Ce qu’ils en pensent

 

 » La retraite de Norbert? Je la vois plutôt bien.» nous déclare Danièle.

Ce qu’en pense son épouse.

Tout n’a pas été si facile dans le couple autour de ce projet de retraite. Danièle a éprouvé successivement des sentiments très contradictoires. A tel point que nous publions trois contributions :

Nanou_id Dès que Norbert m’a parlé de prendre sa retraite, j’ai été enthousiaste.

Cela n’a pas été possible avec la cessation progressive d’activité et cela a failli ne pas se faire comme père de trois enfants; quelle angoisse ! J’ai cherché pour lui la documentation, j’ai appelé le ministère de l’agriculture, j’ai partagé ses inquiétudes, je l’ai encouragé à persévérer, surtout après le 31 décembre 2004 et la promulgation de cette loi scélérate (l’article 136 à l’application de laquelle il a échappé). Aujourd’hui c’est enfin possible et mieux encore, nous accédons ensemble à ce dont nous avions toujours rêvé: lui, l’inactivité qui lui laissera toutes ses heures libres dans l’intimité d’une solitude réflèxive et moi, un poste de responsabilté où les voyages, les injonctions de ma hiérarchie et les états d’âme de mes 60 collègues me laisseront tout juste le temps de lire Elle en diagonale.
De quoi meubler les conversations avec notre chien, autre projet que j’encourage fortement; mais nous ne sommes d’accord ni sur la taille ni sur le pedigree et Zazie m’a assuré qu’elle partageait mon avis. »

Le projet de retraite de Norbert a éveillé en moi des peurs considérables.

Une image me poursuivait: lui en robe de chambre, la table du petit déjeuner non débarrassée et le repas du soir improbable, alors que je rentrais harassée de Nantes ou de Paris; l’horreur pure! Je concevais bien une alternative, mais je la ressentais comme très culpabilisante: le transformer en homme de ménage à mon service et , de plus, je n’étais pas sûre qu’il soit d’accord.
J’ai donc proposé le divorce à Norbert comme solution de compromis ménageant nos intérêts personnels: lui sa retraite inespérée à laquelle il ne voulait pas renoncer et moi ma vision du couple, des droits et des devoirs de chacun.
Nous nous sommes progressivement orientés vers une autre solution: créer une résidence hôtelière et prendre un chien en pension.

La retraite de Norbert? Je la vois plutôt bien.

Je rentre, il a fait les courses et le ménage. Il a lu les journaux et fouiné sur internet et me fait part des nouvelles, des analyses politiques, de tout ce qu’il faut savoir et me signale quelques références à connaître. Je peux continuer à lire des romans tout en étant à la pointe de l’actualité politique et professionnelle. Il a réfléchi à deux ou trois projets de week-end et nous partons en camping-car. Nous faisons des photos chacun de notre côté et nous les comparons; je reconnais les oiseaux à leur plumage, il les reconnaît à leur chant. J’aime plus que tout être au bord de l’eau et dans de grands paysages dégagés, il aime les sous-bois, mais comme il est gentil nous n’y allons jamais. J’écris mon journal pendant qu’il illustre son blog. Je le rejoins en Sicile en avion pour un week-end prolongé (grâce à mes miles et à mes récupérations et autres RTT) pendant qu’il a tout le temps pour faire la route. Nous avons des amis suédois retraités en Andalousie et anglais retirés au Portugal. Il me prépare des petits plats pendant que je fais de l’aïkido et nous avons un chien (petit et intelligent). Le jardin et la piscine sont accueillants; je ne fais que les gros travaux qui ne demandent pas de soin mais produisent une saine fatigue. Nous vivons sans complexe le troisième âge des minorités sur-protégées des pays riches.

Ce qu’en pensent ses proches.

  • Certains mettent en doute son goût pour le travail, tous soulignent la variété de ses intérêts extra-professionnels.

Harry : Pour moi qui t’ai rarement vu au travail même quand nous y étions ensemble, le clairon de ton départ à la retraite sonne étrangement à mes oreilles.

Phil_panzano Philippe : Tu as toujours été à l’avant-garde…

Donc voici le précurseur parmi nous de la retraite.

Depuis longtemps ce destin te semblait promis, et comme on dit, aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années…

.

Ebbe :Vraiment je te comprends, il y a tellement des belles choses à faire dans la vie sans un patron et tu sais bien le faire! Je suis actuellement au Bénin où je fais des enquetes au grand marché de Dantokpa. Après demain je pars à Parakou dans le nord.

Maeva_1

Maeva : Il me semble qu’il manque néanmoins quelque chose dans les perspectives hâtivement traçées par Le Clairon pour ta retraite : la plume ! Celle du poète, du narrateur, de l’essayiste ou du romancier, celle de ton choix, … ce serait trop dommage pour tes futurs lecteurs potentiels et/ou virtuels, dont je suis, de ne penser qu’à la création photographique !!! … plume d’oie ou écriture électronique avec laquelle tu as tourné autour du pot de nombreuses fois, en journaliste social ou en rédacteur-concepteur de presse spécialisée, isn’t it ?

Silvy : Quelle chance pour le camping-car de Norbert qui va pouvoir exprimer toute sa puissance sur les routes de France et de Navarre !!!

Quelle chance aussi pour son épouse qui va enfin pouvoir lever le pied et lui confier des tâches ménagères diverses et variées…

Pauvre Nono qui va regretter amèrement l’ambiance bon enfant du CRDC !!!

Allez va, bon vent à notre jeune retraité et pense à nous de temps en temps.

  • Les uns s’inquiètent de l’avance inexorable de l’age qui les guettent également, d’autres jalousent la future disponiblité du jeune retraité.

Patrick : Quelle nouvelle ! Moi qui me croyait à l’abri de ce genre d’information. Voilà qui annonce la parution de la liste des impétrants qui ne va cesser de croître, comme les rides, d’ailleurs.

Michel : C’est un enfoiré de nous quitter en plein combat contre le Cpe ! Il pouvait pas attendre un peu non ! Au moment où on a le plus besoin de lui, de ses analyses sur le fond (comme sur l’Europe), il s’ échappe. Mais qu’il ne se réjouisse pas trop tôt, je risque de venir plus souvent qu’il ne le pense à Lissieu (surtout quand il fera chaud ! ). Est ce que l’on se remettra de son départ ? Dieu seul le sait. Et encore !

Et je vais vous avouer quelque chose : Si la gauche (humour) revient aux manettes, et si ils remettent la préretraite fonction publique (80% 50%), je ne serais pas le dernier à me précipiter. Alors dans le fond, ma réaction ne serait-elle pas que de la vulgaire jalousie ?!

  • La plupart jettent un regard rétrospectif sur le bout de chemin qu’ils ont suivi ensemble.Avec bienveillance, en évitant la nostalgie.

Rose-marie : Mon ami, mon frère

Quand on s’est connu, il n’était qu’un camarade du syndicat, parmi les autres. Discret, pondéré, réfléchi, à l’écoute, pertinent.. Pas tout le contraire de moi, mais presque. Chemin faisant, on a appris à travailler ensemble, à se raconter, se dire, se lire et rire, à se connaître quoi. J’ai découvert d’autres traits de son caractère, la générosité, la fidélité, l’honnêteté, une droiture à toute épreuve qu’aucun article de journal ne saurait entacher, encore moins quand il s’appelle « Acteurs de l’économie » et qu’il va chercher ses « scoops » dans les eaux de la Loire alors que cela se passe dans le Rhône.

Très vite Norbert est devenu mon ami. Pas seulement l’ami sur qui tu peux compter et que tu le sais, et que, bien entendu, c’est réciproque. Non, l’ami qui t’attendrit, te fait fondre, t’émeut jusqu’aux larmes parce qu’il quitte celle qu’il aime, parce qu’il t’aime, parce qu’il l’aime, parce que, pour un homme, il sait si bien le dire, et tellement bien le faire. L’ami qui sait tellement bien partager que quand tu reçois de lui, il arrive à te faire gober que c’est toi qui as donné.

J’aime sa tribu, sa grande famille, d’aucuns diraient qu’elle est recomposée, mais d’aucuns disent parfois des conneries, pour quelle soit recomposée encore eût-il fallu qu’elle se décomposât, et ce n’est pas le cas.

Maintenant, cette famille là, j’en fais partie, c’est comme ça. Norbert, c’est mon frère. Mon frère de cœur, mon frère de combat, mon frère Norbert. Danielle ne m’en voudra pas ?

 

Christian : Le vieux Clairon sonne encore.

Non !

Le clairon ne meurt pas, ni même s’arrête.

Et s’il cesse de se faire entendre, ce n’est que pour mieux imposer son silence puis, pour le rompre à nouveau. Plus fort et plus haut.

Le second souffle du milita…nt, n’en sera que mieux entendu encore, teinté de sagesse diront certain, épris d’humanisme affirmerons les autres, assurément notre clairon continuera de résonner au delà des échéances administratives.

Le 6 juin 1962 le clairon Norbert était encore adolescent, à quelques heures de son quinzième anniversaire, peut être emboîtait il déjà les pas de son illustre saint patron confesseur et « prêchait l’inconvenance des fastes des nantis de son monde », il ne s’imaginait sans doute pas qu’un nourrisson [Christian est né le 6 juin 62, Norbert le 5 juin 48, tous deux formaient les conseillers ANPE à la négociation], 42 années plus tard louerait de concert avec lui les vertus de la concession et du compromis…

Je garde de notre clairon à la barbe blanche, une image contrastée, au sein de laquelle se mêle sérénité et détermination, combativité et respect, compromis sans compromission, ouverture et conviction

Que le clairon continue à retentir !

D’autres champ de bataille sont à labourer, d’autres tympans sont à faire vibrer

Bon souffle et… bon timbre !

 

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