Camping-cars indésirables en corse ?

Nous étions prévenus : les camping-cars ne sont pas les bienvenus en Corse. Les revues, les forums de camping-caristes sur internet foisonnent de récits plutôt désagréables d’incident ou d’intimidations à notre destination.

A tel point que quelques jours avant le départ, nous nous interrogions sur l’opportunité de passer notre séjour en Sardaigne, réputée  » motor-home-friendly » plutôt que dans son île jumelle. Mais la curiosité vis à vis des charmes de la Corse l’emporta .

Afin de sauvegarder notre tranquilité, nous avons adopté une ligne de conduite constante: les nuits dans les campings et une attitude prudente dans nos contacts avec les insulaires. Bien que séjournant dans un département français, nous ne nous sommes jamais considérés « comme chez nous ».camping-solara.1190042039.jpg

Tant pis pour les nuits à la belle étoile, seuls en pleine nature. Mais nous n’avons pas regretté notre choix pour les campings.

A part quelques campings quatre étoiles, les pieds dans l’eau, que nous avons évités soigneusement, les campings corses sont simples, bon marché et trés proches de la nature, comme ce camping de Solara au bord de la cote orientale, les aiguilles de Bavella en arrière-fond. camping-cars-solara.1190047912.jpgChaque année, un groupe d’habitués d’Italie, d’Allemagne ou des Pays-bas s’y retrouvent au bord de la plage et de la rivière – le Travo – qui crée une zone d’étangs derrière le cordon littoral.

Dans la journée , lorsqu’on visite l’arrière-pays, c’est quelquefois difficile de se garer. Le stationnement, bien souvent en Corse, n’est pas prévu dans les sites touristiques. Les automobiles s’arrêtent, n’importe comment, sur les bords de routes, ce qui est plus difficile pour les camping-cars. Lorsque les parkings sont aménagés, ils sont souvent équipés de barres de hauteur qui en interdisent l’accès.

L’office du Tourisme de Calvi et sa région n’y va pas par quatre chemins dans sa brochure destinée aux campeurs et autres camping-caristes. S’ils rappellent que le camping sauvage est interdit dans toute l’île, ils y assimilent tout stationnement de camping-car : bords de route, chemins de terre, parking de super-marché. La chasse est ouverte, assortie d’une menace qui règlerait, selon eux, définitivement le problème: interdire totalement l’accès de l’île à tout camping-car!

De nombreuses communes – surtout dans les zones touristiques- interdisent totalement le stationnement -même pour acheter le pain ?- sur tout leur territoire, toute l’année, toute la journée, en dehors des campings. De nombreux arrêtés de ce type ont fait l’objet d’annulation devant les tribunaux au motif qu’on ne peut appliquer une telle discrimination à l’égard d’une catégorie de véhicules (pourquoi pas les voitures vertes ou les triporteurs bachés?) qu’en fonction de caractéristiques spécifiques (étroitesse d’une rue, hauteur limitée sous un pont, importance d’une circulation piétonne) et dans un périmètre délimité. Bref, il faut savoir que la légalité de ces décisions locales n’est pas bien solide.

Mais ce qui est plus inquiétant, c’est l’hostilité (plus ou moins manifeste, plus ou moins violente) que nous avons perçue d’une partie de la population. Les camping-cars peuvent faire l’objet de véritables attaques aussi violentes qu’anonymes, témoin cet article de Corse-Matin paru pendant notre séjour.

Pour notre part nous avons vécu une anecdote plutôt désagréable, la violence en moins.

 Partis du camping de la plage d’Arone vers 8 heures le 10 juillet, nous avons fait étape un moment « sur le plateau » avant Piana, au bord de la route.arone-le-plateau.1190042071.jpg La vue sur le golfe de Porto était magnifique et … la connexion à internet fort rapide, à deux pas de l’antenne Télécom. Une quinquagénaire blonde est arrivée en land-rover, s’est garée près de nous et, sans se présenter, nous a annoncé que nous étions en infraction, que nous avions une amende de 1000 € pour camping sauvage en zone interdite…en prétendant que nous avions été signalés par « la garde verte ». Protestant de notre bonne foi, nous avons signalé que nous dormions depuis deux jours au camping de la plage d’Arone…sur quoi, la belle s’est éclipsée arguant que la gendarmerie apprécierait  !!!

A la gendarmerie de Piana où nous nous sommes immédiatement rendus, il nous a été précisé qu’il ne s’agissait que d’intimidations, qu’il n’y avait aucune garde verte dans le secteur et que les contraventions n’étaient délivrées que par les gendarmes en respectant les formes, notamment constat en présence du contrevenant.

Nous sommes repartis rassurés, mais gagnés par un véritable malaise.

Il y a sans doute en Corse pas mal de gens qui ont envie de faire la peau aux Camping-Cars et qui voudraient les voir cantonnés dans les seules 4 aires de stationnement installées en Corse (plus de 3 000 en France) . [depuis 2007,la situation s’est améliorée: on trouve en 2016 16 aires de service, sans compter les campings]

Sur le chemin du retour (le ferry Bastia-Savona), nous nous sommes attardés en Italie, le pays de la plus grande tolérance aux « campers » comme disent les italiens.

stationnement-c-car.1190042706.jpg Une grande aire de stationnement près de Savona, un air de stalag à deux pas des plages huppées de la Riviera ligure. Des familles y passent des semaines entières, la table de camping coincée derrière le pot d’échapement du voisin . La plage en face, les apéros entre voisins, le linge qui sèche entre deux véhicules, la queue aux sanitaires rien ne semble s’opposer au bonheur simple de ces camping-caristes qui viennent de Milan, Turin, gênes …

On retrouve la même simplicité (le même sans-gêne?…) dans des sites plus reculés. col-de-la-madalena.1190042837.jpgC’est le cas de ce campement improvisé au bord d’un lac de montagne en haut du col de la Lombarde (2350 m) . Sans doute, ces campers, ravis d’avoir découvert ce petit paradis, n’ont-ils pas conscience qu’ils mettent en péril le fragile équilibre faunistique et floristique de ce site.

On se prend à rêver d’un pays où la liberté d’aller, venir, stationner pour ses loisirs ne serait limitée que par les impératifs de la sauvegarde des sites et le respect des autres usagers. Un pays sans barrières . La Suède , en somme… le soleil en plus !

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Merveilleuses forêts corses

Victime de mon inculture, je croyais la Corse uniquement couverte de maquis impénétrables propices à cacher les fugitifs ( La fuite aux Agriates de Marie Ferranti ). J’ignorais l’existence des forêts corses et de leur emblême : le pin Laricio. C’est un arbre splendide, au tronc parfaitement rectiligne qui pousse très lentement mais peut atteindre 50 m et vivre 1000 ans. De quoi impressionner les marins qui avaient parcouru les îles calcaires et pelées de la méditerranée lorsqu’ils entraient dans ses immenses forêts denses et lumineuses comme celles d’ Aïtone, d’Asco ou de Vizzavona. Les pluies et le granit des montagnes corses font bien leur travail !

Essence de pleine lumière, le laricio supporte aisément les contrastes climatiques de la montagne corse, avec ses étés doux et ses hivers rigoureux. Préférant l’humidité, il ne redoute pas la sécheresse. En fait, il ne craint que le calcaire (on dit qu’il est calcifuge). C’est pourquoi il abonde dans les massifs de la Corse du nord, cristalline ou granitique,

dont il affectionne les sols acides, souvent pauvres.

sous-bois-laricio.1187369213.jpgUn patrimoine qui craint surtout le feu

Tous les dépliants touristiques vous diront que le pin Laricio constitue une des richesses très convoitée de l’île malgré les pentes qui rendent l’exploitation difficile.

transport d'une grume de 24 m3Les gênois en faisaient des mâts de navire, l’administration  française a mis sous la protection des forêts publiques  le géant à la croissance si lente, l’ONF a construit un magnifique réseau de routes forestières pour les acheminer dans des conditions meilleures que sur les anciens chemins muletiers.

 

Ce que nous avons vu, nous incite à penser que l’exploitation reste parcimonieuse. Les sources même autorisées sont bien incapables de savoir ce que l’on fait du bois corse :

Pour certains, l’industrie du meuble de l’Italie du nord en serait le principal utilisateur comme bois massif ou tranché pour les plaquages. D’aucuns prétendent même que les Italiens seraient les détenteurs d’un procédé industriels permettant le déroulage des billes de laricio. Mais Joseph Luciani, le principal scieur de l’île qui traite près de la moitié de la production locale vous détrompe immédiatement : « les Alsaciens et les Allemands sont aujourd’hui mes principaux clients » dit-il.

pin-laricio-incendie.1184788882.JPGAujourd’hui c’est le feu, plus que l’exploitation qui  le menace, mais depuis les grands incendies de l’année 2000 (Restonica et Vivario) de nombreuses associations se sont constituées pour défendre la forêt enrôlant même Laetitia Casta, petite-fille de garde forestier. Du camping de Tatone, nous avons vu les dernières fumées d’un feu qui s’était déclaré la semaine précédente. Plusieurs jours de suite, les hélicoptères et les pompiers sont intervenus sur quelques foyers encore fumant susceptibles de faire redémarrer l’incendie.

   Respect

Le pin Laricio est un symbole qui résume à lui seul le splendide isolement de la Corse. laricio-1.1187419160.jpgDispersée à l’origine dans les montagnes du bassin méditerranéen, l’espèce pinus nigra a produit plusieurs variétés dont l’une, appelée laricio corsicana, confortée par 4 millions d’années d’insularité, ne croît qu’en Corse, à l’état naturel.

En Corse, le pin laricio inspire plus le respect que la convoitise. Contrairement au châtaignier qui est l’arbre « à pain », objet de tous les soins et autrefois de nombreux différends entre familles, le laricio est l’essence noble par excellence. 

  C’est aussi un pur objet d’admiration qui incite à la contemplation et à la méditation. Les forêts Corses sont splendides, les troncs si hauts et si droits qu’ils laissent toujours passer la lumière, le bruit du vent dans les aiguilles si léger qu’on ne ressent jamais cette pointe d’inquiétude que font naître les forêts obscures et oppressantes.

Dormir dans le camping municipal d’Asco ( à 1200m d’altitude) sous les pins Laricio est un vrai plaisir. C’est un endroit parfait pour lire Jim Harrison.

camping-asco.1187373480.jpg

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Ravins, torrents et bergeries

Installés au camping Alivettu à Corte, sur les bords de la Restonica, la-restonica.1184951380.jpgnous avons profité de ses eaux cristallines dans les vasques situées juste sous le camping. Mais lorsque nous avons programmé une randonnée, nous avons choisi de remonter le cours du Tavignano dont le confluent est voisin, renonçant ainsi au parcours de la restonica, trop visitée ( 250 000 l’année dernière) et finalement inaccessible. D’ailleurs, la circulation est interdite pour les camping-cars en haute saison. Pas passionnant pour nous de faire la route au milieu des voiture pour atteindre les bergeries de Grutelle, base de départ pour explorer le haut de la vallée.

Les jours suivants, nous avons parcouru de la même façon le cours du Vieccho, du Manganello (près de Vizzavona) et escaladé un modeste sommet la Madonuccia. A Chaque fois, nous suivons un peu le même programme.chemin-tavignano.1184949669.JPG

Démarrage à l’aube, approche dans la courte fraicheur du matin (à 10h, le soleil est déjà implacable sur les chemins non abrités). On imagine ces sentiers,abrupts, à peine pavés par endroit et quelquefois effondrés au bord du précipice, lorsqu’ils étaient les seuls moyens de communications entre vallées  comme la Scala de Santa Regina (ci-dessous).la-scala-di-santa-regina.1185783559.JPGC’était autrefois la seule communication entre le Niolo et le Nord-Ouest de l’île et la basse vallée du  Golo (le fleuve qui se jette au Sud de Bastia). La route, étroite et acrobatique pour un camping-car, ne fut construite qu’en 1937fontaine-madonuccia.1184950553.JPGDans cet environnement minéral, surchauffé par un soleil impitoyable, le marcheur rêve à la prochaine pause. Une bergerie, l’ombre de quelque vaste châtaignier, une fontaine claire, fraiche et glougloutante. Au détour d’un tournant, l’hallucination prend corps et réalité.Le chien se précipite vers le ruisseau (il n’a pas sa gourde sur ces longs parcours!) et ses maîtres soufflent enfin.

cascade-vecchio.1184951029.JPGLa marche reprend , maintenant plus près du ruisseau. Nous longeons parfois des cascades ( comme, ci-contre, la cascade des Anglais sur le Vecchio). La flore se modifie avec l’alitude, au-dessus de 800 m le Pin Laricio s’impose majestueusement. Cette espèce ne se trouve qu’en Corse; elle est remarquable par sa hauteur – de 30 à 50 m- sa résistance et sa rectitude qui était appréciées par les chantiers navals de Gênes ou de Toulon  pour fournir les mats des voiliers les plus grands. Ces forêts, souvent centenaires, sont , hélas, victimes de feux de forêts dévastateurs. Le maquis repousse en quelques années, mais c’est plusieurs décennies qu’il faut pour voir de nouveau ces géants verdir les à-pics et les ravins.  passerelle-rossolino-tavignano.1184950701.JPGPause casse-croûte et baignade dans l’eau fraîche. Danièle , habituellement frileuse, ne dédaigne pas un coup de fraîcheur tonique et réparatrice. Quant au chien , rien à faire, l’eau n’est pas son élément. Et pourtant il souffre de la chaleur dès que le soleil est haut.

 Mais il est temps de redescendre. Le retour est difficile avec un thermomètre à plus de 35 ° , surtout lorsqu’on considère que l’ombre se fait rare sur le chemin rocailleux. Vient un moment où le chien, toujours à la recherche d’un abri, ne veut plus sortir de l’ombre d’un rocher, épuisé de chaleur et de soif. Alors, pause pour tout le monde et les dernières gorgées de la gourde seront pour l’animal. Le camping est désormais proche, nous aurons évité le plus gros de la chaleur qui ne semble pas faire peur aux marcheurs que nous croisons, partant  quand nous revenons.

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La Corse en train

Camping Le Soleil à 50 m de la gare de Tattone sur la ligne Ajaccio-Bastia. vizzavonna-gare.1184788462.JPGNous sommes tout près de Vizzavona. Cette  ancienne station climatique connut ses heures de gloire lorsque le train , inauguré le 14 juillet 1889, fut en mesure d’amener les riches touristes anglais et les bourgeois ajacciens au cœur de la Corse, à 1000 m d’altitude. C’est maintenant des troupes plus populaires de randonneurs ou de promeneurs avides d’air frais que la petite gare accueille quatre fois par jour.

Le lustre d’antan est ainsi révolu quand on voit les ruines de quelque palace abandonné au milieu de la végétation.vizzavonna-hotel-ruine.1184788190.JPG

Le thermalisme d’altitude a donc laissé la place aux pratiques de la randonnée et aux adepte des GR.  Les hôtels qui demeurent maintenant ont tous un dortoir pour les randonneurs du GR 20 et servent de refuge sur l’étape du Monte d’Oro.

pin-laricio-incendie.1184788882.JPGTattone abrite aussi un immense hôpital gériatrique, annexe du  Centre Hospitalier de Corte.

Les incendies de forêt semblent fréquents ; sur le versant en face, celui de la semaine dernière fume encore, ce qui explique les rotations régulières des Canadair et des hélicoptères venus en reconnaissance pendant notre sieste.

Néanmoins l’ambiance est particulièrement gaie au camping.

Demain nous ne prendrons pas le train, nous irons simplement nous baigner dans le Vecchio après une balade en forêt sous les hêtres et les pins Laricio.

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Le pays sartenais

sartene.1186495773.jpg » Sartène, la plus corse des villes Corses » écrivait Prosper Mérimée.

C’est vrai que cette grosse bourgade perchée a de l’allure et du caractère, entre les petites rues de l’ancienne citadelle et la place centrale, à la fois indolente et active. Un petit déjeuner à la terrasse d’un café, un matin paisible, nous sommes bienvenus .sartene-place-de-la-liberation.1186496692.jpgMais Sartène est bien autre chose. Avec seulement 3400 habitants, cette commune est la plus étendue ( 200 km2) de Corse et la deuxième de France .

Ce territoire s’étend du rivage de la mer jusqu’à la Montagne de Cagna omu-di-cagna.1186579163.jpg

( la Punta d’Ovace à 1340 m, ci-contre) et réunit ainsi les trois étages de la vie rurale en Corse :

  • le littoral et les vallées cotières
  • la mi-montagne où se trouvaient les villages
  • la montagne avec ses bergeries pour les estives

Le littoral est pour l’essentiel peu accessible par la route.

Il s’étend à partir de Roccapina, une des plus belles plages de Corse qu’on peut atteindre au bout de 2 km de piste assez mauvaise,rocapina-le-lion.1186580970.jpg

rocapina-plage.1186587103.jpgau pied du fameux lion de Roccapina, un rocher qui fait penser au roi des animaux, surmonté de sa couronne, un ancien fortin construit avant la tour génoise qui fait face à la mer. Derrière la hauteur, à une petite heure de marche on accède à la plage d’Erbaju, peu connue car inaccessible en voiture, 3 km de sable fin totalement préservé de toute occupation humaine.

erbaju.1186581466.jpgLe littoral de Sartene se prolonge ensuite en une série de golfes, de pointes et de caps, pas plus accessibles. A partir de Tizzano, un sentier longe le littoral à travers le chaos des rochers de granit, les genévriers et les myrtes, et les pelouses cotières , les pozzi, à l’herbe douce et rase, site protégé géré par le conservatoire du littoral. On rejoint ensuite campomoro dont la grande Tour génoise veille sur l’ouverture du Golfe de Valinco ( avec Propriano, loin, au fond).

campomoro-i-pozzi.1186582460.jpg

Ces espaces côtiers, restés désertés par leur habitants au XVème et XVIème siècle du fait des incessantes invasions, se sont repeuplés progressivement au siècle suivant. Quelques familles de notables des villages de la montagne en ont acquis l’ensemble des terrains. Ce régime de grande propriété, celui des signore (par abréviation les sgio), est sans équivalent en Corse. Dans le même temps, des bergers descendus de la montagne avec leurs troupeaux venaient l’hiver cultiver les terres des Sgio, vivant dans des cabanes une vie très précaire. Les bergers devaient reverser aux propriétaires la moitié de leurs récoltes.transhumance.1186584408.jpg

Au retour des beaux jours, les bergers et leurs troupeaux, fuyant la sécheresse des pâtures et le danger de la malaria, remontaient au village. Au plus fort de l’été, ils se trouvaient en montagne, dans les estives, quelquefois avec le plus gros des habitants qui s’installaient dans les bergeries.

Ce mouvement vertical rythmait la vie rurale de l’ensemble des territoires corses. Les déplacements des troupeaux, devenus maintenant plus sédentaires, se limitent souvent aux deux mois d’estive. Peu de bergeries sont vraiment en activité comme à Radule, plus au Nord, près du col de Vergio :bergerie-radulle.1186585461.jpg

ce berger installé avec ses 150 chèvres commercialise ses fromages en direct auprès des randonneurs du GR 20 qui passe opportunément là. Deux mois dans une solitude bien tempérée par les nombreuses visites des marcheurs. Et le ravitaillement en hélicoptère. Le troupeau bénéficie d’un complément en maïs – 150 sacs par saison à livrer en altitude. La bergerie est à 1600m, mais le troupeau passe la journée plus haut, avec les chiens.

radule.1186585977.jpgRetrouvez les sujets du Clairon sur la Corse :

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Pianottoli-Caldarello

port-figari.1183975144.JPGPar Danièle:

Arrivés au port de Figari, j’appelle Jeanine en souvenir de cette semaine d’écriture sur les hauteurs de Pianottoli-Caldarello, il y a onze ans (avril 96). Je pense trouver Jean Louis à qui elle prête souvent sa maison mais le téléphone émet un mauvais sifflement.

J’appelle Jean Louis qui est à Evry avec Simone : Jeanine a vendu sa maison l’an dernier pour se replier dans le Gers! Ribellina c’est fini ! La maison dont nous connaissions toute l’histoire à travers tant de textes au fil de nos ateliers d’écriture, depuis les aventures de la  construction jusqu’au charmes du havre de retraite en passant par les affres du divorce…est passée dans d’autres mains.

rocapina ter-Et nous n’avons même pas réussi à la retrouver en faisant tout le tour de Pianottoli et de Caldarello, mais la plage est toujours aussi belle.rocapina-lion.1184049378.JPG

Nous faisons halte juste un peu plus loin, sous la tête du lion de Roccapina, dans le camping municipal du même nom au-dessus de la plage. Le même sable blanc, l’eau turquoise et les blocs de granit rose érodés par le vent pour former de bizarres figures. Un petit air de Finistère nord démenti par le relief, la végétation et la chaleur.

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Corse : la découverte

Au XIXème siècle, de nombreux romanciers découvrent la corse, ses particularités et ses légendes. Prosper Mérimée avec la célèbre Colomba, mais aussi Alexandre Dumas et Gustave Flaubert. Mais celui qui a trouvé les phrases les plus fortes pour un pays qui l’a passionné est sans doute Guy de Maupassant:

En 1880, Maupassant arrive en corse; son bateau s’approche de ces rivages lointains:

 » Dans la clarté douteuse du jour levant , une tache grise apparaît au loin sur l’eau. Elle grandit, comme sortant des flots, se découpe, festonne étrangement sur le bleu naissant du ciel.

piana-arone-porto.1186418100.jpg

On distingue enfin une suite de montagnes escarpées, sauvages, arides, aux formes dures, aux arêtes aigües, aux pointes élancées. »  (Chronique, La patrie de Colomba, 1884)

calanche-piana.1186418958.jpg« Figurez-vous un monde encore en chaos, une tempête de montagnes que séparent des ravins étroits où roulent des torrents; pas une plaine, mais d’immenses vagues de granit et de géantes ondulations de terre couvertes de maquis ou de hautes forêts de châtaigniers et de pins.cascade-vecchio.1186419140.JPG C’est un sol vierge , inculte, désert, bien que parfois on aperçoive un village, pareil à un tas de rochers au sommet d’un mont… »   ( Le bonheur, 1884)

Le visiteur de 2007, une fois sorti des quelques villes modernes, se retrouve bien dans ces descriptions, livré aux mêmes émotions devant une nature à jamais sauvage. tavignano.1186419051.jpgRetrouvez les sujets du Clairon sur la Corse :

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