Salut les reconfinés – 4-

Vous avez remarqué : le sous-titre du Clairon n’a pas bougé : Salut les reconfinés ! Malgré les « allègements » des contraintes du mois de décembre, l’impression demeure qu’on n’a pas quitté le confinement et que ça risque de durer.

Bonne année 2021 … la santé surtout !

Il est de tradition qu’au moment du passage vers la nouvelle année, on tourne le regard vers celle qui s’achève. Tous les médias y consacrent analyses, récapitulatifs, et bilans circonstanciés.

Mais Le Clairon ne cédera pas cette année à cet exercice obligé. Personne n’a vraiment le cœur à revisiter cette annus horribilis.

Bye bye 2020 ! et sans regret, on tourne la page.

Regardons vers les mois qui viennent. Quand retrouverons-nous une vie normale ? Les efforts collectifs vont d’abord se concentrer sur les moyens qui visent à maîtriser l’épidémie, puis à ceux qui permettent d’espérer en finir avec la Covid

La maîtrise de l’épidémie

Les premiers jours de janvier seront décisifs. Si les cas positifs passent au-dessus des 15000 quotidiens, ce qui n’est pas exclu après les regroupements des fêtes de fin d’année, des nouvelles mesures seront prises. Le ministre Véran annonce un couvre-feu anticipé à partir du 2 janvier. Il faut s’attendre à l’avenir à un reconfinement dont les modalités ne seront peut-être pas celles du précédent. S’y rajoute la menace du virus mutant qui circule sans doute déjà dans la population française et qui serait plus contagieux, même si aucune étude n’est venue confirmer pour l’instant l’alerte des autorités britanniques.

Les campagnes de tests

On attend les résultats des opérations massives de test au Havre, à Charleville Mézières et dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Quelle proportion d’habitants a profité de l’opération ? Quel effet sur la progression du virus ?

Les exemples de la Slovaquie et de la métropole de Liverpool  ne sont pas encourageants. Ils ont montré que le recul de l’épidémie est très provisoire et que les contaminations ne tardent pas à remonter en flèche.
Ces tentatives butent toutes sur les mêmes difficultés : Comment toucher toutes les populations ? comment isoler efficacement les cas positifs ?

Bref les premiers mois de l’année risquent de ressembler beaucoup aux derniers mois de 2020, en passant de confinement en allégement relatif. Il n’y a pas de raisons que l’épidémie ralentisse. Les théories – qui se sont avérées fumeuses- des immunités (croisées, sous-jacentes et autres) n’ont pas survécu à la réalité des faits. Il y aura hélas ! d’autres vagues.  Et les autorités n’auront d’autre choix que de tout faire pour éviter la surcharge, voire la paralysie des services hospitaliers. Sauf si la vaccination change la donne.

La vaccination

Dans cette situation la vaccination poursuit plusieurs objectifs :

  • Dans un premier temps en protégeant les plus fragiles (le quatrième âge en EHPAD, les patients présentant des comorbidités), elle devrait freiner drastiquement les entrées en réanimation. Resteraient des cas isolés qui, en fonction de particularités individuelles, présenteraient des formes graves de la maladie. Le virus pourrait continuer à circuler dans le reste de la population sans poser de grave problème pour les systèmes de santé.
  • Dans un second temps, lorsqu’une partie importante de la population sera soit immunisée (cas positifs) soit vaccinée, la circulation du virus devrait s’éteindre d’elle-même. Mais à partir de quelle proportion de la population, et à quel moment pouvons-nous l’espérer ?

C’est là qu’intervient la stratégie vaccinale de chaque pays.

  • Aux USA la vaccination est avancée comme une arme de destruction massive de la pandémie : «Nous aurons vacciné 100 millions de personnes à la fin du premier trimestre de 2021, avec deux doses de vaccins», a annoncé Moncef Slaoui, le «monsieur vaccin» de la Maison blanche. Pour atteindre l’immunité collective, 70% à 80% de la population, qui compte 328 millions d’habitants, doit être selon lui vaccinée.
  • Le Royaume Uni a commencé le 8 décembre avant tout le monde dans 1000 centres de vaccination. Tous les groupes à risque devraient être vaccinés avant la fin du premier trimestre
  • En Allemagne, tout est prévu dans 440 méga-entres de vaccination

. Le gouvernement allemand table sur la livraison de 11 à 13 millions de doses de vaccin (qui doit être injectées par des médecins et personnels de santé volontaires en deux fois) d’ici la fin du premier trimestre 2021 pour les publics prioritaires. Parmi eux, les plus de 80 ans n’auront pas à se déplacer au centre de vaccination mais des équipes mobiles se rendront directement à leur domicile et dans les maisons de retraite.  

Une campagne de sensibilisation va être lancée. Les deux tiers des Allemands veulent se faire vacciner mais une partie d’entre eux préfère attendre un peu.

  • En France le plan de vaccination diffère peu de celui de ses voisins. C’est du côté de l’organisation, que les choses sont encore dans le flou.
    Un début de campagne au compte-gouttes ! En deux jours, les 27 et 28 décembre, ce sont moins de 100 résidents d’Ehpad et soignants qui ont été vaccinés contre le Covid-19.

Invité d’Europe Soir lundi, le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale anti Covid-19, pointe qu’il « ne faut pas se précipiter » pour vacciner le plus de personnes possible. La lenteur de la stratégie vaccinale française « donne le temps de faire les choses bien en termes de sécurité, d’efficacité, d’organisation et d’éthique avec le consentement ».

 Pour rappel, la France est le seul pays à demander un consentement par écrit avant l’injection. Et de prévoir systématiquement une visite préalable chez son médecin. A priori les « vaccinodromes », mauvais souvenir de la grippe A de 2009,  sont exclus. Les médecins généralistes sont réintégrés au centre du jeu. Mais sauront-ils faire face à cet enjeu considérable ? Avec une cible de un million de vaccins fin janvier et 15 millions fin mars, est-ce réalisable dans les seuls cabinets des médecins généralistes ?
En comparaison de certains de nos voisins, comme la Grande-Bretagne qui comptabilise déjà 800.000 injections, la « lenteur à la française » semble être l’exception. Est-ce le bon choix ?

Les autorités donnent l’impression de marcher sur des œufs, tant la prudence l’emporte dans cette opération de vaccination dont l’objectif ultime devrait tout de même concerner 30 à 45 millions de nos concitoyens si l’on veut atteindre l’immunité collective. A ce rythme on se demande quand il sera atteint : en 2022 ? Plus tard ?

On invoque la réticence des français à accepter ce vaccin. Actuellement ils seraient 60% à refuser la perspective de la vaccination. Mais la situation risque d’évoluer radicalement devant les bons résultats des vaccins, la rareté des effets indésirables et la tranquillité qu’ils introduisent devant la progression de l’épidémie. On peut penser que ceux qui annoncent aujourd’hui un refus,seront les mêmes dans quelques semaines qui réclameront l’injection pour eux dans les meilleurs délais. Ils critiqueront alors vivement les autorités pour le retard français. Autant de semaines, de mois perdus qui nous éloignent d’une vie sans Covid !

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