Chasse aux étrangers : tous suspects !

On connaisssait les rafles aux sorties des écoles, les convocations pièges dans les préfectures. Mais c’est maintenant tous les services de l’emploi qui sont enrôlés pour contrôler la régularité du séjour de tous les étrangers. Dès l’inscription au chômage, les ASSEDIC devaient transmettre immédiatement la photocopie des titres de séjour aux services de la préfecture qui a 48 H pour valider le document ou déclencher la chasse au faussaire.

Mais Hortefeux était sans doute allé un peu vite en besogne. L’UNEDIC n’est pas -encore!- sous les ordres du gouvernement.

annie-thomas.1197998535.jpgLa présidente de l’Unedic, Annie Thomas (CFDT), a annoncé jeudi 25 octobre que ce n’était « pas le rôle de ses agents de transmettre à la préfecture les papiers » des demandeurs d’emploi étrangers. L’Unedic va donc donner de nouvelles instructions dans ce sens. « Nous avons redressé la barre par rapport aux instructions qui avaient été données« , déclare Annie Thomas, et précise que la décision a été prise « à l’unanimité« , aussi bien par les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) que syndicales (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGE) gestionnaires du régime d’assurance chômage.

assedic.1196440879.jpg« Ce n’est pas le rôle des agents Assedic »

La présidente de l’Unedic déclare que « les agents de l’Assedic ont comme instruction de contrôler toutes les pièces d’identité de toutes les personnes qui arrivent, qu’elles soient françaises ou étrangères. Mais nous en restons là« . Elle ajoute, « Nous ne rentrons pas dans le débat selon lequel il faut transmettre systématiquement les papiers à la préfecture, ce n’est pas le rôle des agents de l’Assedic de le faire« . Annie Thomas indique par ailleurs que « des instructions seront données aux directeurs des Assedic dès jeudi« . « C’est l’ANPE qui contrôle si nécessaire et pas les Assedic« . On voit que la situation sur le terrain n’est pas encore fixée.
De son coté, l’inspection du travail est réquisitionnée pour contrôler dans les entreprises les listes d’étrangers. Bref, agents de l’ASSEDIC ou fonctionnaires,tous sont potentiellement des auxilliaires au service de Hortefeux. Un groupe de professionnels lyonnais de l’emploi, de la formation et de l’insertion  s’en préoccupe et lance un réseau de résistance . Voir la video de leur conférence de presse

La chasse aux étrangers ne s’arrête pas là : il est interdit à tout employeur sur le territoire français (sauf les particuliers employant des personnels à domicile) d’embaucher un travailleur étranger (sauf ceux inscrits à l’ANPE censée l’avoir vérifié) sans en prévenir la préfecture qui a 48 h pour donner son feu vert. En même temps que le registre du personnel, le patron doit tenir une liste des étrangers qu’il emploie et la communiquer tous les six mois à la préfecture.

Voilà le dernier cadeau du gouvernement Villepin ( un certain 11 mai 2007) mis en musique et interprété par le zélé Hortefeux dans sa circulaire du 4 juillet 2007.

Encore un effort, Hortefeux, et tu vas peut-être remplir ton sinistre objectif de 25 000 expulsions en 2007 ( il en manque 4000 à ce jour).

En 1937, pendant les grandes purges staliniennes, les services soviétiques de la police politique fonctionnaient selon des quotas. On raconte qu’à la fin de l’année, du coté de Leningrad, on ramassait n’importe qui pour remplir les objectifs; on avait ainsi vidé un couvent de bonnes soeurs . La plupart avaient péri devant le peloton d’exécution…

La Buchette insolite

Sur les chemins aux alentours de la Buchette, au bout des lotissements standards, on peut trouver des surprises et s’imaginer dans quelque voyage exotique.

mexique.1198000052.jpg Au coin de la rue c’est presque l’Andalousie . Il manque évidemment les palmiers et les bassins d’eau fraîche mais avec un peu d’imagination, on se retrouve plus au Sud, une belle journée d’automne.

suede.1198001218.jpg En descendant vers Sanville, on change radicalement de lattitude, avec ce rouge intense qu’on ne trouve qu’en Suède, le falufärg, sous -produit des mines de cuivre de Falun. La simplicité de ces façades de bois, et cette proximité avec la verdure me rappelle cet été 2005, au fond des bois,en Scanie ( la région la plus méridionale de la Suède).

allo-la-lune-ici-la-terre.1198058063.jpg Plus haut, en remontant vers Plambeau, on quitte carrément la planète : Allo, La terre? Ici la Lune ! allo-la-lune.1198058326.jpgAu pied de cette étrange boule de la base aérienne, une construction insolite s’est blottie, telle une base de vie lunaire. Mais, vue de plus près, c’est bien une habitation avec ses baies vitrés qui éclairent un groupe de bulles dominées par des cheminées.

Construites voici quelques décennies, de telles habitations non conventionnelles auraient du mal de nos jours à obtenir leur permis de construire. Et pourtant , dans leur diversité , elle ne portent pas atteinte aux paysages et nous font un peu réver.

Commander ses livres sur Amazon et revendiquer la livraison gratuite, est-ce mal ?


La semaine dernière, Danièle a reçu ce mail d’AMAZON et souhaite rendre publique sa réponse.

« Le Syndicat de la Librairie Française (SLF) a intenté une action en justice contre Amazon, et contre d’autres libraires sur le Net, visant à nous faire renoncer à la gratuité des frais de port sur les livres. Amazon.fr ne pense pas que cette action aille dans l’intérêt des lecteurs, ni d’ailleurs dans celui des auteurs et écrivains. Aussi allons-nous continuer à défendre vigoureusement votre droit à bénéficier de la livraison gratuite. En tant que lecteur, votre opinion en la matière est très importante, et nous sommes persuadés que les libraires du Syndicat de la Librairie Française apprécieraient aussi de connaître votre avis.»



Grande lectrice, passionnée de librairies de quartier (Jonas Paris 13éme lorsque j’y habitais), j’achète mes livres sur Amazon depuis que j’habite à la campagne, à seulement 15 km de Lyon. Sollicitée par Amazon pour défendre la livraison gratuite, je signe des deux mains. Pourquoi ?

 

divan-et-grigri.1196526586.jpg Où puis-je faire une petite biblio rapide sur la sorcellerie, les pratiques rituelles et les psychothérapies et recevoir les livres dans la semaine ? sur Amazon !

Où puis-je commander le livre dont ma mère me parle dans son coup de fil du dimanche soir « le Christ Philosophe » et le lui faire livrer deux jours après, avec un petit mot qui lui sert de marque-page et lui fait très plaisir ? sur Amazon !

grossman.1196526934.jpg Où puis-je commander les livres de David Grossman dont je viens d’entendre parler sur France Culture ? sur Amazon !

Pour les polars et les nouveautés, le rayon livres de Leclerc et le Relay de la gare de la Part-Dieu me suffisent.

Malgré tout, je vais encore dans les librairies indépendantes pour chaque fois être déçue car je n’y trouve rien de plus que chez Leclerc ou Relay :

 

 

agriates.1196527467.jpg à Corte, cet été, dans l’unique librairie, je n’ai trouvé aucun livre «corse», ni Marie Ferranti, ni « La salamandre de Vizzavona », rien ! la Maison de la presse était mieux pourvue.

· chez Decitre récemment, pas un seul livre de Raymond Depardon ; il a pourtant vécu tout près à Villefranche et publié « La ferme du Garet » que je cherchais et que je n’ai pas trouvé ! J’ai aussi commandé sur Amazon les livres de Michel Jouvet, grand spécialiste lyonnais du sommeil et auteur de beaux romans sur les songes.

· pire, je n’aime plus l’ambiance de ces librairies qui donnent plus de place aux « beaux livres », aux guides touristiques et aux cartes postales qu’aux romans ou aux essais et où les vendeurs sont ignorants et débordés. Je ne parle même pas de la Fnac que j’ai cessé de fréquenter, il y a des lustres.

Pourtant, je garde une certaine mauvaise conscience à ne pas défendre les librairies indépendantes et c’est pour cela qu’il me semble utile de réfléchir objectivement sur ma pratique d’acheteuse de livres. Entre Juillet 2006 et novembre 2007, j’ai commandé pour 296 € de livres sur Amazon ; dans le même temps, j’ai sans doute acheté pour beaucoup plus de nouveautés et de polars : j’en lis au moins un par semaine, entre 8 et 20 €, soit approximativement 52x 10€=520 €.

J’achète presque deux fois plus dans les librairies et je ne veux pas me priver des services d’Amazon qui fait 80% de son chiffre d’affaires sur des livres qu’il ne va vendre qu’une fois par mois. Il me semble que se développent deux métiers différents, selon deux modèles économiques différents et qui créent chez les acheteurs deux pratiques distinctes.

pain-et-roses.1196527828.jpgPar ailleurs les librairies indépendantes pourraient faire un petit effort d’imagination pour se distinguer des supermarchés du livre et pour m’attirer avec des auteurs locaux, par exemple.

Lorsque Decitre fait une table sur les polars lyonnais, j’achète « Du pain et des roses » qui nous plonge en plein sur les pentes de la Croix-Rousse!

C’est alors uniquement qu’il remplit sa fonction de médiateur culturel qui peut encore le différencier.