Polypensionné !!!

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Je devais m’y attendre. Mais ça fait bizarre quand ça vous arrive. Ça y est, je suis polypensionné !!!

Il paraît que le phénomène touche 38% de la population concernée, surtout à partir d’un certain âge. Rassurez-vous, ce n’est pas contagieux, pas mortel (quoique ça se termine toujours dans la tombe…). La situation de polypensionné se déclare après une longue période d’incubation caractérisée par de nombreuses démarches, souvent improductives, accompagnées de stress et de phases de découragement. Un fois liquidé, le phénomène peut prendre diverses formes selon les antécédents.  Le traitement est mensuel, trimestriel ou quelquefois annuel pour les petites doses.

Tréve de plaisanteries ! Depuis le 1er juillet 2013 , je suis allocataire de la caisse de retraite du régime général résultat de 21 trimestres de bons et loyaux services (et de cotisations) dans le secteur privé. Chaque mois,37€ viennent s’ajouter à ma retraite de fonctionnaire, heureusement plus conséquente.

Eh oui , je n’ai pas toujours été agent de l’état mais aussi ouvrier agricole, chômeur, journaliste, cuisinier. Pour ceux qui me connaissent c’est plutôt un non évènement, vu que je suis à la retraite du secteur public depuis avril 2006. Mais il fallait que j’attende 65 ans ( 67 pour les classes suivantes) pour pouvoir toucher le pactole du régime général  sans qu’il soit dévoré par l’infernale décote.

Alors dès l’hiver, j’ai préparé mon dossier pour la caisse de retraite.A un certain moment , il était prévu un entretien avec un agent liquidateur. Je me suis aperçu qu’il savait tout de moi (enfin, pour ce qui concerne mes activités professionnelles) , l’avantage c’est qu’on n’a pas à fournir de documents, la caisse a tout – sauf erreur qui méritent rectification, ce qui ne fut pas le cas. Le gars était plutôt sympa. Il s’est amusé à regarder si on pouvait prendre en compte quelques semaines en 1968 de job rémunéré en Californie, à l’occasion d’un stage inclus dans mon parcours de formation . L’affaire aurait demandé une tonne de démarches pour pas grand chose. 

«  De toute façon, faut pas vous faire des illusions, vous toucherez des clopinettes ! » me dit-il , très cool, lorsque je lui parlai du minimum contributif, un montant minimum attribué à chaque cotisant , même présentant peu de trimestres. Annulé, le minimum contributif,  à la suite de la réforme Fillon, dès le moment où vos revenus mensuels excèdent 1028€. Il y avait sans doute trop de polypensionnés qui en profitaient grassement…

Pas simple ! Pour ce qui concerne la retraite complémentaire, c’est une autre histoire. Il y a 57 caisses de retraite complémentaire selon que vous avez travaillé dans le batiment , la banque ou l’agriculture …, fédérées à l’interieur du GIP ARRCO-AGIRC mais chacune autonome dans son fonctionnement. Alors on a rajouté un échelon pour la constitution des dossiers , ce sont les CICAS (Centre d’Information, Conseil et Accueil des Salariés). Et Le CICAS de Lyon de me demander tous les documents qui sont pourtant déjà répertoriés par la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse dans mon relevé de carrière.  Notamment les fiches de paye de18 mois de journaliste en 1976-1977. Des bulletins en liasse en longueur , difficiles à photocopier, je tente le coup d’envoyer  les originaux par courrier simple. Quelques semaines plus tard, le même courrier, cette fois provenant d’Humanis, sans doute la caisse de retraite chargé de liquider mon dossier, me réclame les documents que j’ai envoyés.  Au bout de nombreux échanges épistolaires, y compris recommandés, le service réclamation du CICAS m’informe que le service courrier, en retard (très en retard :6 semaines !), vient de traiter mes documents et qu’ils me sont renvoyés par la poste. Quel bazar ! Heureusement, le dénouement semble proche.

Mais ma  boîte à lettre reste vierge de la correspondance attendue jusqu’au coup de téléphone de ce brave gars de Trévoux qui m’explique qu’il a reçu à la place des documents qu’il attendait, mes fiches de paye qu’il  s’empresse de me poster. Ouf !

Mais ce n’est pas le dernier épisode. Je reçois enfin mon relevé de carrière pour la complémentaire. 12€ par mois  ! Pour limiter les frais ils me feront un seul versement annuel . Mais à regarder de près je ne vois pas apparaître ma période de journaliste . Nouvelle réclamation.

Cette fois l’interlocutrice me joint par téléphone. « Regardez vos bulletins de salaires, il ne mentionnent pas de cotisations pour la retraite complémentaire !  C’était pourtant obligatoire depuis 1972»

Et c’est hélas vrai ! Mon employeur d’alors, en violation du droit social, s’est dispensé de régler ces cotisations.  Quand on sait qu’il s’agissait d’un journal quotidien militant à la gauche de la gauche pour la défense des travailleurs, le coup est rude . Sans doute , dans l’esprit de ces révolutionnaires de dirigeants , l’horizon de la retraite se perdait-il dans le néant face à l’urgence de cette révolution qui s’approchait et qui nous rendrait au centuple les sacrifices que nous avions consacrés à son avènement…

*Pour en savoir plus :  ICI ou Là sur la situation des polypensionnés et des réformes qui seraient souhaitables pour ne pas pénaliser ceux qui ont changé de secteur ou de statut dans leur carrière professionnelle.

Y a t-il une vie après le boulot ?

A force de reporter les tâches domestiques, les réparations urgentes, les travaux saisonniers en se disant : « j’aurais bien le temps de le faire quand je serai à la retraite », ma tendance naturelle à la procrastination n’a fait que se renforcer. La liste des taches urgentes n’a cessé de s’allonger. Evacuer les déchets du jardin à la déchetterie, réparer la tondeuse et …préparer la piscine pour les beaux jours.

Me voilà maintenant au pied du mur, je ne vois pas comment m’accorder des délais supplémentaires, des motifs d’inaction.

On est donc allé voir la piscine de plus près. OLYMPUS DIGITAL CAMERACe n’était plus le clair bassin qui suscite généralement l’envie irrésistible de piquer une tête, d’autant plus que la chaleur accumulée sous la couverture transparente donne toujours un avantage de plusieurs degrés par rapport à la saison.

Ce n’était plus qu’un infect marigot, plein d’algues, qui formait un tapis verdâtre de la consistance de la vase.

Face une situation aussi désespérée, les remèdes préconisés se situent souvent aux antipodes :

-la méthode douce : Aspirer le fond, pomper, filtrer longtemps, appliquer les produits et attendre que la verdure s’atténue jusqu’à disparaître au bout de plusieurs semaines.

-la méthode radicale : vider tout, envoyer à l’égout 65 m3, tout nettoyer, remplir et redémarrer.

Comme souvent lorsqu’il s’agit de rythme et de style, nous nous sommes opposés Danièle et moi. Je penchais pour la méthode douce, elle était partisane du scénario radical. Bien évidemment chacun ne voulait pas en démordre. Rentrant un soir d’un déplacement, elle s’imaginait que je m’étais rangé à ses arguments. A tort. Au lieu de vider, j’avais entrepris de remplir pour mieux filtrer. « C’est incroyable d’être entêté à ce point ! Tu es à la piscine ce que Villepin est au CPE! » La comparaison jeta un froid dans nos relations…Elle reçut finalement le renfort des spécialistes qui préconisent une vidange complète tous les 3 ans

Piscine_7

La verdure a reculé, le Karcher s’est activé, non contre la racaille des banlieues selon Sarko, mais contre les algues qui se nichent partout. La piscine sera prête pour les beaux jours.

Mais il y a des moments de doute où on essaye d’établir la balance entre les bienfaits de la natation, le bien-être du corps dans la fraîcheur de l’eau qui nous fait échapper à la canicule et les contraintes de la surveillance des paramètres du bassin, le nettoyage des filtres et les gros travaux de printemps. Il n’est pas rare que l’on regrette ce jour où l’on s’est décidé, l’esprit léger et un peu insouciant, d’installer une piscine devant sa maison. Car, une fois creusée et équipée, elle est là, et pour longtemps. Pas question de revenir en arrière, de la revendre comme une bagnole qui ne plaît plus, de la faire disparaître par magie, à moins de la transformer en fosse à compost. Je pense qu’aucun propriétaire de piscine n’a jamais échappé à ces moments de désespoir secret.

Apparemment, cette expérience n’est pas transmissible, à voir le nombre de chantiers qui pullulent dans ces lotissements pour salariés aisés qui nous entourent. De toute façon, leurs habitants ont pour règle de conduite d’éviter de parler à leur voisins et a fortiori de leur demander leur avis. Dommage !