Montier-en-Der: Un festival et des grues

Pour la 15 ème année consécutive la petite commune de Montier en Der organisait son  Festival de la photo animalière  et nature .

A 15 Km de Saint-Dizier, perdu au milieu d’une Champagne très rurale, le lac de Der, mis en eau en 1974, est devenu un haut lieu du tourisme, des loisirs et de détente, avec ses 77 km de rivages, 4800 hectares d’eau. La plus grande retenue artificielle d’Europe. Le plan d’eau attire une foule d’oiseau à la recherche de zones humides. Les grues cendrées, dans leur migration entre le Nord de l’Europe et la péninsule ibérique sont chaque année 40 000 à faire une longue pause sur ses rivages. C’est dire combien le site a depuis sa création attiré de nombreux photographes, dont une poignée est à l’origine de la création du festival.

Jeudi 17 novembre, nous approchons de Montier en Der dans la matinée, accueillis par un groupe de grues cendrées qui paissent tranquillement dans les terres. Je n’y crois pas, je chausse mes jumelles obscurcies par la buée, Norbert se fait klaxonner pour s’être arrété sur le bas-côté, mais je suis déjà dans le blé d’hiver pour approcher les volatiles. Pas vraiment craintives, mais préférant garder une distance raisonnable, elles partent un peu plus loin. Il y a déjà beaucoup de monde à Montier en Der et ce n’est pourtant que l’ouverture du festival ; beaucoup de voitures, de camping-car et des parkings déjà bondés. Mais la tolérance est grande pour le parking sur le trottoir.Dès l’entrée l’ambiance est conviviale : des bénévoles assurent la vente des billets et les contrôles et, malgré la foule, les photographes sont accueillants et disponibles. Ils parlent de leur pratique, de leur équipement et de leur statut sans hésitation et vendent quelques tirages ou livres. Peu de professionnels à plein temps, mais beaucoup de vrais passionnés qui souvent travaillent dans des activités proches de la nature (animateur nature, laboratoire d’entomologie de la fac de Rennes, observatoire astronomique de Reims…) et par deux.

La télévision est très présente . FR3 Champagne-Ardennes relaie pendant ces 4 jours tous les événements du festival et diffuse plein de reportages.

Nos coups de cœur :

L’hermine blanche et autres petits animaux des jardins : ils sont deux passionnés sous le sigle Beauté Sauvage qui se téléphonent chaque soir pour faire le point sur ce qui s’est passé sur les affuts. Ils parlent des animaux parano qui ne se laisseront jamais portraitiser et des autres individus plus curieux, joueurs, un peu clown. Les clichés exposés ont du succès auprès des amateurs qui veulent en ramener un souvenir.Plus loin, les photographes savent se transformer en alpinistes sur les falaises verticales que fréquentent les tichodromes échelettes à la robe colorée. Christophe Sidamon-Pesson en a tiré un livre magnifique.

C’est aussi sur les sommets des 4 coins de la planètes que Sébastien Dedanieli a suivi la faune des sommets.

Quant à Jean-François Hagenmuller , il a su capter cette lumière exceptionnelle des cimes qu’on peut observer dans le massif du Mont Blanc. Des couleurs uniques qui ne doivent rien à Photoshop ( juste quelques filtres – polarisant et gris neutre- à la prise de vue), nous assure-t-il.

Sébastien Beaucourt est un passionné d’astronomie (que j’appelle photos de nuit, mais l’auteur me corrige en m’expliquant les connaissances astronomiques certaines qu’il faut posséder pour savoir que la lune sera une nuit dans l’année entre les deux tours de la cathédrale). Ses photos d’une éclipse de Lune montrent bien la progression du phénomène.

Je m’attarde devant des documents du musée du cinéma et de la photographie de Saint-Nicolas du Port qui montre le premiers pas de la photographie animalière au début du XXème siècle avec des appareils de prise de vue – les chambres- qui pesaient plus de 15 Kg. Pas facile de prendre la fuite avec un tel chargement après avoir saisi le cliché historique du redoutable tigre du bengale. Cela me rappelle le livre de Michel Le bris « la beauté du monde » dont les héros Martin et Osa Johnson, parcouraient le kenya dans les années 1920 pour en ramener des photos d’animaux sauvages qui ont connu un succès immense aux USA.

Et puis beaucoup de matériel au gymnase de l’UFOLEP sur le port de Giffaumont. J’y trouve un déclencheur filaire pour notre réflex et nous aurions pu assister à la première présentation en France du nouveau Canon  EOS-1DX , «le vaisseau amiral de la gamme Eos» qui ne sera commercialisé qu’au printemps prochain. A 5000€, Canon présente un appareil dont les performances ( notamment une montée en ISO – 51 200, voire 204 800- qui préserve la qualité de l’image)  creusent l’écart avec les autres modèles experts de la marque.

Pas d’ateliers à Montier en Der (contrairement à ce que nous avions vu au Printemps de la Photo de Davezieux ), mais des conférences auxquelles nous n’allons pas car nous devons repartir dès le samedi.

Beaucoup de scolaires, aussi, qui débarquent par cars entiers. Ils sont à l’origine d’une grande animation dans les allées mais ils savent se montrer attentifs lorsqu’on leur explique la différence entre les papillons de jour et ceux de nuit.

Les associations de protection et d’éducation à la nature sont très présentes .  Nous sommes frappés par le foisonnement de propositions touristiques liées à la photographie nature pour des destinations exotiques mais aussi en France où les sites protégés ne manquent pas.

La journée passe vite et il est temps d’aller trouver une place sur la rive ouest du Lac pour assister le lendemain au lever des grues. Nous nous retrouvons au parking des camping-car sur le site de Chantecoq tout près du rivage. Arrivés sur le haut de la Digue : Surprise ! Nous connaissions le lac au mois de mai, une vaste étendue d’eau (à gauche sur la photo ci-dessus). En novembre, il n’y a plus que quelques flaques et beaucoup de bancs de sable parcourues par des bandes d’oies cendrées (à droite ci-dessus). C’est que le lac de Der fait partie du dispositif anti-crue de la Seine, vide l’hiver, il a la capacité d’absorber la montée des eaux de la Marne et l’été il fait la joie des baigneurs et des plaisanciers.

Beaucoup de monde à 7h du matin, beaucoup de matériel aussi et du gros, très impressionnant. Au fur et à mesure du lever du soleil, les grues décollent en groupe qui se détachent sur le ciel rougissant.

C’est beau, cela ne dure que trois quart d’heures et puis tout le monde reprend sa voiture.

Nous passons la journée à nous promener sur la digue, à visiter les expositions du site de Giffaumont-Champobert. Beaucoup d’oiseaux lointains : des vaneaux huppés, des cormorans, des grandes aigrettes, d’autres limicoles plus petits que notre équipement ne nous permet pas de voir, mais des ornithologues bien équipés de lunettes sont assez gentils pour vous faire observer dans leur lunette un courlis cendré, un garrot ou une sarcelle d’hiver.

Seules les oies cendrées sont à notre portée ; elles broutent en petites troupes peu farouches en bas de la digue. Difficile de les approcher tout de même et si le chien se montre c’est l’envol immédiat ! Pour observer le retour des grues le soir, je délaisse l’attroupement de l’observatoire de Chantecoq pour me placer sur la digue près d’un vidéaste isolé qui voit très bien l’endroit où le soleil va plonger mais ne semble pas sur le parcours des grues. Les couleurs du coucher de soleil sur les ilôts du lac sont superbes, le ciel aussi. Et les grues arrivent tout de même. Elles reviennent des champs où elles ont picoré les restes de maïs entre les sillons du labour. Elles survolent le petit bosquet qui nous fait face.Nous passons encore une nuit sur place et le parking des camping-car se remplit ; au petit matin du samedi, il n’y a plus une place libre.

Nouveau poste sur la digue près de nos voisins de camping-car équipés de pied en cap : veste de camouflage, objectif camouflé, énorme pied. Je ne sais pas si leurs photos sont meilleures que les miennes, mais je sais qu’il vont passer la semaine à les trier : ils déclenchent tous en rafale.

Cela ne fait pas autant de bruit que les grues à l’envol mais c’est tout juste !

Photo Nature

Nous avons passé le week-end dernier dans le Jura pour un stage photo Nature organisé par notre club photo. Tout d’abord une journée autour du lac de Lamourra (un lac glaciaire à deux pas de la station des Rousses dans le Jura)  pour s’assurer des bases de la photo paysages et nature. Le coeur d’une photo paysage (outre le cadrage et les paramètres d’exposition) c’est l’analyse des zones de lumière, souvent en contraste violent : entre un  ciel d’été et le versant nord de la coline plantée de conifères quasi-noirs, comment éviter le traditionnel ciel blanc-cramé (ci-dessous à gauche) que nous restituent souvent les boitiers numériques. Fabien, notre photographe nous conseille une sous-exposition constante et l’utilisation éventuelle d’un filtre (avec un filtre gris dégradé neutre ci-dessous à droite).Avec un peu de patience et une éclaircie dans les nuages, on règle la vitesse au 1/250 avec le filtre bloqué sur le ciel et le tour est joué !

Fabien Bruggman est photographe animalier  depuis 20ans. Un peu de technique, beaucoup de matériel, mais surtout une expérience pratique  vécue et l’envie de partager son amour de la nature, sans aucune condescendance pour les débutants. C’est un bon ! Voir son site !

Le dimanche est prévu pour aller à la rencontre des animaux, précisément voir des chamois et les saisir dans leur environnement sans les déranger. Les sites sont connus des habitués. C’est au Bourg de Sirod que nous allons centrer nos recherches. Tout à coté les pertes de l’Ain ( un parcours souterrain de la rivière à travers un chaos de quelques centaines de mètres) attirent de nombreux visiteurs au-dessus des cascades et des abimes.Mais beaucoup de touristes ignorent qu’une harde de chamois est installée sur les hauteurs voisines que notre groupe rejoint vers les dix heures du matin. Nous parcourons les clairières successives de ce qui fut au XVIème siècle une forteresse imprenable, mais de chamois pas une trace ! Le soleil déjà haut les a amenés à se replier dans la fraîcheur des pentes boisées. La petite troupe du club se sépare et nous voilà partis sur un circuit de randonnée.

Mais tout n’est pas perdu. Le reste du groupe trouve en descendant de la compagnie : un solitaire, nullement effarouché, se prête de bonne grâce au rôle de modèle.

Le soir, après la dispersion du groupe,  nous décidons de persévérer le lendemain matin . Lever 5h15 pour être sur place à 6h. Un amoureux de la nature est déjà sur le parking et nous attend pour ne pas  déranger les chamois avant notre passage.

Nous mettons en oeuvre les conseils de Fabien. Etre toujours prêt : mode AV (priorité ouverture pour avoir toute la profondeur de champ souhaitée), réglage à 3200 iso dans la lumière bien faible du petit matin (je passerai à 800 iso vers 7h puis à 100 iso en plein soleil vers 8h30) et nous commençons à suivre la falaise.

Ils sont là et broutent sans se soucier de nous. Les pentes abruptes sont leur vrai refuge. C’est là qu’ils sont à l’abri de leur seul prédateur, le lynx, mal à l’aise dans les falaises, sans compter l’homme:

chaque année les sociétés de chasse accordent quelques « bracelets » soit autant d’autorisations de tuer aux fins d’un soi-disant équilibre des populations

Nous montons sur la crête et ils sont toujours là en contrebas maintenant, toujours à l’ombre. Notre premier accompagnateur s’éclipse discrètement en nous donnant des conseils de promenade.

Il est remplacé par un deuxième passionné, long téléobjectif, disert, ancien DRH qui a donné des noms à toute la harde et décèle les problèmes psychologiques des individus. « Micheline n’a qu’une seule corne, elle est plutôt rejetée par les autres ». Ces deux-là viennent tous les jours et savent tout des habitudes des animaux.

Un chamois fait un petit tour dans la prairie de l’autre côté du chemin…que nous croiserons à 4-5 mètres sur le chemin au retour. Etre toujours prêt : avec l’appareil bien réglé en bandouillère, pas de vraie difficulté pour avoir une photo à peu près nette ; pour le cadrage, c’est une autre affaire !

Les chamois sont si calmes que Norbert pense pouvoir sortir Wiki sans problème : ils nous avaient tolérés sans crainte mais la vue du chien les fait instantanément prendre de la hauteur d’un bond prudent. Je les retrouve au sommet de la crête en plein soleil…pour les voir s’éloigner paisiblement dans la forêt sur la face est.

Il est 9h. Toujours prêt et patient pendant 3 heures, c’est fatiguant mais tellement agréable.

 

Un écureuil roux dans notre cyprès


Chaque matin entre 7h et 8h30 l’écureuil roux nous invite à son petit déjeuner de cônes de cyprès.

Un petit bruit de grignotage, des débris qu’il jette, une tache rousse suffisent pour le localiser  dans les 10m de hauteur du cyprès  et l’observation peut commencer. Où se placer ? A un mètre de notre terrasse (c’est trop près, on pourrait l’effrayer), ou à 7-8 m à la fenêtre chez Andréas (c’est mieux – avec un zoom de 300mm et beaucoup de patience).

Quelle idée l’a décidé à installer ses quartiers dans ce conifère si proche de la maison, de ses activités humaines et des animaux – chien, chat – qui peuvent le déranger ou même l’attaquer ? En l’observant on comprend vite : le cyprès, lourdement chargé de ses fruits – des cônes sphériques qui renferment les précieuses graines –  est avant tout son garde-manger.

Il se saisit d’un cône  entre ses deux pattes avant et il commence la dégustation écaille après écaille à la recherche des graines. Quand il ne reste que le trognon, il le jette et part vite à la recherche d’un autre cône, parfois juste à côté, parfois plus haut ou plus bas en se faufilant entre les branches.

Son agilité est étonnante. Une longue queue « en panache » lui sert de balancier et de gouvernail lorsqu’il grimpe . Son adaptation au milieu est parfaite : squelette léger, longues griffes, il étale la queue et écarte les membres quand il saute. Le cyprès est à 60 cm du bord du toit , un rien à franchir pour notre acrobate.
A-t-il construit sa « hotte ,» (son nid)  dans le cyprès ou bien sous le toit ? Mystère ! Pour étancher sa soif, nous avons placé une petite réserve d’eau à côté du cyprès, mais bien rusé celui qui le verra en train de boire.

L’écureuil est aussi un bon nageur. Nous l’avons vérifié sur les iles du Rhône près de Condrieu (l’île au Beurre). Un peu loin, le sujet, pour le zoom de notre petit appareil photo compact.


Les écureuils roux sont en voie de disparition, victimes de la route et remplacés par les écureuils gris venus d’Amérique du Nord devenu invasifs parce plus gros et plus forts et plus résistants aux maladies. Ils ont pratiquement disparu en Angleterre.

Alors, nous sommes particulièrement attentifs à ce nouveau voisin si sympathique. Mais il a déjà terminé son repas et nous dit au revoir en disparaissant dans l’épaisseur du feuillage.

Notre chien connaît 40 mots

Wiki, notre chien, prénommé ainsi en hommage à Wikipédia ne connaît que  40 mots. Il se sent très mal depuis qu’il a appris que l’un de ses congénères en maîtrise 1023 ! Il mange à peine !

En effet Chaser, chienne Border Collie, surdouée et bénéficiant d’un enseignement de haut niveau, apprend dix mots nouveaux par jour.

chaser.1295604494.jpg Il paraït que son maître, un professeur de psychologie à la retraite , a du mal à réfréner son ardeur à apprendre. Son apprentissage s’est porté sur quelques centaines de jouets, chacun différent, qu’elle va ramener sur la demande de son maître ( Ici la vidéo )

 

PourWiki, c’est un nouveau constat d’incompétence après le jugement terrible de son précédent maître (nous l’avons adopté à un an) qui envisageait la solution finale pour se débarrasser du jeune chien berger  « pas bon pour les vaches ».

Nos efforts d’éducation n’ont pas été à la hauteur des prodigieuses capacités de sa race ! Il faut dire que Norbert n’a jamais consacré plus de 10 mn à ses tentatives d’éducation. Au bout du compte, ce n’est pas un chien savant , mais un compagnon attentif et bien élevé .

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Son vocabulaire -trop restreint malgré son intelligence très vive-lui suffit largement dans la vie quotidienne passionnante qu’il vit avec ses maîtres, il est représentatif de ses centres d’intérêt:

courses, ballade, promenade,  camping-car, voiture, on y va, partir, sortir, courir, trottoir, voiture, gamelle, manger, biscotte, fromage, boire, gâteau, chien, animal, Nono, Nanou, Clara, Antonio, Filo, Mémé,Civrieux, le maître, couché,  assis, à ta place, avance, recule, à droite, à gauche, pousse-toi, va-t’en, chat, lapin, la laisse, corde, chaine, dehors, pas bouger, Wiki, aboie).

Et Wiki a d’autres qualités :il est très observateur et très fort en langage non verbal. Il a aussi des modulations de voix très expressives, des regards poignants et même une certaine façon de sourire, comme Chaser,en relevant ses babines pour montrer ses dents.

Malgré tout, Norbert le pense surdoué !

 

Chien et Chat

Cette année nous avons ramené des vendanges à Quincy  quelques bonnes bouteilles …et un beau chaton roux. Chantal et Jean ont toujours une bande de chats qui vit dans le grenier de l’appenti, tout en haut de l’échelle. Et malgré leurs efforts de régulation des naissances, les portées reviennent régulièrement.

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La petite bête nous a été présentée par nos amis viticulteurs comme une femelle . Alors nous l’avons appelée Pedia  pour faire la paire avec Wiki, notre chien (Eh, oui Wikipédia, Lol !). Mais la cohabitation n’allait pas de soi. Pendant deux semaines la petite chatte se comportait comme un tigre en miniature avec Wiki qui souhaitait faire ami-ami avec elle, comme il avait pratiqué avec Betty, sa grande copine.

La petite Pedia a grandi, s’est familiarisée avec Wiki, après quelques jours de guerre totale.

gamelle.1256984930.jpg Le chien a été bien patient, le temps que le petit monstre se calme. Wiki n’a pas le droit de visiter l’assiette du chat (qui serait vite vidée de son contenu si on le laissait faire). Mais le chat est toléré dans la gamelle du chien qui partage en bon frère.

A regarder de plus près son anatomie, Elodie nous informe que la petite femelle est en définitive un mâle.

Alors Pédia est un chaton ! Dommage pour le jeu de mot avec Wiki. Clara nous suggère Pédio, puis Pedro. Alors, va pour Pedro !

Maintenant, le chaton Pedro joue avec Wiki, le chien border collie. Coup de pattes contre coup de dents. Même pas mal !

Alors voilà deux amis inséparables !

Rapaces migrateurs au Col du Baracuchet

Le col du Baracuchet est un très joli endroit au-dessus de Montbrison, juste en face du Mont Blanc. Ce col du Forez marque la limite entre la Loire et le Puy de Dôme.

baracuchet-ter.1251742078.jpg De l’autre côté on descend sur Ambert et en suivant la ligne de crêtes on va vers les hautes chaumes et leurs jasseries où s’élaborent les fourmes d’Ambert et de Montbrison.

Les oiseaux migrateurs passent par là aussi, en route vers l’Afrique via l’Espagne et leurs vols sont faciles à observer en contrebas du col où le panorama est très large.

A partir du 15 août, les rapaces sont les plus nombreux et les observateurs compteurs de la Ligue pour la Protection des Oiseaux ( LPO) sont  sur place du matin au soir tous les jours dans le cadre du programme migraction (www.migraction.net).

milan_noir-bis.1251741132.jpg Ce sont les milans noirs qui ouvrent la danse ; ils sont reconnaissables à leur queue échancrée qui les distingue aisément des autres rapaces. Si le majestueux milan royal se raréfie de plus en plus en Rhône-Alpes, le milan noir plus petit et plus sombre que son illustre ainé est bien plus présent. En dehors des petits rongeurs et autres batraciens ils se nourrit surtout des animaux morts qu’il trouve de long des cours d’eau; il ne néglige pas non plus les décharges.

La bondrée apivore le suit à partir de la fin août. C’est un rapace de taille moyenne qui se nourrit principalement de guêpes et de larves d’hyménoptères – bourdons, guêpes – dont elle recherche le nid qu’elle déterre en creusant profondément le sol. La couleur du plumage est variable, mais il est principalement brun-roux. La bondrée apivore est un rapace migrateur, qui hiverne en Afrique Tropicale.

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Pour qui aime observer les oiseaux, quoi de plus agréable que de voir un connaisseur vous expliquer que le petit point noir que vous avez peine à repérer avec vos jumelles est une bondrée et non une buse, encore moins un milan noir ? La largeur des ailes, la forme du vol, la forme et la taille de la queue forment une évidence avec la taille et la couleur (que bien sûr vous ne voyez pas à cette distance et à contre jour encore. C’est comme ça que l’on apprend à force de regarder et de vérifier (dans le Svenson ou le Peterson).

baracuchet-016bis.1251741683.jpg Nous avons dormi dans un petit bois de pins près de l’abri des compteurs pour être discrets et à pied d’œuvre. Antonio était très intéressé et impressionné par ces passionnés armés d’instruments d’observation.

Mais voilà , au rythme de quelques buses locales se chamaillant dans le ciel et de bondrées isolées passant le col, on se lasse vite que l’on ait 2 ans ou 62 ans. Et  le zoom de l’appareil photo se révèle impuissant à les rapprocher (merci à Olivier Laporte pour ses clichés qui alimentent un site très complet de digiscopie)

baracuchet-myrtilles.1251742396.jpg Nous avons rejoint les hautes chaumes, leurs cyclistes, leur rassemblement de motos (très intéressé Tonio par la migration des motos, beaucoup plus observable que celle des oiseaux « patout moto, patout moto ! »), les cueilleurs de myrtilles et de framboises, les épilobes et les bruyères en fleurs, et les sorbiers.

Une très belle journée ensoleillée comme seule la fin du mois d’août en offre.


Bergers et Border Collies en concours au Tourmalet

Ce n’est un secret pour personne que nous aimons les Border-Collie depuis l’adoption de Wiki, le chien réformé pour inaptitude au travail…et que nous cherchons toujours à en savoir plus sur ces compétences de berger qui lui ont fait cruellement défaut (ce qui ne l’empêche pas de nous accompagner dans toutes nos ballades – ici sur le chemin des buis à Aragnouet au-dessous de Piau-Engaly)

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Nous avions souvent observé et admiré le travail des bergers et de leurs chiens quand ils rassemblent et conduisent les troupeaux pour les changer de pâturage ou les mettre à l’enclos pour la nuit. Nous avions souvent remarqué la complicité du chien et du berger : il y a toujours une place pour le chien dans la voiture du berger, dans la malle ou juste à la droite du maître sur le siège défoncé. Mais nous avions aussi toujours vu les border collie comme des chiens gais et joueurs, vite dissipés, courant à leurs affaires dès qu’ils le pouvaient, taquinant les moutons sans vergogne hors du regard du berger

Comment ce gai luron, tête en l’air, devient-il soudain attentif et immobile, disparaissant presque dans l’herbe à force de se coller au sol pour démarrer comme une flèche, courir à perdre haleine puis s’arrêter net à nouveau ?

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Le concours international de chiens de bergers organisé le 26 juillet au col du Tourmalet nous a permis d’en savoir plus….

L’organisation est simple : un troupeau de brebis monté le matin de la Mongie, un juge, des bergers et leurs chiens, des panneaux matérialisant des passages obligés pour la troupe, un cercle dans lequel la troupe devra se stabiliser délimité par quelques pierres, un enclos pour enfermer la troupe à la fin de l’épreuve.

Les épreuves sont de trois types et un temps maximum est imparti pour réaliser l’ensemble :

  • aller chercher la troupe au bas du parcours et la conduire jusqu’au berger dans le cercle en la faisant passer dans un parcours obligé (entre les panneaux)

  • partager la troupe en deux (en fonction des marques que portent les brebis), sans que les brebis à garder sortent du cercle

  • faire rentrer la troupe dans l’enclos

 

Le berger s’avance au milieu du cercle et ne bouge plus, il lance le chien qui est à ses côtés pour qu’il aille chercher la troupe en bas du parcours à plus de 500m. Regardez !

Faire passer les brebis, entre les panneaux n’est pas simple : le berger siffle et ordonne :

« à gauche », « à droite », « avance », « ramène »,« couché »,« pas bouger », .

Pour séparer la troupe en deux, le berger intervient beaucoup plus car le chien est éduqué pour ne pas passer à travers le troupeau ; il ne peut le faire que lorsque son maître l’y autorise pour écarter les brebis exclues

Mettre la petite troupe dans l’enclos est sans doute le plus difficile ; une seule brebis récalcitrante et tout est à refaire. Le chien ne doit surtout pas effrayer les bêtes, d’où les « recule » de son maître qui le conduisent à contourner à distance la troupe.

Le chien et le berger arrivent finalement à faire rentrer les bêtes dans l’enclos


Et à la fin du parcours, le chien a droit à un bon bain « va à l’eau »et à un calin de son maître.

 

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Voilà, c’était le travail d’Angie et de son maître qui ont remporté le concours.

Nous avons regardé toute la journée, assis par terre sous le soleil et c’était à chaque fois merveilleusement différent selon le groupe de brebis, le berger et le chien.

Un berger nous a donné quelques conseils pour wiki et le lendemain Norbert s’est mis en tête de reprendre son éducation. Mais heureusement cela n’a duré qu’un jour