Beaufortain : la montagne préservée.

Notre périple estival nous a fait découvrir les alpes savoyardes en été. En effet, à part quelques souvenirs de vacances de ski où toutes les stations ont tendance à se ressembler, c’est vraiment en été que la montagne nous donne à voir sa vraie nature. C’est débarrassée de son manteau neigeux, qu’elle montre ses plaies, son bétonnage, ses constructions envahissantes, ses pentes remodelées pour les remontées mécaniques. Peu de sites y échappent.

Rien de tel dans le Beaufortain.cormet roselend wGrands espaces en altitude ( ici au Cormet de Roselend ). Les alpages et les sommets restent préservés, à part une station, Arêches, qui reste à dimension humaine, et dont l’extension demeure contenue. Il existait bien un projet d’annexion des pentes de la Pointe de la Grande Journée au domaine skiable d’Arêches , retiré finalement devant les oppositions unanimes .

Alors , quel est le secret du Beaufortain et de ces habitants attachés à préserver leur cadre naturel ? Il faut revenir un peu en arrière, dans la seconde moitié du XXeme siècle lorsque les territoires alpins accédaient à la modernité.

L’élevage traditionnel et notamment l’exploitation des alpages ont alors failli disparaître. De tout temps, les éleveurs des vallées montaient leurs troupeaux dès le mois de juin dans les prairies d’altitude. Les vaches, essentiellement des Tarines (ci-dessous) et quelques Montbéliardes, quittaient ainsi leurs sombres étables de la vallée pour gagner les hauteurs de 1000 à 2600 m.Dans ces pâtures sans fin elles se goinfraient des graminées abondantes (les fétuques, les avoines de montagne, les paturins, les dactyles…) et de mille fleurs qui donnaient une saveur incomparable à leur lait : les scabieuses, potentilles, pissenlits, salsifis des prés, renoncules, violettes, géraniums, trèfle des montagnes (ci-dessous), lupins, sainfoin, luzerne…Les bergers installés dans des chalets sommairement aménagés, transformaient quotidiennement le lait trait manuellement en meules de Beaufort, ce fromage à pâte cuite si typique de ces montagnes.P1030347 Seulement voilà ! On commençait à peiner à trouver des bergers prêts à mener une vie de forçat pendant quatre mois : conduire les troupeaux vers les pâtures, les ramener pour la traite qui durait des heures, mettre en route les fromages, commencer la maturation des meules, entretenir les prés. Et puis les conditions d’hygiène dans ces ateliers fromagers improvisés laissaient largement à désirer, les produits étaient difficilement commercialisables en dehors d’un débouché local.

On ne pouvait pas continuer ainsi. Le débat fut vif à la Coopérative de Beaufort entre les tenants d’une modernisation sans état d’âme (on travaille le fromage dans une laiterie centrale dans la vallée avec du lait pasteurisé – à terme c’est l’abandon des alpages) et ceux qui voulaient mettre la tradition au goût du jour.

Si les alpages furent sauvés, c’est grâce à une coopération fructueuse avec l’INRA, précisément avec Gérard Grosclaude spécialiste de la production laitière.

Désormais les salles de traite mécanisées et mobiles suivent les déplacements des troupeaux. Le lait est récolté deux fois par jour par des véhicules tout terrain qui n’ont pas peur des mauvaises pistes. Le lait est descendu dans la vallée pour donner les fameuses meules à talon concave qui bénéficient depuis 1968 d’une appellation d’origine contrôlée. Les alpages ont échappé ainsi à l’ensauvagement et à l’envahissement par les broussailles et la forêt. Les bergers ne sont plus totalement isolés et circulent en 4X4 sur les pistes accompagnés de leurs indispensables chiens.alpagisteMais revenons à ces années d’après-guerre. L’histoire de l’hydroélectricité en Beaufortain remonte à la fin du 19e siècle, époque à laquelle les alpes se lancent dans l’exploitation de la « houille blanche » (utilisation de l’énergie produite par les chutes d’eau). Ce sont d’abord des petits barrages qui sont aménagés sur des chutes moyennes et permettent de produire de l’hydroélectricité. Dans les vallées, l’électrométallurgie, l’électrochimie se développent et emploient de nombreux salariés, souvent des doubles actifs de l’agriculture.

Mais dans les années 1950 on passe à la vitesse supérieure.roselend-construction-05

En barrant la gorge de Tines avec un immense barrage, EDF prévoit de remplir la cuvette de Roselend, un village d’alpage qui sera finalement englouti et de créer ainsi un des plus grands réservoirs à destination hydroélectrique d’Europe. Une dizaine de torrents sont aménagés ou détournés pour alimenter la réserve. Les conduites forcées amènent ensuite l’eau vers la centrale de La Bathie , 1500 m plus bas, au bord de l’Isère.barrage roselend w

Le dispositif permet de produire 550 MégaWatt (bientôt 600 après une modernisation des groupes) – autant qu’une centrale nucléaire ! Et la puissance maximum est atteinte en 4 minutes ! Cet immense chantier a dominé la vie économique de la région pendant presque 10ans, entraînant également d’autres activités en cascade.

Alors c’est peut-être dans cette histoire récente que réside le secret du Beaufortain. Ce territoire rude, difficile, a su exploiter ses ressources naturelles en adaptant ses productions traditionnelles agricoles, en coopérant à un aménagement hydroélectrique sans équivalent dans les alpes. C’est peut-être ce qui explique la préservation d’une nature belle et généreuse à travers un développement qui a su éviter les impasses du tourisme de masse.

Petit guide de l’amateur de Beaufort

Evidemment,  le meilleur c’est le Beaufort d’été, celui qui profite à plein de la variété de l’alimentation dans les alpages. On en trouve dans les bonnes fromageries et même chez nous au rayon coupe de Leclerc. Rajouter au calendrier le temps de l’affinage: au moins 5 mois pour obtenir l’AOC. Mais un Beaufort de 12 mois c’est encore meilleur !

Photo Nature

Nous avons passé le week-end dernier dans le Jura pour un stage photo Nature organisé par notre club photo. Tout d’abord une journée autour du lac de Lamourra (un lac glaciaire à deux pas de la station des Rousses dans le Jura)  pour s’assurer des bases de la photo paysages et nature. Le coeur d’une photo paysage (outre le cadrage et les paramètres d’exposition) c’est l’analyse des zones de lumière, souvent en contraste violent : entre un  ciel d’été et le versant nord de la coline plantée de conifères quasi-noirs, comment éviter le traditionnel ciel blanc-cramé (ci-dessous à gauche) que nous restituent souvent les boitiers numériques. Fabien, notre photographe nous conseille une sous-exposition constante et l’utilisation éventuelle d’un filtre (avec un filtre gris dégradé neutre ci-dessous à droite).Avec un peu de patience et une éclaircie dans les nuages, on règle la vitesse au 1/250 avec le filtre bloqué sur le ciel et le tour est joué !

Fabien Bruggman est photographe animalier  depuis 20ans. Un peu de technique, beaucoup de matériel, mais surtout une expérience pratique  vécue et l’envie de partager son amour de la nature, sans aucune condescendance pour les débutants. C’est un bon ! Voir son site !

Le dimanche est prévu pour aller à la rencontre des animaux, précisément voir des chamois et les saisir dans leur environnement sans les déranger. Les sites sont connus des habitués. C’est au Bourg de Sirod que nous allons centrer nos recherches. Tout à coté les pertes de l’Ain ( un parcours souterrain de la rivière à travers un chaos de quelques centaines de mètres) attirent de nombreux visiteurs au-dessus des cascades et des abimes.Mais beaucoup de touristes ignorent qu’une harde de chamois est installée sur les hauteurs voisines que notre groupe rejoint vers les dix heures du matin. Nous parcourons les clairières successives de ce qui fut au XVIème siècle une forteresse imprenable, mais de chamois pas une trace ! Le soleil déjà haut les a amenés à se replier dans la fraîcheur des pentes boisées. La petite troupe du club se sépare et nous voilà partis sur un circuit de randonnée.

Mais tout n’est pas perdu. Le reste du groupe trouve en descendant de la compagnie : un solitaire, nullement effarouché, se prête de bonne grâce au rôle de modèle.

Le soir, après la dispersion du groupe,  nous décidons de persévérer le lendemain matin . Lever 5h15 pour être sur place à 6h. Un amoureux de la nature est déjà sur le parking et nous attend pour ne pas  déranger les chamois avant notre passage.

Nous mettons en oeuvre les conseils de Fabien. Etre toujours prêt : mode AV (priorité ouverture pour avoir toute la profondeur de champ souhaitée), réglage à 3200 iso dans la lumière bien faible du petit matin (je passerai à 800 iso vers 7h puis à 100 iso en plein soleil vers 8h30) et nous commençons à suivre la falaise.

Ils sont là et broutent sans se soucier de nous. Les pentes abruptes sont leur vrai refuge. C’est là qu’ils sont à l’abri de leur seul prédateur, le lynx, mal à l’aise dans les falaises, sans compter l’homme:

chaque année les sociétés de chasse accordent quelques « bracelets » soit autant d’autorisations de tuer aux fins d’un soi-disant équilibre des populations

Nous montons sur la crête et ils sont toujours là en contrebas maintenant, toujours à l’ombre. Notre premier accompagnateur s’éclipse discrètement en nous donnant des conseils de promenade.

Il est remplacé par un deuxième passionné, long téléobjectif, disert, ancien DRH qui a donné des noms à toute la harde et décèle les problèmes psychologiques des individus. « Micheline n’a qu’une seule corne, elle est plutôt rejetée par les autres ». Ces deux-là viennent tous les jours et savent tout des habitudes des animaux.

Un chamois fait un petit tour dans la prairie de l’autre côté du chemin…que nous croiserons à 4-5 mètres sur le chemin au retour. Etre toujours prêt : avec l’appareil bien réglé en bandouillère, pas de vraie difficulté pour avoir une photo à peu près nette ; pour le cadrage, c’est une autre affaire !

Les chamois sont si calmes que Norbert pense pouvoir sortir Wiki sans problème : ils nous avaient tolérés sans crainte mais la vue du chien les fait instantanément prendre de la hauteur d’un bond prudent. Je les retrouve au sommet de la crête en plein soleil…pour les voir s’éloigner paisiblement dans la forêt sur la face est.

Il est 9h. Toujours prêt et patient pendant 3 heures, c’est fatiguant mais tellement agréable.

 

Un écureuil roux dans notre cyprès


Chaque matin entre 7h et 8h30 l’écureuil roux nous invite à son petit déjeuner de cônes de cyprès.

Un petit bruit de grignotage, des débris qu’il jette, une tache rousse suffisent pour le localiser  dans les 10m de hauteur du cyprès  et l’observation peut commencer. Où se placer ? A un mètre de notre terrasse (c’est trop près, on pourrait l’effrayer), ou à 7-8 m à la fenêtre chez Andréas (c’est mieux – avec un zoom de 300mm et beaucoup de patience).

Quelle idée l’a décidé à installer ses quartiers dans ce conifère si proche de la maison, de ses activités humaines et des animaux – chien, chat – qui peuvent le déranger ou même l’attaquer ? En l’observant on comprend vite : le cyprès, lourdement chargé de ses fruits – des cônes sphériques qui renferment les précieuses graines –  est avant tout son garde-manger.

Il se saisit d’un cône  entre ses deux pattes avant et il commence la dégustation écaille après écaille à la recherche des graines. Quand il ne reste que le trognon, il le jette et part vite à la recherche d’un autre cône, parfois juste à côté, parfois plus haut ou plus bas en se faufilant entre les branches.

Son agilité est étonnante. Une longue queue « en panache » lui sert de balancier et de gouvernail lorsqu’il grimpe . Son adaptation au milieu est parfaite : squelette léger, longues griffes, il étale la queue et écarte les membres quand il saute. Le cyprès est à 60 cm du bord du toit , un rien à franchir pour notre acrobate.
A-t-il construit sa « hotte ,» (son nid)  dans le cyprès ou bien sous le toit ? Mystère ! Pour étancher sa soif, nous avons placé une petite réserve d’eau à côté du cyprès, mais bien rusé celui qui le verra en train de boire.

L’écureuil est aussi un bon nageur. Nous l’avons vérifié sur les iles du Rhône près de Condrieu (l’île au Beurre). Un peu loin, le sujet, pour le zoom de notre petit appareil photo compact.


Les écureuils roux sont en voie de disparition, victimes de la route et remplacés par les écureuils gris venus d’Amérique du Nord devenu invasifs parce plus gros et plus forts et plus résistants aux maladies. Ils ont pratiquement disparu en Angleterre.

Alors, nous sommes particulièrement attentifs à ce nouveau voisin si sympathique. Mais il a déjà terminé son repas et nous dit au revoir en disparaissant dans l’épaisseur du feuillage.

La flore des Pyrénées

Juillet sur les sommets en altitude, c’est l’exubérance florale dans les pelouses, au coin des rochers, sur les vires, entre deux falaises, pour des plantes qui passent le reste de l’année à résister au froid, à  la neige, au vent.

Ainsi, le Rhododendron, commun dans nos jardins, se fait rampant et discret  sur les hauteurs;  il se rattrape par la profusion éclatante de ses fleurs.

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Les fleurs d’altitude sont le plus souvent dotées de couleur vives, ce qui constitue un atout majeur dans un milieu où elles sont parfois très espacées.

flore-aconit.1252309580.jpg C’est que la concurrence est rude dans un milieu où toutes les plantes ou presque doivent se reproduire sur un même laps de temps très court. Il s’agit d’attirer les abeilles, les bourdons, les mouches, les papillons pour la pollinisation.

Le bleu est sans doute la couleur la plus remarquable en altitude comme cet aconit  (magnifique mais la plus toxique des plantes dans les alpages) qui dresse sa grappe de corolles d’un bleu intense, à la limite du violet . Les anthocyanes , ces pigments végétaux qui donnent les couleurs du rouge au violet se développent d’autant plus que le rayonnement ultra-violet est intense, ce qui est le cas des zones d’altitude.

Certaines fleurs ne se trouvent que dans les pyrénées .

flore-04p7160071.1252329837.jpgSur les plateaux d’altitude, le genêt hérisson, Echinospartum horridum, s’installe sur les zones exposées au soleil et à la sécheresse. Son développement horizontal en coussinets  plus ou moins bombés, hérissés de pointes acérées, est caractéristique. Il peut ainsi couvrir d’immenses étendues fleuries de juin à août.

flore-05p7220066.1252331593.jpg On l’appelle à tort colchique des pyrénées ou safran des pyrénées. Cette discrète fleur rose, solitaire , acaule (sans tige) est  une mérendera pyrenaica (faux bulbocodium). Les feuilles sorties en rosette au printemps disparaissent avant la floraison au début de l’été.

Mais la vedette des prairies pyrénéennes c’est sans conteste l’iris des pyrénées.

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Des prairies ponctués de ces riches corolles teintées de bleu, jusqu’au jaune d’or en son centre, nous en avons trouvées surtout du coté espagnol, sous le Monte Perdido. Acclimaté dans nos jardins comme plante ornementale, il ne pousse à l’état sauvage que dans les pyrénées. C’est là qu’il prend tout son éclat ! 

Couleurs d’automne

Dernières minutes avant l’heure d’hiver

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ampelopsis.1225097179.jpg Feuilles qui tombent

Tiges nues

Racines frileuses

 ombres.1225094866.jpg

sous-bois.1225176554.jpg Lumières rasantes

Ombres si longues

Couleurs vivantes, rouge, rose, jaune, vert

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Automne si gai quand il fait gai

Automne si triste quand il fait triste

 

 

rosier.1225097372.jpg Dernières rosesdahlia.1225095499.jpg

Dahlias flamboyants

Maïs séchés

Premières pousses vertes du blé tendre

 

vaches-rouges.1225095607.jpg Et les vaches, les blanches, les rouges, paisibles

Les corbeaux noirs chamailleurs et croassants

Les moutons blancs, les ânes et les chevaux curieux

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A l’heure d’hiver demain la rosée se fera givre

Les arbres laisseront voir la charpente de leurs branches vides

Et les corbeaux affamés se laisseront approcher

Danièle

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Semis de blé vers la Caronnerie

Ci-dessous: l’heure de gloire du modeste fusain d’Europe, Euonymus Europaeus

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Le maïs encore sur pied a fait le bonheur des osieaux.

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Du soleil dans l’arrière-saison et les poires se prennent des taches de rousseur …

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Les bourdons s’attardent sur les dernières fleurs de Fatsias.

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