouvoirs du nouveau gouvernement.

L’exemple ne viendra pas de nos dirigeants. Alors écoutons les scientifiques :

 Le conseil scientifique ne cache pas son inquiétude, teintée d’une pointe d’exaspération. «On est frappé de la dissociation entre la connaissance des Français que le virus continue de circuler et le relâchement profond sur les mesures de distanciation sociale», déplore son président, Jean-François Delfraissy. Lors d’un «point d’étape» mercredi, alors que prend fin le 10 juillet en métropole l’état d’urgence sanitaire, plusieurs membres du conseil mis en place pour éclairer l’exécutif dans la gestion de la crise sanitaire ont tenu à marteler l’importance des gestes barrières.

En Mayenne l’épidémie connaît une progression inquiétante. Une vaste campagne de dépistage est mise en oeuvre. La Bretagne, PACA repassent dans le rouge.

L’alarme a été entendue par nos dirigeants : E. Macron annonce le port du masque obligatoire le 1er août. Pourquoi le 1er Août si c’est une mesure adaptée à une situation qui devient urgente ? Quelques jours plus tard, le premier ministre Castex rectifie le tir : ce sera finalement à partir du 20 juillet. Alors n’oublions pas les masques dans les endroits confinés (commerces, services publics, réunions) , mais aussi à l’extérieur quand les distances ne peuvent être respectées.

Mais au-delà de la perspective à court terme, on s’interroge : devra-t-on reconfiner d’ici quelques semaines comme dans la région de Barcelone, dans la région de Lisbonne ou dans un canton en Allemagne ?
Aux USA, pourtant confrontée à un redémarrage violent des décès, Donald Trump annonce inlassablement la fin proche de l’épidémie. Que se passera-t-il d’ici l’hiver ? Dans un prochain post nous ferons le tour des différentes thèses en présence

Salut les déconfinés – 2-

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Déconfinement en Haute Azergues

Retrouver d’un seul coup sa liberté de mouvement (même dans la limite des 100km) peut s’avérer déstabilisant pour certains. Ainsi en Espagne, les médias ont identifié des troubles mentaux qui touchent certains déconfinés devant une difficulté à sortir, une angoisse dans les lieux ouverts, une hésitation à rencontrer leurs proches. Ils ont baptisé cette situation du joli nom de « syndrome de la cabane », en référence à l’aspect protecteur qu’on peut trouver à son logis habituel.
Après deux mois de confinement, nous avons trouvé la transition idéale pour échapper au traumatisme de la liberté : notre « cabane » s’est transférée sur les 4 roues de notre Camping-car.
Et où trouver un dépaysement suffisant dans les 100km autour de chez nous ?

Privés par deux fois ( une grève, puis la Covid19) du voyage en train Lozanne-Paray-le-Monial, en remontant la vallée d’Azergues où nous habitons, nous avons ainsi décidé de le faire en Camping-Car dès l’annonce du déconfinement pour approcher les ouvrages d’art de la ligne et explorer les multiples vallées, vallons, versants, croupes et cols de cette Haute Azergues.

Première étape : Chambost-Allières, nous nous posons au premier parking au dessus de la vallée, juste à côté du village de Chambost. C’est ensoleillé et très venté. Les agriculteurs font les foins : fauchent, andainent , enroulent, transportent, enrubannent.

Des milliers de fleurs couvrent les bords de chemin.

Danièle ramasse un énorme bouquet qu’elle porte religieusement jusqu’à la fin de notre périple.

Deuxième étape : l’autre versant de la vallée, de Grandris à Cublize, ce ne sont que bois de douglas serrés et routes tortueuses. Ici la forêt assombrit tous les versants. C’est une forêt exploitée, les coupes sont nombreuses.

Le lac des sapins est bien décevant et interdit (à cause de la Covid19) de toute façon. Nous rejoignons la vallée d’Azergues par Ronno, charmant vallon agricole, et faisons étape pour la nuit au col de la Croix de l’Orme. Chants des grenouilles des étangs en contrebas, vol de hérons, terre préparée pour le maïs. la route croise une piste de trail : cyclistes, marcheurs, motards équipés pour l’aventure extrême.

La voie ferrée n’est pas très intéressante dans cette portion et nous ne la rejoignons qu’à Lamure d’Azergues (qui offre aussi l’avantage d’une très belle station de vidange pour camping-car proche de la gare). Cap sur St Nizier d’Azergues et Claveisolles, site de la fameuse boucle de Claveisolles. Un tunnel au tracé hélicoïdal qui lui permet de gagner 43 m sur la pente.

Repas à la gare de Claveisolles, pimpante mais désaffectée. Pas de train non plus, le service est encore assuré par car dans cette période de déconfinement.

Troisième étape : nous repassons de l’autre côté de la vallée d’Azergues pour gagner Ranchal, au milieu des bois. Halte pour la nuit à Notre Dame de la Rochette, immense sanctuaire à la vierge. Entre forêt épaisse et coupe à blanc, on observe les traces du travail des débardeurs, et on se félicite de ne pas rencontrer de camions grumiers sur la route étroite.

L’exploration ne serait pas complète sans un arrêt à Poule-les Echarmeaux où la voie s’enfonce dans un très long tunnel (4153 m, le plus long de toute la ligne) pour ressortir côté Bourgogne. De quoi éviter les fortes déclivités du col des Echarmeaux (712 m) , dernier obstacle avant de redescendre vers la Saône-et-Loire et Chaufailles.
Il nous faut bien longtemps pour trouver la gare, les deux hôtels de la gare (désaffectés) et l’entrée du tunnel. Un sculpteur a élu domicile en face d’un des hôtels, près de l’autre un immeuble de logements, au milieu de nulle part, mais avec de très beaux potagers bien entretenus.

Quatrième étape : allons-nous jusqu’à Monsols ou rejoignons-nous le beaujolais viticole ? C’est un peu tôt et une erreur d’orientation nous conduit à nouveau au-dessus de Claveisolles. C’est l’occasion de voir l’ancien immense couvent qui eut de beaux jours au XIXeme siècle mais est désormais repris par l’Opac et promis à un autre avenir.

C’est au col de la Casse froide que nous trouvons abri sous un tilleul majestueux pour le repas. Un paysan épand son fumier et le vent nous apporte l’odeur que nous jugeons moins dangereuse que celle des épandages phytosanitaires. On devine le Mont-Blanc mais le temps n’est pas assez clair.

Nous partons pour Monsols, mais nouvelle erreur d’orientation et c’est sur la route du Vernay que nous nous retrouvons, à flanc de côteau. Face au Mont-Blanc (toujours aussi peu visible) le village expérimente la route solaire !

Cette fois nous redescendons côté vignes, mais pas trop vite, à flanc de côteaux entre vignes et forêts (de feuillus) en passant par les cols de la croix de Marchampt et celui de la Croix Rozier. C’est étroit, tortueux et sans véritable découverte à l’exception d’un étrange dépôt de camions abandonnés au col de la Croix Rozier. Les vignes montent à l’assaut des collines vertes .

On descend et ce ne sont que vignes et vignerons traitant leurs vignes jusqu’à atteindre Denicé où nous mangeons chez Mathias (le bar du village fait des pizzas à emporter).

Salut les déconfinés -1-

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Economie : c’est reparti ?

Rappelons-nous : au lendemain du confinement installé le 17 mars, chacun se faisait une idée de la fin de ce mauvais passage. Ainsi le déconfinement nous ramènerait nos libertés d’aller et venir, de travailler, de fréquenter nos lieux collectifs, de voir nos amis, de partir en vacances … On connaît la suite : comment ces espoirs ont été largement relativisés par la réalité de l’épidémie.

Pour l’économie ce fut un peu pareil. Le déconfinement donnerait le signal du redémarrage de l’économie qui avait été en grande partie préservée par les mesures de soutien aux entreprises, de maintien des salariés grâce au chômage partiel… L’économie était sur pause, il suffisait de basculer sur Play pour que chacun retrouve son activité. Mais plus l’échéance se rapprochait, plus on prenait conscience que ça risquait d’être plus compliqué.  

Redémarrage : Pourquoi ce n’est pas si simple

Il faut bien se rendre à l’évidence : le virus est présent et restera présent pour un bout de temps. Si on veut éviter une seconde ou une troisième vague qui pourrait submerger de nouveau le système de santé, il faudra maintenir un dispositif important de précautions. Les restaurants, les discothèques, les concerts ne sont pas près de réouvrir. Et dans de nombreux secteurs les mesures de protection sanitaire s’opposeront à une pleine activité.  

Et puis ça dépendra des décisions individuelles des entrepreneurs, des salariés, des clients, des syndicats, de la justice. Autant il suffisait au moment de la mise en place du confinement de quelques décrets et des gendarmes postés aux carrefours, autant le redémarrage de l’économie est le résultat d’une multitude de variables souvent imprévisibles.

Les fabricants de bière ne peuvent reprendre leur pleine activité que si les bars, les restaurants, les concerts et les apéros entre amis réamorcent la demande. En attendant ils se demandent si une partie de la production ne devait pas partir aux égouts ou à la distillation.

Certaines entreprises ont une grande difficulté à organiser un process de production respectueux des gestes barrière. C’est ainsi qu’Amazon, contraint de fermer par décision de justice à la demande de la CFDT, a d’elle-même suspendu momentanément son activité en France.

A Renault Sandouville, les syndicats majoritaires (Force Ouvrière, la CFE-CGC et la CFDT) étaient en train de mettre au point un accord avec la direction pour une réouverture en toute sécurité, lorsque la CGT (un tiers des voix aux élections professionnelles) a obtenu une décision de justice (sur un défaut dans la consultation obligatoire) pour annuler la reprise. Dans bien des entreprises, la CGT, parfois à raison, en face de risques réels, parfois en application d’une ligne politique, risque de tout faire pour s’opposer à la reprise d’activité.

Mais il n’y a pas que des incertitudes. Pendant la crise un certain nombre de secteurs ont bien résisté, ou même progressé. Les services publics de base (gestion des déchets, propreté, sécurité) n’ont pas flanché. Les industries de réseau : l’eau, l’électricité, les fournisseurs internet ont assuré. Les GAFA et autres Netflix ont tiré avantage du confinement. Plus généralement le numérique s’est introduit dans tous les process de travail avec le télétravail et les services à distance. Bref, les 65% d’activité (73% en avril) assurés tout au long du confinement sont restés solides, loin de l’idée d’effondrement généralisé chère aux collapsologues. 
Mais que se passera-t-il pour les 35% (27% en avril) restants ? Beaucoup d’inconnues président au redémarrage. 

Anticiper en zone d’incertitude

Du coup, peu d’économistes se hasardent à faire des pronostics : Reprise rapide en V, stagnation durable en L …

Alors il n’est pas interdit aux économistes amateurs de faire leurs prévisions. Les miennes, en l’occurrence : A court terme, l’économie est sous la férule de l’évolution de l’épidémie. De la permanence de sa virulence dépendra la reprise qui pourrait subir un effet persistant des précautions sanitaires.  Au-delà, à moyen terme il n’y a pas de raisons que les affaires ne reprennent pas à un bon rythme, malgré certains secteurs durablement touchés comme le transport aérien, l’industrie du tourisme et celle du spectacle. En effet les habitudes de consommation dans ces domaines auront du mal à se rétablir ou à trouver un nouveau modèle.
 Il est, hélas, certain que les inégalités devant l’emploi vont se creuser et que les précaires seront les premières victimes d’une hausse prévisible du chômage

Et puis, le « monde d’après » ne pourra faire l’économie d’un examen de son développement. Quelles sont les activités essentielles ? Quelles sont les activités inutiles, voire nuisibles. Il faut notamment arrêter d’investir dans les énergies fossiles au profit de la transition énergétique. 

Salut les confinés – 16 –

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OK  Boomer ! COVID : Les seniors au centre des enjeux 

Parmi les fortes particularités de cette épidémie, à coté de sa contagiosité élevée, figure la menace qui plane sur les plus âgés. « A ce jour, on compte 25 000 morts du coronavirus en France. L’âge médian des personnes décédées est de 84 ans. Les plus de 75 ans représentent 75 % des décès. Il s’agit d’hommes à 55 %. Deux personnes décédées sur trois présentaient une autre déficience, une comorbidité, comme l’hypertension, le diabète, une pathologie pulmonaire, l’insuffisance cardiaque ou l’obésité. Les personnes de moins de 65 ans et sans comorbidité ne représentent que 2,5 % des décès.

Donc, en l’état actuel de ce que l’on sait de cette pandémie, les statistiques disent que le coronavirus tue surtout les vieux déjà malades. » C’est ainsi qu’Eric Le Boucher résume dans l’Opinion du 3 mai 2020 la situation. Un diagnostic incontournable, qui avait amené le Président Macron à laisser entendre que les « populations vulnérables » devraient prolonger leur confinement.
 Une annonce qui avait inspiré une petite musique, notamment ceux qui analysent la crise et les politiques mises en place pour combattre l’épidémie en termes de lutte entre génération.

« Sidérée par l’attaque du coronavirus contre une génération que l’on croyait éternelle (et qui se pensait telle), la société politique, civile et médicale a fait corps pour la protéger. » s’exclame Monique Dagnaud dans Slate du 1er mai

L’approche générationnelle apporte plus de confusion que de lumière. En tant que Baby boomer, je ne me sens pas solidaire des dirigeants de ma génération qui ont façonné ce monde, je ne me sens pas responsable des graves erreurs environnementales, des inégalités sociales installées à la faveur du néo-libéralisme triomphant. Je les ai combattus comme je pouvais ; mon seul regret c’est d’avoir perdu la bataille (heureusement elle n’est pas terminée).

Mais je peux être sensible à l’argument. Demander aux générations suivantes de se saborder pour sauver les anciens, est-ce légitime ?

Et puis un philosophe est venu en renfort. Pour André Comte-sponville, la liberté (d’aller et venir , rencontrer d’autres humains) la justice , l’amour, la préservation de notre planète ne sont -ils pas plus importants que la simple préservation de la vie de nos aînés ?

Et puis je m’interroge : sauver mes propres enfants d’un désastre ou bien perdre la vie. Qu’une alternative pareille, un de ces quatre jours m’échoie c’est, j’en suis convaincu, le sort de mes enfants qui sera l’objet de mon choix.

Mais je perçois bien que ces raisonnements, en termes de génération, en termes de choix personnel ne peuvent tenir lieu de boussole politique. Car il faut être capable de pousser l’hypothèse à fond et examiner toutes les conséquences.

Sommes-nous prêts à laisser libre cours à l’épidémie, à abandonner à leur sort des dizaines de milliers de citoyens âgés, à fermer les yeux sur les EHPAD en train de se transformer en mouroir, à laisser les malades graves terminer leur jours sans les soins nécessaires dans les couloirs des hôpitaux. La plupart des gouvernements démocratiques ou non, dictatoriaux ou non, (à part les ambigüités des Trump et autres Bolsonaro) ont fait le choix de préserver la santé. Pouvons-nous faire différemment ?

Et puis qui s’occuperait des petits-enfants, qui se mobiliserait dans les associations, les communes, qui prendrait le temps de la réflexion, qui cultiverait le potager pour les produits à partager avec les proches ?

Salut les Confinés -15-

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J-3 : Le déconfinement aura bien lieu le 11 mai !

 Il a fallu que le président le rappelle plusieurs fois le 6 mai, tant ses ministres essayaient d’éviter la promesse et de noyer le poisson. Pour Olivier Véran ce sera le 11 … si les résultats sont bons. Pour Jean-Michel Blanquer, ce sera selon … la bonne volonté des maires.

Jean Castex, le très discret Coordinateur national à la stratégie de déconfinement, le « Monsieur déconfinement », a même proposé devant le sénat l’établissement d’un plan de reconfinement au cas où les résultats seraient mauvais !!!

 Il faut rappeler que c’est le président, surprenant même ses ministres, qui avait annoncé la réouverture des écoles au 11 mai. Or à ce jour, quel parent peut savoir ce qu’il en sera pour sa progéniture ? Les maires, à juste titre, s’inquiètent de la mise en place des précautions figurant dans l’instruction de 63 pages qui devrait présider à l’ouverture des classes. Chacun fera comme il peut.

La même incertitude règne au Canada. Jusqu’au Premier Ministre Justin Trudeau qui « ne sait pas  » s’il enverra ses enfants à l’école au moment de la ré-ouverture.
Mais le doute ne concerne pas que les enfants. Emmanuel Macron avait laissé entendre que les citoyens les plus vulnérables (comprenez : les plus âgés) devraient prolonger le confinement. Finalement les protestations de tous bords ont eu raison du projet

A 3 jours de la date fatidique, les confinés ne savent pas vraiment qui croire et que croire. On avait d’abord (le président en l’occurrence) parlé d’un déconfinement par région. Oublié ! Puis l’idée d’une carte rouge et verte. Finalement c’est rouge, orange et vert. Mais on ne sait pas vraiment quelles en sont les conséquences à part l’ouverture possible des parcs au 11 mai et peut-être la réouverture des collèges au 18. Ou bien était-ce juste pour désigner les mauvais élèves ?

En fait, tout le monde a attendu le 7 mai pour savoir quel serait le statut de son département. Notre région Rhône-Alpes abandonne sa couleur orange inquiétante. Le rouge se concentre sur le Nord-Est du pays. Mais les trois quart verts des départements ne doivent pas se laisser aller à l’illusion que tout sera désormais comme avant.

Car l’inquiétude autour de la décision de déconfinement s’accroît. Et ce ne sont pas les épidémiologistes qui vont l’apaiser.

Une seconde vague

Ainsi l’équipe de Victoria Colizza  de l’INSERM projette [ Le Monde dans son édition du 7 mai] dans tous les cas une seconde vague entre juillet et septembre. Sa hauteur dépendra des mesures mis en place : « L’épidémie ne pourrait être contrôlée qu’à plusieurs conditions . La première est le maintien des mesures de distanciation physique. « Cela suppose que 50 % des gens restent chez eux – soit que leur activité professionnelle n’ait pas repris, soit qu’ils pratiquent le télétravail –, que les personnes âgées aient réduit de 75 % leurs contacts, et qu’il y ait une réouverture partielle (pas plus de 50 %) de différentes activités et commerces », détaille Vittoria Colizza.

Autre condition pour ce scénario : que le dispositif de dépistage, de traçage et d’isolement des cas et de leurs contacts détecte au moins 50 % des nouvelles infections. « Si 25 % seulement sont identifiés, nous aurions à affronter une seconde vague plus intense que la première, débutant fin juin avec des capacités de réanimation dépassées jusqu’en août », insiste Vittoria Colizza. La modélisatrice souligne qu’au-delà du nombre de tests disponibles, ce dispositif de traçage des contacts nécessite des ressources humaines massives afin de casser les chaînes de transmission.
Dans un scénario où l’ensemble des élèves, de la maternelle au lycée, reprendraient les cours le 11 mai, les chercheurs de l’Inserm envisagent une seconde vague épidémique, similaire à la première. Elle serait toutefois évitée en limitant à 50 % l’effectif pour l’ensemble des classes. Un retour en classe de l’ensemble des adolescents en juin aurait pour effet de submerger les services de réanimation, les nouveaux cas qui en découleraient nécessitant 138 % des capacités. »

Alors on peut penser que lorsque le président Macron a annoncé la ré-ouverture des écoles le 11 mai, il s’est engagé un peu vite et de manière imprudente.  Heureusement la réalité des faits s’est imposée en limitant l’ouverture à la seule primaire et aux élèves volontaires.

Une autre conclusion des épidémiologistes concerne les personnes vulnérables (âge et comorbidité). A défaut de prolongation du confinement, ils insistent sur la nécessité de réduire de 75%  leurs contacts en situation normale. Alors pas question pour nous, les vieux,  de repartir dans une vie sociale sans limite !
Alors, nos projets pour le déconfinement : fêter en famille les anniversaires du mois de mai (en respectant les distances)  et partir en vadrouille en Camping-Car ( dans les 100 km autorisés, le micro-tourisme nous convient bien).