Baalbek: merveille du proche orient

En direction de la Syrie, à une heure à l’est de beyrouth s’étend la plaine de la Bekaa, vaste espace agricole entre le Mont Liban  et l’anti-liban . Baalbek y occupe au Nord une place centrale qui bénéficie de l’eau , dévalant des montagnes enneigées une bonne partie de l’année et du soleil (300 jours par an). Pour ce premier jour de 2010 nous avons profité des deux : la neige, dans le proche horizon et le soleil, à peine voilé dans la douceur d’une belle journée d’hiver.

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Au plus fort de la période romaine, Baalbek – aujourd’hui une pauvre bourgade de 85 000 habitants – regroupait, parait-il, près de 150 000 ressortissants avec un rayonnement dans tout le proche orient. Les phéniciens , ensuite les romains avaient tout fait pour donner un lustre exceptionnel à cette cité, particulièrement son acropole. Les 6 colonnes du temple de Jupiter en témoignent, du haut de leurs 22m, les plus hautes du monde, jadis composant un péristyle avec 48 autres.

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Le site des temples , sous des mètres de remblais durant des siècles, n’a jamais cessé d’attirer les visiteurs mais c’est seulement en 1898 qu’une mission archéologique allemande entreprit les premiers travaux de prospection et de restauration poursuivis après l’indépendance du pays en 1943 par la Direction Générale des Antiquités du Liban.

peristyle.1264151204.jpg C’est par le monumental escalier  des propylées dominées par 12 colonnes – il n’en reste que 4- supportant un puissant entablement . que nous abordons le site. Construite vers le milieu du IIIème siecle, cette entrée était flanquée à l’origine de deux tours latérales qui furent ensuite transformées en bastion militaire par les arabes, qui utilisèrent l’ensemble de l’aire sacrée comme forteresse.

Nous voici en compagnie d’un guide – francophone- qui s’est proposé, pour quelques dollars, de nous piloter parmi les ruines. Commencé dès le 1er siècle avant Jesus-christ, le chantier s’est étalé sur 4 siècles sans que l’ensemble des monuments  ne soit vraiment terminé, nous explique le guide. 30 000 esclaves ont travaillé continûment sur le site.

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Dans cet espace de temps, les religions qui inspiraient la conception des temples ont évolué : du culte phénicien de Baal, le dieu soleil, à celui de Jupiter d’Héliopolis élaboré par les grecs à partir de diverses divinités solaires inspirées de l’Egypte toute proche, c’est vraiment le culte romain qui fut à l’origine des plus grandioses constructions. Mais dès la conversion de Constantin, empereur romain du IVème siècle, au christianisme, les temples furent abandonnés voire démantelés , les matériaux servant à la construction d’une basilique chrétienne au dessus de la grande cour.

En contrebas des vestiges monumentaux du grand temple de Jupiter, on aperçoit le « petit » temple de Bacchus, remarquablement conservé. « Petit », c’est tout relatif puisqu’il ne mesure « que » 69 m par 36 soit tout de même plus que le Parthénon d’Athènes.

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Irés richement orné, le temple s’élève sur un podium de 5 m de haut. On y accède par un escalier monumental de 33 marches.

Et nous voilà tournant sous les colonnes et leur massifs plafond décorés, le regard en l’air, bouche bée devant ces merveilles.

Sur le chemin du retour, à l’exterieur de l’enceinte de l’acropole,  nous passons devant le petit temple de vénus à la forme circulaire originale, puis un petit crochet nous amène vers l’Odéon, élégant théatre, sans doute dédié aux spectacles lyriques.

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Une construction finalement plus humaine, à la différence des temples qui n’étaient pas ouverts au grand public et qui écrasaient par leur démesure les pauvres mortels venus assister aux sacrifices .

En retraversant cette ville qui ignore largement ces ruines, ce sont surtout les panneaux partout présents dans les rues, les images sanglantes de l’Achoura,  la commémoration chiite de la semaine dernière  qui nous frappent. Décidément le sacrifice n’a pas fini de hanter l’humanité.

2 commentaires sur “Baalbek: merveille du proche orient

  1. Bonjour Norbert,
    J’ai lu avec beaucoup d’interet ton « article » sur Baalbeck. Tu est tujours précis et concis et en plus tu choisis toujours des sujets magnifiques.
    Bravo !! Tu me donne vraiment envie de voyager. Mais, comment fais-tu à faire tous ces beaux voyages ?

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  2. Bonjour Michelangelo
    A L’origine nous ne sommes pas des grands voyageurs dans l’âme. Un rayon de quelques dizaines de km nous suffisent quelquefois pour satisfaire notre curiosité. Mais nous restons disponibles aux sollicitations, particulièrement celles de nos enfants dont certains ( pas tous ) ont la bougeotte. Ça nous permet d’arriver dans un pays avec un point de chute et un point de vue sur le pays.

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