Eté indien en Italie

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On a tourné autour du Pô

Nous sommes partis à trois camping-cars cette fois, trois couples, six adultes. Une première expérience ! L’idée c’était de suivre le Pô de son cours moyen jusqu’à l’embouchure

Il fallait d’abord se retrouver venant de lieux assez éloignés les uns des autres (Charente, région Lyonnaise, Venise). À raison de plusieurs échanges de mails pour concilier les exigences des uns et des autres (distance à parcourir en un jour, soleil, objectif final, récupération d’une participante en cours de route), un lieu fut trouvé :

Premier point de chute : sortie Broni-Stradella de l’autoroute Turin-Venise chez des viticulteurs accueillant gratuitement les camping-cars dans sa cour et proposant une dégustation de leurs produits. Situés au sud entre Pavia et Piacenza, entre la Lombardie et l’Emilie-Romagne, les Colli Piacentini, dominent le Pô, avec de douces ondulations, derniers contreforts des Apennins.

Merveilleux petits coteaux plantés en vigne sous le soleil d’automne dans un paysage qui rappelle les coteaux du beaujolais. Les productions sont très variées, suivant ainsi la diversité des cépages utilisés : barbera, croatina, cabernet sauvignon, pinot noir, chardonnay, malvoisie, ortrugo, pinot gris et sauvignon blanc.

Après dégustation et achat de vins, repas au bord du Pô dans un restaurant : All avamposto sul grande fiume. Le resto mérite parfaitement son nom, face au cours majestueux du Pô, particulièrement large à ce niveau.

Les constructions sont interdites dans cette zone hautement inondable. Alors, c’est sur des barges posées à terre qui peuvent flotter en cas de crues que le restaurateur et ses voisins se sont installés.

Depuis 2018, nous avions repéré cet endroit surprenant, mais jamais ouvert lors de nos passages. A l’origine installé sur la barge, l’établissement, à moitié embarcation, s’est étendu sur une terrasse arrimée à la terre ferme. La salle est pleine (heureusement nous avions retenu), c’est le rendez-vous des travailleurs du coin et de quelques connaisseurs. Bonne cuisine italienne simple et goûteuse. Des pâtes, des saucisses et du poisson, arrosés d’une petite piquette fraîche et frizzante.

Départ pour Pavie, son pont couvert, sa cathédrale et sa vieille ville. Nous dormons en contrebas d’un grand parc public qui borde le Ticino, juste avant le confluent avec le Pô.

En route pour Crémone où la halte est encore plus séduisante, encore un parc public au bord du Pô, des promeneurs avec ou sans chien, des coureurs, des voies cyclables et à proximité un camping pour prendre des douches. Alors on sort les tables au bord du fleuve, sous un soleil estival.

La façade de la cathédrale toute de marbre blanc est splendide…

mais ressemble à un décor de théâtre dès qu’on fait le tour et découvre la traditionnelle église en brique, cette brique, omniprésente dans toutes les cités que nous avons visitées.

Il fait si beau que nous restons deux jours.

Départ pour Sabbioneta et Mantoue (toutes deux classées au patrimoine mondial de l’UNESCO). C’est dimanche, il y a un monde fou sous le beau soleil d’octobre. Sabbioneta est toute petite derrière ses remparts imposants.

Mantoue est splendide avançant comme la proue d’un navire sur les lacs artificiels qui ont été créés au 12e siècle pour la protéger des inondations du Mincio qui descend du lac de garde. Il y a tant à voir que nous restons deux jours.

Si nous tardons encore nous ne verrons jamais le delta du Pô. Nous sautons Ferrara et choisissons d’arriver à Comacchio, tout au sud du delta.

C’est un bon choix, car cette petite ville est imposante dans sa simplicité. Vieille ennemie de Venise qui ne supportait pas son implication dans le commerce du sel, elle a été rasée en 932, mais s’est reconstruite avec superbe autour de ses canaux et des ponts qui les franchissent pour exploiter ses richesses de pêche, de sel et de marais mis en culture.

Puis c’est la splendeur du delta pour qui aime ces paysages de terre et d’eau, de ciels et d’oiseaux. Un peu de la Camargue, un peu de la Charente, l’immensité en plus et la pleine lune qui rend les oiseaux très bruyants toute la nuit.

La pêche est omniprésente dans la lagune, dont tout le littoral est équipé d’une multitude de cabanes à carrelet, ces filets carrés qu’on remonte avec l’espoir de belles prises

Ce delta a inspiré de nombreux créateurs italiens célèbres. Comacchio, c’est aussi le lieu où fut tourné « La fille du fleuve » un des premiers films de Sophia Loren.

Ses photos avec les habitants de Comacchio figurent partout dans la ville. Le mambo dansé par la Loren reste indubitablement un des sommets de l’érotisme des années 50. Réalisé par Mario Soldati (par ailleurs bon écrivain), co-écrit par une pléiade de scénaristes-romanciers-poètes dont A.Moravia, G.Bassani et P.P.Pasolini (quelle brochette !), ce pur mélodrame vaut surtout par sa peinture des petites gens qui vivent du fleuve.
Un Pô déjà figure de cinéma chez Visconti (« Ossessione », 1942) et qui sera notamment si bien filmé par Antonioni, d’abord dans un documentaire (« Gente del Po », 1947, court-métrage de 11 minutes) puis dans deux fictions (« Le cri », 1957, et « Le désert rouge », 1964) mettant bien en valeur ces paysages de marécages et de lagunes où se mêlent eau douce et eau de mer.

Deux jours à admirer et nous nous séparons là sur le parking d’une auberge au bord de l’eau.
Quelques ennuis mécaniques mineurs ont marqué le voyage (plaquettes de frein au départ, courroie d’alternateur en cours de route) et quelques découvertes culinaires : les orrechiette à la cime di rappa, les raviolis d’ortie et les raviolis de zucca cuisinés dans le camping-car auxquels il faut ajouter quelques repas au restaurant. Des moments de découvertes et de convivialité à voir dans ce film photographique

Notre retour à la maison a marqué le début d’une nouvelle aventure : Accueillir un petit chiot suite au décès de notre cher Wiki. Dans l’élevage, ce sont dix chiots Border Collie qui ont été menés à bien par leur brave mère. Nous avions déjà choisi le nôtre, mais ses 4 frères étaient aussi craquants.
Alors bienvenue à Snoopy !

Covid19- On n’est pas sortis de l’auberge (bis)

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Souvenez-vous, en avril, en pleine troisième vague, nous nous interrogions sur la sortie de cet épisode de l’épidémie. Entre temps, avec le secours des nouvelles restrictions (on ne parlait plus de confinement) les contaminations avaient baissé fortement, laissant entrevoir un été presque comme avant : Un virus en perte de vitesse, une vaccination qui démarrait vraiment à un bon rythme, il était temps de rouvrir les restaurants, les lieux de culture, les boîtes de nuit …

Et, patatras ! Arrive le variant delta (on ne dit plus « indien ») que personne n’avait vu venir, sauf quelques épidémiologistes ronchons. Ce foutu delta change la donne : il serait jusqu’à 60% plus contagieux qu’Alpha, le variant « anglais » lui-même beaucoup plus contagieux que la souche de Wuhan.

Plus question maintenant de reconfiner. L’économie, et même la santé mentale de nos concitoyens ne s’en remettraient pas. Quand on réfléchit au problème, il faut bien se rendre à l’évidence : Pas de salut en dehors de la vaccination !

Mais dans quelle mesure la vaccination peut nous sauver de la déferlante d’une quatrième vague ? On commence à avoir des données sérieuses.

La bonne nouvelle :

  • Le vaccin est sûr : Avec plus de 3,5 milliards de personnes vaccinés depuis 18 mois dans le monde, peu d’accidents, peu d’effets secondaires signalés.
  • Le vaccin protège vraiment des formes graves.  Les personnes non vaccinées contre le Covid-19 représentent environ 85% des malades hospitalisés, y compris en réanimation, et 78% des décès dus au virus, selon les chiffres récoltés par le service statistique des ministères sociaux.
    Le vaccin est la meilleure arme pour éviter l’embouteillage des hospitalisations, des réanimations, et des décès

La mauvaise nouvelle

  • Face à un variant plus agressif, les personnes vaccinées peuvent, en faible proportion, attraper la maladie, sous forme asymptomatique ou peu symptomatique. Dans ce cas, elles peuvent contribuer à la propagation du virus. C’est ce qui se passe en Israël avec un redépart des contaminations malgré un taux de vaccination très élevé. Heureusement peu de conséquences sur le système hospitalier. Les autorités commencent une campagne de troisième vaccination qui devrait réduire le phénomène. Elles recommandent la réintroduction des gestes barrière.

Face au nouveau péril du variant delta, les autorités françaises (en fait notre président le 12 juillet) ont décidé de forcer la progression de la vaccination : renforcement des centres de vaccination, ouverture aux jeunes, obligation vaccinale pour les soignants, extension du pass sanitaire à de nombreux lieux et activités.

Des mesures qui sont accueillies favorablement par 69 % (pour l’obligation vaccinale) des Français et 62% pour l’extension du pass.

Mais le diable se cache dans les détails : un restaurateur a-t-il le droit de vérifier l’identité d’un client présentant un pass sur son smartphone, un soignant récalcitrant doit-il être licencié, les cinémas peuvent-ils survivre avec les seuls porteurs du pass ? Ces mesures préparées à la hâte par un exécutif autoritaire ont été retravaillées et modérées par le parlement et seront soumises au Conseil Constitutionnel.
On est loin de la dictature évoquée par certains.

Mais un mouvement se lève contre ces restrictions aux libertés du côté des politiques : une partie de l’extrême-droite (Florian Philippot et Dupont-Aignan espèrent bien en tirer un profit) et à la gauche de la gauche (Insoumis, communistes, CGT et quelques personnalités écologistes) qui lancent une pétition attrape-tout contre la loi sanitaire, pour des moyens à l’hôpital, contre la réforme du chômage et des retraites. Bref, la confusion est grande.

Dans la rue, ils sont nombreux de tous horizons : extrême-droite, catholiques intégristes, complotistes, antivax, soignants récalcitrants, gauchistes, divers anti-Macron, Gilets jaunes, attelage hétéroclite, sans vraiment de chef de file, mais souvent biberonné aux fake news. Cela nous rappelle les beaux jours des manifs Gilet Jaune. Sauf qu’il ne s’agit plus des 80 km/h, ni du prix de l’essence ni du référendum d’initiative populaire, mais de la santé de nous tous face à un virus qui n’épargne personne. On peut critiquer le pouvoir, on peut s’impatienter de virer Macron en 2022, mais pas affaiblir la vaccination collective.

Alors, restons mobilisés. Vaccinons-nous ! Et conservons les gestes barrière !

De bien jolies vacances déconfinées

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Tourisme, amitié, vélo, nature et bonne cuisine …

Cela fait un bout de temps que notre van était prêt au départ. Mais il a fallu attendre : le 3 mai pour oublier la limite des 10 km, et puis le 3 juin pour recevoir notre deuxième injection, plus quelques jours pour garantir l’immunité. Et puis des invitations à retrouver des amis.

En route pour Poitiers et Les Bavards où Béatrice nous attend, une halte presque traditionnelle quand nous partons vers l’Ouest. Il fait très chaud sur la route mais nous trouvons en chemin une halte  fraîche et agréable pour le soir au bord du plan d’eau de Châtelus-Malvaleix, au nord de Guéret en sortant des grands itinéraires.
Le lendemain pour midi, après une courte visite à la modeste maison de George Sand à Gargilesse, nouvelle recherche d’un point d’eau frais et ombragé au bord de la Creuse.

Et c’est la découverte, après Argenton sur Creuse, de Romefort, l’endroit idéal où l’on peut même se baigner au milieu des renoncules d’eau en fleurs.

Les Bavards, au-dessus de la Gartempe, au milieu des bois, un hameau que Norbert fréquente depuis plus de 40 ans.

Béatrice y passe son été, entre les voisins, les amis et les soins de son potager. Aujourd’hui elle a des copains cyclotouristes qui passent la nuit chez elle avant de faire le tour de la Creuse à vélo. Échange d’adresses et de recettes d’amateurs de vélo. Les fauvettes à tête noire chantent à tue-tête mais le potager a soif et Norbert règle l’arrosage automatique pour que tomates et haricots ne meurent pas pendant l’absence de Béatrice.

Départ pour la mer, mais arrêt imprévu dans le marais poitevin à Arçais où un joli camping ombragé nous tend les bras. Le gérant écoute RTL à fond (pour faire le ménage) mais cela ne nous arrête pas. Les campings ombragés ne sont pas légion.

C’est le week-end, il y a du monde. Ballade à vélo le lendemain sur les pistes cyclables au bord des canaux (pas toujours très bien indiquées) et le soir tour en barque avec guide (très compétent sur la gestion de l’eau et l’histoire du marais).

Pourquoi changer quand on est bien ? On reste le lendemain pour visiter la réserve ornithologique de Saint- Hilaire la Palud.
Vélo à nouveau, marche à pied, oiseaux du marais et restauration de la réserve : assiette vendéenne de produits du terroir, parfaite.

On nous attend à Rochefort chez Léni, une amie d’amis. Sa maison est ancienne et simple mais elle la retape avec énergie. Et nous trouvons derrière un immense pré en bordure de forêt, parfait pour nous. Marché de Rochefort pour le repas de midi (aïoli aux légumes parfaitement épluchés par les messieurs et poisson excellemment préparé par les deux cuisinières que sont Léni et Babeth).

Le soir repas au restaurant au bord de la Charente près de la corderie royale. Tables de 6, nous sommes 7, mais on s’arrange : filles d’un côté et garçons de l’autre. Devant nous les gros bateaux qui partent pour le bout du monde.

N’oublions pas la culture et le lendemain c’est la visite de l’architecture de Royan : architecture estivale des villas de bord de mer, architecture de reconstruction après la guerre (les documents de l’office de tourisme sont de toute beauté!).

Retour par Marennes pour manger des huitres au bord des parcs à huitres. Le bar à dégustation vient de réouvrir avec des serveuses toutes neuves dans le métier qui commencent leur saison.

Nouveau départ cette fois vers Challais et la maison de famille de Jean Mi, modeste mais au milieu des bois de chênes. Un régal pour moi qui vient de voir disparaître le bois de Montvallon à Lissieu !

On passe d’abord la tondeuse et on sort les tables, chaises, coussins, parasols en mode été.

Challais est à l’extrème-sud de la Charente, à la limite du Périgord. Pour venir on a traversé les étendues de vigne de la Saintonge, les vignes à perte de vue qui servent à faire le Cognac.

Beau programme à Challais après les quelques travaux de mise en route de la maison de vacances. La forêt est toute proche, la vie sauvage est très présente, témoin cette jeune biche saisie par la caméra de chasse installée par Danièle.

Aubeterre et son église monolithe (troglodyte plutôt) au bord de la Dronne. Guizengeard le lendemain avec ses lagons bleux dans d’anciennes carrières de kaolin. Et quelques détours par les souvenirs d’enfance de Jean Mi, coins de pêche et de baignade.

Une invitation à l’île de Ré ne se refuse pas. On repart en convoi pour un camping au bord de la mer. Simple, on ne voit pas la mer qui est derrière la dune, mais magique, aéré, accueillant et sans aucune animation bruyante (à l’exception du groupe nombreux de nos jeunes voisins). Ré en vélo quand il n’y a pas encore grand monde, c’est un vrai bonheur de pistes cyclables agréables et planes. On découvre St Martin en Ré, la Flotte, Rivedoux-plage. Puis tout le bout de l’île : Ars en Ré après des retrouvailles avec Andréas et Arya (fils et petite fille de Norbert) chez Hanna (leur mère et grand’mère).

Essai de pêche à pied aussi lors des deux grandes marées (5 palourdes que je donne à la personne qui m’a appris à les découvrir!). Bistrot à Ars en ré, cuisine agréable et service rapide (« depuis le déconfinement, nous faisons en juin le chiffre d’affaire d’un mois de juillet »)

Les bonnes choses ne durant pas et l’île de Ré commençant à se remplir pour le dernier week-end de Juin (nous renonçons au phare des baleines déjà envahi), retour vers Challais et derniers préparatifs pour reprendre la route sous la pluie et la grisaille. Cette fois, d’une seule traite, il vient un moment où l’on a envie de se retrouver chez soi !

Les forêts et le CO2

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Un bois de chênes centenaires qui disparaît dans notre village à deux pas de chez nous, juste au-dessus de l’école. Des surfaces dévastées, une centaine de tronc prêts à partir pour la scierie. L’évènement a créé une grande émotion. Mais en plus des ravages du chantier, de la dégradation du paysage, c’est aussi une très mauvaise affaire pour la planète et le climat.

Les arbres, grâce à la photosynthèse, absorbent le CO2 de l’atmosphère et le transforment en feuilles, branches, et tronc. Chaque année ils produisent plus de bois et rejettent autant d’oxygène dans l’environnement. Bref, tout au long de sa vie : 20, 30, 50, 100, 200 ans l’arbre aura ainsi retiré des quantités considérables de CO2 responsable principal du changement climatique qui nous menace tous.

Mais la vie d’un arbre a une fin : Maladie, foudre, incendie, tempête. La plupart meurent du fait de l’exploitation humaine. Que devient alors cette machine naturelle à fixer du CO2 ? Va-ton le retrouver dans notre atmosphère ? Classiquement on présente le schéma suivant. Que faut-il en penser ?

  • Séquestration dans les produits : VRAI !  les charpentes, planches, tasseau, meubles se retrouvent dans la construction et dans nos logements. Ils ont une durée de vie longue (quand ils ne partent pas en fumée comme la charpente de Notre-Dame). Le CO2 capté pendant le cycle végétatif reste séquestré dans le bois.
  • Substitution énergétique : VRAI et FAUX La question n’est pas si simple. Evidemment cela permet d’économiser des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) qu’on laissera dans le sous-sol et qui ne viendront pas augmenter le CO2 atmosphérique. MAIS …

Dans l’immédiat on brûle le bois qui dégage donc le CO2 correspondant. On le brûle dans notre cheminée ouverte (très mauvais rendement), dans notre foyer fermé (meilleur rendement) ou dans notre poêle à granulé, notre poêle de masse (meilleur, meilleur rendement). Mais si l’on regarde le cycle du combustible, c’est plutôt mauvais : on a laissé beaucoup de matière dans le sol (souche et racines), sur la terre (les branches), et puis le rendement de la combustion elle-même n’est pas fameux : au total, le rendement est 1,5 fois moins bon que le charbon et 3 fois moins bon que le gaz.

Mais le plus inquiétant ce sont les projets de fournir de l’électricité ou du chauffage urbain à grande échelle, à partir de la forêt. Les objectifs envisagés au niveau de l’Union Européenne consommeraient la totalité de la croissance naturelle de la totalité des forêts d’Europe.

Plus inquiétant encore : le caractère renouvelable de cette ressource est tout à fait fallacieux. Si effectivement on replante, les nouveaux arbres mettront de nombreuses années avant de « rembourser » la dette CO2. Dégagement massif de CO2 maintenant, compensation dans 20, 30, 50 ans. Or c’est bien dans les années proches (avant 2050) qu’on a besoin de réduire massivement les émissions de CO2.

Le bois énergie, faussement renouvelable, est une mauvaise affaire pour la planète, contrairement à la propagande mensongère des industriels et des autorités.

C’est d’ailleurs le sens d’un appel de 500 scientifiques à travers le monde qui réclament l’abandon de tels projets.

Laisser les arbres grandir, vieillir, continuer jusqu’à la fin de leur vie à absorber du CO2 ( c’est prouvé ! )

Et au moins ne pas prélever plus que la croissance naturelle des forêts (qui en France ont doublé leur superficie depuis le XIXe siècle)

Non ! Brûler nos forêts n’est pas une solution à nos besoins de chauffage et d’électricité. L’isolation et l’efficacité énergétique devraient permettre aux énergies réellement renouvelables de prendre le relais des énergies fossiles.

COVID19 : On n’est pas sortis de l’auberge.

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Trois semaines après le (pseudo, mini, quasi …) confinement dans les 19 départements, 2 semaines après l’extension au territoire national, rien ne bouge. Tout juste si on perçoit un début de ralentissement dans l’augmentation.

Et pourtant on était tenté d’y croire, à commencer par le président qui voyait bien le « plateau » des contaminations se stabiliser jusqu’à la victoire de la vaccination, un espoir vite déçu.

Ce relatif optimisme, nous l’avions partagé, Danièle et moi lorsque nous avons été vaccinés (à l’AstraZeneca) chez le pharmacien le 30 mars. L’idée c’était que le couvre-feu et les mesures locales suffiraient à éviter l’explosion des contaminations. L’évolution des dernières semaines a démenti ces espoirs, amenant le Président à renforcer, malgré lui, les restrictions.

Que s’est-il passé ?

L’impact des variants a été sous -estimé, malgré les avertissements des scientifiques. Les restrictions, efficaces sur le virus historique, ne suffisent plus devant le variant, britannique notamment, qui s’est imposé à la première place en France.

Alors les dernières mesures peinent à ralentir, voire diminuer les contaminations. Le R effectif commence à peine à repasser timidement sous le seuil de 1, gage d’un recul de l’épidémie.

Est-ce le moment de penser à la réouverture, d’annoncer un calandrier ?

Alors que les contaminations ne baissent pas, que les entrées en réanimation progressent, est-ce bien raisonnable de mettre en avant la date du 15 mai pour déverrouiller progressivement la vie sociale ?

Nous sommes tous envieux des Britanniques qui retrouvent leurs pintes de bière sur les terrasses ; on aurait tendance à oublier qu’ils sortent de près de quatre mois de confinement sévère et qu’ils ont vacciné 40 millions de leurs concitoyens. Même constat en Israël.  On en est bien loin en France. D’autant que les redéparts d’épidémie ne sont pas rares sur la planète.

Les usa ont vacciné 189 692 045 personnes.  Beaucoup d’états ont adouci, voire supprimé les restrictions. Au final, les contaminations repartent à la hausse : +8% sur les deux semaines d’avril.

Le Chili a vacciné complètement 24,5% de sa population (37 % des Chiliens ont reçu au moins une dose). Jeudi 8 avril, 8 195 cas positifs ont été confirmés, du jamais-vu. Les services de soins intensifs sont de nouveau exsangues : 95 % des lits sont occupés. En cause : le variant brésilien qui s’est invité en voisin, l’allègement des mesures de restrictions qui a exposé les jeunes, pas encore vaccinés, mais aussi le vaccin chinois qui protège moins à la première injection (3% selon l’Université du Chili). Alors c’est la course à la 2èmeinjection (56%d’efficacité).

Pour améliorer l’efficacité du Sinovac, les autorités des Emirats arabes unis ont récemment expérimenté l’administration de trois injections du vaccin chinois, au lieu de deux.

Quels que soient les vaccins les études montrent que le nombre de cas graves est vraiment réduit par la vaccination. Mais partout les variants introduisent une nouvelle donne et réclament des mesures plus strictes.

Alors, en France, accueillons avec prudence les promesses de grande réouverture. Ce serait déjà bien de pouvoir bouger pour les vacances d’été.

COVID 19: la vaccination à la peine en France

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4 500 000 personnes vaccinées en France dont 1 500 000 pour les deux doses. Après un début chaotique, on attend toujours l’accélération .

  • La France a choisi de maintenir la contrainte de pratiquer la deuxième injection dans un délai de 3 à 4 semaines, à la différence de nos voisins britanniques et même en dépit de l’avis de la Haute Autorité de Santé qui recommandait d’aller jusqu’à un doublement du délai. Ce qui implique que les centres de vaccination vont être embouteillés dans les jours qui viennent par les personnes déjà vaccinées. Plus de la moitié des doses disponibles y sera consacrée. Pas idéal pour augmenter la couverture …
  • La vaccination chez les médecins généralistes autorisée depuis le lundi 25 février grâce au vaccin AstraZeneca patine, c’est le moins qu’on puisse dire: Moins de 20% des doses disponibles de ce vaccin ont été utilisées. Seuls 19 000 médecins sur les 101 000 généralistes se sont inscrit pour délivrer le vaccin.

En cause, des contraintes d’organisation qui rebutent beaucoup de médecins déjà surchargés au quotidien : il faut planifier des plages de vaccination, commander et prendre livraison des doses dans les pharmacies, annuler les plages des RDV habituels, repérer et convoquer des patients, les convaincre, remplir les dossiers pour le suivi. Possible pour des cabinets collectifs avec du personnel, mais difficile dans le cas d’un exercice individuel. Bref, ce n’était pas la meilleure idée pour faire avancer la vaccination. Alors que les centres de vaccination qui, eux, sont en capacité de vacciner des grandes quantités, sont en panne faute de doses Pfizer et Moderna.

Alors pourquoi ces choix ? Pourquoi les syndicats de généralistes ont-ils revendiqué haut et fort cette exclusivité, alors qu’ils savent parfaitement que la plupart de leurs adhérents ne sont pas organisés pour répondre à cette demande ?
Pour le comprendre il faut remonter à l’épidémie de grippe H1N1 de 2009. A l’époque les grands centres de vaccination prévus par les autorités avaient fait un bide : peu de candidats à la vaccination. Les syndicats de médecins, alors en guéguerre avec le ministère, avaient proclamé que l’échec était dû au choix des « vaccinodrômes » qualifiés de « soviétiques » aux dépens des cabinets des généralistes . Une question de territoire à défendre pour la médecine libérale, un enjeu corporatiste et politique, il faut le dire.
En fait si les vaccinodrômes étaient désertés, c’est que la population avait bien compris que l’épidémie annoncée avait perdu de sa virulence (à tel point que les décès cette année furent inférieurs à une saison ordinaire de grippe) et que la vaccination n’était donc pas indispensable. Rien à voir avec le COVID19 : chacun peut constater le danger couru, surtout pour les catégories d’âge et de comorbidité désignées. Les doutes et les hésitations du début sont oubliés.

Et en 2021 rebelote ! C’est vraiment pour faire plaisir aux corporations de généralistes qu’on les a remis dans la boucle . Alors, si vous faites partie des publics cible, interrogez donc votre généraliste. A mon avis vous pourrez attendre longtemps avant de recevoir l’injection dans son cabinet.

Les pharmaciens pourront-ils prendre le relais ? On attend de voir …

Mais, à un an des élections présidentielles, les médecins représentent un potentiel électoral qu’il convient de choyer.

Danièle et moi, nous faisons partie du « trou dans la raquette » comme disent les commentateurs, les personnes entre 65 et 75 ans sans comorbidité qui pourraient être concernées à partir de début avril, nous dit-on. Mais il paraît qu’on est 7 millions, alors on risque d’attendre longtemps.

Covid19 – Le pire n’est pas toujours sûr !

À la Une

Rappelez-vous : au lendemain du confinement d’automne on parlait déjà de reconfiner pour les fêtes de fin d’année, considérées comme un risque absolu de contaminations. Alors on a fait attention et le danger s’est éloigné. Mais dès la mi-janvier, tout le monde s’attendait à un reconfinement prochain. Les nouveaux cas positifs plafonnaient à 20 000 et les autorités scientifiques s’attendaient à une explosion. Alors l’exécutif a dégainé son couvre-feu, d’abord à 20h puis à 18h, avec un certain succès puisque les cas positifs n’ont pas (ou peu) grimpé. La nouvelle doctrine proclamé par le président Macron exclut la perspective du confinement général. Place aux adaptations locales : Nice, Dunkerque et peut-être d’autres à venir.

Mais l’incertitude, l’inquiétude sont fortes chez les scientifiques, plus généralement chez nos concitoyens.En cause les fameux variants : anglais, sud-africains, brésiliens … qui seraient beaucoup plus contagieux ( 40 à 70 % nos dit-on) que le virus historique. Leur montée inexorable nous conduirait inévitablement vers une explosion du nombre de cas comme au Royaume-Uni. Cette analyse mérité d’être discutée.

C’est un fait indéniable que le variant a rapidement supplanté au RU le virus historique, il a démontré son avantage évolutif. Mais est-il totalement à l’origine de la contagion exponentielle observée ? Il faut rappeler que la flambée britannique s’est produite à un moment où les bars, les pubs et les restaurants restaient ouverts et que les masques n’étaient pas obligatoires outre-manche. Variant ou pas, on pouvait s’attendre à une explosion.

En France , le département de la Moselle est un cas à part : c’est le variant sud-africain qui prospère. Suite à une progression « fulgurante », le variant sud-africain est devenu dominant en quelques semaines en Moselle. Quels sont ses effets sur l’épidémie ? Certes, les encours hospitaliers augmentent mais ce, à une vitesse incomparable avec ce que le département a connu de mi-octobre à mi-novembre. Quant au nombre de cas positifs, il a connu un regain de croissance à partir de la mi-janvier mais ce regain s’est ensuite tassé, le nombre de cas n’augmentant encore un peu que parce qu’il y a eu une augmentation faramineuse du nombre de tests. C’est ce que Odile Filliod analyse dans son excellent blog et sur sa page facebook. Pas de quoi conclure pour l’instant à une contagiosité exceptionnelle du variant face au virus historique

L’épidémiologiste Martin Blachier se demande de même dans une interview à LCI si les prévisions d’impact des variants ne sont pas complètement surestimées. Il n’y aurait pas d’explosion à craindre du coté des variants.

Tout le monde s’accorde à dire que le vaccin va modifier toutes les données. On le voit déjà en Israël où près de la moitié de la population est vaccinée – à l’exception des palestiniens qui commencent juste à recevoir les injections. Les formes graves et les décès régressent rapidement sur les personne âgées. Même en France où la vaccination est poussive, on commence à voir un recul des décès correspondant à la couverture vaccinale des EHPAD. Alors on ne peut qu’être impatient devant le lenteur du démarrage des opérations dans notre pays (suite à des erreurs d’analyses et à une série de couacs). On en est hélas à un point où on est limité par le rythme des livraisons de dose, comme nos homologues de l’Union Européenne.

Alors une fois qu’on a éclairci ces données, est il possible de faire des pronostics ? N’ayant personnellement aucune responsabilité dans la conduite des affaires, je peux m’y risquer . La situation risque de perdurer, sans s’aggraver radicalement.L’explosion annoncée du fait des variants risque de rester contrôlable. Ainsi le reconfinement général semble exclu. Mais les ouvertures souhaitées des restaurants, des lieux de culture… etc restent hors de portée.. Il se passera de longues semaines avant que la vaccination change la donne.

C’est dire que le choix de l’exécutif (en fait le choix du président Macron) reste une voie praticable : Pas de confinement général, mais des mesures ciblées. Au risque d’énerver toujours plus nos concitoyens qui sont nombreux à privilégier la philosophie du tout ou rien et du tout national. Partout pareil et tout le monde à la même enseigne !

Seul l’avenir et la comparaison avec des voisins qui poursuivent chacun des objectifs différents pourront désigner les meilleures politiques

Salut les reconfinés – 4-

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Vous avez remarqué : le sous-titre du Clairon n’a pas bougé : Salut les reconfinés ! Malgré les « allègements » des contraintes du mois de décembre, l’impression demeure qu’on n’a pas quitté le confinement et que ça risque de durer.

Bonne année 2021 … la santé surtout !

Il est de tradition qu’au moment du passage vers la nouvelle année, on tourne le regard vers celle qui s’achève. Tous les médias y consacrent analyses, récapitulatifs, et bilans circonstanciés.

Mais Le Clairon ne cédera pas cette année à cet exercice obligé. Personne n’a vraiment le cœur à revisiter cette annus horribilis.

Bye bye 2020 ! et sans regret, on tourne la page.

Regardons vers les mois qui viennent. Quand retrouverons-nous une vie normale ? Les efforts collectifs vont d’abord se concentrer sur les moyens qui visent à maîtriser l’épidémie, puis à ceux qui permettent d’espérer en finir avec la Covid

La maîtrise de l’épidémie

Les premiers jours de janvier seront décisifs. Si les cas positifs passent au-dessus des 15000 quotidiens, ce qui n’est pas exclu après les regroupements des fêtes de fin d’année, des nouvelles mesures seront prises. Le ministre Véran annonce un couvre-feu anticipé à partir du 2 janvier. Il faut s’attendre à l’avenir à un reconfinement dont les modalités ne seront peut-être pas celles du précédent. S’y rajoute la menace du virus mutant qui circule sans doute déjà dans la population française et qui serait plus contagieux, même si aucune étude n’est venue confirmer pour l’instant l’alerte des autorités britanniques.

Les campagnes de tests

On attend les résultats des opérations massives de test au Havre, à Charleville Mézières et dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Quelle proportion d’habitants a profité de l’opération ? Quel effet sur la progression du virus ?

Les exemples de la Slovaquie et de la métropole de Liverpool  ne sont pas encourageants. Ils ont montré que le recul de l’épidémie est très provisoire et que les contaminations ne tardent pas à remonter en flèche.
Ces tentatives butent toutes sur les mêmes difficultés : Comment toucher toutes les populations ? comment isoler efficacement les cas positifs ?

Bref les premiers mois de l’année risquent de ressembler beaucoup aux derniers mois de 2020, en passant de confinement en allégement relatif. Il n’y a pas de raisons que l’épidémie ralentisse. Les théories – qui se sont avérées fumeuses- des immunités (croisées, sous-jacentes et autres) n’ont pas survécu à la réalité des faits. Il y aura hélas ! d’autres vagues.  Et les autorités n’auront d’autre choix que de tout faire pour éviter la surcharge, voire la paralysie des services hospitaliers. Sauf si la vaccination change la donne.

La vaccination

Dans cette situation la vaccination poursuit plusieurs objectifs :

  • Dans un premier temps en protégeant les plus fragiles (le quatrième âge en EHPAD, les patients présentant des comorbidités), elle devrait freiner drastiquement les entrées en réanimation. Resteraient des cas isolés qui, en fonction de particularités individuelles, présenteraient des formes graves de la maladie. Le virus pourrait continuer à circuler dans le reste de la population sans poser de grave problème pour les systèmes de santé.
  • Dans un second temps, lorsqu’une partie importante de la population sera soit immunisée (cas positifs) soit vaccinée, la circulation du virus devrait s’éteindre d’elle-même. Mais à partir de quelle proportion de la population, et à quel moment pouvons-nous l’espérer ?

C’est là qu’intervient la stratégie vaccinale de chaque pays.

  • Aux USA la vaccination est avancée comme une arme de destruction massive de la pandémie : «Nous aurons vacciné 100 millions de personnes à la fin du premier trimestre de 2021, avec deux doses de vaccins», a annoncé Moncef Slaoui, le «monsieur vaccin» de la Maison blanche. Pour atteindre l’immunité collective, 70% à 80% de la population, qui compte 328 millions d’habitants, doit être selon lui vaccinée.
  • Le Royaume Uni a commencé le 8 décembre avant tout le monde dans 1000 centres de vaccination. Tous les groupes à risque devraient être vaccinés avant la fin du premier trimestre
  • En Allemagne, tout est prévu dans 440 méga-entres de vaccination

. Le gouvernement allemand table sur la livraison de 11 à 13 millions de doses de vaccin (qui doit être injectées par des médecins et personnels de santé volontaires en deux fois) d’ici la fin du premier trimestre 2021 pour les publics prioritaires. Parmi eux, les plus de 80 ans n’auront pas à se déplacer au centre de vaccination mais des équipes mobiles se rendront directement à leur domicile et dans les maisons de retraite.  

Une campagne de sensibilisation va être lancée. Les deux tiers des Allemands veulent se faire vacciner mais une partie d’entre eux préfère attendre un peu.

  • En France le plan de vaccination diffère peu de celui de ses voisins. C’est du côté de l’organisation, que les choses sont encore dans le flou.
    Un début de campagne au compte-gouttes ! En deux jours, les 27 et 28 décembre, ce sont moins de 100 résidents d’Ehpad et soignants qui ont été vaccinés contre le Covid-19.

Invité d’Europe Soir lundi, le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale anti Covid-19, pointe qu’il « ne faut pas se précipiter » pour vacciner le plus de personnes possible. La lenteur de la stratégie vaccinale française « donne le temps de faire les choses bien en termes de sécurité, d’efficacité, d’organisation et d’éthique avec le consentement ».

 Pour rappel, la France est le seul pays à demander un consentement par écrit avant l’injection. Et de prévoir systématiquement une visite préalable chez son médecin. A priori les « vaccinodromes », mauvais souvenir de la grippe A de 2009,  sont exclus. Les médecins généralistes sont réintégrés au centre du jeu. Mais sauront-ils faire face à cet enjeu considérable ? Avec une cible de un million de vaccins fin janvier et 15 millions fin mars, est-ce réalisable dans les seuls cabinets des médecins généralistes ?
En comparaison de certains de nos voisins, comme la Grande-Bretagne qui comptabilise déjà 800.000 injections, la « lenteur à la française » semble être l’exception. Est-ce le bon choix ?

Les autorités donnent l’impression de marcher sur des œufs, tant la prudence l’emporte dans cette opération de vaccination dont l’objectif ultime devrait tout de même concerner 30 à 45 millions de nos concitoyens si l’on veut atteindre l’immunité collective. A ce rythme on se demande quand il sera atteint : en 2022 ? Plus tard ?

On invoque la réticence des français à accepter ce vaccin. Actuellement ils seraient 60% à refuser la perspective de la vaccination. Mais la situation risque d’évoluer radicalement devant les bons résultats des vaccins, la rareté des effets indésirables et la tranquillité qu’ils introduisent devant la progression de l’épidémie. On peut penser que ceux qui annoncent aujourd’hui un refus,seront les mêmes dans quelques semaines qui réclameront l’injection pour eux dans les meilleurs délais. Ils critiqueront alors vivement les autorités pour le retard français. Autant de semaines, de mois perdus qui nous éloignent d’une vie sans Covid !

Salut les reconfinés -3-

À la Une

Noël sauvé ! Mais dans quelles conditions ?

Jeudi 10 décembre, nous étions tous suspendus à ses lèvres. Qu’allait nous annoncer Jean Castex ? Quel serait notre sort pour les semaines qui viennent ? Le président Macron nous avait fait miroiter un déconfinement à partir du 15 décembre. Il laissait donc au premier ministre la tâche ingrate de faire les annonces désagréables.

  • Les quelques bonnes nouvelles : c’est la fin des attestations. On pourra se déplacer au-delà de sa région. La soirée de Noël est préservée
  • Et un tombereau de mauvaises : Les lieux accueillant du public (notamment les activités culturelles et récréatives) resteront fermés. Un couvre-feu de 20 h à 6h du matin. Pas de dérogation pour le réveillon du jour de l’an. Pas de ski avant janvier.

L’avenir proche est plutôt sombre avec cette courbe des cas positifs qui refuse de baisser et fait craindre une troisième vague. Heureusement il nous reste quelques raisons d’espérer : Des campagnes massives de test avant Noël et les vaccins qui démarreront avec la nouvelle année.

Mais même ces annonces positives sont troublées par des messages contradictoires. Est-ce là le signe éclatant de notre génie français, si prompt à écouter les grognons,  à rejoindre les pessimistes et les sceptiques ?

  • Les tests massifs vont être organisés dans trois métropoles (Saint-Etienne, Lille et le Havre). Juste une expérimentation, et plutôt timorée.

La région Auvergne-Rhône-Alpes fera plus en proposant le test (surtout les antigéniques) au quart de sa population.

Mais déjà les esprits chagrins, des médecins, et même le ministre de la santé en réduisent la portée. D’après eux il ne faudrait pas se croire protégé et non-contaminateur pour autant, car on peut, sans le savoir, avoir été contaminé la veille ou l’avant-veille. Certes, c’est une évidence… mais que nous proposent les autorités ? Les futurs convives de Noël devraient plutôt se confiner préventivement pendant sept jours auparavant. Facile à dire ! Autant Danièle et moi sommes déjà et depuis longtemps quasi-confinés vue notre situation de retraités confortables, autant c’est impossible pour tous les actifs (à moins d’imposer de nouveau à tout le monde une quarantaine de 7 jours).

Alors ne les écoutons pas et faisons-nous tester avant de retrouver pour le réveillon les plus vulnérables. Cela permettra de repérer les cas positifs qu’ils soient symptomatiques ou asymptomatiques pour qu’ils restent à l’écart.
Et puis il y a les vaccins avec l’espoir d’en finir avec les restrictions

  • Les vaccins arrivent. Mais déjà le scepticisme monte en force.

Tel le professeur Eric Caumes qui s’inquiétait de ne pas avoir la documentation (alors qu’elle était entre les mains de l’Agence du Médicament : plusieurs milliers de pages, paraît-il). Et qui renouvelait ses alertes, une fois qu’elle était publiée dans la revue de référence The Lancet. Il y aurait trop d’effets secondaires ! Qu’on en juge (même si nous n’en avons pas les compétences, on peut comprendre) : 15% des vaccinés dans la fleur de l’âge auraient connu une petite poussée de fièvre à 38 °. La belle affaire !

Le déploiement du vaccin ne pouvait s’organiser en France que lorsque les autorités compétentes auraient donné leur feu vert. Cette prudence (que n’ont pas respectée les autorités du Royaume Uni) est indispensable.

Mais si l’on doit encore patienter pour la mise en place que chaque médecin, spécialiste ou non, ait pu étudier les milliers de pages du dossier et se soit fait une idée argumentée, on pourra attendre Noël de l’année prochaine pour espérer se faire vacciner !

Vous avez compris que je suis pro-vaccin et impatient de recevoir l’injection (après les précautions et vérifications nécessaires) ; Et je vous encourage à faire de même.

Salut les reconfinés -2-

À la Une

COVID : Quelles perspectives ?

Vous avez bien vu, lu, entendu ces derniers jours dans tous les médias : La grande affaire c’est l’ouverture des commerces. A tous les sujets d’actualité, sur toutes les antennes, difficile d’échapper au reportage sur la mercerie de Romorantin, le magasin de jouets de Vierzon, où la boutique de fringues de Chauvigny. Les enseignes commerciales ont accepté du bout des lèvres de différer le légendaire Black Friday. Tous les responsables économiques et politiques se préparaient à scruter les courbes d’affluence et de chiffre d’affaires, à espérer le boum attendu dans les boutiques, pendant que les responsables sanitaires craignaient la cohue qui favoriserait un nouveau pic de contagion.

Un petit retour dans les commerces

Finalement, rien de cela ne s’est passé.  Une petite affluence de fin Novembre (20 % en moins parait-il, à part les jouets). Explication : beaucoup d’achats de Noël ont été anticipés (sur internet ? on ne sait pas encore). Les prudents (dont je fais partie) sont restés chez eux. Et les soucis de l’évolution de la pandémie ont peut-être mis au second plan la frénésie supposée de consommation.

C’est que les fameuses (et stupides) attestations sont toujours là au moins jusqu’au 15 décembre. Ou peut-être plus longtemps, même si les fêtes de fin d’année échapperont sans doute à la vigilance des forces de l’ordre, on pourra sans doute aller saluer Papy et mammy (et « les laisser manger seuls dans la cuisine » comme le conseille le professeur Rémi Salomon…).

Mais toutes les autorités insistent à juste titre sur la persistance du danger et annoncent des actions sur les tests et sur le fameux vaccin.

Les tests de masse.

L’idée c’est de tester tout le monde ou au moins tous les volontaires avec un accès facile. On pense d’abord à une échelle locale, la métropole de Lille, par exemple. Mais aussi de toute une région. Ainsi Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes annonce une opération globale entre le 16 et le 22 décembre avec des moyens considérables. Ces campagnes massives de test ont deux intérêts : avoir une connaissance fine de la situation de l’épidémie au niveau d’un territoire et alerter les individus testés positifs, surtout lorsqu’ils sont asymptomatiques, sur la nécessité de s’isoler, en particulier à l’approche des fêtes de Noël. De quoi rassurer les familles à quelques jours des rassemblements autour des sapins.

Mais un autre objectif majeur de la démarche n’est pas assuré : L’isolement des positifs. Le président Macron a ouvert la porte à un débat (bien français) : doit-on utiliser la contrainte ? Faut-il prévoir de fortes amendes ?  Il faudrait plutôt commencer par examiner précisément ce qui se fait actuellement. On commence à connaître quelques cas autour de nous : cas contact ou testés positifs. Quel a été le suivi pour chacun ? : en général un SMS avec quelques recommandations et puis … et puis …c’est tout.
Alors on pourrait déjà améliorer l’information sur les modalités de l’isolement qui apparaît sans doute problématique à bien des cas positifs. Mais on peut regarder aussi ce qui se fait à l’étranger.
Les pays qui réussissent le mieux le traçage mettent le paquet : isolement dans des hôtels pour les plus précautionneux, et pour ceux qui restent chez eux : visite chaque matin d’un professionnel de santé qui examine avec le patient les modalités de l’isolement et le soutien à apporter. Cela demande des moyens humains considérables, mais toujours moins coûteux qu’un nouveau reconfinement.

Le vaccin

Il arrive, nous dit-on, mais on est encore dans le grand flou. J’ai vu un reportage d’Arte sur l’Allemagne. La campagne y démarre précisément le 15 décembre, la logistique des doses de vaccins, leur conservation (à -70° pour certains dans des congélateurs spéciaux), les centres de vaccination installés dans des centres de congrès ou des gymnases, le personnel recruté, tout est prêt.

En France on s’interroge encore sur les modalités (chacun chez son généraliste ou dans des centres dédiés ?) ; sur les publics prioritaires ; sur la stratégie vaccinale (précisée lundi 30 novembre par la Haute Autorité de santé) ; sur le calendrier (un premier déploiement des doses pourrait avoir lieu en janvier…).
Tout le monde a en tête le fiasco du vaccin contre la grippe, vivement conseillé par les autorités, mais en rupture dans les pharmacies trois jours après le début de la campagne.

Alors, on prend les paris : A quel moment serons-nous appelés, Danièle et moi, qui faisons partie des publics prioritaires pour avoir la fameuse injection ? A mon avis pas avant le printemps dans le meilleur des cas, plus sûrement au début de l’été !
Et on s’étonne que dans ce grand flou, les français ne sont que 40 % à se déclarer favorables personnellement à la protection vaccinale.  Le jour où les autorités seront en mesure donner une information fiable et complète, ils seront manifestement bien plus nombreux.

Alors en attendant RESTEZ PRUDENTS !