La vie des Bêtes : Visiteurs d’été

Malgré mon nouveau matériel photographique je n’ai eu guère le loisir, cet été de partir à la chasse aux photographies animalières ou d’expérimenter des affuts sophistiqués.

Mais fin juillet, à coté du lac de Mimizan, il m’était difficile de rater ce Héron Heron cendré à la posture hiératique, planté dans cet ilôt de nénuphar. Croisé le matin, je le retrouvais le soir à la même place, à 20 m de la rive, lorsque je revenais équipé, cette fois, de mon appareil et d’un téléobjectif à 300 mm.

En revanche le mois d’août nous amène, dans notre jardin, des visiteurs qu’on ne voit pas le reste de l’année.

Le Verdier se fait remarquer par son chant puissant, insistant. Il nous arrive d’en voir l’hiver autour Verdier2 de la mangeoire, mais ils ne s’installent pas dans les environs, à la différence de ce mois d’août où quelques uns avaient élu domicile dans le jardin.Comme il revient aux mêmes endroits et y reste un moment sans bouger , c’est un oiseau facile à repérer et à photographier

Le Sphinx nous avait habitué à ses visites vespérales sur la terrasse lorsque nous nous attablions Sphinx_light pour le repas du soir. Son vol haute fréquence qui le fait appeler papillon-colibri, et sa précision pour visiter chaque fleur de chaque jardinière avait attiré notre attention.

Renseignement pris, il appartient à la famille des Lépidoptères et autres papillons (de nuit en l’occurence, malgré l’activité diurne de celui qui nous occupe : le Moro Sphinx ). Sa trompe dépliée lui permet, en vol stationnaire, de recueillir le nectar au fond du calice.

Voci mes premiers pas en photographie animalière. Il faut le matériel adapté et surtout de la patience et de la réactivité au moment favorable. Tout un apprentissage !

La vie des bêtes 2 : Wiki


« Je vous propose d’adopter un jeune chien border collie de 1 an en parfaite santé.
Je l’ai récupéré pour le « sauver » d’une euthanasie de convenance. Le paysan ne veut pas le placer à la SPA mais veut s’en débarrasser parce qu’il n’est « pas bon aux vaches ». Juste un peu excité à mon avis, il « fonce dans le tas ».


 

Un message sur l’intranet de l’école vétérinaire en provenance de Camille, une étudiante de l’école en stage en « rurale », c’est comme ça que l’histoire commence.

 

L’idée de reprendre un chien était dans l’air, depuis ma nouvelle vie de retraité ; Lionel, le copain de ma fille Nora, qui travaille avec les chiens, nous avait conseillé un Border Collie, une race très appréciée par les éleveurs de moutons pour ses qualités de berger.

Andréas se précipite sur Wikipedia pour nous montrer des photos et des infos sur cette race de chien. Comment l’appellerons-nous ? Et bien justement Wiki de l’hawaien wiki wiki qui veut dire rapide.

Deux jours plus tard, nous retrouvions devant l’école vétérinaire l’animal qui n’en menait pas large, dans un milieu urbain inconnu, effrayant, bien loin de sa ferme natale.

Nous ramenons donc un beau chien, terriblement stressé et craintif qui n’ose pas rentrer dans la maison, lui qui n’avait sans doute connu que l’étable et un bout de chaîne. Seule Clara arrive à l’amadouer et le rassurer.

Wiki4 Mais l’animal est jeune, ouvert et très adaptable. Il ne lui faut pas longtemps pour prendre ses marques et les habitudes d’un chien de compagnie.

 

 

 

Wiki est maintenant chez lui à la Buchette. Il a trois passions dans la vie :

 

La promenade, matin et soir. Dès que la journée commence, que je m’habille, enfile Laisse_1 mes chaussures, il ne pense qu’à une chose qu’il me signifie avec tous ses moyens d’expression. Et dès que je prends la laisse, c’est le délire, que le maître essaye de contenir.Wiki3_1

L’idéal c’est un grand champ où il peut enfin galoper sans retenue, ventre à terre, la langue pendante, retrouvant ainsi les grands espaces qui conviennent aux Border.

 

 

L’automobile, dès que l’occasion se présente, pour accompagner les maîtres dans tous leurs Wiki_1007 déplacements.

 

L’idéal c’est le camping-Car. Il y passerait bien sa vie entière. Dès que le fourgon est dans la cour, le chien surveille la première occasion de s’installer à sa place. Au retour, il est très difficile de l’en faire descendre. Le chat Betty partage le même intéret, après une acclimatation minimum.Laplacedewiki

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les jeux avec Betty, qu’il ne quitte pas d’un pouce, comme si Wiki_betty sa mission de chien de troupeau s’appliquait au seul animal à sa portée. L’idéal c’est, quand les maîtres s’occupent à couper la haie, courir après le chat Norb_haie dans les branches.

 

 

 

 

Bref , sous réserve de lui proposer des activités, Wiki s’est parfaitement adapté à son nouveau métier de chien de compagnie d’un maître fraîchement retraité.

 

Il a vraiment tiré un trait sur son passé professionnel de berger. Wikivaches

 

C’est avec une grande indifférence qu’il croise des troupeaux dans ses promenades.

 

 

Voici un exemple de reconversion professionnelle réussie.

 

Chien de berger, c’est un vrai métier ; tous les chiens n’ont pas forcément les aptitudes. En cas d’échec, il faut pouvoir bénéficier d’une seconde chance pour échapper à la réforme. Dans le cas de Wiki, c’est à une mort programmée qu’il a échappé. Merci Camille !

 

 

La vie des bêtes 1 : Betty

La première fois qu’on a rencontré Betty, au tout début du mois d’août , c’était pour aller la chercher, moyennant la grande échelle, bien en haut dans le pin sylvestre. Cette jeune chatte, encore bébé, très, très intéressée par la grimpette, n’avait aucune idée de la technique de la descente et avait mobilisé tout le voisinage par ses miaous déchirants. Peu de temps après et quelques griffures en plus, Danièle la confiait à Céline, notre voisine qui, malgré son sens élevé des responsabilités de maîtresse de chat, n’avait pu braver le terrible vertige qui la frappe dès qu’elle se trouve perchée sur la moindre chaise.

Betty La petite Betty était depuis deux jours à La Buchette et son goût pour l’aventure et l’exploration n’était pas épuisé. C’est ainsi qu’elle se retrouva rapidement dans notre maison, visitant partout de la buanderie à la chambre, du placard à la terrasse. Il ne lui fallut pas longtemps pour venir s’incruster en pleine nuit entre nos deux oreillers. Sans vergogne. Que faire de cette adorable passagère clandestine ?

Lorsque j’eus expliqué à Danièle que Céline cherchait à la donner, il ne fallut pas longtemps pour qu’on décide de l’adopter. Après tout, depuis la disparition de Zazie, la place était libre même si on pouvait penser qu’elle était irremplaçable.

Céline organisa alors la passation des pouvoirs, les recommandations et le carnet de santé de ce précieux bébé, dont nous apprîmes la courte mais dramatique existence : Céline est dans un bistrot à Romans ; un couple se dispute à coté : l’homme est violent, sans doute alcoolisé, la femme serre dans ses bras un petit chaton. L’homme veut s’en prendre au chaton, menace : « tu vas voir ce que j’en fais de ton chaton, je vais lui écraser la tête ». Céline, n’écoutant que sa passion protectrice des animaux, s’interpose ; elle arrache le chaton des mains de celle qui ne peut plus le protéger et l’emporte avec elle.

Betty allait donc connaître enfin la sérénité à la Buchette dans une famille adoptive heureuse de l’accueillir.

Vite dit.

Le lendemain au retour d’une course, nous retrouvons Betty sur trois pattes, miaulant désespérément au moindre mouvement. Vétérinaire, radio, la patte est cassée au niveau de l’humérus , il faut l’opérer et fixer une broche.

Betty_pansement Et nous ramenons Betty avec un beau bandage jaune et la consigne médicale impérative : repos absolu. Mais comment faire ? Réponse du corps médical : trois semaines dans une cage d’un demi-mètre carré.

 

Les trois semaines sont passées, dans la cage règlementaire, malgré les miaous déchirants d’appel à la liberté. Nous n’avons pas eu le cœur de refuser à la recluse la courte promenade, bi-quotidienne, du condamné. Mais quelle angoisse de la voir sauter dans les plantes vertes ou courir à fond la caisse après les mouches !

Heureusement, après deux mois tout va bien. L’os est ressoudé ; les broches, trop longues, ont été recouvertes par l’os en croissance…

Et Betty ne tient pas en place, passe ses nuits dans le quartier à chasser les souris ou à courir le guilledou – laissant ses maîtres dans l’inquiétude . Betty_bis_2

Vous savez : c’est comme avec les enfants qui ont été malades,

on se fait plus de soucis….

ma 1007 jaune (de Danièle)

A 55 ans et demi je m’achète pour la première fois une voiture presque neuve et je la choisis jaune. Pourquoi ?

Les enfants sont casés ou à peu près, il ne reste plus que Clara qui continue des études; alors que l’an dernier nous en étions encore à nous poser la question du financement des études d’Andréas et du redoublement de Claire qui n’avait pas envie d’attaquer l’internat en rentrant de Madras. Dans mon souvenir Mathias n’avait pas de travail non plus et Norbert réfléchissait aux moyens de prendre sa retraite sans nous contraindre à un mode de vie monacal.

J’ai plus de 50 ans et j’entre dans la catégorie de ceux qui peuvent s’acheter une voiture neuve ou presque neuve (les seuls ou presque! 55% des particuliers qui achètent une automobile neuve ont plus de 55ans !). Quand on n’oublie pas de me la verser, j’ai une prime de chef de service qui me permet de payer les mensualités !

Ma fille va quitter Lyon et aura besoin d’une voiture…à Limoges ou à St Flour….à moins qu’elle ne parte à l’Île de La Réunion pour suivre Raoul..

Zazie est morte et j’avais besoin de me faire plaisir, pour compenser, pour redémarrer, pour marquer le passage à une autre étape de ma vie.

Mes autres voitures, ce sont mes parents qui me les ont offertes:

ma Mini à 18ans (rouge), ma VW(blanche) à 21 ans parce que j’avais cassé la Mini (merci papa), ma Clio à 43 ans (merci maman) parce que j’avais divorcé et que je ne savais plus conduire (blanche aussi).

Les histoires de vie sont compliquées et simples. Elles peuvent s’écrire autour des achats de voitures et des couleurs de voitures. Comme pour la Clio , j’ai demandé conseil à mon frère qui m’a dit qu’il l’aimait bien, en jaune aussi.

Jaune parce que c’est, comme ma première voiture, la rouge, une vraie voiture plaisir et coup de coeur. Jaune pour être vue par temps de brouillard, jaune pour trancher avec toutes la grisaille des parkings de gare ou d’aéroport, jaune parce que c’est la couleur de la Poste, de Monnet et de Van Gogh. Jaune, un vrai jaune primaire, un très beau jaune comme les tournesols ou les colzas en fleurs, un jaune solaire.

1007 parce qu’elle a une porte coulissante-louvoyante (je trouve ça génial, beau comme un camion ou un utilitaire) et qu’elle se vend si mal qu’elle est soldée à 30% de sa valeur neuve. Et cet argument n’a pas laissé indifférente l’auvergnate que je reste.

Peugeot! c’est ma première et cela m’a fait de la peine de ne pas acheter à Carlos Ghosn (vraiment), un ancien de Michelin et de Clermont-Ferrand. Je lui lance ici un appel : Carlos, quand on ne s’achète que quatre ou cinq voitures dans une vie, ne penses-tu pas qu’il faille y réfléchir à deux fois. La 1007 me plaît plus que ta Modus et je ne saurai te dire pourquoi, un détail, un presque rien.

Pire, je vais te dire que si j’avais eu les moyens, c’est une Yaris que j’aurais prise; Une Toyota et sûrement pas une Nissan!

Ma 1007 jaune a des rétroviseurs chauffants et la climatisation et je la trouve superbe; et vous ne pouvez pas la râter: elle est jaune.

Norbert a une place dans ce choix et sur la carte grise; ce n’est pas totalement une voiture de célibataire. Mais cette place relève de l’intime que je n’ai pas envie de vous livrer (contrairement à Norbert qui aime bien raconter nos choix de couple). L’intime me paraît, avec le politique, le lieu où nous dépassons nos banales histoires de vies mises en coupe réglée par les statistiques et les scrutateurs du marketing. Alors je me le garde pour ne le partager qu’avec lui.

Retour de Suède


Ferry Nous avons quitté la Suède jeudi dernier ( fin juillet 2005) en prenant le ferry à Trelleborg : 7 heures de traversée qui nous épargnent 300 Km d’autoroutes et 2 ponts de 20 km. Arrivée à Travemünde en peine nuit juste après un violent orage. Direction plein Sud avec une halte dans la vallée du Main Maintal ( Würzburg, Kitzingen) pour le paysage …et pour faire le plein de Frankenwein, ce petit vin blanc frais introuvable en France. Et une étape dans les hauteurs du Kaiserstuhl, en face de Colmar, toujours entre les vignes.

Nous sommes de retour à La Buchette depuis dimanche soir. La fraîcheur de la météo ne nous a pas trop dépaysés. En deux semaines nous avons appris à déchiffrer toutes les nuances du ciel scandinave du grand bleu, des Ciel_3 nuages légers parcourant l’horizon, de la belle éclaircie, de l’interstice lumineux entre les lourdes nuées grises, de l’averse , du gros grain, au déluge , le tout pouvant se succéder dans l’intervalle d’une matinée.

Et puis l’eau partout, les archipels aux milles chenaux franchis par des pontsHuttrestrandweb , des ferrys, des barques, des bateaux de pêches ou des voiliers. Il n’y a pas un îlot qui ne soit visité, habité, jardiné, tondu, entretenu. Et la terre ferme mangée par les lacs, les étangs, les rivières.

Qu’est-ce qui donne l’impression d’être ainsi plus près de la nature, pour des français qui pourtant sont gâtés pour la diversité et l’abondance des Stugor espaces naturels. Sans doute, le goût des suédois pour le « stugor » , la maison en bois peint d’un rouge puissant au fond de la forêt, ou la hutte à deux pas de la jetée dans un minuscule port sur la Baltique, est-il communicatif ? Kaseberga

Un art de vivre qui ne nous déplaît pas, sous réserve d’agrémenter l’ordinaire de provisions de bons vins du sud et d’une gastronomie plus Tous_granemolla internationalisée, comme le pratiquent si bien nos hôtes Dorte et Ebbe.

Adieu ! Zazie.

Zazie Zazie, c’était notre chatte. Elle avait 13 ans. Elle est morte aujourd’hui, le premier jour de l’été. Cancer du foie. Ce n’était pas un chat ordinaire. Jusqu’à la fin, elle avait gardé sa vivacité, son élégance, sa taille fine (trop fine ! ces derniers temps, elle ne mangeait plus).

Et puis Zazie, c’était une dignité jamais prise en défaut, une grande discrétion même dans l’affection profonde qu’elle portait à ses maîtres.

Et puis Zazie, c’était un caractère. Pas de concession. Lorsqu’elle n’était pas d’accord, le coup de patte partait vite. Il fallait la connaître pour éviter le clash.

Zazie faisait partie de ma famille recomposée. Elle avait quitté Paris avec ses maîtresses, Danièle et Claire, sa fille, pour venir s’installer avec nous pour une nouvelle vie à La Buchette . Une aventure pour une chatte d’appartement qui avait découvert les escapades dans le voisinage, les bagarres -et les amours- des chats de la campagne.

Souhaitons-lui plein de joyeuses aventures au paradis des chats.

Oisans : de Ferrand en Sarenne

Cela faisait un moment que j’avais promis à Catherine de la retrouver à Clavans (le bas) où elle a reconstruit son minuscule chalet, Chalet_1 détruit par l’avalanche de 1982. Cette catastrophe avait rasé la moitié du petit village, rapidement reconstruit grâce à ténacité des habitants et aux indemnités des assurances. Sauf le chalet en question dont l’autorisation de reconstruction avait traîné pendant plus de 20 ans pour de sombres querelles administratives.

Pour monter à Clavans on remonte l’étroite vallée du Ferrand à partir du barrage du Chambon. Mais ce n’est pas ce chemin que je vais emprunter avec vous.

Commençons par le haut, comme si nous étions parachutés Col_de_sarenne au Col de Sarenne. Au nord, les sommets des grandes Rousses, Le Pic Blanc ( 3327m) en face de nous.

Au Sud, pour peu qu’on marche quelques minutes vers la croix de Cassini, on aperçoit les sommets majestueux des Ecrins, au dessus des Deux Alpes, Hautsarenne_1qui se prolongent vers la Meije ( 3983 m ) plus à l’Est. Autant dire que c’est pas de la montagne à vaches.

Les vaches c’est plutôt à l’Est sur le plateau d’Emparis, dont les amples ondulations se couvrent d’une herbe verte qui fait le Vaches_chemin bonheur des bovins et des ovins venus du sud. La transhumance, pratique pastorale qu’on croyait révolue avec la disparition des drailles, ces chemins qui coupaient à travers la campagne sur des centaines de kilomètres, a repris de la vigueur grâce au transport par route et grâce à la ténacité des groupements pastoraux qui ont rationalisé l’exploitation de Arrive_vaches l’herbe. Mais, attention ! On est à 2000 m, et les bêtes ne s’installent qu’à la mi-juin. Ce jour-là à Besse, c’est la pluie qui les attendait.

Au-dessous des alpages, des falaises sombres, presque verticales, constituées de schistes ardoisiers, plongent dans le Ferrand, en vis-à-vis de Clavans, installé sur une étroite corniche qui surplombe le ruisseau.

Dans cet environnement de rochers et de pentes abruptes, chaque parcelle un peu plane, chaque terrasse reçoit un potager Jardin méticuleusement tenu. Ce n’est cependant plus un village paysan : La majorité des habitants Pelles_ferme sont retraités ou en activité à Grenoble ou à Lyon. Mais il a toutefois gardé son apparence des siècles derniers qui tranche avec beaucoup de villages de l’Oisans devenus des stations à la mode.

Catherine et son ami sont attachés à mettre en valeur ces marques du passé, tel cet Lavoir ancien lavoir dont l’avalanche de 1982 a emporté le toit et une partie de la maçonnerie.

Mais revenons au Col de Sarenne relié à Clavans par une route pastorale praticable (et encore !) seulement aux beaux jours. En hiver, les propriétaires du refuge ne se déplacent qu’en moto-neige jusqu’à l’alpe d’Huez où les routes sont dégagées. Ce magnifique refuge a été reconstruit, à partir de 2003, sur les ruines de l’ancien, détruit 20 ans plus tôt par un incendie.

Le col de Sarenne , c’est aussi une étape mythique pour les cyclistes Huez_velo – après la fameuse montée de l’Alpe d’Huez et pour tous les randonneurs du GR 54 qui fait le tour de l’Oisans.

Moins ambitieux, nous avons choisi une promenade à la journée, à mi-pente en direction du lac de Quirlies au pied du glacier Lac_quirlies du même nom. Mais nous n’avons pas eu le plaisir de contempler sa surface bleu acier au milieu des pentes encore enneigés ; un départ tardif et un orage sérieux nous ont fait rebrousser chemin après les cascades du Ferrand.

Dancatferrand

Reste une découverte, banale pour les habitués, mais exceptionnelle pour les pauvres urbains de la plaine que nous sommes : les marmottes , sorties sur le pas de leur porte, dès que le Marmotte soleil réchauffe les pentes et tellement tranquilles sous l’œil des touristes.

Le jour du départ, sur les conseils de nos hôtes, nous sommes passés par le col de Sarenne, direction plein Ouest vers l’Alpe d’Huez. La Sarenne naît ici au pied du glacier éponyme, elle suit une vallée ouverte à la pente douce avant de s’enfoncer dans les fameuses gorges de Sarenne qui ont offert à la station une des pistes les plus longues du ski alpin : 1830 m de dénivelé depuis le Pic Blanc, 16 Km de long.

Une pause ensoleillée à Pierre Ronde, départ de deux Via Ferrata, Sarenne_huez et nous voici dans le domaine de la station de l’Alpe d’Huez et de son urbanisation explosive. Chaque année de nouvelles remontées ouvrent la Huez_avion voie à de nouveau domaines skiables, qui suscitent à leur tour l’afflux de nouveaux vacanciers qu’il faut bien loger dans de nouvelles constructions.

On imagine que les projets ne manquent pas pour coloniser à leur tour les vallées voisines, dont celle du Ferrand, afin d’offrir encore plus de possibilités dans un domaine skiable connecté à des espaces encore vierges. Le mouvement paraît sans limite.

La seule limite demeure la volonté des habitants et de tous ceux qui sont attachés à préserver une nature intacte et une activité agricole et touristique respectueuse de l’environnement .


La retraite aux flambeaux

 

Pari tenu pour cette soirée du 20 mai que nous avions choisie pour fêter mon départ en retraite. Ce sont finalement 100 personnes qui sont venues nous rejoindre à la Buchette et qui ont trouvé convivialité, musique et nourritures terrestres. Quant à la chaleur … c’est une autre histoire.

Les prévisions de la météo avaient changé trois fois dans les deux jours précédents la soirée. La première hypothèse, c’était : beau temps printanier. Plan A : tout le monde dans la cour, autour de la piscine et dans la piscine (couverte, elle était à 26 °). Deuxième scénario : froid et pluvieux. Plan B : tout le monde à l’intérieur autour de la chaleur des deux cheminées. Ciel_2

Les organisateurs scrutaient avec inquiétude le ciel changeant et parfois menaçant.

Et finalement ce fut le plan C : à part quelques gouttes en fin d’après-midi, la soirée fut douce et sèche. Nos convives égayés dans la cour ont eu quelquefois du mal à rentrer au couvert pour retrouver les tables dressées pour le repas.

 

 

 

C’est que les gaillards (… et la gaillarde – elles sont 8 fanfaronnes au total) Cuivres de la fanfare Piston avaient bien chauffé l’ambiance à la tombée de la nuit. Bien connue des lyonnais, cet ensemble réunit une trentaine d’étudiants de l’Ecole Centrale, renouvelée chaque année par l’arrivée des nouveaux et le départ des anciens. Depuis son passage à Centrale, voici 20 ans, Marc le frère de Danièle, n’a, lui, jamais quitté la fanfare.En dehors de ses compétences musicales (grosse caisse), il est très utile au groupe comme organisateur, chauffeur, grand frère et père nourricier. Et quand l’agenda de la fanfare le permet, Piston ne dédaigne pas une invitation à la Buchette. (Téléchargez la video de la fanfare – 8 Mo)

Apero_1 Cet apéritif qui s’est prolongé jusqu’à la nuit noire a permis à chacun de se retrouver dans les différentes tribus que j’ai fréquentées au long de mon parcours personnel et professionnel. Collègues du Ministère de l’agriculture ( je n’avais pas vu Anne, ma voisine de bureau depuis1981), copains de l’ANPE ( avec un fort noyau du centre de formation), militants syndicaux, camarades d’extrême gauche (dont certains toujours actifs, « plus que jamais », dirait Christian qui voit « se lever une nouvelle génération de révolutionnaires »…), amis et voisins de longue date.

 

A coté des tonnelles, à l’abri du préau les jeunes se sont vite trouvéSalon_jeunes un espace réservé: mes enfants, leurs amis et les « fanfarons » se retrouvent dans ce salon en plein air, entre bières et lumignons.

A la nuit tombée, la fanfare se déchaîne. Marie-Marthe me prend la main et m’entraîne dans un rock endiablé. Les couples suivent sur le gravier de la cour et Parisiennes2 nos amies parisiennes donnent libre cours à leurs penchants débridés.

 

 

 

 

Murielle prend le micro. C’est ma voisine préférée Mu_dd ( photo ci-contre avec mon fils cadet qu’elle entoure d’affection… ) : nous nous sommes trouvés en 1983 dans la même barre HLM et, depuis lors, les enfants ne se sont jamais quittés dans la cour commune des deux maisons mitoyennes que nous avions achetées ensemble. Et ma nouvelle vie avec Danièle à la Buchette ne m’a éloigné que de quelques kilomètres du voisinage.

Murielle est conteuse à ses heures. Ce soir, elle nous raconte comment la rencontre et l’échange redonne vie et espoir à cette vieille femme qui prépare, dans la misère et la solitude, sa « soupe aux cailloux ».

Lui succèdent au micro Dominique et Rose-Marie, mes amis et complices dans nombre de coups (les bons et les moins bons…) dans l’action syndicale. Ils parlent de la disparition d’un certain Nono, échappé du Centre de Redressement des Détraqués du Ci-boulot ( CRDC, service de l’ANPE où je travaillais jusqu’à ma retraite). Ils lancent un avis de recherche pour retrouver « cet individu heureux, [qui en est] d’autant plus dangereux ».

 

Jp_1 Mais ce n’est pas la « soupe aux cailloux » qui attend nos invités autour des tables, mais, pour commencer, deux magnifiques saumons marinés par les soins experts et professionnels de Jean-Pierre (il a appris son métier de cuisinier chez Gagnaire, une des meilleures tables de la région).

 

 

 

 

Autour des tables, l’émotion quelquefois s’installe No_laf_1 au détour des retrouvailles ou des rencontres. C’est un moment plus paisible de la soirée.

 

Il y aura encore bien des allées et venues, bien des témoignages d’affection (merci pour les cadeaux !), avant que Denis et Carole endossent leur rôle de photographes officiels de la soirée pour rassembler tout le monde à la portée de leurs objectifs.Tous

 

 

Les organisateurs sont satisfaits (on a toujours le trac avant l’évènement), les participants sans doute aussi. Pour moi c’était un plaisir, mais aussi une nécessité pour rendre compte des différentes facettes de mon parcours, pour tourner la page et aborder une nouvelle vie.

 

 

Pension complète à « La Buchette »

L’approche de certains examens peut amener une fréquentation particulière de la pension de famille « La Buchette » (c’est le lieu-dit où nous résidons). Par exemple : Claire la fille de Danièle, qui prépare le concours d’internat en médecine. C’est paraît-il, le plus difficile du cursus.

Les candidats, quel que soit le résultat aux épreuves, seront tous médecins mais la répartition entre les spécialités (généraliste, pédiatre ou radiologue ?) et les facultés (Besançon, Arras ou Limoges ?) dépend du classement national. La pression est donc maximum ; d’autant plus qu’il s’agit de réviser tout le programme de médecine.

Les étudiants travaillent seuls (rare et risqué), le plus souvent en petits groupes d’affinité. Au fil des semaines Claire s’est retrouvée dans un trio assez efficace à qui elle a proposé de se retirer à la Buchette ( c’est tout indiqué pour «bûcher » les matières !), dans un environnement calme et sans aucun souci matériel.

Ma nouvelle position de retraité me désignait naturellement comme cuisinier, intendant et coach de vie quotidienne.

Assez rapidement, le trio a trouvé son rythme. Ch_zen Travail sur table une grande partie de la journée dans une salle qui s’est remplie de cours, de livres, de copies de radios ou de scanners. Tout y passe : la psychiatrie, la pneumologie, la cardiologie, la pédiatrie … etc.

Et puis pour varier : interrogations croisées sur des cas cliniques (une fiche décrit la situation d’un patient : que faîtes-vous, quel diagnostic, quel traitement ?) au bord de la piscine ou sur la terrasse.Terrasse

 

 

 

Pour casser le rythme et se vider la tête : trois quart d’heure de course dans les chemins du village. Entre les montées et les descentes, le souffle a du mal à suivre et le garçon de l’équipe, mieux entrainé, distancie ses camarades. Et après une douche ou une tête dans la piscine, l’appétit aiguisé, les repas autour de la table familiale.

Repas

 

 

Pour moi, c’est la semaine courses et cuisine. Des pensionnaires qu’il faut bichonner et une fête pour ma retraite qui se prépare pour 70 à 100 invités. Après avoir fait appel à JP, un ami spécialiste du saumon mariné à l’Aneth et à Picard (la marque de surgelés, une vieille connaissance, puisque nous lui avions confié tout le repas de notre mariage) qui s’est installé à deux pas de chez nous, il reste beaucoup de choses à faire en auto-production : 10 Kg de Guacamole, 15 bouteilles cocktails maison, 100 parts de gâteau au chocolat… Les chariots du supermarché ne sont pas assez grands.

Reste la météo, sur laquelle nous n’avons, hélas, pas d’influence, et qui s’annonce variable pour notre soirée en plein air.

Le suspense reste grand encore sur le succès de cette festivité dont le Clairon se fera une joie de vous rendre compte.

Au bout du chemin : Maleval

Week-end pluvieux, ce 8 mai, à Maleval. Après des semaines de beau temps, le sol commençait à sécher grave. Brebis C’est d’ailleurs ce que pensent les brebis, impatientes de croquer la nouvelle pousse d’herbe.

Maleval, sur la commune de Saint-Clément (Ardêche), c’est un peu le bout du monde. D’ailleurs, le pays s’appelle les Boutières. On y accède par l’Est, en remontant la riante vallée de l’Eyrieux Eyrieux et en obliquant sur le cours de la Saliouse qui prend sa source juste sous le Mont Mezenc. Des paysages grandioses, mais austères.

On peut aussi arriver par l’Ouest en descendant de Saint-Clément Descente_st_clement le chef-lieu qui se trouve sur la corniche en bordure du plateau du Velay. Panorama saisissant, à-pic vertigineux, orgues basaltiques garantis !

Au lieu-dit La Mure on abandonne la route goudronnée. Un chemin de terre nous amène au fond d’un vallon, à 1000 m d’altitude. La forêt s’ouvre alors sur des pâturages en pente, longtemps envahis par la ronce et les genets. C’est là que Bernard s’est installé avec le projet de réhabiliter une ferme abandonnée depuis quelques décennies, d’y pratiquer l’élevage ovin et des cultures de pays et d’y aménager des gîtes d’accueil.

Le travail ne manquait pas pour débroussailler les abords, retaper le toit en lauze et surtout reconstruire le captage de la source, condition indispensable pour ramener la vie dans ce lieu.

Deux ans après le troupeau est installé, les cultures en place, un premier gîte opérationnel. Cet été Bernard pourra enfin aménager avec Nicolas dans le logement réservé à l’exploitant, situé dans une belle bâtisse annexe dont il ne restait que les murs. L’ami charpentier a donné libre cours à sa créativité en choisissant de soutenir le faîte du toit Charpente par un pilier en arrête de poisson, figurant ainsi un arbre, symbole cher aux Malevaliens .

Le secret de Maleval ? Le soutien du réseau des amis, de la famille, de tous ceux qui auraient eu envie de se lancer dans une pareille aventure et qui le vivent ainsi par procuration en soutenant ce Maleval_ter_1 projet. Le foncier est la propriété de 43 actionnaires réunis dans une société civile immobilière. Et un noyau de volontaires se succèdent sur le chantier.

Mais on peut aussi venir à Maleval, au gîte , pour se reposer, marcher, profiter d’une nature belle et sauvage, observer la flore et guetter les chevreuils.