Quelle année 2017 ?

Fait notable cette année, les experts, les sondeurs, les prospectivistes, tous ceux qui scrutent l’avenir du pays  sont bien silencieux quand il s’agit d’essayer de dessiner un scénario pour la France en 2017.

C’est vrai que les évènements de 2016 n’ont  pas redoré leur blason, à travers trois « surprises » : l’élection de Trump, le vote en faveur du Brexit et en France le succès de François Fillon. A chaque fois les meilleurs analystes se sont plantés.

Le champ est donc libre pour les voyantes, pour les amateurs de paris, pour les fanas de pronostics et de politique-fiction, ils peuvent sans complexe rivaliser dans leurs prédictions.

Et pourquoi pas le Clairon ? Essayons- nous à l’exercice, malgré l’avertissement de Pierre Dac : « La prévision est un art difficile. Surtout en ce qui concerne l’avenir … »

Alors 2017 ?

« Ça va mieux !»

Lorsque François Hollande a lancé la formule le 14 avril 2016, on se demandait si l’émission n’avait pas été enregistrée le 1Er avril et si le président ne s’était pas laissé aller à ses « blagounettes » qu’il affectionne.

Depuis, les données se confirment et se prolongent : une croissance anémique,  en dessous de la moyenne européenne, un chômage qui ne baisse- un peu- que par l’effet des entrées en formation. C’est le résultat – tout à fait prévisible- d’un choix en début de mandat : poursuivre à la fois la baisse des déficits en même temps qu’un transfert massif de charges des entreprises vers les ménages. De quoi tuer la dynamique de l’économie pour un bout de temps.

Même chose en 2017 ? Les propositions des candidats peuvent avoir un effet dès 2017. Pas forcément en bien. Quand on entend Fillon parler de « Blitzkrieg » (à voir absolument cette vidéo), on peut s’inquiéter!

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L’horizon s’est éclairci pour les présidentielles, mais l’incertitude reste forte.

Exit pour Sarkozy et Juppé, forfait pour Hollande. Mais le doute et l’incertitude règnent toujours en maîtres.

Qui sera au deuxième tour de la présidentielle ? Marine le Pen sans doute car son socle électoral reste solide. Pour les autres ? Qui en face ? Difficile à évaluer.

Une intuition personnelle : les candidats classiques  (« de gouvernement ») de droite et de gauche seront disqualifiés, comme on l’a vu en Autriche, en Espagne partiellement, en Italie  à travers Mateo Renzi, mais chacun pour des raisons particulières.

  • François Fillon va au-devant d’un fiasco, malgré ses bons résultats aux primaires qui ne rassemblait que le cœur de la droite traditionnelle. Son positionnement très droitier, son programme social et économique brutal lui aliènent l’électorat modéré. Dorénavant il devra se partager une base électorale commune avec le FN qui est mieux placé auprès des couches populaires.
  • Le candidat du PS, quel qu’il soit à la sortie des primaires, ne pourra effacer le bilan calamiteux de cinq ans de mandat Hollande.

Les candidats « hors parti » ont le vent en poupe :

  • melenchonJean-Luc Mélenchon prépare depuis deux ans une campagne en solitaire appuyé sur un mouvement qu’il a su agréger autant sur sa personne que sur des orientations. Il n’a pas vraiment de concurrent sur ce segment de la gauche de la gauche. Ce qui explique sans doute ses bons sondages. Mais pour figurer au second tour des présidentielle il lui faudrait bien plus.
  • 1212273_en-marche-macron-suscite-des-tensions-a-gauche-avec-son-mouvement-politique-web-tete-021824086406Emmanuel Macron s’est affirmé en quelques semaines comme un candidat majeur des prochaines échéances. La désignation d’un Fillon très droitier lui ouvre un boulevard auprès de la droite modérée, du centre (en l’absence probable de Bayrou) et d’une certaine gauche prête à suivre la ligne libérale déjà à l’œuvre sous Hollande. Son éventuel succès dépend essentiellement de ce qui se passera dans la campagne.
  • 220px-yannick_jadot_europe_ecologie_2009-06-03Yannick Jadot, désigné un peu par surprise dans la primaire des verts, pâtit de l’image ambigüe de son parti, à la fois dans le gouvernement puis dans une quasi-opposition. Il semble difficile pour le seul candidat de la société civile (notamment auprès de GreenPeace) de dépasser une position de témoignage.

Chacun d’entre nous se livre à ce petit jeu des prévisions qui tourne beaucoup autour du positionnement  et de la personnalité des candidats.francois-hollande-portrait C’est une des fonctions de l’élection présidentielle dans cette Vème république qui polarise une –trop- grande partie de la vie politique autour du locataire de l’Elysée. On va chercher le meilleur, le moins mauvais ou éviter le pire. Cela n’implique pas forcément une adhésion aux propositions (d’autant plus que l’expérience a montré la fragilité des promesses de campagne).

L’autre fonction d’une élection, c’est l’occasion pour le citoyen d’exprimer ses opinions, ses préoccupations, ses préférences. C’est du coté des programmes qu’il faut alors se tourner : Education, gestion des dépenses publiques, transition écologique, marché du travail, politique européenne, immigration, international. Le simple critère droite/gauche dans cet examen n’est plus suffisant puisque bien des sujets sont désormais transversaux. On assiste plutôt à un fractionnement des opinions qui rend les alliances, les compromis difficiles.

Alors se préparer à voter uniquement pour ses convictions, quitte à apporter son suffrage à un candidat qui ne se retrouvera pas au second tour, c’est tentant. Mais n’est-ce pas renoncer à participer à la désignation du futur président (ou à l’éviction du candidat indésirable) ? Il y a là matière à réflexion !

Alors, finalement, malgré le désenchantement ambiant, on va s’y intéresser à cette campagne présidentielle !

Rendez-vous les 23 avril et 7 mai 2017 pour évaluer les prévisions.

5 commentaires sur “Quelle année 2017 ?

  1. Mettons tout en œuvre pour faire triompher le candidat qui nous convient le mieux sans écouter les pessimistes qui disent que tout est joué!
    Que faire d’autre ??

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  2. Le vote utile, c’est faire durer encore plus longtemps le système à bout de souffle de la Vème république qui confisquera toujours la parole de ceux qui votent. Seule une vraie conviction peut amener le changement. Alors participer oui ! mais avec une conviction forte !

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  3. On peut être d’accord avec Martine et sans doute avec Malika. Le système de la Vème république et de l’élection du Président au suffrage universel (et l’absence de règle proportionnelle au parlement) bloque toute possibilité d’expression d’une politique alternative. Le paradoxe , c’est que pour pouvoir changer radicalement la constitution, il faudrait remporter l’élection présidentielle . Or pour remporter l’élection présidentielle , il faut rassembler une majorité d’électeurs, donc convaincre au-delà de son cercle de convaincus et conclure des alliances.

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  4. Jouons aux prévisions, puisque les sondages n’éclairent plus… Une des raisons étant qu’un grand nombre d’électeurs choisiront au dernier moment, au 1° comme au 2° tour, d’aller voter ou non, et pour qui.
    D’autre part, si le 1° tour sert à exprimer un choix et surtout à le réduire, c’est le 2° tour qui assure l’élection (merci M. de Lapalisse), là se fait la décision, et donc la possibilité d’une prévision sur la présidentielle.
    Or, parmi les candidats possibles vainqueurs du 1° tour proposés par les prévisions de notre cher Clairon (à ce qu’il me semble), à savoir Le Pen contre Macron, on se trouverait en présence de deux candidats à la capacité de rassemblement incertaine.
    Le FN a toujours eu du mal à ratisser les électeurs de droite entre les deux tours (alors qu’il a très bien siphonné des électeurs de gauche sur le long terme dès le 1° tour)… mais face à la perspective de l’élection d’un Hollande-bis (plus jeune et fougueux, mais la filiation est évidente), nombre d’électeurs de droite choisiraient (avec Fillon éliminé au 1° tour) d’éliminer Macron au 2° et de donner sa chance à MLP.
    A contrario, Macron, dont la perspective de rassemblement dans un face à face avec le FN devrait théoriquement être plus forte (l’ex Front républicain), pourrait en réalité avoir du mal à rassembler au-delà de son score de 1° tour. Il pourrait récupérer les débris de l’électorat socialiste fidèle porté sur un Valls ou Peillon, mais guère plus.
    En fait un second tour Le Pen / Macron est envisageable, mais son issue me semble aujourd’hui très incertaine: tout se jouerait entre les 2 tours, et sans qu’aucune logique de désistement / report n’assure a priori le résultat final.
    Comme dirait le calamiteux président Hollande, pas mauvais commentateur en revanche, il est des moments où tout peut arriver.

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  5. Voter ou ne pas voter justement…
    Pour arrêter de voter contre, arrêter de donner ma caution à des individus qui n’ont aucune éthique, aucun scrupule, rien dans leurs actions qui permettra de changer la vie de millions d’individus. Toujours la même misère, la même violence faite aux mêmes, la même exclusion, le fric pour drapeau et aucune empathie. Donc ça suffit, on fera autrement pour changer et vivre nos utopies enfin, ça changera !

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