Retour vers la Dordogne

Suivre la Dordogne de sa source, le Puy Sancy, jusqu’à la Gironde, puis l’océan, telle était notre projet – contrarié par des aléas matériels- en juillet dernier.Un retour sur les lieux s’imposait. Cette semaine de Toussaint, que la Météo annonçait magnifique, était donc toute désignée pour reprendre le fil de l’histoire … et du courant.

Au sortir des grands barrages de l’amont ( Bort les Orgues, Marèges, l’Aigle, Chastang) la Dordogne arrive apaisée vers Argentat, départ de sa partie navigable, lorsque les gabares assuraient jusqu’au siècle dernier le débouché vers l’Aquitaine et l’océan.

Collonges la rouge

Le département de la Corrèze, connu pour la verdure du plateau de Mille Vaches et de ses sombres forêts prend alors des allures méridionales, rehaussées du rouge profond des grès lorsqu’on s’approche de Collonges la Rouge.

Ce village historique attire de nombreux touristes dans la journée. Nous préférons attendre le petit matin pour visiter ses ruelles alors désertes, ses placettes et son église. Le soleil levant peine à dissiper les brouillards de la nuit qui donnent une atmosphère irréelle à cette architecture sortie tout droit de la Renaissance.

Beaulieu baigneur

Nous regagnons ensuite la Dordogne à Beaulieu abbaye du XIIème siècle rattachée à Cluny, et dont l’imposante chapelle des Pénitents se reflète sur le plan d’eau de la Dordogne. Nous y avons même trouvé un baigneur de l’arrière saison. Le courageux nous explique que la Dordogne n’est pas plus chaude en été : 15 ° maintenus par les énormes réservoirs d’eau que constituent les barrages. Les déversoirs situés au pied des ouvrages ne laissent passer que l’eau profonde qui ne se réchauffe jamais. Cet amoureux du pays nous conseille de descendre un peu plus loin vers la Dordogne Quercynoise.

Le Quercy c’est un grand plateau calcaire avec ses falaises, ses gouffres, ses résurgences, ses reculées, ses cirques.

AutoireLe village d’Autoire, dans sa vallée encaissée (une reculée), marque l’accès à un cirque étroit qui se termine par une cascade chutant du haut des falaises. Les petits manoirs, les tourelles gracieuses, la pierre lumineuse nous rappelle ces beaux villages du Périgord que nous avions découverts en juillet dernier.

Nous ne nous sommes pas attardés à Rocamadour, célèbre village accroché à sa falaise, préférant musarder dans la vallée de l’Ouysse, petit affluent de la Dordogne qui présente la particularité de n’être alimenté , le long de son bref parcours ( 13 Km), que par des rivières souterraines surgies de gouffres.

cuvette vauclusienneAinsi, à deux pas de la rive, cette modeste cuvette masque l’accès à un parcours de 2 Km sous terre, selon les informations de deux plongeurs croisés sur le chemin, qui viennent renouveler l’expérience. Cette alimentation souterraine a pour conséquence le débit régulier toute l’année quelle que soit la saison.

Moulin cougnaguetC’est ce qui explique la présence de nombreux moulins sur les rives de l’Ouysse. Notamment celui de Cougnaguet, moulin fortifié du XIV ème siècle, amoureusement entretenu en état de marche par son propriétaire qui le fait visiter à de nombreux curieux. C’est au petit matin que nous quittons les lieux, avant que le soleil ait dissipé les brumes qui flottent sur la surface de la retenue.

Nous allons quitter pour un temps les rives de la Dordogne pour faire un détour dans l’espace et dans le temps. Début des années 1970, les acteurs de mai 68 s’intéressent à la campagne profonde et les échos de la contestation parviennent ainsi dans le hameau de Moncalou. Pierre, l’instituteur est sensible à cette remise en cause. Sa maison accueille alors nombre de mes amis d’alors, dans un joyeux mélange d’idées et d’idylles. Certains ont fait souche dans le Périgord. D’autres, comme moi, n’ont fait que passer.

Le hameau de MoncalouEn 2006 Moncalou est toujours là. Le hameau a évité la désertification qui le guettait. Et pas seulement au profit des résidences secondaires.

Françoise Laval s’est installée comme exploitante agricole. Son mari est de la région et exerce comme conseiller agricole. Quelques hectares de pruniers, de noyers, de fruits rouges et … de safran. Ils sont une poignée d’agriculteurs à renouer ainsi avec cette ancienne culture du safran dans le Quercy .

La maison de PierreLa maison de Pierre, décédé trois ans plus tôt, est maintenant habitée par son fils. Pierre laisse un souvenir vivace auprès de ses voisins, comme instituteur, mais aussi comme militant associatif qui a contribué au développement – notamment agricole- de sa région.

Retour vers la Dordogne : de Groléjac à Sarlat l’ancienne voie de chemin de fer s’est reconvertie en piste cyclable, mieux en véloroute ( le cycliste ne rencontre jamais un autre moyen de transport pendant 12 Km). On peut aussi partir en direction de Souillac, jusqu’à Gazoulès mais le remblai du train s’arrête à Carlux.

en Vélo sur les voies vertes de la dordogne

Facilité pour les petits cyclistes que nous sommes, et bel effort pour le chien qui nous accompagne sur ses quatre pattes. En voilà un qui dormira bien ce soir.

Et un coup de chapeau pour le syndicat intercommunal qui aménage patiemment ces véloroutes. Et quand on voit les vestiges de voies ferrées qui parcourent la région, on se prend à rêver de grands circuits sur plusieurs jours sans voitures ni camions (pour en savoir plus : la France des voies vertes ) .

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