Adieu Betty

Vendredi soir, nous sortions chez des amis. En prenant la voiture sur le parking nous avions bien remarqué que notre chatte Betty nous faisait un brin de compagnie. Nous n’aimions pas la voir traîner sur le chemin de la Buchette, car nous savions qu’elle était plutôt insouciante dans ses déplacements. Mais, de toute façons, elle entrait et sortait comme elle voulait en sautant sur le mur, en escaladant le pin ou en exploitant un trou dans la clôture.

 betty-bis.1169888475.jpgAvant minuit, sur le chemin du retour, notre voisin nous téléphona pour nous annoncer qu’elle avait été fauchée par une voiture devant notre portail, morte sur le coup.

Elle n’avait pas un an et déjà de bien nombreuses péripéties dans sa brève existence. betty-pansement.1169888444.jpg

Le fait de s’être sortie de situations difficiles semblait lui avoir donné une absence totale de crainte, une confiance dans sa bonne étoile qui lui avait réussi tant de fois … jusqu’à la dernière.

Elle vivait donc avec 30 g de métal dans la patte, ce qui faisait dire aux enfants que c’était la première chatte bionique de la famille.

C’était une chatte particulièrement familière : elle venait se glisser la nuit dans notre lit ou se caler dans le fauteuil dès qu’on se posait un moment. Quiconque à la maison pouvait la prendre dans les bras et la trimballer sans qu’elle proteste le moins du monde.Il n’était pas rare qu’elle accompagnât dans leurs promenades quotidiennes le chien et les maîtres, toujours à portée de vue, ou en laisse, lors de nos escapades en terrain inconnu, en Camping-car.

betty-michelin.1169888498.jpgElle était, toujours partante pour une nouvelle destination, prête à s’installer dans le fourgon .Et puis, c’était une vraie compagne de jeu pour le chien : même âge, même goût pour les poursuites, pour des parties de cache-cache interminables.

  Mais elle était  aussi extrêmement indépendante, disparaissant souvent la nuit, quelquefois plusieurs jours d’affilée. Le goût du grand air, de l’aventure et aussi du changement (s’installer quelque temps chez la voisine, avant de réapparaître) était plus grand que la recherche du confort.

La vie des chats en terrain libre est souvent brève, particulièrement ceux des mâles souvent en chasse, batailleurs et aventuriers. Les femelles connaissent  en général des parcours  plus tranquilles et plus longs, une fois que la curiosité et l’insouciance de la jeunesse s’éloignent et que les premières portées de chatons arrivent, les transformant en mères respectables.  Il n’a pas été donné à Betty d’avancer vers cette étape plus sereine … et moins dangereuse.  

 Pendant ses six mois à la Buchette, Betty  avait  beaucoup mobilisé  nos soins, notre attention. Elle n’avait pas été une ingrate ; elle avait apporté sa part de joie et de bonne humeur dans la maison. Tout le monde la regrettera.

Visiteurs d’hiver

Malgré la douceur de ce mois de décembre qui leur permet de trouver encore de la nourriture dans les champs et les bosquets, les oiseaux ont repéré la mangeoire garnie en abondance de graines de tournesol. Tous ne sont pas au rendez-vous. Les tarins des aulnes, les verdiers, les pinsons, les gros-becs ne se rabattront vers les habitations que lorsque le froid et la neige les y contraindront.

ChardonneretsMais les chardonnerets sont nombreux à avoir pris place, facilement repérables à leurs couleurs vives, particulèrement à leur masque rouge sang, toujours prêts à défendre leur position par rapport aux intrus .    

  Les mésanges charbonnières sont cependant Mesange charbonniereles plus nombreuses et les plus assidues, même si elles sont plus craintives, évitant de s’attarder plus d’une seconde à la mangeoire. Plutôt grégaires, elles constituent des groupes importants. Leurs allers et retours dessinent ainsi un ballet incessant entre leur base arrière située dans le cognassier proche et la réserve de graines. Des mouvements qui attirent l’attention de la chatte Betty qui se révèle une chasseuse redoutable. Pour les chats, ce spectacle, c’est mieux que la télé, pas moyen de s’en lasser, même si on ne consomme pas à chaque fois .

Rouge-gorgeLes rouge-gorges sont des habitués du jardin , en toute saison.

Ils préfèrent picorer par terre, comme de la volaille. Toujours assez familliers, ils sont les derniers à s’envoler devant le danger, lorsque la présence humaine se rapproche.

   

Et pour changer de format, les élégantes tourterelles ne dédaignent pas les ressources des abords des habitations. Venues de Turquie, ça fait belle lurette qu’elles ont rejoint l’Union Européenne, elles ! Tourterelle de turquie

La vie des Bêtes : Visiteurs d’été

Malgré mon nouveau matériel photographique je n’ai eu guère le loisir, cet été de partir à la chasse aux photographies animalières ou d’expérimenter des affuts sophistiqués.

Mais fin juillet, à coté du lac de Mimizan, il m’était difficile de rater ce Héron Heron cendré à la posture hiératique, planté dans cet ilôt de nénuphar. Croisé le matin, je le retrouvais le soir à la même place, à 20 m de la rive, lorsque je revenais équipé, cette fois, de mon appareil et d’un téléobjectif à 300 mm.

En revanche le mois d’août nous amène, dans notre jardin, des visiteurs qu’on ne voit pas le reste de l’année.

Le Verdier se fait remarquer par son chant puissant, insistant. Il nous arrive d’en voir l’hiver autour Verdier2 de la mangeoire, mais ils ne s’installent pas dans les environs, à la différence de ce mois d’août où quelques uns avaient élu domicile dans le jardin.Comme il revient aux mêmes endroits et y reste un moment sans bouger , c’est un oiseau facile à repérer et à photographier

Le Sphinx nous avait habitué à ses visites vespérales sur la terrasse lorsque nous nous attablions Sphinx_light pour le repas du soir. Son vol haute fréquence qui le fait appeler papillon-colibri, et sa précision pour visiter chaque fleur de chaque jardinière avait attiré notre attention.

Renseignement pris, il appartient à la famille des Lépidoptères et autres papillons (de nuit en l’occurence, malgré l’activité diurne de celui qui nous occupe : le Moro Sphinx ). Sa trompe dépliée lui permet, en vol stationnaire, de recueillir le nectar au fond du calice.

Voci mes premiers pas en photographie animalière. Il faut le matériel adapté et surtout de la patience et de la réactivité au moment favorable. Tout un apprentissage !

La vie des bêtes 2 : Wiki


« Je vous propose d’adopter un jeune chien border collie de 1 an en parfaite santé.
Je l’ai récupéré pour le « sauver » d’une euthanasie de convenance. Le paysan ne veut pas le placer à la SPA mais veut s’en débarrasser parce qu’il n’est « pas bon aux vaches ». Juste un peu excité à mon avis, il « fonce dans le tas ».


 

Un message sur l’intranet de l’école vétérinaire en provenance de Camille, une étudiante de l’école en stage en « rurale », c’est comme ça que l’histoire commence.

 

L’idée de reprendre un chien était dans l’air, depuis ma nouvelle vie de retraité ; Lionel, le copain de ma fille Nora, qui travaille avec les chiens, nous avait conseillé un Border Collie, une race très appréciée par les éleveurs de moutons pour ses qualités de berger.

Andréas se précipite sur Wikipedia pour nous montrer des photos et des infos sur cette race de chien. Comment l’appellerons-nous ? Et bien justement Wiki de l’hawaien wiki wiki qui veut dire rapide.

Deux jours plus tard, nous retrouvions devant l’école vétérinaire l’animal qui n’en menait pas large, dans un milieu urbain inconnu, effrayant, bien loin de sa ferme natale.

Nous ramenons donc un beau chien, terriblement stressé et craintif qui n’ose pas rentrer dans la maison, lui qui n’avait sans doute connu que l’étable et un bout de chaîne. Seule Clara arrive à l’amadouer et le rassurer.

Wiki4 Mais l’animal est jeune, ouvert et très adaptable. Il ne lui faut pas longtemps pour prendre ses marques et les habitudes d’un chien de compagnie.

 

 

 

Wiki est maintenant chez lui à la Buchette. Il a trois passions dans la vie :

 

La promenade, matin et soir. Dès que la journée commence, que je m’habille, enfile Laisse_1 mes chaussures, il ne pense qu’à une chose qu’il me signifie avec tous ses moyens d’expression. Et dès que je prends la laisse, c’est le délire, que le maître essaye de contenir.Wiki3_1

L’idéal c’est un grand champ où il peut enfin galoper sans retenue, ventre à terre, la langue pendante, retrouvant ainsi les grands espaces qui conviennent aux Border.

 

 

L’automobile, dès que l’occasion se présente, pour accompagner les maîtres dans tous leurs Wiki_1007 déplacements.

 

L’idéal c’est le camping-Car. Il y passerait bien sa vie entière. Dès que le fourgon est dans la cour, le chien surveille la première occasion de s’installer à sa place. Au retour, il est très difficile de l’en faire descendre. Le chat Betty partage le même intéret, après une acclimatation minimum.Laplacedewiki

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les jeux avec Betty, qu’il ne quitte pas d’un pouce, comme si Wiki_betty sa mission de chien de troupeau s’appliquait au seul animal à sa portée. L’idéal c’est, quand les maîtres s’occupent à couper la haie, courir après le chat Norb_haie dans les branches.

 

 

 

 

Bref , sous réserve de lui proposer des activités, Wiki s’est parfaitement adapté à son nouveau métier de chien de compagnie d’un maître fraîchement retraité.

 

Il a vraiment tiré un trait sur son passé professionnel de berger. Wikivaches

 

C’est avec une grande indifférence qu’il croise des troupeaux dans ses promenades.

 

 

Voici un exemple de reconversion professionnelle réussie.

 

Chien de berger, c’est un vrai métier ; tous les chiens n’ont pas forcément les aptitudes. En cas d’échec, il faut pouvoir bénéficier d’une seconde chance pour échapper à la réforme. Dans le cas de Wiki, c’est à une mort programmée qu’il a échappé. Merci Camille !

 

 

La vie des bêtes 1 : Betty

La première fois qu’on a rencontré Betty, au tout début du mois d’août , c’était pour aller la chercher, moyennant la grande échelle, bien en haut dans le pin sylvestre. Cette jeune chatte, encore bébé, très, très intéressée par la grimpette, n’avait aucune idée de la technique de la descente et avait mobilisé tout le voisinage par ses miaous déchirants. Peu de temps après et quelques griffures en plus, Danièle la confiait à Céline, notre voisine qui, malgré son sens élevé des responsabilités de maîtresse de chat, n’avait pu braver le terrible vertige qui la frappe dès qu’elle se trouve perchée sur la moindre chaise.

Betty La petite Betty était depuis deux jours à La Buchette et son goût pour l’aventure et l’exploration n’était pas épuisé. C’est ainsi qu’elle se retrouva rapidement dans notre maison, visitant partout de la buanderie à la chambre, du placard à la terrasse. Il ne lui fallut pas longtemps pour venir s’incruster en pleine nuit entre nos deux oreillers. Sans vergogne. Que faire de cette adorable passagère clandestine ?

Lorsque j’eus expliqué à Danièle que Céline cherchait à la donner, il ne fallut pas longtemps pour qu’on décide de l’adopter. Après tout, depuis la disparition de Zazie, la place était libre même si on pouvait penser qu’elle était irremplaçable.

Céline organisa alors la passation des pouvoirs, les recommandations et le carnet de santé de ce précieux bébé, dont nous apprîmes la courte mais dramatique existence : Céline est dans un bistrot à Romans ; un couple se dispute à coté : l’homme est violent, sans doute alcoolisé, la femme serre dans ses bras un petit chaton. L’homme veut s’en prendre au chaton, menace : « tu vas voir ce que j’en fais de ton chaton, je vais lui écraser la tête ». Céline, n’écoutant que sa passion protectrice des animaux, s’interpose ; elle arrache le chaton des mains de celle qui ne peut plus le protéger et l’emporte avec elle.

Betty allait donc connaître enfin la sérénité à la Buchette dans une famille adoptive heureuse de l’accueillir.

Vite dit.

Le lendemain au retour d’une course, nous retrouvons Betty sur trois pattes, miaulant désespérément au moindre mouvement. Vétérinaire, radio, la patte est cassée au niveau de l’humérus , il faut l’opérer et fixer une broche.

Betty_pansement Et nous ramenons Betty avec un beau bandage jaune et la consigne médicale impérative : repos absolu. Mais comment faire ? Réponse du corps médical : trois semaines dans une cage d’un demi-mètre carré.

 

Les trois semaines sont passées, dans la cage règlementaire, malgré les miaous déchirants d’appel à la liberté. Nous n’avons pas eu le cœur de refuser à la recluse la courte promenade, bi-quotidienne, du condamné. Mais quelle angoisse de la voir sauter dans les plantes vertes ou courir à fond la caisse après les mouches !

Heureusement, après deux mois tout va bien. L’os est ressoudé ; les broches, trop longues, ont été recouvertes par l’os en croissance…

Et Betty ne tient pas en place, passe ses nuits dans le quartier à chasser les souris ou à courir le guilledou – laissant ses maîtres dans l’inquiétude . Betty_bis_2

Vous savez : c’est comme avec les enfants qui ont été malades,

on se fait plus de soucis….

Adieu ! Zazie.

Zazie Zazie, c’était notre chatte. Elle avait 13 ans. Elle est morte aujourd’hui, le premier jour de l’été. Cancer du foie. Ce n’était pas un chat ordinaire. Jusqu’à la fin, elle avait gardé sa vivacité, son élégance, sa taille fine (trop fine ! ces derniers temps, elle ne mangeait plus).

Et puis Zazie, c’était une dignité jamais prise en défaut, une grande discrétion même dans l’affection profonde qu’elle portait à ses maîtres.

Et puis Zazie, c’était un caractère. Pas de concession. Lorsqu’elle n’était pas d’accord, le coup de patte partait vite. Il fallait la connaître pour éviter le clash.

Zazie faisait partie de ma famille recomposée. Elle avait quitté Paris avec ses maîtresses, Danièle et Claire, sa fille, pour venir s’installer avec nous pour une nouvelle vie à La Buchette . Une aventure pour une chatte d’appartement qui avait découvert les escapades dans le voisinage, les bagarres -et les amours- des chats de la campagne.

Souhaitons-lui plein de joyeuses aventures au paradis des chats.