Mélenchon, premier ministre à défaut de président ?

Tout le monde est d’accord, il a fait une campagne efficace, gagnant 5à 6 % dans les derniers jours, prenant à la fois sur les autres listes de gauche (vote utile) et sur les abstentionnistes. Mais il lui a manqué moins de 500 000 voix pour figurer au 2ème tour. Mélenchon aurait pu se lamenter comme en 2017, accuser les autres mais le leader a une meilleure idée : Inventer un 3ème tour de la présidentielle avec les législatives du 12 et 19 juin.

L’idée c’est qu’on pourrait avoir une majorité d’opposition à l’assemblée qui forcerait le (ou la) président (e) à nommer un premier ministre de gauche (Mélenchon par exemple). Ça s’appelle la cohabitation, comme Balladur en 1986, comme Chirac en 1993 sous la présidence Mitterrand ou Jospin en 1997 sous la présidence Chirac.

Première remarque : Ces cohabitations ont été permises par une déconnexion entre la présidentielle (qui intervenait alors au bout de 7 ans) et les législatives (au bout de 5 ans). Depuis la réforme du 2 octobre 2000, les législatives et la présidentielle ont la même fréquence (5 ans) et les législatives sont organisées dans la foulée de la présidentielle. Elles ont donnée systématiquement un avantage – et un avantage important – au camp du vainqueur de la présidentielle. On pourrait espérer un miracle mais l’histoire récente n’est pas favorable à une hypothèse de victoire de l’opposition.

Deuxième remarque : Les élections législatives se font localement sur des noms dans 560 circonscriptions qui sont autant de terrains différents. En 2017, les listes Macron, avec le renfort du Modem avaient raflé la mise avec 350 élus, le Parti Socialise, majoritaire sur la période 2012-2017, n’obtenait que 30 sièges. La France insoumise comptait 17 élus, le Parti communiste français 11 et le Front national 8. Les négociations à gauche avaient été compliquées, les insoumis ne s’engageant vraiment qu’avec le PCF (qui faisaient candidature présidentielle commune avec Mélechon). Le PS avait offert des possibilités aux écologistes d’EELV, sans succès, vu que beaucoup de ses sortant étaient passés chez Macron. EELV n’a finalement eu aucun député.

Cette fois-ci la France Insoumise forte de son succès national, veut dicter ses conditions : les -rares candidats choisis dans la gauche écologique et sociale – devraient adhérer à un programme inspiré de l’Avenir en Commun (le mantra des insoumis), ils devraient respecter une discipline de vote une fois à l’assemblée et devraient présenter des excuses publiques pour avoir dit du mal de Mélenchon (!). Et de toute façon le Parti Socialiste en est exclu -définitivement, a précisé Mathilde Pannot, la chef du groupe insoumis à l’assemblée. Une manière étrange de vouloir rassembler la gauche écologique et sociale. Bref : tous derrière l’étendard des insoumis, je veux voir qu’une tête.  

Troisième remarque : Dans ses déclarations, Mélenchon nous appelle à l’élire premier ministre. Le coup politique a peu de chance de succès. Mais d’un seul coup, il se présente comme seul recours, face à un Macron ou même à une Le Pen élue présidente, (apparemment, l’un ou l’une, c’est un détail pour lui), il a la prétention de dominer, à lui tout seul, tout l’éventail de la gauche. Oubliés les 50% de ses voix qui ont voté utile mais qui auraient préféré voter écologiste, communiste, ou social-démocrate. Le rouleau compresseur insoumis est en marche.

Alors, assez des calculs foireux de Mélenchon ! Votons pour des candidats que nous choisissons selon nos convictions. Et agissons pour une recomposition de la gauche qui soit respectueuse de chacun. La gauche n’est pas morte, quand on regarde au-delà de nos frontières, en Allemagne, en Espagne, au Portugal, en Suède, au Danemark, en Norvège, en Finlande, souvent dans des coalitions particulières.

Mais pour l’instant, ne sautons pas les étapes. Dimanche faisons barrage à Le Pen , éloignons ce danger mortifère pour notre démocratie, notre état de droit. Pas d’autre choix efficace que :

VOTEZ MACRON !

2 commentaires sur “Mélenchon, premier ministre à défaut de président ?

  1. Quand j’ai entendu cet appel ce matin, j’ai bien ri. Présenter des excuses pour avoir dit du mal de Mélenchon? Cela cadre tout à fait avec l’idée que je me fais du bonhomme. Il se gonfle d’une importance qu’il n’a pas, on ne peut qu’imaginer ce que cela aurait donné s’il avait été élu président ! Pour ce qui est des législatives, nous avons maintenant des élus qui représentent les Français de l’étranger (que l’on menace dailleurs régulièrement de supprimer). Je voterai pour celui qui correspondra le mieux à mes besoins et à mes idées. Décidément, la gauche est bien mal en point si seul Mélenchon en est la figure de proue. Je ne pense pas qu’il sera premier ministre, déja que Castex est assez pittoresque tout en étant un peu pitoyable, alors Mélanchon ! Comme on dit en anglais, « give me a break! » (ce qui veut dire quelque chose du genre « n’importe quoi » ou « faut pas pousser’).

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