Contrat de travail : quel avenir pour la rupture à l’amiable ?


Avec l’accord interprofessionnel signé, ce lundi 21 janvier, par 4 confédérations syndicales, on a beaucoup parlé de rupture négociée (conventionnelle) du contrat de travail, présentée comme une nouveauté introduite dans les relations sociales dans l’entreprise.

Effectivement le code du travail ne connaît – en gros- que deux situations qui mènent à la rupture du contrat de travail : le licenciement (à motif économique ou personnel) ou la démission. Dans cette vision en noir et blanc, le droit du travail a construit des protections pour le salarié afin de tenir compte de la situation déséquilibrée du contrat :

-le licenciement du salarié en CDI est à l’initiative de l’employeur. Il doit respecter une procédure. Il doit intervenir pour une cause réelle et sérieuse. Il doit prévoir une indemnisation du salarié qui touchera par la suite des allocations chômage.

-La démission est à l’initiative du salarié. Elle est soumise à un préavis. Le droit du travail s’attache à garantir l’expression de la libre volonté du salarié. La démission ne se présume pas, elle doit être exprimée par écrit de manière explicite. Le salarié démissionnaire ne peut prétendre ni à indemnités, ni à allocations de chômage.

Mais tous les observateurs des relations sociales savent bien qu’une partie importante des situations échappent à ces deux modèles (le blanc et le noir) et constituent une vaste zone grise dans laquelle la volonté de l’employeur et celle du salarié interfèrent et s’entremêlent.

Premier zone grise : La rupture négociée

Bien avant la mise en place des nouvelles règles, la rupture négocié était une réalité ; elle avait même pris une dimension de plus en plus importante dans les entreprises, particulièrement chez les cadres.. Déjà dans les années 80, une étude effectuée par l’ANDCP avait fait ressortir que plus de 80 % des ruptures de contrat de travail des cadres donnaient lieu à transaction. Et le phénomène n’avait fait que s’amplifier.

code-travail.1200937769.jpgLa rupture négociée n’était pas prévue dans le code du travail. On superposait donc une procédure de licenciement classique à une transaction qui, elle, relève du Code Civil, au même titre que tout contrat entre deux personnes privées. La transaction ne pouvait intervenir qu’après la notification du licenciement, ce qui ne crée pas les conditions d’une négociation sereine puisque des engagements oraux au moment du licenciement pouvaient ensuite être contredits dans la transaction finale. A moins de la postdater… Bref, c’était un peu du bricolage.

Cette procédure assez aléatoire, a fait les beaux jours des juristes des RH ; elle n’a jamais prémuni contre les recours contentieux ultérieurs.

assedic.1200937863.jpgDu coté des ASSEDIC, subsistait toujours le danger – théorique la plupart du temps- que la transaction puisse apparaître comme un départ volontaire, une « démission » qui exclue du bénéfice des allocations.

Deuxième zone grise : les travailleurs «agés»,

Arrivés à un certain age, les salariés peuvent espérer, en cas de chômage, faire la continuité avec la retraite, en bénéficiant d’une dispense de recherche d’emploi. Les services RH (des grandes entreprises souvent) connaissent la chanson et n’ont pas de mal à convaincre un salarié fatigué, plus trop motivé par les maigres perspectives offertes dans l’entreprise, d’accepter un licenciement individuel pour faute, insuffisance ou inaptitude, avec éventuellement des indemnités supérieures (chèque-valise). Bref, des préretraites déguisées mais … au frais des ASSEDIC et de ceux qui y cotisent.

Troisième zone grise : les démissions.

Beaucoup de démissions ne sont pas l’expression de la libre volonté du salarié. L’employeur peut souhaiter se séparer d’un salarié sans prendre les risques (judiciaires ou sociaux) ni supporter les frais du licenciement. Dès lors, il est assez fréquent d’assister à la mise en place d’un système de pressions (changements de poste, de lieu de travail, d’horaires, pratique de harcèlement, « placardisation ») qui a pour but de faire craquer le salarié qui va finalement signer contre son gré sa lettre de démission.

demission.1200939895.jpgDans d’autres cas, c’est le salarié qui souhaite partir (Projet personnel, reconversion ou changement d’entreprise), mais sans pour autant renoncer à la possibilité de percevoir une indemnité de licenciement et les allocations de chômage. Si l’entreprise a une perspective de restructuration, de plan social, il est toujours possible de négocier un licenciement. Mais dans bien des cas l’employeur ne manifeste ni la volonté ni l’intérêt pour s’engager dans une telle procédure. Les salariés sont contraints de démissionner, à défaut de se faire licencier. On voit même des salariés rechercher systématiquement la faute pour se faire virer ou carrément abandonner leur poste dans l’attente de se faire licencier. Dans ce cas de figure, la jurisprudence considère que l’employeur ne peut prendre acte de la démission du salarié : il lui appartient de le licencier. Le salarié disposant d’une lettre de licenciement pourrait alors percevoir une allocation. Pour faire barrage à toute ambiguïté, les sénateurs ont adopté le 10 janvier dernier, contre l’avis du gouvernement, un amendement proposant donc de qualifier en démission, et non plus en licenciement, l’abandon du poste de travail. Disposition qui sera examinée par l’assemblée.

Ces trois zones grises sont concernées par l’accord interprofessionnel

Les nouvelles dispositions

thibault-bertrand.1200938038.jpgElles prévoient la possibilité d’une rupture par consentement des deux parties. Les garanties apportées ont permis la signature syndicale (à l’exception de la CGT qui jugeait l’ensemble des dispositions déséquilibré aux dépens de la sécurisation des parcours professionnels) :

–Strict volontariat de la démarche;
–Assistance du salarié par le délégué syndical ou un conseiller du salarié;
–Libre négociation au-delà de l’indemnité minimale fixée à 1/5 de mois par année d’ancienneté ( c’est-à-dire le niveau de l’indemnité légale en matière de licenciement économique)
–En cas d’accord, délai de rétractation possible de 15 jours;
–Si l’accord est confirmé, homologation sous 15 jours par la Direction départementale du travail.

-Droit à l’assurance-chômage.

Alors on peut espérer que cet accord amène plus de clarté, plus de sécurité pour les deux parties afin de réduire ces trois zones grises que l’on a décrit ci-dessus. On peut craindre aussi que les ruptures ainsi facilitées se multiplient en direction des salariés les plus fragiles.

Cela concerne un nombre très important de situations, quand on considère que, depuis 2000, les démissions ont dépassé les licenciements économiques dans les causes d’inscriptions à l’ANPE. Combien de démissions se retrouveront dans les ruptures conventionnelles ?

Et puis on peut se demander :

– Quels moyens pourront mobiliser les Directions Départementales du Travail et de l’Emploi pour assurer un examen sérieux des conventions dans le délai imparti de 15 jours ?

– Comment sera financé le surplus des allocations ASSEDIC versées aux bénéficiaires ?

Bref, l’affaire n’est pas bouclée !

Livres : de la Provence … au Kivu

Des vacances sédentaires, les brouillards givrant qui cernent la maison, c’est une bonne saison pour s’évader, découvrir, réfléchir, s’amuser,près d’un feu dans la cheminée, bref lire

La folie Forcalquier

Pierre Magnan a démarré une carrière littéraire sur le tard ( à 55 ans) à la suite d’un licenciement économique. Avec Le Sang des Atrides, il connaît, en 1978, le succès en recevant le Prix du Quai des Orfèvres. Il est l’inventeur de ce qu’on pourrait appeler le polar provençal.

Avec une vingtaine de romans, publié à plus d’un million d’exemplaires en livre de poche, « Je suis l’écrivain des pauvres » s’enorgueillit l’auteur qui souhaite également le développement de la lecture par le biais des bibliothèques publiques.

« La folie Forcalquier » se déroule dans cette Provence retirée, entre Le Lubéron, le Mont Ventoux et la montagne de Lure , une micro-région dont Magnan connaît le tracé de chaque sentier, le parfum de chaque bosquet et l’histoire de chaque hameau. Il met en scène une sorte de Robin des Bois provençal évoluant dans une société villageoise traversée par les conflits politiques et sociaux du Second Empire.

Cette aventure illustre parfaitement l’art de Pierre Magnan : son habileté à dérouler une intrigue – même lorsque ses développements frôlent l’invraisemblable, une narration qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page. Et puis tous les sens mobilisés pour nous restituer les merveilles et les mystères de sa Provence natale.

Ecrivain acharné, il vit aujourd’hui à Forcalquier, à 85 ans, toujours attelé à poursuivre son œuvre et alimentant son site internet . Son dernier roman «Chronique d’un château hanté » devrait paraître prochainement.folie-forcalqier.1200060240.jpg

 

Présentation de l’éditeur :
 » C’était un alignement de cinq cadavres dans un ordre parfait. A égale distance les uns des autres, les orteils dressés vers le ciel, les paletots reboutonnés, même s’il était patent qu’ils eussent subi quelque désordre, les mains ouvertes dans le prolongement des bras collés au corps, les yeux fermés et tous comme au garde-à-vous. On avait dû profiter de ce qu’ils étaient encore chauds pour procéder à cette mise en scène.  » Crime politique, affrontement entre bandits de grand chemin ou implacable vengeance ?

 

Le chant de la mission
C’est étonnant, mais j’ai découvert John le Carré, il y a peu, alors que son premier grand succès « l’espion qui venait du froid » date de 1963. Pourquoi cette ignorance ? Sans doute l’avais-je rangé dans la catégorie «romans d’espionnage » qui ne s’enorgueillit pas à mes yeux de compter dans ses rangs de nombreux SAS ou autres James Bond. John Le Carré est un véritable romancier ; ses personnages ont une épaisseur, une identité particulière qui dépasse largement le standard de l’agent secret tel qu’on l’imagine couramment : on y trouve une collection d’idéalistes, de faux cyniques, de ratés, de passionnés, de naïfs déniaisés qui sont tous terriblement attachant.

John Le Carré est l’auteur de la Guerre froide. Nul n’a, mieux que lui décrit les intrigues secrètes et sanglantes qui se tramaient des deux cotés du Mur.

Ses derniers romans (La patience du jardinier et le présent livre) parlent de l’Afrique, une Afrique jeune, multiple, pleine de vie mais théâtre des sombres manoeuvres des puissances occidentales et des multinationales.

Le chant de la mission se situe entre Londres et une île de la mer du Nord, bien loin du Kivu (Nord-Est du Congo) natal de Salvo, notre héros. C’est un livre qui passe par l’oreille, comme tout ce qui compte pour Salvo, interprète surdoué, attentif aux moindres intonations des interlocuteurs, et habile à transposer une maxime détournée, un mot d’esprit , ou une menace voilée, d’une de ces multiples langues d’Afrique centrale vers la plupart des langues européennes.

En une journée, cette conférence de conspirateurs hétéroclites s’imagine changer, à leur profit, le cours de l’histoire de cette région des grands lacs déjà bien martyrisée. Mais la vraie vie en décide autrement.

Un grand John Le carré !

Pour en savoir plus sur la situation au Kivu:

Le rapport de Human Rights Watch

 

Un accord de paix a été trouvé dans le conflit du Nord-Kivu
LEMONDE.FR | 21.01.08

© Le Monde.fr

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Présentation de l’éditeur
Fils naturel d’un missionnaire catholique irlandais et d’une villageoise congolaise, Bruno Salvador, alias Salvo, a gardé de son enfance africaine une passion immodérée pour les langues. Devenu interprète éminent, il est régulièrement sollicité par de grandes entreprises et des tribunaux, mais aussi par le Renseignement britannique. Envoyé sur une île perdue pour une mission d’interprétariat lors d’une conférence secrète entre des bailleurs de fonds occidentaux et des chefs de guerre rivaux dont l’objectif affiché est de rétablir l’ordre et la paix en République démocratique du Congo, il devient malgré lui le seul témoin des machinations cyniques qui s’ourdissent dans l’ombre pour dépouiller de ses richesses un pays déjà ravagé par la guerre. Or l’amour qu’il porte à Hannah, la belle infirmière congolaise, a rallumé en lui l’étincelle de la conscience africaine qui couvait sous l’éducation catholique rigide jadis reçue à l’école de la Mission. Le naïf Salvo saura-t-il s’affranchir des inhibitions qui le brident pour devenir le héros d’un noble et dangereux combat ?

L’an 08

2007 : Une sale année qui s’achève dans le monde avec l’assassinat de Benazir Butho.

liban.1199702889.jpg A Beyrouth, les libanais retiennent leur souffle en espérant une solution à une crise qui est le reflet de la confrontation menaçante, dans cet orient si proche, de l’arrogance israélienne, des intérets occidentaux et des visées totalitaires des extrémistes islamistes.

2007 : En France, tout le monde nous avait promis la rupture, même celui qui siégeait au gouvernement. François Bayrou a échoué – il s’est échoué, tel un bateau sans gouvernail- laissant amers ses supporters néophytes. Ségolène Royal, pensant prendre l’avantage en cultivant l’indépendance par rapport à sa famille politique, ne fit que courir derrière le discours creux des valeurs, terrain que le vainqueur, Nicolas Sarkozy, avait choisi et préparé bien à l’avance.sarkozy.1199701732.jpg

La danse médiatique a fait le reste. L’élection et la mise en place du nouveau pouvoir n’a pas rompu le tempo : The sarko-show must go on !

Sarko n’a pas déçu son camp, les spoliés de l’héritage et les forçats de l’ISF. Pour les autres, ils seront, espère-t-il, au choix :

-charmés, apprivoisés ou

-sonnés, déséquilibrés par le rythme de la manœuvre.

Nul ne peut prédire la durée du spectacle. L’artiste réussira-t-il sa tournée quinquennale ou se cassera-t-il la figure en multipliant les acrobaties ou en ignorant ses adversaires ?

2007 : Autour de moi. Une mauvaise surprise : une amie, malade, qui disparaît trop tôt, sans avoir eu le temps de prendre congé, prise en traître par la faucheuse.

 

les-3.1199701966.jpg2007 les bonnes surprises : les bébés, petit-fils et petite-belle-fille. : Antonio et Lucile ( dans les bras de Loïc, le père de Lucile). Les naissances – programmées ou non – sont toujours des surprises, tant la fabrication de la vie reste sous l’emprise du hasard.

 

2007 c’est l’aboutissement du passage des générations. Clara, ma dernière fille, a décidé, passé 18 ans, de s’installer chez sa mère, Andréas, 21 ans, part en colocation. Nora, 23 ans, Mathias, 26 ans, ont leur appartement ; Chloé, 29ans, aussi, depuis longtemps. Et Claire, 25 ans, la fille de Danièle, s’exile en Martinique pour ses études de médecine.

Une famille nombreuse et recomposée, ça pèse son poids sur les épaules des parents et des beaux-parents. Avec cette dispersion, on a l’impression d’avoir retrouvé un peu de légèreté, même si les relations restent fortes et si les coups de main sont fréquents.

2007 c’était le plein effet de mon régime de retraite commencé en avril 2006, sans aucune contre-indication observée.

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C’est dans des brouillards givrants un peu irréels que 2007 s’est terminé à la Buchette.

Et L’ombre du 8 (c’est aussi le nom du groupe de rock de Loïc) n’a pas tardé à s’avancer.

Que peut-on attendre de 2008 ?

2008 : Un espoir pour le changement climatique. La conférence de Bali permet d’envisager de rallier les plus gros pollueurs de la planète (particulièrement les USA) à la lutte collective pour la diminution des émissions de gaz à effet de serre.

Le brut à 100 $ et l’annulation du Dakar annoncent sans doute le recul inéluctable du lobby automobile. Tant pis pour les 4X4 gloutons et avides de grands espaces vierges !

house.1199702215.jpg2008 : La crise financière des subprime est loin d’être terminée. La santé des économies développées est sous la menace des fins de mois difficiles des 2 millions de ménages modestes américains qui ont cédé au mirage du crédit pas cher et aux promesses de courtiers véreux. En 2008 ce sont 500 milliards de dollars d’encours qui doivent peser plus lourd dans les budgets familiaux. Les saisies ne sont pas terminées, sans compter les effets indirects considérables sur les circuits financiers.

Subprimes : la crise continue, par Daniel Cohen
LE MONDE | 09.01.08

© Le Monde.fr

2008 en France : Les élections municipales annoncent-elles la fin du monopole présidentiel sur la politique ? Ouvriront-elles un espace pour cette gauche de proximité qui a multiplié les succès dans les communes, les départements, les régions. On peut espérer que ce socialisme municipal, qui a fait profil bas pendant la campagne présidentielle, retrouvera sa vigueur pour faire enfin de la politique.

2008 Le quarantième anniversaire de MAI 68 ne passera pas inaperçu. Les acteurs et les témoins des « événements » préparent tous leurs contribution. Serge July nous livre un ouvrage centrée sur l’actualité grâce à 140 photos d’agence.dany-cb.1199699617.jpg

Daniel Cohn-Bendit reprend le débat face aux élucubrations lancées du coté de Sarkosy et de son spin-doctor Guaino : « Faut-il liquider l’esprit de Mai ?». Alain Krivine prépare sa contribution, revigoré par les succès d’opinion du facteur Besancenot. Et même Alain Gesmar, qui n’a pas perdu la mémoire dans les cabinets ministériels s’est décidé à prendre la plume.

Et parmi nous, qui donc pourrait soutenir que mai 68 n’a pas changé sa vie – même s’il n’a pas changé la vie ?

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2008 : la Buchette connaîtra une autre commémoration : en juin, cela fera dix ans que nous finissions les travaux pour aménager dans notre maison. Dix ans d’aventures domestiques avec une sympathique tribu à temps partiel et à géométrie variable.

2008 Après un hiver sédentaire, viendra le retour de la mobilité.

claire-cascade.1199700504.jpg Février en Martinique pour rendre visite à Claire qui y est installée avec Raoul depuis novembre 2006. Avant qu’elle reparte vers d’autres horizons : la Guyanne probablement .

L’été nous amènera sans doute en Italie du Nord, quelque part entre le Gran Paradiso et les Dolomites.

Et les RTT (que Danièle ne revend surtout pas) en vadrouilles en Camping-Car

thedo.1199703952.jpg 2008 Un peu de fraîcheur venu d’Helsinki avec ce groupe de rock franco-finlandais qui sort son premier album le 14 janvier :THEDO

 

2008 Esprit et corps en harmonie. Randonnées et Aïkido.

Et bien sûr partager ces bonnes choses avec ses proches et ses amis

Bonne année 2008

Dix ans déjà que j’ai quitté Paris pour vivre avec Norbert à la campagne. En 1998, les téléphones mobiles existaient tout juste, les ordinateurs portables à peine et personne n’avait de blog. Mais la gauche était encore au pouvoir et l’on croyait que cela durerait toujours.

Et puis j’étais à peine quinquagénaire et je le suis largement maintenant ; on a beau dire, après 55 ans, ce n’est plus pareil : on est devenu sage mais on n’est plus jeune. Je ne l’invente pas, c’est Benoite Groult qui le dit dans « la touche étoile ».

plenel.1199354721.jpg On allait voir Edwy Plenel à la belle moustache qui se félicitait de la très bonne santé économique de son journal « Le monde » à la villa Gillet en présentant son dernier livre « Secrets de jeunesse ». Et on lisait « Les particules élémentaires » de Houellebecq.

amelie-poulain.1199355117.jpg On regardait « Matrix », « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain », « American beauty » ou « Fight Club ». On écoutait Björk et Norbert s’efforçait, au sein de RAN (Réseau Assistance Négociation), de conseiller les entreprises pour la mise en œuvre des 35 h. On s’étonnait encore d’avoir fait la connaissance de Mazarine et d’apprendre que Jospin avait été trotskiste.

Et puis, il y a eu le 11 septembre, la guerre en Irak, Le Pen contre Chirac, le Non au referendum et… Nicolas Sarkozy.

Mais, il y a eu aussi l’euro et l’élargissement de l’Union européenne et le développement d’internet. Je suis résolument internationaliste, européenne et mondialiste et je mets tout mon espoir dans l’élargissement des horizons et l’éloignement des querelles de village.

Que faire ? (comme disait…)

S’abonner à Mediapart (le nouveau site de journalisme d’investigation d’Edwy Plenel) qui sera peut-être aussi dérangeant que Tehelka , le magazine et le site de l’indien Tarun J. Tejpalloin-de-chandigar.1199353426.jpg

(dont il faut lire « Loin de Chandigarh »)

sensei-a1.1199353618.jpg Enseigner l’aïkido (même aux seniors débutants), discipline accessible à tous, art martial de paix et d’harmonie, qui donne l’énergie de rentrer dedans sans peur ni hésitation (irimi en japonais)…la bagarre contre la bêtise, la connerie technocratique, l’intolérance, l’absence d’esprit critique, l’inculture satisfaite …

Proposer (chez nous à la Buchette) des logements bon marché à quelques jeunes pour qu’ils puissent quitter leurs parents sans rompre avec les adultes…qui ne sont pas tous des cons.

Résister aux discours lénifiants qui veulent nous faire retourner aux religions et à la foi pour retrouver l’espoir, qui parlent de « politique de civilisation » pour remplir le vide abyssal de projet.

Ne pas se laisser dépasser par les nouvelles technologies de la communication…(savez-vous ce qu’est un flux RSS , un agrégateur netvibes ?), se former aux pratiques actuelles de l’élevage des enfants (pour ne pas radoter avec notre acquis dépassé) et apprendre les gestes qui sauvent pour affronter ce monde de plus en plus dangereux…?

Ecouter Carla Bruni en pariant qu’elle ne va pas rester longtemps avec ce Mickey de président

 

…et bien sûr faire quelques gestes pour l’environnement en produisant de l’électricité pour la vendre à EDF (5 fois plus cher qu’on ne l’achète)

Parier sur la famille, recomposée ou non, et chérir ses amis car les affinités électives valent bien les destinées biologiques

Avec ces résolutions, je vous souhaite une très bonne année 2008

Danièle

Chasse aux étrangers : tous suspects !

On connaisssait les rafles aux sorties des écoles, les convocations pièges dans les préfectures. Mais c’est maintenant tous les services de l’emploi qui sont enrôlés pour contrôler la régularité du séjour de tous les étrangers. Dès l’inscription au chômage, les ASSEDIC devaient transmettre immédiatement la photocopie des titres de séjour aux services de la préfecture qui a 48 H pour valider le document ou déclencher la chasse au faussaire.

Mais Hortefeux était sans doute allé un peu vite en besogne. L’UNEDIC n’est pas -encore!- sous les ordres du gouvernement.

annie-thomas.1197998535.jpgLa présidente de l’Unedic, Annie Thomas (CFDT), a annoncé jeudi 25 octobre que ce n’était « pas le rôle de ses agents de transmettre à la préfecture les papiers » des demandeurs d’emploi étrangers. L’Unedic va donc donner de nouvelles instructions dans ce sens. « Nous avons redressé la barre par rapport aux instructions qui avaient été données« , déclare Annie Thomas, et précise que la décision a été prise « à l’unanimité« , aussi bien par les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) que syndicales (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGE) gestionnaires du régime d’assurance chômage.

assedic.1196440879.jpg« Ce n’est pas le rôle des agents Assedic »

La présidente de l’Unedic déclare que « les agents de l’Assedic ont comme instruction de contrôler toutes les pièces d’identité de toutes les personnes qui arrivent, qu’elles soient françaises ou étrangères. Mais nous en restons là« . Elle ajoute, « Nous ne rentrons pas dans le débat selon lequel il faut transmettre systématiquement les papiers à la préfecture, ce n’est pas le rôle des agents de l’Assedic de le faire« . Annie Thomas indique par ailleurs que « des instructions seront données aux directeurs des Assedic dès jeudi« . « C’est l’ANPE qui contrôle si nécessaire et pas les Assedic« . On voit que la situation sur le terrain n’est pas encore fixée.
De son coté, l’inspection du travail est réquisitionnée pour contrôler dans les entreprises les listes d’étrangers. Bref, agents de l’ASSEDIC ou fonctionnaires,tous sont potentiellement des auxilliaires au service de Hortefeux. Un groupe de professionnels lyonnais de l’emploi, de la formation et de l’insertion  s’en préoccupe et lance un réseau de résistance . Voir la video de leur conférence de presse

La chasse aux étrangers ne s’arrête pas là : il est interdit à tout employeur sur le territoire français (sauf les particuliers employant des personnels à domicile) d’embaucher un travailleur étranger (sauf ceux inscrits à l’ANPE censée l’avoir vérifié) sans en prévenir la préfecture qui a 48 h pour donner son feu vert. En même temps que le registre du personnel, le patron doit tenir une liste des étrangers qu’il emploie et la communiquer tous les six mois à la préfecture.

Voilà le dernier cadeau du gouvernement Villepin ( un certain 11 mai 2007) mis en musique et interprété par le zélé Hortefeux dans sa circulaire du 4 juillet 2007.

Encore un effort, Hortefeux, et tu vas peut-être remplir ton sinistre objectif de 25 000 expulsions en 2007 ( il en manque 4000 à ce jour).

En 1937, pendant les grandes purges staliniennes, les services soviétiques de la police politique fonctionnaient selon des quotas. On raconte qu’à la fin de l’année, du coté de Leningrad, on ramassait n’importe qui pour remplir les objectifs; on avait ainsi vidé un couvent de bonnes soeurs . La plupart avaient péri devant le peloton d’exécution…

La Buchette insolite

Sur les chemins aux alentours de la Buchette, au bout des lotissements standards, on peut trouver des surprises et s’imaginer dans quelque voyage exotique.

mexique.1198000052.jpg Au coin de la rue c’est presque l’Andalousie . Il manque évidemment les palmiers et les bassins d’eau fraîche mais avec un peu d’imagination, on se retrouve plus au Sud, une belle journée d’automne.

suede.1198001218.jpg En descendant vers Sanville, on change radicalement de lattitude, avec ce rouge intense qu’on ne trouve qu’en Suède, le falufärg, sous -produit des mines de cuivre de Falun. La simplicité de ces façades de bois, et cette proximité avec la verdure me rappelle cet été 2005, au fond des bois,en Scanie ( la région la plus méridionale de la Suède).

allo-la-lune-ici-la-terre.1198058063.jpg Plus haut, en remontant vers Plambeau, on quitte carrément la planète : Allo, La terre? Ici la Lune ! allo-la-lune.1198058326.jpgAu pied de cette étrange boule de la base aérienne, une construction insolite s’est blottie, telle une base de vie lunaire. Mais, vue de plus près, c’est bien une habitation avec ses baies vitrés qui éclairent un groupe de bulles dominées par des cheminées.

Construites voici quelques décennies, de telles habitations non conventionnelles auraient du mal de nos jours à obtenir leur permis de construire. Et pourtant , dans leur diversité , elle ne portent pas atteinte aux paysages et nous font un peu réver.

Commander ses livres sur Amazon et revendiquer la livraison gratuite, est-ce mal ?


La semaine dernière, Danièle a reçu ce mail d’AMAZON et souhaite rendre publique sa réponse.

« Le Syndicat de la Librairie Française (SLF) a intenté une action en justice contre Amazon, et contre d’autres libraires sur le Net, visant à nous faire renoncer à la gratuité des frais de port sur les livres. Amazon.fr ne pense pas que cette action aille dans l’intérêt des lecteurs, ni d’ailleurs dans celui des auteurs et écrivains. Aussi allons-nous continuer à défendre vigoureusement votre droit à bénéficier de la livraison gratuite. En tant que lecteur, votre opinion en la matière est très importante, et nous sommes persuadés que les libraires du Syndicat de la Librairie Française apprécieraient aussi de connaître votre avis.»



Grande lectrice, passionnée de librairies de quartier (Jonas Paris 13éme lorsque j’y habitais), j’achète mes livres sur Amazon depuis que j’habite à la campagne, à seulement 15 km de Lyon. Sollicitée par Amazon pour défendre la livraison gratuite, je signe des deux mains. Pourquoi ?

 

divan-et-grigri.1196526586.jpg Où puis-je faire une petite biblio rapide sur la sorcellerie, les pratiques rituelles et les psychothérapies et recevoir les livres dans la semaine ? sur Amazon !

Où puis-je commander le livre dont ma mère me parle dans son coup de fil du dimanche soir « le Christ Philosophe » et le lui faire livrer deux jours après, avec un petit mot qui lui sert de marque-page et lui fait très plaisir ? sur Amazon !

grossman.1196526934.jpg Où puis-je commander les livres de David Grossman dont je viens d’entendre parler sur France Culture ? sur Amazon !

Pour les polars et les nouveautés, le rayon livres de Leclerc et le Relay de la gare de la Part-Dieu me suffisent.

Malgré tout, je vais encore dans les librairies indépendantes pour chaque fois être déçue car je n’y trouve rien de plus que chez Leclerc ou Relay :

 

 

agriates.1196527467.jpg à Corte, cet été, dans l’unique librairie, je n’ai trouvé aucun livre «corse», ni Marie Ferranti, ni « La salamandre de Vizzavona », rien ! la Maison de la presse était mieux pourvue.

· chez Decitre récemment, pas un seul livre de Raymond Depardon ; il a pourtant vécu tout près à Villefranche et publié « La ferme du Garet » que je cherchais et que je n’ai pas trouvé ! J’ai aussi commandé sur Amazon les livres de Michel Jouvet, grand spécialiste lyonnais du sommeil et auteur de beaux romans sur les songes.

· pire, je n’aime plus l’ambiance de ces librairies qui donnent plus de place aux « beaux livres », aux guides touristiques et aux cartes postales qu’aux romans ou aux essais et où les vendeurs sont ignorants et débordés. Je ne parle même pas de la Fnac que j’ai cessé de fréquenter, il y a des lustres.

Pourtant, je garde une certaine mauvaise conscience à ne pas défendre les librairies indépendantes et c’est pour cela qu’il me semble utile de réfléchir objectivement sur ma pratique d’acheteuse de livres. Entre Juillet 2006 et novembre 2007, j’ai commandé pour 296 € de livres sur Amazon ; dans le même temps, j’ai sans doute acheté pour beaucoup plus de nouveautés et de polars : j’en lis au moins un par semaine, entre 8 et 20 €, soit approximativement 52x 10€=520 €.

J’achète presque deux fois plus dans les librairies et je ne veux pas me priver des services d’Amazon qui fait 80% de son chiffre d’affaires sur des livres qu’il ne va vendre qu’une fois par mois. Il me semble que se développent deux métiers différents, selon deux modèles économiques différents et qui créent chez les acheteurs deux pratiques distinctes.

pain-et-roses.1196527828.jpgPar ailleurs les librairies indépendantes pourraient faire un petit effort d’imagination pour se distinguer des supermarchés du livre et pour m’attirer avec des auteurs locaux, par exemple.

Lorsque Decitre fait une table sur les polars lyonnais, j’achète « Du pain et des roses » qui nous plonge en plein sur les pentes de la Croix-Rousse!

C’est alors uniquement qu’il remplit sa fonction de médiateur culturel qui peut encore le différencier.

 

Fusion ANPE-ASSEDIC: Enfer ou Paradis ?

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Voilà , c’est la dernière blague que je reçois dans ma messagerie (merci Mireille !), transférée de boîte en boîte sur le réseau ANPE.

Ce n’est pas la première fois que l’on parle de fusion ANPE-ASSEDIC.

A chaque élection, c’est presque un classique parmi l’attirail des mesures sensées éradiquer le chômage de masse dans ce beau pays qui, depuis plus de vingt ans, s’en est fait une spécialité. Mais cette fois, détermination présidentielle oblige, on a l’impression que la réalisation est proche. Le projet de loi devrait être présenté en décembre et voté avant la fin de l’année.

Les confédérations syndicales présentes au Conseil Supérieur de l’Emploi , ont manifesté leur opposition sauf CFDT, UNSA et CGC. Une majorité des syndicats ont appelé à une journée de grève dans les deux institutions, le 27 novembre.

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De quoi s’agit-il ?

L’idée avancée est de faciliter la vie des chômeurs qui n’auraient plus ainsi à multiplier les démarches administratives auprès des deux institutions alors que leur énergie devrait plutôt se mobiliser toute entière dans leur recherche d’emploi. Bref l’idée du guichet unique est présentée comme solution à tous les dysfonctionnements.

Retour en arrière

L’UNEDIC a été créée en 1958, à la demande des syndicats et sous l’impulsion du Général de Gaulle. Elle est depuis lors gérée par les partenaires sociaux, avec une alternance de présidence syndicale et patronale et sans participation de l’état. Elle vise essentiellement l’indemnisation des salariés qui ont perdu leur emploi, et fonctionne dans l’esprit d’une assurance sociale.

anpe.1196441764.jpgL’ANPE apparaît en 1967, à l’initiative d’un certain Jacques Chirac, secrétaire d’état à l’emploi. C’est un établissement public- doté ultérieurement d’un conseil d’administration qui associe les partenaires sociaux – mais qui reste financé et dirigé par les pouvoirs publics. Son rôle est essentiellement d’aider les chômeurs dans leur recherche d’emploi et dans leur réorientation éventuelle, et les entreprises dans leurs recrutements.

Pendant longtemps les deux organismes ont vécu chacun leur vie, jusqu’à l’explosion du chômage de masse au premier mais surtout deuxième choc pétrolier (1984). Il a fallu faire face aux besoins de financement de l’assurance-chômage et se préoccuper de la montée du chômage de longue durée. Il apparaissait de plus en plus que l’exclusion du marché du travail devait être combattues par des mesures ciblées d’incitation à l’embauche et par un accompagnement individualisé des demandeurs d’emploi. Malgré les reflux des années 1987-1990 et 2000-2002, la montée inexorable du nombre des sans–emploi renouvelait ce défi.

nicole-notat.1196440402.jpg Dès lors la frontière établie entre les deux institutions a fait l’objet de critiques croissantes.Les partenaires sociaux de l’UNEDIC , surtout avec l’arrivée de Nicole Notat de la CFDT, après 30 ans de présidence d’André Bergeron (Force Ouvrière), ont mis en avant la nécessité d’intervenir sur le reclassement des chômeurs (dépenses « actives ») aux dépens d’une orientation centrée uniquement sur l’indemnisation (dépenses « passives »).

Les conventions de conversion (1986), les allocations de formation reclassement(1988), les conventions de coopération vinrent compléter, voire concurrencer quelquefois les mesures mises en place par l’état. Le PARE en 2001 était conçu à l’origine pour mettre entre les mains de l’UNEDIC tous les outils du reclassement – de l’inscription, au suivi, au contrôle et à la radiation. C’est sur l’insistance du gouvernement Jospin que l’état parvint à réintroduire dans le jeu l’ANPE.

anpe-offres.1196440600.jpg De son coté l’ANPE s’épuisait dans une course sans fin, les moyens dont elle disposait n’étant jamais à la hauteur de la montée du chômage. Elle ne parvenait pas à sortir du traitement de masse mis en place à la va-vite à la fin des années 80, pour aborder un véritable accompagnement individuel. Son utilité, son existence même étaient régulièrement mis en cause par les observateurs de tous bords, créant, à l’intérieur, dans l’encadrement, une atmosphère de forteresse assiégée, de challenge permanent.

En 2006 Jean-louis Borloo, ministre de l’emploi présente son projet de Maisons pour l’emploi. Face à l’éclatement des services pour l’emploi et à la difficulté d’une fusion, il prétend sortir par le haut en créant 500 maisons pour l’emploi sur le territoire qui assureront la coordination d’institutions qui gardent chacune leur indépendance. A ce jour, seulement 228 ont été labellisées.

Après l’élection présidentielle de mai 2007 la priorité se concentre de nouveau sur la fusion ASSEDIC-ANPE, avec cette fois des échéances bien précises.

Pourquoi c’est difficile ?pour_un_meilleur_service_public_de_l_emploi_large.1196440741.jpg

Les deux institutions sont de nature très différentes. L’ASSEDIC est une association gérée par patrons et syndicats, l’ANPE un établissement public à caractère administratif (comptabilité publique, statut des agents de droit public). Bref des corps chimiquement différents et non solubles entre eux. L’alternative revient donc soit à nationaliser les ASSEDIC, soit à privatiser l’ANPE. Dans le premier cas , c’est trouver l’opposition déterminée des partenaires sociaux siégeant à l’UNEDIC (patrons comme syndicats, prêts à en découdre), dans le deuxième cas c’est s’attirer la grogne des syndicats de l’ANPE (ce qui ne gênerait sans doute pas un gouvernement musclé de droite) mais surtout se priver d’un outil puissant et réactif de politique de l’emploi.

L’affaire se complique lorsqu’on sait que le personnel ASSEDIC (au nombre de 14000), de statut privé, est bien mieux payé ( autour de 30 % en plus) que les agents contractuels de l’ANPE ( bien plus nombreux : 30 000).

Mais la controverse fondamentale concerne sans doute la légitimité de chaque institution à intervenir sur le marché du travail et sur l’appui aux demandeurs d’emploi.

assedic.1196440879.jpgLes partenaires sociaux estiment qu’ils sont les plus légitimes. D’abord parce qu’ils payent. Effectivement l’assurance chômage est financée par les cotisations des salariés et des entreprises. Ensuite parce que le passé et le futur des chômeurs se rattache à un statut de salarié, employé par un patron et représenté par des syndicats. De plus, de nombreux pays voisins – au moins aussi respectueux (sinon plus) du sort des chômeurs que chez nous – ont des services de l’emploi centrés autour des partenaires sociaux.

Mais cette légitimité est, en France, de plus en plus remise en cause. D’une part parce que les chômeurs ne se sentent pas vraiment représentés par les syndicats en place( mais les associations de chômeurs sont –elles plus représentatives ?) ; d’autre part parce que les syndicats, du fait de leur faiblesse et de leurs divisions sont assez désarmés face aux manoeuvres de la partie patronale.

gautier-sauvagnac.1196440945.jpgCe n’est pas la révélation des pratiques de l’UIMM et du vice –président actuel de l’UNEDIC, Gautier-Sauvagnac qui va améliorer l’image de marque de ce paritarisme à la française.

A l’inverse, une certaine tradition de gauche – qui trouve écho dans les syndicats liés à la fonction publique- considère l’état comme seul garant de l’intérêt général. Le service public ne peut être assuré que sur des fonds publics, avec du personnel de statut public.

anpe.1196441764.jpgC’est la garantie de l’égalité des usagers (particulièrement les plus en difficulté), de la neutralité (par rapport aux puissances économiques) et de l’indépendance. Cette indépendance revendiquée, si elle assure une protection assez efficace contre les clientélismes de proximité, reste cependant fictive au regard des directives définies par le gouvernement. On sait bien à l’ANPE que les services n’ont pas d’autre choix que d’appliquer les orientations des ministres.

La seule limite réside dans la capacité de résistance des salariés attachés à une culture de service public, à condition qu’ils soient soutenus par un syndicalisme puissant.

Du coté des sphères dirigeantes (de gauche, comme de droite), le maintien d’une politique publique forte sur l’emploi et le chômage a prévalu depuis trente ans, quelque soit l’appréciation qu’on peut avoir sur les orientations successives et leurs résultats.

On sait qu’une partie de la droite voudrait introduire plus de privé, même en restant dans le cadre de programmes publics. Pour l’instant, elle n’a pas eu gain de cause, sauf à la marge (sous-traitance de formation, d’accompagnement…)

Enfin la décentralisation a largement brouillé les cartes.

logomde-2007.1196441192.gifLes conseils régionaux exercent la pleine compétence sur la formation des chômeurs. Les conseils généraux ont la responsabilité des RMIstes qui sont souvent aussi des demandeurs d’emploi. Les maisons de l’emploi doivent travailler au plus près des collectivités locales. Bref, on se demande où est le pilote dans l’avion.

Et puis, il ne faut pas oublier que l’UNEDIC ne couvre qu’une petite moitié des chômeurs inscrits. En conséquence, Il ne peut être opérateur pour l’ensemble des chômeurs.

Alors lequel des deux va manger l’autre ?

Le projet du gouvernement :

lagarde.1196442146.jpg Eh ! Bien Christine Lagarde a sorti un lapin de son chapeau : les deux réseaux se retrouveront dans le cadre d’ « un nouvel opérateur ». On lui a déjà trouvé, paraît-il, un nom : France Emploi même si on reste assez mystérieux sur sa nature et son statut précis.

On a mis de coté la structure nationale de l’UNEDIC. Ce sont toujours les partenaires sociaux qui fixeront les règles de financement et d’indemnisation du chômage.

Le recouvrement des cotisations devrait revenir aux URSSAF, mieux outillées pour mener à bien cette tâche, notamment pour le contrôle des entreprises.

Le réseau des ASSEDIC devrait rejoindre la nouvelle entité, ainsi que l’ensemble des ANPE.

On attend des précisions sur la nature du nouvel organisme : « institution nationale, dotée de la personnalité civile et de l’autonomie financière, soumis aux règles de gestion financières et comptables des entreprises industrielles et commerciales ». Ça fleure bon son EPIC (Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial) , serpent de mer familier au souvenir des anciens de l’ANPE. Ou alors, peut-être un GIP- Groupement d’intérêt Public (ou un GIE comme actuellement pour l’informatique des deux institutions), qui sait ? Le conseil national du nouvel organisme ressemble comme un frère au Conseil d’administration de l’ANPE qui n’a pas laissé de souvenir impérissable en matière d’indépendance, d’initiative et d’action concrète sur le sort des chômeurs.

On sait de toute façon que le personnel sera sous statut privé régi par une convention collective. Le personnel de l’ANPE pourra conserver son statut ou opter pour le nouveau. Les rémunérations du nouvel organisme seront sans doute alignées sur le plus avantageux : la convention de l’ASSEDIC. Bref une sacrée carotte à l’horizon pour les conseillers ANPE en mal de pouvoir d’achat.

C’est peut-être là une des raisons du semi-échec ( 25,5 % de grévistes- chiffre provisoire) de la grève à l’ANPE (en attente d’une revalorisation annoncée) et du succès ( 61 %) de la grêve aux ASSEDIC où le personnel craint une dévalorisation et un changement encore plus fort des métiers et des structures.

Le réseau physique des ANPE et des ASSEDIC devrait être restructuré avec une cible de 1000 points d’implantations.

Au global, on devrait avoir plus d’agents à mettre face aux chômeurs.Une arithmétique douteuse fait dire au gouvernement que chaque conseiller ne suivra plus que 30 chômeurs au lieu de 60. Un rêve pour les conseillers, qui dans la réalité suivent actuellement 130 dossiers.

Alors ? C’est une privatisation ?

On ne sait pas encore précisément quel sera le statut du futur opérateur. On sait en revanche que son personnel propre ne sera pas sous statut public. Est-ce suffisant pour parler de privatisation ?

Est-ce que l’ADEME ( EPIC dans le domaine de l’environnement) peut être considéré comme un organisme privé ? Et les Caisses de Sécurité Sociale ? Est-ce que les établissements d’accueil pour handicapés (la plupart privés à but non lucratif mais financés sur fond public), est-ce que les Transports en Commun de Lyon (délégation de service public attribuée à un groupe privé) sont des services privés ?

Quels sont donc les critères pour pouvoir parler de service public de l’emploi ?

-financé sur fonds public, sur des orientations définies par la collectivité

– service gratuit pour les usagers

-égalité d’accès au service

-prise en compte des publics les plus en difficulté

– respect du droit des usagers et des possibilités de recours auprès d’une autorité indépendante.

On peut imaginer que ce service public de l’emploi revête des formes différentes. En Belgique, ce sont directement les syndicats qui versent les allocations chômage ; en Suède ce sont les services municipaux qui sont très investis dans le suivi des chômeurs.

Alors on peut peut-être examiner tranquillement les avantages et les inconvénients de ce projet de fusion.

Une fausse bonne idée ?

Tout chômeur trouvera en un même lieu les ressources indispensables à la gestion de son indemnisation et à sa recherche d’emploi. Fort bien ! La fusion n’était cependant pas indispensable pour atteindre cet objectif. Il suffisait de coordonner les politiques immobilières des deux institutions pour les installer sous le même toit. De nombreuses Maisons pour l’Emploi présentent cet avantage pour leurs usagers.

Mais nos dirigeants vont plus loin. Ils se félicitent à l’idée de voir le même conseiller prendre en charge un chômeur pour son inscription, le montage de son dossier d’allocation, la gestion de son dossier administratif, son accompagnement, son orientation, sa formation,jusqu’à sa reprise de travail.

Ils oublient au passage une évidence quand on se penche un peu sur le détail de ces activités : ce ne sont pas les mêmes métiers !

Liquider un dossier d’allocation réclame une connaissance approfondie de la réglementation ASSEDIC ainsi que du droit du travail. Il faut mobiliser des capacités de rigueur, de précision qui sont plutôt celles de la comptabilité. L’erreur peut avoir de graves conséquences dans un sens ou dans l’autre pour les intéressés.

Ce n’est pas du tout le profil de l’accompagnement vers l’emploi. Les conseillers doivent avoir une bonne connaissance des différents métiers et des entreprises. Les aptitudes recherchées sont surtout relationnelles pour aider les demandeurs d’emploi dans les difficultés particulières qu’ils rencontrent

Bref imaginer une polyvalence sur ces deux métiers c’est soit rechercher le conseiller superman qui fera face sur tous les terrains soit –plus sûrement –mettre les agents en situation d’incompétence. Résultat : conseillers stressés et mal dans leur peau et chômeurs insécurisés et frustrés.

Bref, cette fusion présente relativement peu d’arguments favorables. On s’interroge sur le coût et le remue-ménage occasionnés au regard des bénéfices attendus, sauf à écouter les Cassandre qui nous annoncent un renforcement de la machine à radier !

Mais si l’on prend un peu de hauteur, dans quel ensemble cette fusion s’inscrit-elle ?

L’introuvable cohérence des services de l’emploi

La fusion ANPE-ASSEDIC est présentée comme la mesure phare d’une remise en ordre des services pour l’emploi. Mais pendant ce temps que fait-on des maisons pour l’emploi, celles existantes, et celles à venir ? Rejoindront-elles le nouvel opérateur ?

Comment organise-t-on une coopération aujourd’hui dramatiquement insuffisante avec les conseils régionaux sur la formation des chômeurs , et sur le réseau des missions locales.

Quel bilan tire-t-on du quasi-éclatement de l’AFPA ( Association pour la Formation Professionnelle des Adultes), autrefois seul à proposer sur tout le territoire des formations qualifiantes aux chômeurs, réduit maintenant à négocier au coup par coup des formations d’adaptation soit avec les régions, soit avec les ASSEDIC.

Comment se positionnera le nouvel opérateur vis-à-vis des publics en difficulté, RMIstes, publics en insertion ? Comment fonctionner vraiment en réseau avec la multiplicité des structures qui en ont la charge.

Cette cohérence des intervenants, indispensable à une politique active de mobilité professionnelle, c’est le véritable enjeu d’une réforme des services de l’emploi. Bien au-delà de la fusion ANPE-ASSEDIC .

Canaux entre Loire et Cher

Tailler la route en Camping-car, c’est bien. Et s’arréter sur les petits ports le long des canaux, partager le calme de l’endroit avec les péniches et les bateaux de plaisance c’est super !

Depuis que nous avons découvert ces anciennes voies de navigation de Bourgogne, nous ressentons une proximité, une parenté avec cette vie sur les canaux.

peniche.1194947669.jpgAvec la fin du trafic commercial, les péniches sont désormais des habitations permanentes.

Certains n’hésitent pas à créer des petits jardins fleuris au bord de l’eau, signe d’une sédentarisation plus ou moins définitive.

Mais d’autres préfèrent garder la mobilité dans des embarcations de plaisance plus modernes.plaisance.1194948210.jpg

En location ou en propriété, cette forme de tourisme attire beaucoup de monde venant des métropoles européennes : des parisiens, des anglais et même des hollandais en cabotage depuis les ports de la mer du Nord.

Notre escapade de la Toussaint nous a d’abord amenés le long du canal de Roanne à Digoin.

peniche01.1194950061.jpg Ouvert en 1838, il assurait un accès régulier au charbon de Saint-Etienne et à toute une série d’industries qui s’étaient développées sur son parcours ( tuileries, céramiques). Les tuileries de Briennon (ci-contre) ont fermé dans les années soixante et les grands batiments ne sont plus qu’un souvenir.briennon.1194950310.jpg

Mais le port a retrouvé une nouvelle activité avec la location de bateaux de plaisance et un petit parc d’attraction : Le Parc des Canaux

ecluse-chambilly.1194951483.jpg Les écluses fonctionnent toute l’année. En hiver il faut prévenir à l’avance et fournir son programme de navigation. Bref , le canal a su retrouver une seconde vie .

Le canal de Berry n’a pas eu cette chance. Cet ouvrage, terminé en 1840, reliait montluçon à Noyer-sur-Cher, et se déployait en 3 branches qui se rejoignait à Fontblisse. Mais dès l’origine son gabarit fut sous-dimensioné puisque’il n’acceptait que des péniches ne dépassant pas 2m70 x 27m50. Il ne bénéficia pas du plan Freycinet qui portait l’ensemble des écluses à 38 m. Petit à petit délaissé, il fut déclassé en 1955 et vendu au kilomètre aux collectivités territoriales.

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De nombreux tronçons restent alimentés en eau et les chemins de halage bien entretenus font la joie des promeneurs, en attendant une réouverture au moins partielle avec l’ARECABE

Aïkido en Bourbonnais

Montluçon, ces 3, 4 Novembre, grande affluence au stage d’Aikido de Tamura Senseï (Senseï en japonnais = Maître). C’est Tamura, disciple de Ueshiba, le créateur de la discipline au Japon, qui a construit, depuis 1964, l’Aïkido en Europe, particulièrement en France.

Plus de cent pratiquants se sont donc retrouvés dans le gymnase de Montluçon.

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Cela fait près de cinq ans que j’accompagne ainsi Danièle dans des stages aux quatre coins de la France. Danièle a commencé l’Aikido voici quinze ans, elle est ceinture noire (1er dan) depuis deux ans et trouve beaucoup de plaisir sur le tatami.

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L’apprentissage de cet art martial repose avant tout sur le mimétisme et l’expérience.demo-sensei.1194886485.jpg

Le maître montre une technique, quelquefois sans prononcer un mot.

Les pratiquants sont ensuite invités à répéter le geste et à repérer eux même les difficultés.

sensei-b.1194886909.jpg Le maître circule entre les groupes et va corriger tel ou tel défaut , au besoin en pratiquant la technique avec l’apprenant.

La priorité est ainsi donnée , non pas à la théorie et au discours, mais au vécu de l’expérience corporelle.

A la différence d’autres arts martiaux, l’aïkido ne connaît pas la compétition, . La consécration d’une maîtrise supérieure de son art se traduit par l’obtention de grades délivrés par un jury.

Sur le tatami , le gradé n’hesite pas à pratiquer avec le débutant, pour le faire progresser.

Alors,cette année, j’ai décidé de ne pas rester sur le bord du tatami, pour profiter d’une intiative du club de Caluire , proposant un cours grands débutants réservé … aux seniors. Danièle, qui co-anime ce cours avec Alain, a su me convaincre.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire !

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