Auvergne : un vignoble à découvrir

Trois jours de beau temps en camping-car en Auvergne : une belle occasion de découvrir des paysages que nous connaissions peu ou pas. Mais quand Danièle m’a annoncé qu’on pourrait visiter les différents crus d’Auvergne, je suis resté perplexe.

En Auvergne, on connait le vignoble de Saint-Pourçain, célèbre pour son rouge  léger. C’est dans le département de l’Allier. Mais dans le Puy-de-Dôme ?  Aucune appellation ne me vient à l’esprit, je sèche.

Un nom revient à Danièle : Corent , moins de 15 km au sud de Clermont, une de ces collines découpées (un puy) dans ces plateaux de basalte au-dessus de l’Allier.ville-Gauloise C’est sur ce relief tabulaire que les gaulois auvergnats – les arvennes – avaient installé sans doute leur capitale : plusieurs centaines d’habitations, un sanctuaire, un théâtre, des ateliers…Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui se situe sur les pentes exposées au Sud: Les rangs de Gamay bien alignés, dans la perspective des puys qui se succèdent jusqu’au Puy de Dôme. Lire la suite « Auvergne : un vignoble à découvrir »

Dans les vignes , l’hiver, à tirer les bois

La Saint-vincent , c’est la fête des vignerons, le 22 janvier.

 Le vin se stabilise dans les caveaux, on  peut déjà déguster et deviner ce que sera le millésime 2011 et, dehors, dans les vignes préparer la future campagne : tailler les pieds et ne laisser qu’une (Guyot simple) ou deux baguette-s (Guyot double). Et évacuer le bois de l’année dernière  qui s’est accroché aux piquets et aux fils de fer. Chaque année  Jean réunit une petite bande d’amis sur le domaine du Tremblay pour « tirer les bois » et partager un moment de convivialité. Max nous raconte  

La petite troupe sautillante traversa la route. La couleur de leur robe  se confondait avec la terre, mais leurs petits derrières blancs  permettaient de suivre leur progression. Deux retardataires nous regardèrent avec leurs grands yeux de biches. Normal, c’en était. Puis tout ce petit monde disparut dans les bois. Ils faisaient partie des  derniers grands animaux sauvages de nos contrées et leur vue rassurait. S’ils batifolaient ainsi dans les champs et les bois, c’est que tout  n’était pas complètement foutu.
Puis nous avons traversé la cour d’une grande ferme délabrée. Jean nous
expliqua que son propriétaire préférait faire travailler ses terres par des entreprises plutôt que de la donner en fermage.

Résultat; de beaux  bâtiments du siècle passé en ruine. Nous avons fait la tournée des  parcelles de vignes de notre groupement vinicole. Le jour étincelant donnait au paysage de collines une sérénité radieuse.
Le lendemain, les choses « sérieuses » commencèrent. Après le réveil  « matinal », la bande de copains n’arriva sur la parcelle de  Gate-Bourse que vers 9h30. L’herbe rase entre les rangs était givrée et  scintillait.

La vigne est une liane. Elle s’enroule autour des fils de  fer qui la soutiennent et à laquelle elle est attachée par de petites attaches et des vrilles. Une fois les tailleurs passés, il faut tirer sur les bois et les déposer au milieu du rang. Une broyeur les pulvérisera ensuite et ces débris contribueront à améliorer la structure du sol.

La première matinée est la plus dure, les reins sont douloureux. Mais les repas sont joyeux, une bonne tablée d’une quinzaine, des rôtis de biche et de sanglier…

Le soir, Michel organisa un atelier « pâtés ». Le résultat était magnifique à la vue (Ici, la recette de terrine de Michel).  Mais il fallait attendre deux jours pour déguster, le temps que le pâté mature.Après le dîner, les chiens, deux petits fox à poils longs, nous harcelaient dés que nous prenions place dans les confortables fauteuils autour d’une flambée.C’est là, ainsi rassemblés que nous avons appris notamment que les poissons de rivière changeaient de sexe sous l’influence des œstrogènes contenus dans les pilules contraceptives ! A un autre moment nous en apprendrons bien d’autres, notamment que les contre-coups de la poussée pyrénéenne créèrent des failles dans les sols des environs. Dans l’une d’elles coule tranquille le Cher (ci-dessous le Cher aux abords de Brinay) qui irrigue les vignobles alentour. Incroyable non ?
Nous avons fait un tour au caveau pour gouter les cuvées vieillissant en fût et le vin de 2011. Chacun s’appliquait à mirer son verre, à humer, à faire passer le vin plusieurs fois sur les papilles, puis claquant la langue, à donner son appréciation. On goûtait sans recracher, c’était trop bon.
Ainsi allait ce petit monde de copains soixante-huitards rattrapés par la soixantaine. Comme nous avions beaucoup bu, certains sortirent se rafraichir. Dehors, le ciel étincelait et la voie lactée montrait le chemin de l’infini.

Merci à Max, Christian, Michel et Danièle pour les photos et les textes Retrouvez sur Le Clairon:

les vendanges de 2009

-Les vendanges de 2007

-Les vignes vues du ciel