Retour du parlementarisme ou quatrième tour ?

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Tout le monde l’a dit : avec ces élections législatives du 12 et 19 juin, le parlement se retrouverait au centre du jeu politique. Fini ce régime hyperprésidentiel créé par la Vème république et poussé jusqu’à la caricature par Emmanuel Macron, l’heure est maintenant à l’initiative parlementaire et à des majorités directement issues des différents courants de l’assemblée élue. Ce sont les électeurs qui auraient choisi le principe d’une assemblée sans majorité, comme si la proportionnelle était enfin reconnue.

 Mais est-ce que ça va vraiment marcher ?

Du coté de l’Elysée, pas vraiment préparé à cette perspective, la surprise a été mauvaise.

Et Macron a continué à faire du Macron : « le 26 avril j’ai été élu président sur un projet clair ». De quoi faire rire (jaune) tous ceux qui, comme moi, ont voté Macron au 2ème tour juste pour s’opposer à Le Pen. Alors après avoir cité – pour la forme – la possibilité d’un gouvernement d’Union Nationale, puis d’une hypothétique coalition dont personne ne veut, il s’est fixé sur la perspective de compromis au cas par cas.  

  Mais à ses conditions, c’est-à-dire sur son programme et avec interdiction d’augmenter les impôts ou la dette. Bref rien ne change, prééminence du Président même s’il n’a plus la majorité absolue au parlement. On se demande comment il va s’y prendre – ou comment sa première ministre qu’il n’a pas citée va s’y prendre- pour faire passer ses réformes.

Tout le monde regarde du côté de la droite LR au Palais Bourbon (qui a évité le naufrage et sauvé les meubles). On sait que le programme de Macron s’était beaucoup rapproché de celui de Pécresse qui criait même au plagiat. Et un Jean-François Coppé et et un Gaël Perdriau plaident pour un rapprochement. Mais la plupart des leaders des républicains savent qu’ils n’ont rien à gagner à soutenir Macron. Pas question de ralliement ou de coalition.

Tout le monde s’interroge sur la position du RN. Marine Le Pen savoure la bonne performance de son camp et revendique sa place de première opposante au président. Mais … Elle pense à 2027 et au brevet de respectabilité qu’elle pourrait acquérir grâce à une attitude coopérative à l’assemblée. Quelques échanges de services avec la macronie, pour désigner les vice-présidences et la présidence de l’assemblée, par exemple.

Du côté de la NUPES, chaque composante, à part le PCF, a gagné à la démarche unitaire. Mais le succès a ses limites.

Avec 133 sièges elle a de quoi peser en tant qu’opposition mais pas de quoi renverser le gouvernement par une motion de censure, encore moins de quoi porter Mélenchon au poste de premier ministre. Quel sera son positionnement dans la vie parlementaire ?     

Lorsqu’on parle de stratégie il faut regarder du côté de JL Mélenchon. Certes on ne peut résumer la NUPES à la France Insoumise, certes on ne peut résumer la FI à son leader, mais on ne peut que constater le poids considérable de son influence, malgré sa décision (qu’il regrette sans doute maintenant) de ne pas briguer de mandat.   

Et il faut suivre sur son blog ses dernières analyses. Pour lui Macron est condamné à quémander l’abstention de LR et du RN. Ses jours sont comptés et la dissolution n’est pas loin. D’où son insistance à réclamer un vote de confiance à la première ministre lors de sa déclaration de politique générale, dans l’idée de faire tomber le plus tôt possible le gouvernement. Son horizon ? « Le quatrième tour est déjà commencé ».

A le suivre, le seul objectif de la gauche est de tout faire pour bloquer toute avancée à l’assemblée qui pourrait apparaître comme favorable à Macron  et préparer de nouvelles élections, avec la même certitude : se retrouver premier ministre.

Cette obsession électorale, cette foi inébranlable dans son destin du Lider Maximo peut-elle tenir lieu de boussole pour la NUPES ? Les forces qu’elle a rassemblées peuvent-elles se résigner à suivre Mélenchon dans cette impasse ? La gauche sortirait-elle renforcée de nouvelles élections ?

Finalement ce grand retour annoncé du parlementarisme risque de faire long feu. Il ne faut pas se faire d’illusion. On n’est pas en Allemagne, ni dans les pays scandinaves. Personne, dans les travées de l’assemblée et à l’Elysée, n’a de volonté sincère de faire vivre des compromis dans l’intérêt général.

Charolais : entre canaux et pâtures

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Le week-end de Pâques s’annonçait magnifique : soleil, ciel bleu, douceur de l’air printanier. L’idée c’était de prendre le vert pas loin de chez nous, avec des circuits en vélo. A la différence des vrais amateurs de cyclo qui apprécient la pente et l’effort, ce qu’il nous faut, à nous, ce sont les véloroutes paresseuses, le long des canaux ou sur l’emplacement des anciennes voies de chemin de fer. Pari réussi, même si une petite grippe m’a empêché d’accompagner Danièle dans ses sorties en vélo et ses longues promenades avec Snoopy.
De la verdure, beaucoup de vaches dans les prés, des canaux, une ligne de chemin de fer (Givors- Paray le Monial), nous voici dans le Brionnais-Charolais.

Quatre jours à se repaître d’herbe verte en regardant brouter les vaches blanches, à observer notre chien retrouver dans son pays natal ses instincts de berger de troupeau (avec plus ou moins de succès), quatre jours à admirer les viaducs et canaux, tel a été notre programme d’un week-end pascal bien paisible et ensoleillé.

Danièle voulait retrouver un viaduc qui l’obsédait depuis que nous l’avions raté lors de notre dernière visite, un viaduc particulièrement imposant entre deux rives, entre deux tunnels, sur une ligne qui ne manquait pourtant pas de prodiges de construction. Il s’agit du viaduc de Mussy-sous-Dun

Mais bien avant le chemin de fer, c’est la voie d’eau qui a assuré le transport dans cette région centrale de la France, jusqu’à la Loire atlantique mais aussi vers la capitale. Et nous apprécions particulièrement ces paysages de canaux, de darses, de ports, de pont-canaux (ci-dessous à Digoin), d’écluses, de ponts, de chemins de halage avec leurs rideaux d’arbres.

Le canal du centre ( le plus ancien , inauguré en 1793) a permis de relier la Saône à la Loire, potentiellement Marseille à Nantes. Il traverses une région agricole bien connue du fait de ses vaches blanches : le Charolais.

Et puis, il y a la Loire toujours sauvage. Bordée de quais aux belles maisons bourgeoises dans les lieux urbanisés, laissée à ses divagations et aux oiseaux ailleurs avec parfois la mention d’un bac ou d’une pêcherie qui n’existe plus.

Dans ses vertes étendues, entre les canaux, les étangs et les rivières paresseuses, ne cherchez pas des parcelles de maïs au feuillage allongé, de colza au jaune intense au moment de la floraison, de tournesol avec ses capitules toutes orientées vers le soleil. Il n’y a que de l’herbe, de l’herbe, de l’herbe ! Je ne connais pas de terroir agricole aussi homogène. Avec ses grands troupeaux paisibles de vaches blanches, accompagnées de leurs veaux. La pâture est leur cadre de vie, à l’année, qu’il vente ou qu’il neige, l’hiver on complète avec du foin dans les parcelles, on ne les rentre qu’autour du vêlage. On est loin de l’élevage intensif. Pas loin du bio, même si beaucoup de parcelles reçoivent un peu d’engrais chimique.

Mais comme dans toutes les zones d’élevage, les prix stagnent, les marges sont faibles, le malaise est là, poussant quelques éleveurs à mettre la clé sous la porte, dès le moment où leur situation est plus fragile pour une raison ou une autre : endettement, investissements mal calibrés, accidents de troupeaux, évènements familiaux …

Mardi, nous reprenons la route du retour, après une nuit paisible auprès du Canal à Artaix, face à un ancien lavoir entouré de floraisons généreuses.

Mélenchon, premier ministre à défaut de président ?

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Tout le monde est d’accord, il a fait une campagne efficace, gagnant 5à 6 % dans les derniers jours, prenant à la fois sur les autres listes de gauche (vote utile) et sur les abstentionnistes. Mais il lui a manqué moins de 500 000 voix pour figurer au 2ème tour. Mélenchon aurait pu se lamenter comme en 2017, accuser les autres mais le leader a une meilleure idée : Inventer un 3ème tour de la présidentielle avec les législatives du 12 et 19 juin.

L’idée c’est qu’on pourrait avoir une majorité d’opposition à l’assemblée qui forcerait le (ou la) président (e) à nommer un premier ministre de gauche (Mélenchon par exemple). Ça s’appelle la cohabitation, comme Balladur en 1986, comme Chirac en 1993 sous la présidence Mitterrand ou Jospin en 1997 sous la présidence Chirac.

Première remarque : Ces cohabitations ont été permises par une déconnexion entre la présidentielle (qui intervenait alors au bout de 7 ans) et les législatives (au bout de 5 ans). Depuis la réforme du 2 octobre 2000, les législatives et la présidentielle ont la même fréquence (5 ans) et les législatives sont organisées dans la foulée de la présidentielle. Elles ont donnée systématiquement un avantage – et un avantage important – au camp du vainqueur de la présidentielle. On pourrait espérer un miracle mais l’histoire récente n’est pas favorable à une hypothèse de victoire de l’opposition.

Deuxième remarque : Les élections législatives se font localement sur des noms dans 560 circonscriptions qui sont autant de terrains différents. En 2017, les listes Macron, avec le renfort du Modem avaient raflé la mise avec 350 élus, le Parti Socialise, majoritaire sur la période 2012-2017, n’obtenait que 30 sièges. La France insoumise comptait 17 élus, le Parti communiste français 11 et le Front national 8. Les négociations à gauche avaient été compliquées, les insoumis ne s’engageant vraiment qu’avec le PCF (qui faisaient candidature présidentielle commune avec Mélechon). Le PS avait offert des possibilités aux écologistes d’EELV, sans succès, vu que beaucoup de ses sortant étaient passés chez Macron. EELV n’a finalement eu aucun député.

Cette fois-ci la France Insoumise forte de son succès national, veut dicter ses conditions : les -rares candidats choisis dans la gauche écologique et sociale – devraient adhérer à un programme inspiré de l’Avenir en Commun (le mantra des insoumis), ils devraient respecter une discipline de vote une fois à l’assemblée et devraient présenter des excuses publiques pour avoir dit du mal de Mélenchon (!). Et de toute façon le Parti Socialiste en est exclu -définitivement, a précisé Mathilde Pannot, la chef du groupe insoumis à l’assemblée. Une manière étrange de vouloir rassembler la gauche écologique et sociale. Bref : tous derrière l’étendard des insoumis, je veux voir qu’une tête.  

Troisième remarque : Dans ses déclarations, Mélenchon nous appelle à l’élire premier ministre. Le coup politique a peu de chance de succès. Mais d’un seul coup, il se présente comme seul recours, face à un Macron ou même à une Le Pen élue présidente, (apparemment, l’un ou l’une, c’est un détail pour lui), il a la prétention de dominer, à lui tout seul, tout l’éventail de la gauche. Oubliés les 50% de ses voix qui ont voté utile mais qui auraient préféré voter écologiste, communiste, ou social-démocrate. Le rouleau compresseur insoumis est en marche.

Alors, assez des calculs foireux de Mélenchon ! Votons pour des candidats que nous choisissons selon nos convictions. Et agissons pour une recomposition de la gauche qui soit respectueuse de chacun. La gauche n’est pas morte, quand on regarde au-delà de nos frontières, en Allemagne, en Espagne, au Portugal, en Suède, au Danemark, en Norvège, en Finlande, souvent dans des coalitions particulières.

Mais pour l’instant, ne sautons pas les étapes. Dimanche faisons barrage à Le Pen , éloignons ce danger mortifère pour notre démocratie, notre état de droit. Pas d’autre choix efficace que :

VOTEZ MACRON !

2017 – 2022 : Bis repetita ?

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Au soir du premier tour c’est la même photo : Macron, Le Pen, Mélenchon, trois candidats au premier plan, tous les trois un peu plus hauts, par rapport à la photo de 2017, malgré l’abstention plus importante.

Même dilemme : faire barrage ou s’abstenir, même hésitation des insoumis. Mêmes reproches adressés aux autres candidats de gauche qu’ils avaient pourtant méprisés.

Sur la photo en arrière-plan les déçus : Zemmour, et Jadot. Et des fantômes : Pécresse, Hidalgo, Roussel (qui avait rêvé mieux pour les communistes). Mais des fantômes (LR, EELV, PCF) qui sont encore très implantés dans des régions, des départements, des grandes villes… (les communistes de moins en moins)

Même scenario pour le second tour ? Non! Maintenant la situation est bien plus grave, car MLP a des réserves de voix et Macron ne peut pas invoquer le bénéfice du doute (« ni droite, ni gauche»? ). Son programme annoncé pour le premier tour est vraiment à droite (retraite à 65 ans, contreparties pour le RSA, vers une école néo-libérale), ce qui rendra plus difficile le front républicain.

Malgré tout, je n’hésiterai pas : pour faire barrage à MLP, je voterai Macron, la mort dans l’âme. L’urgence de la lutte pour le climat et la justice sociale devront, hélas, attendre, à un moment où le GIEC nous donne à peine trois ans pour inverser la course vers la catastrophe. Il faudra compter sur les initiatives , les mobilisations pour avancer.

Et après ?

Nous aurons à voter pour les législatives.  

Question : la gauche désunie saura-t ’elle se reprendre ? Les Insoumis sauront-ils tendre la main aux autres formations pour des alliances de terrain. Ou bien profiteront-ils de leur score national pour faire cavalier seul (malgré une très faible implantation locale). La tonalité du discours de Mélenchon pencherait plutôt pour la posture dominatrice (l’Union Populaire, seule issue).
C’est que la gauche n’est pas morte quand on additionne les voix : près de 32% quand les derniers sondages donnaient 26,5 pour toutes les listes. Elle pourrait peser au parlement.

Nous vivons une période de dépérissement de la forme parti (même s’il ne faut pas mettre dans le même sac PS, EELV et PCF). Mélenchon, depuis dix ans, a tout misé sur la forme mouvement dans une vision populiste de gauche. C’est une démarche assumée et théorisée par des penseurs comme Chantal Mouffe et Ernesto Laclau, qui s’éloigne des approches classiques d’alliance pour conquérir le pouvoir et qui prône un rassemblement autour d’un leader charismatique.
Les Insoumis pourront-ils aller plus loin sans alliance ? Ce mouvement pourra-t-il faire l’impasse sur l’absence de cadres intermédiaires, sur l’absence consécutive de démocratie interne (deux caractéristiques qui faisaient la force dans la durée des partis traditionnels) ?

Entendrons-nous en 2027 la même rengaine : 2017 : il nous a manqué 600 000 voix – 2022 : il nous a manqué 500 000 – combien en 2027 ?

Et question subsidiaire : que deviendra le vieux leader ? Je parie pour une quatrième candidature…

Galice ou Toscane ?

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Ce début mars on allait retrouver nos amis en Charente pour un tour en Camping-car . L’idée c’était direction La Galice, au Nord-ouest de l’Espagne. On nous avait prévenu : la Galice c’est un peu la Bretagne de la péninsule ibérique, quand le temps est à la pluie, ça ne fait pas semblant. Un coup d’oeil aux prévisions sur 15 jours ne me rassurait pas – une belle succession de dépressions. Alors nous voici partis à la recherche (avec les prévisions moyen terme de l’ECMWF de Reading) de zones géographiques exempte de pluie. Résultat des courses : la Toscane ! C’est à dire à l’exact opposé de notre objectif initial : la Corogne.

Première étape dans le Languedoc : Gruissan ! Je ne compte pas le nombre de fois que nous avons frôlé ce pays d’étangs, de lagunes, de canaux, sans jamais dévier de l’autoroute A9. Quelle erreur !

Nous n’avons pas regretté cette étape, une idée de Danièle, un souvenir de cinéma : 37°2 le matin. À Gruissan sur la plage des Chalets, Zorg, 34 ans, est un homme à tout faire, chargé des réparations et de l’entretien d’un groupement de petites maisons, au milieu de nulle part. Vivant dans un bungalow sur pilotis, il rencontre Betty, une jeune femme jolie, impulsive et incontrôlable , avec qui il vit une histoire d’amour sensuelle et passionnée.

Ce quartier des Chalets nous l’avons trouvé à peine changé par rapport à ses plans initiaux, un des premiers grands lotissements populaires en bordure de mer de l’immédiat après-guerre. Et fidèle aux souvenirs cinématographiques de Jean-Mi.

Mais l’Italie est encore loin ! Passé la Camargue, Arles et Aix-en-Provence, les autoroutes françaises puis italiennes nous amènent dans ces côtes escarpées de la Riviera, alternant les passages dans l’arrière-pays, les littoraux et surtout une multitude de tunnels, de viaducs. Il faut dépasser Gênes (et son pont Morandi tout neuf) pour trouver un paysage moins accidenté et se rapprocher des grandes plages de Follonica. Un soir, au bout de 3 jours d’autoroute, nous arrivons enfin derrière les pinèdes qui longent ici la Toscane méditerranéenne.

Un cycliste rencontré sur le parking, aussi camping-cariste, nous tuyaute sur les spots intéressants : L’Ile d’Elbe , le golfe de Baratti où nous pourrons passer la nuit face à la mer dans un parking désert en cette saison.
La saison, justement, en ce mi-mars la plupart des campings sont fermés (à la grande déception de Christiane très attachée à sa douche quotidienne) et l’Ile d’Elbe est peu accueillante avec un petit vent du Nord (office du tourisme en vacance, musée Napoléon fermé le mardi, restent la plage Le Viste au pied de la résidence d’exil de l’empereur, la Palazzina dei Mulini et un petit resto sympa, Al Pescator sur la piazza della republica). Au retour, sur le Ferry (dédié à Batman, c’est le thème de sa déco) une silhouette étrange nous surprend dans le vent et les nuées.

Mais quelle Toscane voulons-nous ? Christiane et Jean-mi ont leur projet : Pas question de « faire » la toscane, sans visiter Sienne, Florence, San Giminiano, Volterra et plus loin, les Cinque Terre. Nos envies sont plus proches de la nature : éviter les villes, explorer les sentiers, les terroirs au gré de nos découvertes. Alors on se sépare avec des rendez-vous pour se retrouver.

Sur la plage du Molino, nous découvrons cet édifice qui se dresse face à la mer, accolé à un étrange port et un circuit de canaux.

Renseignement pris auprès d’un marin occupé dans sa petite embarcation. Il s’agit d’un moulin qui fonctionne grâce au débouché sur la mer d’un important canal de drainage. Un habitante nous explique le plan de bonification de l’archiduc de Toscane Léopold II de Médicis. La Maremme, qui doit son nom à son caractère marécageux et donc insalubre, fit l’objet d’un grand plan d’aménagement et d’assèchement au XIXème siècle puis sous le régime de Mussolini pour en faire une région agricole prospère.

Cette côte tyrhénienne est une alternance de longues plages adossées à des pinèdes et de falaises rocheuses entrecoupées de golfes accueillants. Nous avons passé deux jours du coté de Baratti.

Au départ du port de Baratti, le sentier de grande randonnée Volterra-Piombino nous avait été présenté comme un parcours facile, autrefois parcouru à cheval. Sur cette section il longe tout le long des falaises vertigineuses et il n’est pas bien entretenu : rambardes cassées, arbres abattus en travers du chemin, murets écroulés, au-dessus des précipices . Au final une étape éprouvante avec des points de vue saisissants.

Le rendez-vous suivant nous amène vers l’intérieur des terres au coeur de ces colline metallifere exploitées pour leurs minerais dès les premiers étrusques. Les paysages sont encore hivernaux, ici la Toscane apparaît moins riante, plus sévère et plus pauvre que sur les guides touristiques.

Notre point de rencontre se situe sur le parking de l’abbaye de San Galgano, fondée au XIIème siècle par les Cisterciens

pour célébrer le chevalier Galgano qui s’était converti après une jeunesse dissolue, et s’était retiré ici en pénitence. En signe d’humilité et d’abandon de sa vie passée, il aurait voulu briser son épée sur le roc, mais celle-ci s’y serait enfoncée, formant ainsi une croix. Cette dernière est toujours présente, très rouillée et désormais protégée sous une chasse de plexiglas.
La petite fondation prend rapidement une grande ampleur dans l’ensemble de la Toscane , jusqu’à son dépérissement au XVIIème siècle et l’écroulement de son clocher et de sa toiture. Les ruines , bien stabilisées, sont une vrai merveille.
A la veillée nos amis nous rapportent leur périple : Sienne, San Giminiano, Voltera. Florence sera pour la suite.

Pour notre part, nous poursuivrons notre périple campagnard, à travers le pays du Chianti. Castellina en est le chef-lieu. Nous nous garons auprès du parking du marché très fréquenté ce dimanche. Danièle, fait le plein d’artichauts (petits violets à poêler ), de rapa (brocoli-rave qu’on ne trouve couramment qu’en Italie), des tomates de plein champ de la Basilicate et de radicchio rosso (une chicorée rouge d’hiver).

En ce week-end de mars beau mais venté, la place du village est envahie de bikers en goguette,

qui apprécient les petites routes sinueuses de la région, regroupés autour du monument qui célèbre le Gallo Nero , le signe de qualité des meilleurs chianti. Dans les ruelles du village, à coté de quelques maisons prestigieuses de négoce de grands crus, de nombreuses échoppes proposent un choix de vin mais c’est surtout les restaurants, les galeries d’art et les boutiques de souvenirs qui pullulent en attente des touristes encore peu nombreux à cette époque de l’année.

La vigne est partout, c’est elle qui apporte sa prospérité à cette Toscane agricole.

Sans oublier l’olivier. Les plantations – récentes, 20 à 30 ans, c’est l’enfance, vue la longévité de l’arbre – ont colonisé la moindre colline. L’huile toscane se classe dans les catégories premium et contribue à faire de l’Italie le second producteur au monde après l’Espagne, malgré la menace de Xilella Fastidiosa, une bactérie qui ravage les plantations des Pouilles

Les deux camping-cars se dirigent maintenant vers Florence, plus précisément Fiesole sur les hauteurs au-dessus de l’agglomération. Un point de vue saisissant sur la plaine, mais un piège de ruelles, de pentes abruptes, de tournants en épingles à cheveux très inconfortable pour la circulation en camping-car. Le seul camping signalé est fermé pour travaux et les quelques parkings annoncés ne sont pas adaptés. Ce n’est pas un endroit pour nous.

Devant ces difficultés, nous prenons la fuite vers l’arrière-pays, le lac de Bilancino aprés San Piero a Sieve, une retenue artificielle. Ciel bleu, palmiers sur les plages, grandes prairies le long du rivage, de quoi contenter notre chien Snoopy qui s’est engagé dans des courses poursuites sans fin avec une congénère aussi agile que lui. Le lendemain nous reprenons la route pour nous rapprocher du retour.

Nous avons tous apprécié ces vacances Toscanes mais c’est sans doute Snoopy qui en a tiré le plus de satisfaction . Pour ses premières vacances en Camping-car c’est une réussite !

Danièle en a fait un compte-rendu, sur un ton plus personnel, sur son blog Les mots Justes

Presidentielle 2022

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Vote utile : Pour qui , pour quoi ?

C’est une petite musique que l’on entend dans les médias, portée par la France Insoumise. La gauche divisée n’a aucune chance de marquer ces élections à part le candidat Mélenchon en hausse dans les sondages et susceptible de se qualifier au second tour pour peu que l’électorat de gauche abandonne les autres candidats.

Le vote Mélenchon serait le seul vote utile quand on est de gauche. Cette notion de « vote utile » mérite d’être examinée.

Au fait : Pourquoi vote-t’on ? et surtout à cette présidentielle telle que l’a forgé la Vème république et qui n’a pas grand’chose à voir avec les mécanismes en vigueur chez nos voisins, pourtant pas plus, pas moins démocrates.

  • On vote pour élire le président de son choix. Mais c’est un peu théorique. Chacun d’entre nous peut s’interroger en regardant en arrière. Combien de fois notre candidat préféré s’est -il retrouvé finalement président ? Moi jamais, même si je me suis réjoui profondément de l’élection de François Mitterrand en mai 1981.  Je ne me souviens pas précisément de mon choix du premier tour. Sans doute Huguette Bouchardeau candidate du PSU soutenue par plusieurs organisations d’extrême gauche. Au second tour ce fut évidemment Mitterrand.
  • C’est que les votes du premier et du second tour n’ont pas la même fonction. Au deuxième tour il n’y a plus que deux candidats. Aux législatives les candidats peuvent se maintenir dès le moment qu’ils réunissent au moins 10% des électeurs inscrits, dans certains cas, ce sont 4 candidats qui restent en lice. A la présidentielle, c’est sans appel : on peut faire une troisième place brillante, on est obligatoirement éliminé. Alors on nous répète la maxime : au premier tour on choisit (le candidat le plus en accord avec ses convictions), au second tour on élimine (le candidat qu’on ne voudrait surtout pas voir président).
  • Mais les choses se compliquent. En 2002, le candidat Jospin qui sortait avec un bilan plutôt positif de cinq années à la tête du gouvernement, ne parvient pas au second tour du fait de la multiplication des candidats à gauche. Beaucoup de mes amis avaient préféré voter Taubira, Chevènement, Besancenot ou Mamère. Evidemment au second tour, c’est sûr, ils voteraient Jospin. Mauvais calcul ! C’est comme ça qu’on s’est retrouvé face à un duel Le Pen-Chirac. Du coup le premier tour ce n’est pas seulement exprimer un choix, il faut aussi penser au second tour. C’est là qu’intervient la notion de « vote utile ». Nous pouvons voter pour un candidat qui ne recueille pas totalement notre accord parce qu’il serait bien placé pour bloquer un autre candidat bien placé pour le second tour et que nous voulons absolument éliminer de la compétition.
  • Mélenchon nous explique que même si nous ne sommes pas complètement d’accord avec sa personnalité, son programme, il faut lui permettre d’accéder au second tour contre Macron qui y sera dans tous les cas. On connaît d’avance le résultat, vu le rapport de force, Macron aura une victoire écrasante quelle que soit la qualité de la campagne de Mélenchon. Alors quelle sera donc l’« utilité » de notre vote en dehors du plaisir de voir Mélenchon à la télévision à la place de Marine Le Pen ?
  • Derrière cette question se profile une autre. Dans une gauche rétrécie, désemparée à qui peut-on se fier pour reconstruire une alternative à gauche ? Sans doute pas à Mélenchon : qu’a-t-il fait de son -relatif- succès (à 19,6%) en 2017. A-t-il cherché à nouer des liens avec les autres formations à gauche, avec les verts et à la gauche de la gauche. Son obsession : la prochaine présidentielle et sa troisième candidature, quitte à s’opposer, comme aux municipales à Marseille aux listes communes et citoyennes du Printemps Marseillais
  • Je ne suis pas prêt à accorder un rôle de leader dans la recomposition de la gauche à un Mélenchon ami de Maduro, de Castro, compréhensif vis-à-vis de Poutine, s’abstenant devant la dénonciation du « génocide » des Ouigours en Chine. Son anti-américanisme, son hostilité envers l’Union Européenne sont ses seules boussoles internationales.
  • Alors, ce premier tour, je voterai selon mes convictions Yannick Jadot, car c’est le seul à incarner la lutte pour le climat et pour la justice sociale.
  • Pour le second, peu de chance, sauf miracle, de trouver Mélenchon dans les bureaux de vote. Face à Marine Lepen , en 2017 j’avais voté Macron. On pouvait avoir un doute sur le « ni gauche, ni droite ». En 2022 le doute n’est plus permis.  Je pense que j’irai à la pêche.    

Eté indien en Italie

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On a tourné autour du Pô

Nous sommes partis à trois camping-cars cette fois, trois couples, six adultes. Une première expérience ! L’idée c’était de suivre le Pô de son cours moyen jusqu’à l’embouchure

Il fallait d’abord se retrouver venant de lieux assez éloignés les uns des autres (Charente, région Lyonnaise, Venise). À raison de plusieurs échanges de mails pour concilier les exigences des uns et des autres (distance à parcourir en un jour, soleil, objectif final, récupération d’une participante en cours de route), un lieu fut trouvé :

Premier point de chute : sortie Broni-Stradella de l’autoroute Turin-Venise chez des viticulteurs accueillant gratuitement les camping-cars dans sa cour et proposant une dégustation de leurs produits. Situés au sud entre Pavia et Piacenza, entre la Lombardie et l’Emilie-Romagne, les Colli Piacentini, dominent le Pô, avec de douces ondulations, derniers contreforts des Apennins.

Merveilleux petits coteaux plantés en vigne sous le soleil d’automne dans un paysage qui rappelle les coteaux du beaujolais. Les productions sont très variées, suivant ainsi la diversité des cépages utilisés : barbera, croatina, cabernet sauvignon, pinot noir, chardonnay, malvoisie, ortrugo, pinot gris et sauvignon blanc.

Après dégustation et achat de vins, repas au bord du Pô dans un restaurant : All avamposto sul grande fiume. Le resto mérite parfaitement son nom, face au cours majestueux du Pô, particulièrement large à ce niveau.

Les constructions sont interdites dans cette zone hautement inondable. Alors, c’est sur des barges posées à terre qui peuvent flotter en cas de crues que le restaurateur et ses voisins se sont installés.

Depuis 2018, nous avions repéré cet endroit surprenant, mais jamais ouvert lors de nos passages. A l’origine installé sur la barge, l’établissement, à moitié embarcation, s’est étendu sur une terrasse arrimée à la terre ferme. La salle est pleine (heureusement nous avions retenu), c’est le rendez-vous des travailleurs du coin et de quelques connaisseurs. Bonne cuisine italienne simple et goûteuse. Des pâtes, des saucisses et du poisson, arrosés d’une petite piquette fraîche et frizzante.

Départ pour Pavie, son pont couvert, sa cathédrale et sa vieille ville. Nous dormons en contrebas d’un grand parc public qui borde le Ticino, juste avant le confluent avec le Pô.

En route pour Crémone où la halte est encore plus séduisante, encore un parc public au bord du Pô, des promeneurs avec ou sans chien, des coureurs, des voies cyclables et à proximité un camping pour prendre des douches. Alors on sort les tables au bord du fleuve, sous un soleil estival.

La façade de la cathédrale toute de marbre blanc est splendide…

mais ressemble à un décor de théâtre dès qu’on fait le tour et découvre la traditionnelle église en brique, cette brique, omniprésente dans toutes les cités que nous avons visitées.

Il fait si beau que nous restons deux jours.

Départ pour Sabbioneta et Mantoue (toutes deux classées au patrimoine mondial de l’UNESCO). C’est dimanche, il y a un monde fou sous le beau soleil d’octobre. Sabbioneta est toute petite derrière ses remparts imposants.

Mantoue est splendide avançant comme la proue d’un navire sur les lacs artificiels qui ont été créés au 12e siècle pour la protéger des inondations du Mincio qui descend du lac de garde. Il y a tant à voir que nous restons deux jours.

Si nous tardons encore nous ne verrons jamais le delta du Pô. Nous sautons Ferrara et choisissons d’arriver à Comacchio, tout au sud du delta.

C’est un bon choix, car cette petite ville est imposante dans sa simplicité. Vieille ennemie de Venise qui ne supportait pas son implication dans le commerce du sel, elle a été rasée en 932, mais s’est reconstruite avec superbe autour de ses canaux et des ponts qui les franchissent pour exploiter ses richesses de pêche, de sel et de marais mis en culture.

Puis c’est la splendeur du delta pour qui aime ces paysages de terre et d’eau, de ciels et d’oiseaux. Un peu de la Camargue, un peu de la Charente, l’immensité en plus et la pleine lune qui rend les oiseaux très bruyants toute la nuit.

La pêche est omniprésente dans la lagune, dont tout le littoral est équipé d’une multitude de cabanes à carrelet, ces filets carrés qu’on remonte avec l’espoir de belles prises

Ce delta a inspiré de nombreux créateurs italiens célèbres. Comacchio, c’est aussi le lieu où fut tourné « La fille du fleuve » un des premiers films de Sophia Loren.

Ses photos avec les habitants de Comacchio figurent partout dans la ville. Le mambo dansé par la Loren reste indubitablement un des sommets de l’érotisme des années 50. Réalisé par Mario Soldati (par ailleurs bon écrivain), co-écrit par une pléiade de scénaristes-romanciers-poètes dont A.Moravia, G.Bassani et P.P.Pasolini (quelle brochette !), ce pur mélodrame vaut surtout par sa peinture des petites gens qui vivent du fleuve.
Un Pô déjà figure de cinéma chez Visconti (« Ossessione », 1942) et qui sera notamment si bien filmé par Antonioni, d’abord dans un documentaire (« Gente del Po », 1947, court-métrage de 11 minutes) puis dans deux fictions (« Le cri », 1957, et « Le désert rouge », 1964) mettant bien en valeur ces paysages de marécages et de lagunes où se mêlent eau douce et eau de mer.

Deux jours à admirer et nous nous séparons là sur le parking d’une auberge au bord de l’eau.
Quelques ennuis mécaniques mineurs ont marqué le voyage (plaquettes de frein au départ, courroie d’alternateur en cours de route) et quelques découvertes culinaires : les orrechiette à la cime di rappa, les raviolis d’ortie et les raviolis de zucca cuisinés dans le camping-car auxquels il faut ajouter quelques repas au restaurant. Des moments de découvertes et de convivialité à voir dans ce film photographique

Notre retour à la maison a marqué le début d’une nouvelle aventure : Accueillir un petit chiot suite au décès de notre cher Wiki. Dans l’élevage, ce sont dix chiots Border Collie qui ont été menés à bien par leur brave mère. Nous avions déjà choisi le nôtre, mais ses 4 frères étaient aussi craquants.
Alors bienvenue à Snoopy !

Covid19- On n’est pas sortis de l’auberge (bis)

À la Une

Souvenez-vous, en avril, en pleine troisième vague, nous nous interrogions sur la sortie de cet épisode de l’épidémie. Entre temps, avec le secours des nouvelles restrictions (on ne parlait plus de confinement) les contaminations avaient baissé fortement, laissant entrevoir un été presque comme avant : Un virus en perte de vitesse, une vaccination qui démarrait vraiment à un bon rythme, il était temps de rouvrir les restaurants, les lieux de culture, les boîtes de nuit …

Et, patatras ! Arrive le variant delta (on ne dit plus « indien ») que personne n’avait vu venir, sauf quelques épidémiologistes ronchons. Ce foutu delta change la donne : il serait jusqu’à 60% plus contagieux qu’Alpha, le variant « anglais » lui-même beaucoup plus contagieux que la souche de Wuhan.

Plus question maintenant de reconfiner. L’économie, et même la santé mentale de nos concitoyens ne s’en remettraient pas. Quand on réfléchit au problème, il faut bien se rendre à l’évidence : Pas de salut en dehors de la vaccination !

Mais dans quelle mesure la vaccination peut nous sauver de la déferlante d’une quatrième vague ? On commence à avoir des données sérieuses.

La bonne nouvelle :

  • Le vaccin est sûr : Avec plus de 3,5 milliards de personnes vaccinés depuis 18 mois dans le monde, peu d’accidents, peu d’effets secondaires signalés.
  • Le vaccin protège vraiment des formes graves.  Les personnes non vaccinées contre le Covid-19 représentent environ 85% des malades hospitalisés, y compris en réanimation, et 78% des décès dus au virus, selon les chiffres récoltés par le service statistique des ministères sociaux.
    Le vaccin est la meilleure arme pour éviter l’embouteillage des hospitalisations, des réanimations, et des décès

La mauvaise nouvelle

  • Face à un variant plus agressif, les personnes vaccinées peuvent, en faible proportion, attraper la maladie, sous forme asymptomatique ou peu symptomatique. Dans ce cas, elles peuvent contribuer à la propagation du virus. C’est ce qui se passe en Israël avec un redépart des contaminations malgré un taux de vaccination très élevé. Heureusement peu de conséquences sur le système hospitalier. Les autorités commencent une campagne de troisième vaccination qui devrait réduire le phénomène. Elles recommandent la réintroduction des gestes barrière.

Face au nouveau péril du variant delta, les autorités françaises (en fait notre président le 12 juillet) ont décidé de forcer la progression de la vaccination : renforcement des centres de vaccination, ouverture aux jeunes, obligation vaccinale pour les soignants, extension du pass sanitaire à de nombreux lieux et activités.

Des mesures qui sont accueillies favorablement par 69 % (pour l’obligation vaccinale) des Français et 62% pour l’extension du pass.

Mais le diable se cache dans les détails : un restaurateur a-t-il le droit de vérifier l’identité d’un client présentant un pass sur son smartphone, un soignant récalcitrant doit-il être licencié, les cinémas peuvent-ils survivre avec les seuls porteurs du pass ? Ces mesures préparées à la hâte par un exécutif autoritaire ont été retravaillées et modérées par le parlement et seront soumises au Conseil Constitutionnel.
On est loin de la dictature évoquée par certains.

Mais un mouvement se lève contre ces restrictions aux libertés du côté des politiques : une partie de l’extrême-droite (Florian Philippot et Dupont-Aignan espèrent bien en tirer un profit) et à la gauche de la gauche (Insoumis, communistes, CGT et quelques personnalités écologistes) qui lancent une pétition attrape-tout contre la loi sanitaire, pour des moyens à l’hôpital, contre la réforme du chômage et des retraites. Bref, la confusion est grande.

Dans la rue, ils sont nombreux de tous horizons : extrême-droite, catholiques intégristes, complotistes, antivax, soignants récalcitrants, gauchistes, divers anti-Macron, Gilets jaunes, attelage hétéroclite, sans vraiment de chef de file, mais souvent biberonné aux fake news. Cela nous rappelle les beaux jours des manifs Gilet Jaune. Sauf qu’il ne s’agit plus des 80 km/h, ni du prix de l’essence ni du référendum d’initiative populaire, mais de la santé de nous tous face à un virus qui n’épargne personne. On peut critiquer le pouvoir, on peut s’impatienter de virer Macron en 2022, mais pas affaiblir la vaccination collective.

Alors, restons mobilisés. Vaccinons-nous ! Et conservons les gestes barrière !

De bien jolies vacances déconfinées

À la Une

Tourisme, amitié, vélo, nature et bonne cuisine …

Cela fait un bout de temps que notre van était prêt au départ. Mais il a fallu attendre : le 3 mai pour oublier la limite des 10 km, et puis le 3 juin pour recevoir notre deuxième injection, plus quelques jours pour garantir l’immunité. Et puis des invitations à retrouver des amis.

En route pour Poitiers et Les Bavards où Béatrice nous attend, une halte presque traditionnelle quand nous partons vers l’Ouest. Il fait très chaud sur la route mais nous trouvons en chemin une halte  fraîche et agréable pour le soir au bord du plan d’eau de Châtelus-Malvaleix, au nord de Guéret en sortant des grands itinéraires.
Le lendemain pour midi, après une courte visite à la modeste maison de George Sand à Gargilesse, nouvelle recherche d’un point d’eau frais et ombragé au bord de la Creuse.

Et c’est la découverte, après Argenton sur Creuse, de Romefort, l’endroit idéal où l’on peut même se baigner au milieu des renoncules d’eau en fleurs.

Les Bavards, au-dessus de la Gartempe, au milieu des bois, un hameau que Norbert fréquente depuis plus de 40 ans.

Béatrice y passe son été, entre les voisins, les amis et les soins de son potager. Aujourd’hui elle a des copains cyclotouristes qui passent la nuit chez elle avant de faire le tour de la Creuse à vélo. Échange d’adresses et de recettes d’amateurs de vélo. Les fauvettes à tête noire chantent à tue-tête mais le potager a soif et Norbert règle l’arrosage automatique pour que tomates et haricots ne meurent pas pendant l’absence de Béatrice.

Départ pour la mer, mais arrêt imprévu dans le marais poitevin à Arçais où un joli camping ombragé nous tend les bras. Le gérant écoute RTL à fond (pour faire le ménage) mais cela ne nous arrête pas. Les campings ombragés ne sont pas légion.

C’est le week-end, il y a du monde. Ballade à vélo le lendemain sur les pistes cyclables au bord des canaux (pas toujours très bien indiquées) et le soir tour en barque avec guide (très compétent sur la gestion de l’eau et l’histoire du marais).

Pourquoi changer quand on est bien ? On reste le lendemain pour visiter la réserve ornithologique de Saint- Hilaire la Palud.
Vélo à nouveau, marche à pied, oiseaux du marais et restauration de la réserve : assiette vendéenne de produits du terroir, parfaite.

On nous attend à Rochefort chez Léni, une amie d’amis. Sa maison est ancienne et simple mais elle la retape avec énergie. Et nous trouvons derrière un immense pré en bordure de forêt, parfait pour nous. Marché de Rochefort pour le repas de midi (aïoli aux légumes parfaitement épluchés par les messieurs et poisson excellemment préparé par les deux cuisinières que sont Léni et Babeth).

Le soir repas au restaurant au bord de la Charente près de la corderie royale. Tables de 6, nous sommes 7, mais on s’arrange : filles d’un côté et garçons de l’autre. Devant nous les gros bateaux qui partent pour le bout du monde.

N’oublions pas la culture et le lendemain c’est la visite de l’architecture de Royan : architecture estivale des villas de bord de mer, architecture de reconstruction après la guerre (les documents de l’office de tourisme sont de toute beauté!).

Retour par Marennes pour manger des huitres au bord des parcs à huitres. Le bar à dégustation vient de réouvrir avec des serveuses toutes neuves dans le métier qui commencent leur saison.

Nouveau départ cette fois vers Challais et la maison de famille de Jean Mi, modeste mais au milieu des bois de chênes. Un régal pour moi qui vient de voir disparaître le bois de Montvallon à Lissieu !

On passe d’abord la tondeuse et on sort les tables, chaises, coussins, parasols en mode été.

Challais est à l’extrème-sud de la Charente, à la limite du Périgord. Pour venir on a traversé les étendues de vigne de la Saintonge, les vignes à perte de vue qui servent à faire le Cognac.

Beau programme à Challais après les quelques travaux de mise en route de la maison de vacances. La forêt est toute proche, la vie sauvage est très présente, témoin cette jeune biche saisie par la caméra de chasse installée par Danièle.

Aubeterre et son église monolithe (troglodyte plutôt) au bord de la Dronne. Guizengeard le lendemain avec ses lagons bleux dans d’anciennes carrières de kaolin. Et quelques détours par les souvenirs d’enfance de Jean Mi, coins de pêche et de baignade.

Une invitation à l’île de Ré ne se refuse pas. On repart en convoi pour un camping au bord de la mer. Simple, on ne voit pas la mer qui est derrière la dune, mais magique, aéré, accueillant et sans aucune animation bruyante (à l’exception du groupe nombreux de nos jeunes voisins). Ré en vélo quand il n’y a pas encore grand monde, c’est un vrai bonheur de pistes cyclables agréables et planes. On découvre St Martin en Ré, la Flotte, Rivedoux-plage. Puis tout le bout de l’île : Ars en Ré après des retrouvailles avec Andréas et Arya (fils et petite fille de Norbert) chez Hanna (leur mère et grand’mère).

Essai de pêche à pied aussi lors des deux grandes marées (5 palourdes que je donne à la personne qui m’a appris à les découvrir!). Bistrot à Ars en ré, cuisine agréable et service rapide (« depuis le déconfinement, nous faisons en juin le chiffre d’affaire d’un mois de juillet »)

Les bonnes choses ne durant pas et l’île de Ré commençant à se remplir pour le dernier week-end de Juin (nous renonçons au phare des baleines déjà envahi), retour vers Challais et derniers préparatifs pour reprendre la route sous la pluie et la grisaille. Cette fois, d’une seule traite, il vient un moment où l’on a envie de se retrouver chez soi !

Les forêts et le CO2

À la Une

Un bois de chênes centenaires qui disparaît dans notre village à deux pas de chez nous, juste au-dessus de l’école. Des surfaces dévastées, une centaine de tronc prêts à partir pour la scierie. L’évènement a créé une grande émotion. Mais en plus des ravages du chantier, de la dégradation du paysage, c’est aussi une très mauvaise affaire pour la planète et le climat.

Les arbres, grâce à la photosynthèse, absorbent le CO2 de l’atmosphère et le transforment en feuilles, branches, et tronc. Chaque année ils produisent plus de bois et rejettent autant d’oxygène dans l’environnement. Bref, tout au long de sa vie : 20, 30, 50, 100, 200 ans l’arbre aura ainsi retiré des quantités considérables de CO2 responsable principal du changement climatique qui nous menace tous.

Mais la vie d’un arbre a une fin : Maladie, foudre, incendie, tempête. La plupart meurent du fait de l’exploitation humaine. Que devient alors cette machine naturelle à fixer du CO2 ? Va-ton le retrouver dans notre atmosphère ? Classiquement on présente le schéma suivant. Que faut-il en penser ?

  • Séquestration dans les produits : VRAI !  les charpentes, planches, tasseau, meubles se retrouvent dans la construction et dans nos logements. Ils ont une durée de vie longue (quand ils ne partent pas en fumée comme la charpente de Notre-Dame). Le CO2 capté pendant le cycle végétatif reste séquestré dans le bois.
  • Substitution énergétique : VRAI et FAUX La question n’est pas si simple. Evidemment cela permet d’économiser des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) qu’on laissera dans le sous-sol et qui ne viendront pas augmenter le CO2 atmosphérique. MAIS …

Dans l’immédiat on brûle le bois qui dégage donc le CO2 correspondant. On le brûle dans notre cheminée ouverte (très mauvais rendement), dans notre foyer fermé (meilleur rendement) ou dans notre poêle à granulé, notre poêle de masse (meilleur, meilleur rendement). Mais si l’on regarde le cycle du combustible, c’est plutôt mauvais : on a laissé beaucoup de matière dans le sol (souche et racines), sur la terre (les branches), et puis le rendement de la combustion elle-même n’est pas fameux : au total, le rendement est 1,5 fois moins bon que le charbon et 3 fois moins bon que le gaz.

Mais le plus inquiétant ce sont les projets de fournir de l’électricité ou du chauffage urbain à grande échelle, à partir de la forêt. Les objectifs envisagés au niveau de l’Union Européenne consommeraient la totalité de la croissance naturelle de la totalité des forêts d’Europe.

Plus inquiétant encore : le caractère renouvelable de cette ressource est tout à fait fallacieux. Si effectivement on replante, les nouveaux arbres mettront de nombreuses années avant de « rembourser » la dette CO2. Dégagement massif de CO2 maintenant, compensation dans 20, 30, 50 ans. Or c’est bien dans les années proches (avant 2050) qu’on a besoin de réduire massivement les émissions de CO2.

Le bois énergie, faussement renouvelable, est une mauvaise affaire pour la planète, contrairement à la propagande mensongère des industriels et des autorités.

C’est d’ailleurs le sens d’un appel de 500 scientifiques à travers le monde qui réclament l’abandon de tels projets.

Laisser les arbres grandir, vieillir, continuer jusqu’à la fin de leur vie à absorber du CO2 ( c’est prouvé ! )

Et au moins ne pas prélever plus que la croissance naturelle des forêts (qui en France ont doublé leur superficie depuis le XIXe siècle)

Non ! Brûler nos forêts n’est pas une solution à nos besoins de chauffage et d’électricité. L’isolation et l’efficacité énergétique devraient permettre aux énergies réellement renouvelables de prendre le relais des énergies fossiles.