Avenues et ruelles de Montréal

Montréal fête son 375 ème anniversaire. Ils n’étaient qu’une poignée, en mai 1642, à débarquer sur les rives de ce qui allait devenir Montréal. Une quarantaine d’engagés venus de France, sous la gouverne de Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, et de Jeanne Mance.

Les premiers colons s’installèrent près du vieux port (ci-dessous). La plupart des premiers bâtiments , en bois, sont aujourd’hui détruits. Reste un quartier postérieur , construit en pierre, résiduel et enserré maintenant entre les tours du centre des affaires de Montréal. montreal ruelles-1050060L’autre point structurant de la ville, c’est le Mont Royal (on dit simplement la montagne). 234 m d’altitude, il domine bien au-delà de l’île de Montréal. Sur ces pentes se sont installés des quartiers bien délimités : au sud le centre ancien et les tours (ci-dessous la vue de la terrasse du chalet sur le belvédère Kondiaronk),A l’ouest , le quartier anglophone, très chic de Westmont et à l’Est le quartier francophone, plus mixte d’Outremont. Les habitations les plus proches des parcs de Mont Royal sont très luxueuses, et plus on s’en éloigne, plus c’est populaire. Claire, la fille de Danièle habite Avenue  d’Outremont, un quartier un peu entre les deux.

Au XIXème et au XXème siècle, la population de Montréal explose. On délimite des quartiers, on trace des rues au cordeau, bien perpendiculaires entre elles. Les petites masures en bois sont remplacées par des immeubles de deux-trois étages couvert de briques. montreal ruelles-1050049Mais la base de la construction reste en bois. grande ressource du pays. Ce n’est que la menace des incendies qui détruisit des quartiers entiers qui obligea les constructeur à une paroi extérieure en briques. Cette structure est bien visible quand ces anciens petits immeubles prennent feu.

Les Montréalais ont inventé une modalité inédite de construction: Le logement à la fois individuel et collectif.  Les petits immeubles sont en fait un empilement d’appartement individuels, chacun  sa porte, son numéro et sa boîte à lettre,  pas d’entrée ni d’escaliers collectifs. Tous des duplex ou des triplex avec escaliers extérieurs. On y rajoute un minuscule jardinet devant, souvent très soigné et le tour est joué. C’est ce qui donne cette physionomie particulière aux rues montréalaises. Ça c’est pour la façade. Et comme on est curieux, on a voulu savoir ce qui se passait derrière et sur les cotés. Le meilleur comme le pire.

Voyons le pire, les ruelles servent souvent de décharges, les poubelles mal rangées, éventrés par les écureuils qui n’hésitent à fouiller à la recherche de nourriture. Et puis c’est un domaine que Hydro Québec (l’EDF québecquoise) occupe sans vergogne, sans souci d’ esthétique ni de sécurité. En 1998 une tempête de givre a mis par terre le réseau essentiellement aérien du pays, une panne qui a duré jusqu’à quatre semaines pour certains, en plein coeur de l’hiver. Mais cela n’a pas modifié les pratiques.

Mais les ruelles c’est aussi le meilleur. Dans certains quartiers (Rosemont, le Mile End par exemple), c’est un autre univers qui vit sa vie derrière les façades des avenues. Des appartements traversant qui se créent des patios, des jardinets, des arbres qui ombragent la ruelle. Un paradis, sans voiture,  pour les écureuils et les enfants.

De quoi inspirer les poètes

Les jardiniers

Ou les architectes

Les initiatives se multiplient pour aménager ces ruelles grâce aux habitants qui se mobilisent et à la municipalité qui a un programme de soutien.

Alors à Montréal, ils ne faut pas hésiter à explorer les coulisses des avenues !

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-St Laurent rive Sud

– Montréal bleu

-Parcs et jardin de Montréal: pour le meilleur et pour le pire

Montréal Bleu

Après son séjour au Canada auprès de sa fille Claire, en février dernier, entre deux épisodes neigeux, Danièle nous a livré un reportage personnel sur Montréal en hiver.

Un coup d’oeil sur la carte nous montre de manière évidente que Montréal est bâti sur une île. L’eau l’entoure de toute part: Le fleuve Saint-Laurent, la rivière de l’Outaouais et la rivière des prairies.

« Montréal bleu » est le nom d’un des projets visant à mieux valoriser les rives et les eaux de Montréal. Il convient bien aux balades que nous y avons faites en février-mars 2017 (nos trajets en rouge).

L’archipel d’Hochelaga (le Grand Montréal) comporte près de 300 îles, quatre rivières, deux lacs. Des ponts, des canaux, des traversiers, des navettes fluviales, des marinas, des plages, des parcs pour faire cohabiter habitat, vie industrielle et zone de loisir.

En 50 ans, les développements industriel, urbain et résidentiel ont peu à peu entouré l’île de Montréal de béton et y ont privatisé les deux tiers des rives. Le nombre de plages est passé de 60 à 3. Toutefois, en parallèle, il y a eu plusieurs projets de réappropriation, de protection et de mise en valeur des berges, de création de parcs, et sans oublier d’importants programmes d’assainissement des eaux.

Pour qui aime l’eau, et j’en fais partie, Montréal est un paradis. Il serait dommage de se contenter de l’île Sainte-Hélène (en face du centre ville avec un parc aménagé).

Nous n’avons pas tout vu en quelques jours d’hiver, ni bénéficié des traversiers mais suivez-nous de l’île Bizard à Ste Anne de Bellevue puis à l’île St Bernard en passant par les rapides de Lachine.
Il nous reste à explorer tout le Nord-Est de l’île, les îles de Boucherville et tous ces territoires et chemins riverains. Une autre fois!ile Perrot Montréal

Montréal vu de l’île Ste Hélène où le vent était si froid et le sol si gelé que nous avons bien vite repris le métro.

La rivière des Prairies à l’île Bizard ci-dessus et le St Laurent majestueux vu de l’île ST Bernard ci-dessous.

Une impression d’immensité face au bleu du ciel et à celui de l’eau.

« il n’y a plus beaucoup de liberté dans le monde, c’est entendu, mais il y a encore de l’espace ». Bernanos cité par Sylvain Tesson dans « Sur les chemins noirs ».

Où peut-on mieux ressentir cette sensation d’espace sans souffrir de l’isolement que dans les environs de Montréal ?Il ne fait pas toujours beau à Montréal et ce premier orage de l’année le 25 février 2017 (journée exceptionnellement chaude) nous a trempées au Parc des rapides de Lachine.Les rapides de Lachine sont un haut-lieu du Québec. C’est là que se tenait une halte pour le commerce des fourrures aux premiers temps de la colonie, c’est là qu’existe encore la plus ancienne maison conservée de Montréal (1670) aux allures de ferme normande, c’est là que s’arrêtaient les bateaux, incapables de traverser les rapides avant la construction du canal éponyme. Et puis il y a les oiseaux (ici des bernaches résidentes au pars de rapides de Lachine) et des ornithologues passionnés qui se réjouissent d’un hiver si vite fini cette année. Nous avons vu le jaseur boréal, le cardinal, la chouette lapone, le martin pêcheur et beaucoup de mésanges à tête noire et presque l’accouplement d’un couple de visons.Montréal est rempli de passionnés de photo animalière. Ils sont très sympathiques et très bavards . Ils n’hésitent pas à vous montrer sur leur écran ce que vous ne voyez pas à l’oeil nu. Pierre Lamontagne rencontré aux rapides de Lachine est sur Flickr et suit toutes les migrations. Jean-guy Morisset, le photographe d’Outremont  (un quartier de Montréal) amoureux des oiseaux de la montagne a publié un livre de photo « Faune urbaine » et bien d’autres encore que nous ne connaissons pas …Montréal est si loin vu de l’île St Bernard ci-dessus ou de Pointe Claire ci-dessous. On devine le centre-ville et ses buildings, l’oratoire St Joseph et sa haute coupole au centre et l’université de Montréal à gauche… et la montagne… visible de partout à Montréal puisque aucun bâtiment n’a le droit de la dépasser!Une petite résidence secondaire à Chateaugay ci-dessus ou sur l’île Perrot ci-dessous, ça vous dirait ?Moi, ça me rappelle les paroles de Beau Dommage (1974):

« Dimanche soir à Chateaugay

Les pieds pendant au bout du quai

la rivière joue de l’harmonica

ma blonde se baigne les pieds dans l’eau

c’est plein d’oiseaux qui courent le long de l’eau

en chantant leur chanson d’oiseaux

c’est plein d’oiseaux qui courent le long de l’eau. »Regarder le soleil se coucher à Pointe Claire près de l’église dont les pieds baignent dans le St Laurent… ou bien se promener parmi les gisants du cimetière du Mont Royal sont des plaisirs du soir.La montagne porte deux cimetières (Mont-royal et Notre Dame des Neiges) Qui sont des promenades très prisées – et sportives-en plein centre de Montréal.Mais il faut rentrer et retraverser le pont. Ici le pont Honoré Mercier (1934-1963).

Il n’y a pas tant de pont que ça traversant le St-Laurent à Montréal, ce n’est qu’avec l’avènement du chemin de fer que l’île de Montréal se dote d’un lien permanent avec le continent. En 1854 plusieurs ponts ferroviaires sont construits à Ste anne de Bellevue, traversant deux canaux de la rivière des Outaouais, reliant l’île de Montréal à l’Ontario et à la péninsule Vaudreuil-Soulanges par l’île Perrot. En 1860, Montréal construit sa première voie vers la Rive Sud avec la construction du Pont Victoria qui était , au moment de son ouverture, le plus long pont au monde. Puis vint le Pont Jacques Cartier dans les années 1930. Tous les autres ponts datent des années 1960. Mais hier (du temps des premières nations), comme aujourd’hui les Montréalais n’ont pas vraiment besoin de pont pour traverser le Saint-Laurent …Et le plus rigolo – et le plus sportif -c’est au moment de la débâcle !

*Vous pouvez retrouver ce reportage dans un petit livre photo à commander chez MATISSEO

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