Livres : de la Provence … au Kivu

Des vacances sédentaires, les brouillards givrant qui cernent la maison, c’est une bonne saison pour s’évader, découvrir, réfléchir, s’amuser,près d’un feu dans la cheminée, bref lire

La folie Forcalquier

Pierre Magnan a démarré une carrière littéraire sur le tard ( à 55 ans) à la suite d’un licenciement économique. Avec Le Sang des Atrides, il connaît, en 1978, le succès en recevant le Prix du Quai des Orfèvres. Il est l’inventeur de ce qu’on pourrait appeler le polar provençal.

Avec une vingtaine de romans, publié à plus d’un million d’exemplaires en livre de poche, « Je suis l’écrivain des pauvres » s’enorgueillit l’auteur qui souhaite également le développement de la lecture par le biais des bibliothèques publiques.

« La folie Forcalquier » se déroule dans cette Provence retirée, entre Le Lubéron, le Mont Ventoux et la montagne de Lure , une micro-région dont Magnan connaît le tracé de chaque sentier, le parfum de chaque bosquet et l’histoire de chaque hameau. Il met en scène une sorte de Robin des Bois provençal évoluant dans une société villageoise traversée par les conflits politiques et sociaux du Second Empire.

Cette aventure illustre parfaitement l’art de Pierre Magnan : son habileté à dérouler une intrigue – même lorsque ses développements frôlent l’invraisemblable, une narration qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page. Et puis tous les sens mobilisés pour nous restituer les merveilles et les mystères de sa Provence natale.

Ecrivain acharné, il vit aujourd’hui à Forcalquier, à 85 ans, toujours attelé à poursuivre son œuvre et alimentant son site internet . Son dernier roman «Chronique d’un château hanté » devrait paraître prochainement.folie-forcalqier.1200060240.jpg

 

Présentation de l’éditeur :
 » C’était un alignement de cinq cadavres dans un ordre parfait. A égale distance les uns des autres, les orteils dressés vers le ciel, les paletots reboutonnés, même s’il était patent qu’ils eussent subi quelque désordre, les mains ouvertes dans le prolongement des bras collés au corps, les yeux fermés et tous comme au garde-à-vous. On avait dû profiter de ce qu’ils étaient encore chauds pour procéder à cette mise en scène.  » Crime politique, affrontement entre bandits de grand chemin ou implacable vengeance ?

 

Le chant de la mission
C’est étonnant, mais j’ai découvert John le Carré, il y a peu, alors que son premier grand succès « l’espion qui venait du froid » date de 1963. Pourquoi cette ignorance ? Sans doute l’avais-je rangé dans la catégorie «romans d’espionnage » qui ne s’enorgueillit pas à mes yeux de compter dans ses rangs de nombreux SAS ou autres James Bond. John Le Carré est un véritable romancier ; ses personnages ont une épaisseur, une identité particulière qui dépasse largement le standard de l’agent secret tel qu’on l’imagine couramment : on y trouve une collection d’idéalistes, de faux cyniques, de ratés, de passionnés, de naïfs déniaisés qui sont tous terriblement attachant.

John Le Carré est l’auteur de la Guerre froide. Nul n’a, mieux que lui décrit les intrigues secrètes et sanglantes qui se tramaient des deux cotés du Mur.

Ses derniers romans (La patience du jardinier et le présent livre) parlent de l’Afrique, une Afrique jeune, multiple, pleine de vie mais théâtre des sombres manoeuvres des puissances occidentales et des multinationales.

Le chant de la mission se situe entre Londres et une île de la mer du Nord, bien loin du Kivu (Nord-Est du Congo) natal de Salvo, notre héros. C’est un livre qui passe par l’oreille, comme tout ce qui compte pour Salvo, interprète surdoué, attentif aux moindres intonations des interlocuteurs, et habile à transposer une maxime détournée, un mot d’esprit , ou une menace voilée, d’une de ces multiples langues d’Afrique centrale vers la plupart des langues européennes.

En une journée, cette conférence de conspirateurs hétéroclites s’imagine changer, à leur profit, le cours de l’histoire de cette région des grands lacs déjà bien martyrisée. Mais la vraie vie en décide autrement.

Un grand John Le carré !

Pour en savoir plus sur la situation au Kivu:

Le rapport de Human Rights Watch

 

Un accord de paix a été trouvé dans le conflit du Nord-Kivu
LEMONDE.FR | 21.01.08

© Le Monde.fr

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Présentation de l’éditeur
Fils naturel d’un missionnaire catholique irlandais et d’une villageoise congolaise, Bruno Salvador, alias Salvo, a gardé de son enfance africaine une passion immodérée pour les langues. Devenu interprète éminent, il est régulièrement sollicité par de grandes entreprises et des tribunaux, mais aussi par le Renseignement britannique. Envoyé sur une île perdue pour une mission d’interprétariat lors d’une conférence secrète entre des bailleurs de fonds occidentaux et des chefs de guerre rivaux dont l’objectif affiché est de rétablir l’ordre et la paix en République démocratique du Congo, il devient malgré lui le seul témoin des machinations cyniques qui s’ourdissent dans l’ombre pour dépouiller de ses richesses un pays déjà ravagé par la guerre. Or l’amour qu’il porte à Hannah, la belle infirmière congolaise, a rallumé en lui l’étincelle de la conscience africaine qui couvait sous l’éducation catholique rigide jadis reçue à l’école de la Mission. Le naïf Salvo saura-t-il s’affranchir des inhibitions qui le brident pour devenir le héros d’un noble et dangereux combat ?

3 commentaires sur “Livres : de la Provence … au Kivu

  1. Et bien , je ne sais toujours pas très bien que penser des blogs en général, mais celui du Clairon me dit que je vais peut-être trouver un intérêt à cette nouvelle façon de partager et de donner des informations privées et publiques.
    Bravo pour ces voeux pas comme les autres et pour ce rappel de 2007 .
    Bonne Année tout de même .
    Hanna

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  2. Je me documentais sur P Magnan et je suis tombée sur votre site , très intéressant.
    Connaissez-vous l’auteur de polar Régny ? Je n’ai rien trouvé de convaincant pour le moment. Merci

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