Les mots justes

Ça y est Danièle s’est lancée. Biographe… Voici une activité qui rassemble trois de ses centres d’intérêt : l’écriture, la généalogie, la photo , sans compter un ingrédient indispensable : la curiosité pour les autres, leurs parcours, leurs peines et leurs joies.

Une fois terminée sa formation, elle s’est employée tout d’abord à créer un site « Les mots justes » qui présente son activité, et qui a pour ambition d’inviter tout un chacun vers une démarche de biographie. banniere les mots justes bis

Une démarche originale. Laissons donc à Danièle le soin de présenter son projet:

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« Comment j’en suis arrivée à écrire des biographies ?
Ingénieure agronome et philosophe de formation initiale, j’ai développé une passion pour l’écriture et les histoires de vie. Les paysans et les penseurs ont été mes guides.
Toutes les histoires de vie sont passionnantes : sur une trame commune, de la naissance à la mort, elles nous enseignent comment les accidents de la vie, les rencontres, les succès et les échecs, construisent la singularité et l’humanité de chacun
La pratique de la généalogie et celle de la photo m’ont donné envie de proposer une offre spécifique et, je l’espère, originale et attrayante pour qui souhaite faire écrire sa biographie :
– à partir de vos recherches généalogiques, écrire l’histoire d’une famille à travers les portraits, les lieux, les métiers…des ancêtres les plus emblématiques de la lignée;
– à partir de vos photos de famille, laisser remonter les souvenirs, les anecdotes, les émotions et écrire une histoire de vie abondamment illustrée.
Trouver les mots justes
Trouver la forme et le mot juste pour donner le juste relief à vos souvenirs et les transmettre; c’est un travail passionnant qui se fait avec vous. Toutes les histoires ne sont pas de grandioses épopées, mais toutes méritent d’être racontées et vous verrez combien ce travail de mémoire est important pour vous et pour vos proches.
Je n’accepte que peu de commandes pour travailler avec plaisir et rigueur sur chaque projet. Je travaille toutefois au sein d’un réseau de professionnels formés comme moi à l’écriture et à l’écriture de biographie, avec lequel je peux vous mettre en contact en cas d’indisponibilité de ma part.
J’aime aller jusqu’à la réalisation du livre de votre biographie pour vous accompagner jusqu’au bout dans le projet qui vous tient à coeur, mais vous pouvez aussi le confier à l’imprimeur de votre choix. »

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Lesmotsjustes  n’est pas un simple site-vitrine. Il abrite aussi un blog (vous pouvez vous abonner en ligne, le site est accessible aussi sous androïd)) qui nous donne à voir les différentes facettes d’une oeuvre de biographe, par exemple : raconter à travers un livre (photos souvenirs, cartes postales,  et textes) un voyage qui vous a marqués. rocapina ter-

Vous aurez donc compris que Le Clairon suivra avec attention et bienveillance le parcours de ce nouveau site.

Longue vie et succès aux Mots Justes !

Montagnieu : Drôle d’endroit pour une rencontre familiale

Montagnieu est un petit village de l’Ain, perché sur les contreforts méridionaux du Jura, dominant la vallée du Rhône. Il est connu et apprécié depuis longtemps pour son vin blanc pétillant qu’on dégustait, à côté des beaujolais, dans les bons bouchons lyonnais. Et le train amenait dès le début du XXème siècle, sa cargaison de visiteurs endimanchés.pentes montagnieu
C’est ce petit village viticole, déjà peuplé de résidences secondaires, qui retint l’attention de mes parents, en virée touristique loin de Sète où ils résidaient alors, un beau jour de l’été 1946.vin Une halte au Café Archirel (toujours actif de nos jours) pour un casse-croute (une omelette aux champignons p.ex) accompagnée des bulles d’une roussette bien fraîche, les a vite décidés (ma mère, sans doute, plus téméraire que mon père) à donner suite à la proposition de l’aubergiste d’acheter la maison d’en face à Mme Bouvard, récemment veuve d’un musicien de l‘Opéra de Lyon.
Une maison de vacances

Le 17 juillet 1946 ils prenaient ainsi possession de cette maison grande, à la simplicité rustique, bâtie par quelques générations de paysans sur le rebord extrême de la pente, face à une vue imprenable sur la vallée d’un Rhône alors encore sauvage.
C’est à la suite que la famille (ma sœur, mon frère puis moi, bébé, dès l’été 1948) passa les étés du 1er août au 15 septembre dans ce que nous considérions comme un petit paradis, en délaissant les plaisirs torrides de la plage de Sète, ce qui déclenchait l’incompréhension de nos interlocuteurs qui rêvaient, eux, de bord de mer.
Sortis dès le matin, nous n’avions de contrainte que les repas et un couvre-feu très élastique. Les cabanes à construire sur Saint-Didier, les espaces à parcourir en Chépieu, le tour de la montagne en revenant par Seillonaz, le panorama du Saut de la Biche, les après-midi auprès de l’eau le long de la Brivaz ou les virées en vélo au lac d’Ambléon, les ballades sous la lune dans les chemins creux, notre programme d’activités était sans fin, sous la simple direction d’une bande de gamins enjoués et remuants. Quelquefois , ce sont les familles entières-2,3 générations- qui partaient en balade sur les chemins herbus (ici en 1953 avec les Berthier).bis--2
Le charme de cette vie libre, au cœur de la nature nous aimantait vers Montagnieu. Après les vacances d’été, c’est Noël et Pâques qui nous rassemblaient autour d’un simple poêle à bois dans une maison gelée. A chaque approche des vacances, ce départ dans la Renault Seltaquatre (moi j’ai plus connu la Dyna Panhard, puis la Ford Vedette, plus récentes) pour un long et fatigant voyage (400 km depuis Sète sur les routes anciennes) était attendu et tant désiré.
Paradoxalement, c’est lorsque nous nous sommes rapprochés en nous installant à Lyon en 1963, que nos liens avec Montagnieu se sont distendus : j’avais 15 ans, marc 20, Dany 23, les centres d’intérêt, les amitiés n’étaient plus les mêmes.

Sans les enfants
Nos parents étaient restés fidèles au village, souvent sans les enfants. Le repos après des semaines fatigantes, un avant-goût de retraite qu’ils s’imaginaient paisible dans cette maison qu’ils avaient progressivement aménagée pour plus de confort. Mon père partait tôt le matin avec le chien pour de longues promenades, ponctuées de quelques rencontres, un paysan faisant ses foins, une bergère amenant ses chèvres- ces échanges simples avaient du prix à ses yeux- ma mère préférant le jardin ou la lecture. Quelquefois l’un ou l’autre des enfants venaient les rejoindre le temps d’un WE (ici, moi en tenue post-soixante-huitarde en Chépieu par un matin givré)bis-1976
Puis vint le temps des petits-enfants, des familles dispersées : Paris, Limoges, Bruxelles, Poitiers qui pouvaient se réunir dans ce lieu qui leur avait été commun. Mes enfants, mes neveux en ont de bons souvenirs. Mais mes parents étaient gentils, cordiaux, mais pas vraiment sociables. Il fallait attendre l’invitation ou susciter l’autorisation de s’installer dans cette maison qui n’était pas faite pour accueillir du monde (juste 2, puis 3 chambres).
Et la retraite attendue s’éloignait toujours (le commerce à tenir, les crédits à rembourser, la difficulté de vendre dans de bonnes conditions). Si bien que mon père n’en profita pas, c’est à Montagnieu, en 1976, avant ses 70 ans, qu’il ressentit le malaise cardiaque qui l’emporta.

Aller retour

Ma mère ne put prendre sa retraite qu’en 1980 après avoir réussi à vendre l’affaire. Dans son esprit, elle comptait donner suite au projet du couple : c’est à Montagnieu qu’elle finirait ses jours. En conséquence, elle quitta son appartement en location, près de son commerce à Lyon, et installa son déménagement à Montagnieu dans ce qui devait devenir son domicile principal. Pas pour longtemps …
Une fois passée l’euphorie des beaux jours, la crainte de l’isolement (Montagnieu est un désert l’hiver) l’emporta vite. Et puis ma mère n’avait pas le même goût que mon père pour les joies élémentaires de la nature, pour les échanges simples avec les villageois.
Alors, ce fut vite expédié : en quelques jours elle acheta – à distance, sans le visiter – un appartement dans le quartier lyonnais qu’elle connaissait et le déménagement fut programmé.

Une maison de famille un peu délaissée
Dès lors, notre présence à Montagnieu fut épisodique ; notre mère n’y résidant plus sans la présence de l’un ou l’autre de la famille. Il fallait tout de même s’occuper du jardin, sortir les jardinières et vidanger l’eau pour l’hiver. Les contraintes l’emportaient sur le plaisir de retrouver le village. bis-Cela dura encore de nombreuses années, jusqu’à ce que tout le monde se résolût en 1994 à vendre la maison, à un acheteur qui envisageait d’y prendre sa retraite dans un futur proche. A la différence de ma mère, il a donné suite à son projet, elle est toujours occupée de nos jours.
Ainsi s’est clos un cycle de près de 50 ans, autour de ce qu’on peut appeler une maison de famille. Ce terme évoque une permanence, une transmission entre générations, un lieu de mémoire qui dans les faits relève du fantasme. Les itinéraires des individus et des familles, la mobilité qui s’impose, les discordes, les divorces ont eu raison de nos jours de la maison de famille. Désormais, elle passe de main en mains, dans des mains étrangères, avec, à chaque fois des usages et des projets singuliers.
Mais nos souvenirs, notre relation aux lieux, au type de nature subsiste. C’est pour cela que j’ai eu l’idée de rejoindre mes nièces pour fêter mes 67 ans au restaurant Rolland aux Granges de Montagnieu avec tout le monde de ma famille recomposée. Bref, la maison de famille, n’a pas besoin de quatre murs et un toit, chacun la porte en lui, dans son cœur.

Danièle a été inspirée par cet évènement et nous livre sa réflexion sur les réunions familiales
Quand nous avions 20 ans ou même 30 ans, nous détestions, Norbert et moi, les grandes réunions familiales, et encore plus les repas de famille au restaurant.
Et puis voilà, le temps passe et quel plus grand plaisir pour nous que de retrouver tout le monde répondant à notre invitation !
Avec l’expérience et l’âge, c’est comme si nous avions compris les bienfaits de ce formalisme que nous trouvions ringuard et faux…et puis peut-être les temps ont-ils changé et peut-être avons-nous compris ce que chantait Bob Dylan il y a cinquante ans : le présent deviendra le passé et ne critiquons pas ce que nous ne pouvons pas comprendre.BOB_DYLAN_BOB+DYLAN-353899

« Venez écrivains et critiques qui prophétisez avec votre plume, allons sénateurs et députés écoutez l’appel, venez pères et mères de partout dans le pays et ne critiquez pas ce que vous ne pouvez pas comprendre…As the present now, Will later be past, The order is rapidly fading. And the first one now, Will later be last, For the times they are a-changin’. »

Maintenir le lien a du sens, un lien plus conscient des différences et des divergences que ne l’était celui que voulait construire nos parents, un lien qui laisse chacun libre de ses choix (de partenaires, d’éducation des enfants, de mode de vie, de décoration de son intérieur, d’idéologie…),ter-5951 un lien de convivialité tout simplement qui ponctue nos vies de moments dont on se souvient.

Vous les jeunes, vous êtes plus enclins que nous à rechercher vos racines et à comprendre ce qui du passé vit encore en vous, s’y répète et parfois vous fait souffrir. Nous avions plutôt tendance à croire que notre histoire individuelle était de notre unique responsabilité et que seuls les déterminismes sociaux pouvaient nous assigner une place qui n’était pas la nôtre. Avec l’âge et l’expérience, on en vient sans doute à comprendre que notre histoire personnelle découle de mécanismes mêlant psychologie individuelle et courants sociétaux, mais qu’il nous reste aussi une bonne part de liberté pour faire nos choix et être heureux.

Le formalisme des rencontres familiales est une manière bien agréable de se retrouver, d’apprendre où en est chacun et de se dire que la vie vaut la peine d’être vécue car, au-delà des soucis de chaque jour, des ruptures et des déménagements, nous construisons une famille où nous pouvons compter les uns sur les autres et nous avons des racines dans les lieux où nous avons vécu.bis-5966

Charlie : des jeunes sur la réserve

Les attentats des 7,8 et 9 janvier nous ont bouleversés. Nous sommes nombreux dans notre entourage à avoir participé aux grandes manifestations du 11 janvier, avec notre pancarte « Je suis Charlie ». Dans les cortèges, des citoyens ordinaires, plutôt bien insérés, beaucoup d’anciens soixante-huitards comme moi. Et puis des jeunes parents , des enfants… Comme notre famille ci-dessous. Cette mobilisation historique nous est apparue comme une nécessité, comme une évidence partagée.bis-1040481
Partagée ?… Pas tant que ça en tendant l’oreille, en scrutant Internet, en suivant les discussions des proches sur les réseaux sociaux. Et particulièrement auprès de la jeune génération, aux trentenaires, à certains de nos enfants et de leurs amis. Comment interpréter ces réserves, voire cette franche hostilité vis à vis de ce mouvement citoyen ? C’est du coup une multtude de questions qui sont soulevées.
Comment expliquer le parcours des auteurs des attentats ?
Si les motivations exprimées par les terroristes sont sans ambigüité : défense d’un islam intégriste et s’imposant par la violence et solidarité avec l’«état islamique » attaqué par les forces occidentales, on s’interroge pour savoir comment ces jeunes français en sont arrivés là .djihad Inutile à mon sens d’en faire des porte-paroles du malaise des banlieues, les frères Kouachi ont vécu une bonne partie de leur adolescence en Corrèze et Maxime Hauchard, complice d’une décapitation orchestrée par Daesch, est originaire d’une petite ville tranquille de Normandie. La tranquille cité de Lunel a fourni une vingtaine de djihadistes aux combats de Syrie. Des jeunes sans doute bien paumés qui sont tombés dans la fascination d’une violence valorisée et mise en scène sur Internet et/ou par le biais de prédicateurs en prison. Les succès militaires sur le terrain moyen-oriental ont apporté à Daesh une visibilité et une attractivité à un niveau dont n’a jamais bénéficié Al Qaïda. C’est bien un état fasciste qui se constitue sous nos yeux entre l’Irak et la Syrie et le fascisme a toujours su attirer et mobiliser les jeunes paumés et les voyous même au-delà de ses frontières. Une autre question est la réaction des «quartiers ».

Les «cités» absentes des cortèges ?
Peu de jeunes de ces zones difficiles dans les cortèges à Paris et dans les grandes villes. Quelques incidents dans les collèges au moment de la minute de silence. Des prises de becs plus ou moins menaçantes ici ou là. L’islam brandi comme un étendard face à l’humiliation ressentie par une population sans espoir de trouver une place dans notre société. Un islam fruste et intolérant , bien différent de celui, discret, des pères ou des grands pères.
Evidemment, la ségrégation, l’échec scolaire, les discriminations à l’emploi et au logement alimentent le désespoir. Et les regards sont tournés aussi vers Gaza, la politique jusqu’au boutiste du gouvernement d’Israël et vers les faits d’armes de Daesh.
En dehors de la religion, les thèses anti-système, les explications complotistes fleurissent aux dépens d’une recherche honnête d’informations. Internet en est le vecteur privilégié.
Mais les quartiers difficiles n’ont pas le monopole du scepticisme et du soupçon. Dans mon entourage « Je ne suis pas Charlie » a trouvé des soutiens et des arguments.

Même dans les beaux quartiers et les périphéries tranquilles : les jeunes s’interrogent.
Tout le monde a constaté sur les réseaux sociaux et sur les messageries l’explosion des échanges, des textes, des arguments et des contre-arguments suscitée par ces évènements. D’un coté les « Je suis Charlie » se contentaient souvent de relayer la pancarte standard ou des caricatures. De même dans les manifestations le silence, les applaudissements, ou les clameurs ne laissaient pas de place à des expressions singulières. Nul doute que les motivations des uns et des autres étaient extrêmement diverses, mais elles s’effaçaient devant cette évidence : il était urgent, indispensable, vital de répondre à l’évènement et de se retrouver ensemble nombreux dans la rue.charlie_11_janvier_2470_north_640x360_transparent
Mais de retour à la maison, on s’apercevait que l’unanimité n’était que relative. Entre ceux qui avaient choisi de ne pas participer aux manifs et ceux qui proclamaient haut et fort « Je ne suis pas Charlie », on découvrait des proches qui mettaient en cause ce mouvement. Cela donnait lieu à de longues argumentations destinées à expliciter les raisons de cette opposition qui était ressentie comme une abstention coupable par les « Je suis Charlie ». Faisons un tour rapide de ces arguments .
complot– Le fait que le gouvernement soit clairement intervenu dans le lancement de la manif en a géné plus d’un : la survenue des évènements arrangeait bien les politiques, estimaient-ils. Les thèses complotistes (voir l’enquète IFOP) n’étaient pas loin, à l’instar de Jean-Marie Le Pen qui reconnaissait sans hésitations la marque des services secrets …
– Beaucoup de commentaires anticipaient avec crainte une récupération politique, de la gauche pour redorer le blason d’un gouvernement déconsidéré ou de la droite pour mettre en avant ses options sécuritaires et anti-immigration.
valls charlie– Et puis le mot d’ordre « Guerre au terrorisme ! » s’est rapidement retrouvé dans la bouche de Valls comme dans celle de Sarkosy. Elle rappelait la croisade funeste de GW Bush qui s’est terminée piteusement en Afghanistan et en Irak : la guerre à 3000 milliards de § et combien de morts ? Tout le monde sur le moment avait oublié, semble-t-il, le discours de Villepin du 14 février 2003 à la tribune de l’ONU qui a refusé le soutien de la France à la coalition.
– Derrière le scepticisme de ces jeunes qui n’ont pas manifesté, une hostilité totale envers le « système » qui englobe la finance internationale , l’impérialisme américain, les médias aux ordres et le personnel politique. Dans ce cadre-là, toute action collective qui ne s’attaquerait pas aux racines profondes du mal serait vouée soit à l’échec , soit à la manipulation. On voit , en creux, dans les analyses exprimées l’attente incertaine du grand soir ou bien la foi dans la portée universelle des petites révolutions personnelles qui, un petit matin, donneraient naissance à un monde nouveau.

Décidément , ces événements de janvier ont mis à jour la sécession d’une certaine jeunesse qui n’a plus beaucoup confiance dans les institutions (dans certains cas , c’est un euphémisme!). Elle touche les populations des quartiers en difficulté mais aussi le reste plus ou moins inséré de cette génération.

Les questions posées sont éminemment politiques.
Cette demande de politique (même si elle se cache sous le voile de la religion ou de la revendication identitaire pour les jeunes issus de l’immigration) ne trouve pas en réponse d’offre politique adéquate et crédible.
Les leaders d’opinion informels prospèrent sur Internet : bien à droite comme Dieudonné, Zemmour, ou Soral. Ailleurs comme Lordon, Berruyer,Chouard, Jorion, Mermet. Chacun cultive avec soin le cercle de ses fans : Les « gentils virus » d’Etienne chouard, les « AMG » et ses Café repaire de Mermet privés d’antenne sur France Inter dorénavant sur la toile…
Les partis ont du mal à capter cette humeur anti-capitaliste, même à la gauche de la gauche (Front de Gauche, etc). De leur coté, les verts restent relativement coupés d’une frange importante d’écologistes radicaux (les ZADistes de Notre-Dame des Landes, de Sivens ou de Roybon …).
On se prend à se tourner vers le Sud, à observer le vent nouveau de Syriza ou de Podemos. Annoncent-ils un renouveau de la politique à l’échelle de l’UE ?
Face à ces interrogations écoutons les artistes, les poètes, les philosophes.
JMG-Le-ClezioEt notamment JMG Le Clezio, prix Nobel de litterature , cet arpenteur du monde et des cultures qui écrit une lettre à sa fille au lendemain des grandes manifestations de Charlie.

«… Rien ne se fera sans la participation de tous. Il faut briser les ghettos, ouvrir les portes, donner à chaque habitant de ce pays sa chance, entendre sa voix, apprendre de lui autant qu’il apprend des autres. Il faut cesser de laisser se construire une étrangeté à l’intérieur de la nation. Il faut remédier à la misère des esprits pour guérir la maladie qui ronge les bases de notre société démocratique.

Je pense que c’est ce sentiment qui a dû te frapper, quand tu marchais au milieu de cette immense foule. ­Pendant cet instant miraculeux, les barrières des classes et des origines, les différences des croyances, les murs séparant les êtres n’existaient plus. Il n’y avait qu’un seul peuple de France, multiple et unique, divers et battant d’un même cœur. J’espère que, de ce jour, tous ceux, toutes ­celles qui étaient avec toi continueront de marcher dans leur tête, dans leur esprit, et qu’après eux leurs enfants et leurs petits-enfants continueront cette marche. »

Pilat : du Gour d’Enfer au Gouffre d’Enfer – une semaine au-dessus des nuages

On était parti pour visiter une exposition de photo animalière à l’île du Beurre sur les rives du Rhône à Condrieu. L’exposition était de qualité mais toutes les activités de plein air décevantes : ni oiseau, ni castor à observer et l’atelier « signes, traces et empreintes » était complet…avec même une liste d’attente. De toute façon, la grisaille était tenace et ne se dissipait que l’après-midi

A la découverte de Condrieu, nous découvrons une localité toute en contraste : au café du coin, on ne parle que crise et chomage, mais le boucher qui exerce sur la N86 vend du bœuf de kobé et de l’angus d’Australie et le vendeur de vins son voisin ne semble pas mal vivre en écoulant des condrieu à 39 € la bouteille. Plus modestement, nous nous contentons de l’achat d’un casse noix et de noix fraiches. Le moderne quincailler nous conseille le producteur de Condrieu qu’il préfère.

En route, pour la maison Fachin* au milieu des vignes qui surplombent le rhône. Nous sommes reçus par Mauricette, la vigneronne dans sa superbe maison qui domine la vallée, dans ce terroir vertical de l’AOC Condrieu  qui s’étend entre l’appellation Cotes Roties et Saint-Joseph, un beau voisinage ! bis-7178

Des vignerons qui travaillaient autrefois à Vienne et ont repris la terre embroussaillée de l’arrière grand père au moment où l’INAO (Institut National des Appellation d’Origine) cherchait des producteurs dans les années 76 pour un vignoble de Condrieu alors en plein déclin . Activité accessoire au début , la vigne a pris progressivement toute la place chez les Facchin. bis- A force de travail, ils ont remonté un vignoble, une maison, des installations de vinification…et leurs vins sont délicieux, de délicats Condrieu (blancs, forcément blancs vu la réglementation de l’appellation), plus ou moins boisés et un rouge puissant mais subtil (qui doit se contenter d’une appellation vin de pays). Mais ce « Gour d’Enfer » à base de Syrah et d’une touche de Viognier n’a rien à envier à bien des Côtes Rôties. Une fois les soutes du camping-car remplies des précieuses caisses, vers quelle destination allons-nous avancer ?

Redescendre dans la vallée embrumée jusqu’à midi ne nous dit rien, nous partons vers Pélussin où se tient une exposition de photos du club de St Chamond à la maison du parc. Discussion technique avec les photographes qui sont là pour l’accrochage : tirage, présentation, aides reçues, tarifs du club, nombre de réunion. Très ouverts et très dynamiques pour un jeune club qui n’a que 3 ans et 40 adhérents.

Une photo retient particulièrement notre attention : le mur du barrage du gouffre d’enfer ! Il s’agit d’un très vieux barrage (1862) que l’on atteint à pied ou en voiture à partir de Rochetaillée. La voie est un peu étroite pour le camping car, nous y allons à pied. Nous ne sommes pas les seuls : entre promeneurs, joggeurs et adeptes des sports verticaux (via ferrata et superbe tyrolienne) il y a foule au barrage ! Et la vue vaut le détour.bis-7233

Cet ouvrage est construit dans la vallée du Furan sur un terrain granitique. Financé par l’État il devait atteindre plusieurs objectifs:

  • alimenter en eau potable la ville de Saint-Étienne qui était en pleine croissance industrielle,
  • protéger la ville contre les inondations du Furan
  • maintenir un débit constant en évitant l’étiage du cours d’eau lors de la période estivale qui mettait au chômage les nombreuses usines utilisant la force hydraulique.

Le lendemain nous allons voir son jumeau, le barrage du Pas de Riot, un peu moins impressionnant mais très beau aussi.

Nous nous apercevons que St Etienne et la vallée du Gier sont entourées de barrages sur les torrents qui descendent du Pilat : l’ondaine , le Furan, le Gier, le Dorlay, le Couzon . A quoi sert toute cette eau et pourquoi ne pas la prendre dans la loire ? Pour en savoir plus, nous allons jusqu’au saut du Gier. Un bout du monde où toutes les maisons sont habitées par des néo-occupants, pas tous très accueillants. Demi tour, nous n’irons pas plus loin que le chirat qu’il faudrait traverser.ter-7244

Le brouillard ne cède pas en vallée du rhône, ce qui nous vaut de très belles vues à chacun de nos passages au pied du Crêt de l’Oeillon. bis-7287

Nous bivouacons au Bessat à partir duquel nous rayonnons depuis trois jours. Jolie petite station à 1200m où le boulanger est fier de continuer l’oeuvre de son arrière grand père.

Toutes les bonnes choses ont une fin et nous prenons la route du retour vers la vallée du Gier, après un café ensoleillé à l’auberge du col du Collet où des troupes de chasseurs se préparent à forcer le sanglier avec leurs gilets phosphorescents…tout en nous assurant que nous pouvons partir en promenade par les chemins ! Un couple d’allemands amoureux du Pilat déjeune à coté de nous ; ils quittent les lieux à regret en s’inquiétant de la traversée de Lyon.

Là-haut l’Oeillon veille toujours sur cette vaste vallée où, de Valence à Lyon, chacun aperçoit son immense antenne de 80 m qui se dresse au dessus du chaos de granit. bis-7220

*Domaine Facchin – Les grands Maisons 42410 Vérin- 04 74 59 58 91

Ballade en Auvergne : zones humides sous le soleil

bis-7107C’est par hasard que nous sommes arrivés au lac d’Aydat une fin de journée d’Octobre. Le lac, sa zone humide reconstituée depuis deux ans et demi alors qu’elle avait été comblée dans les années 70 et sa petite église. En 2000 il devenait clair que la qualité du lac était menacée par l’eutrophisation. Un programme important de remise en état de la zone humide a été alors mis en place avec succès.

Une halte pour camping car, déserte et gratuite en fin de saison, nous accueille entre l’église et la zone humide où les ornithologues sont à l’affut avec leurs pieds, leurs longue-vue, jumelles et longs téléobjectifs.

Rien de bien passionnant à observer aujourd’hui sauf quelques couples de canards col-vert qui prennent le soleil, mais on discute ; de la présence du râle d’eau que l’on entend sans le voir, du cincle plongeur qui s’envole sous nos pieds et même d’un balbuzard pêcheur présent la semaine précédente ….bis-7074

Au bout de la zone humide, nous consacrons un petit moment à la belle petite église romano-gothique que même sa flèche du XIXeme siècle ne parvient pas à enlaidir.

Elle est classée à l’inventaire du patrimoine depuis les années 1970 seulement. Mais on se prend à rêver de l’histoire de cette modeste église de campagne qui daterait du XIeme siècle, débutée en style roman, dont la construction s’est poursuivie en style gothique (pas flamboyant)…et qui penche résolument malgré les contreforts dont elle a été dotée sous forme de 4 grosses tours.bis-7076

Un coup d’oeil à l’intérieur nous confirme les difficultés de l’ouvrage avec la verticalité, illustrées sur la photo ci-dessus: Non ! il ne s’agit d’une déformation optique qu’il conviendrait de corriger sur un logiciel de traitement de l’image .  Ce sont bien les structures de l’édifice qui ont divergé , sous l’effet sans doute de la plasticité du substrat sur lequel reposent les fondations.

Le tour du lac nous conduit vers les charmants chalets cachés dans les bois de la rive la moins accessible etbis-7098 la plage nudiste (fréquenté surtout par les gays, affirment les mauvaises langues) interdite depuis 1998 mais très fréquentée les jours ensoleillés. A l’horizon, le Puy de Dôme tout proche. Le naturisme était traditionnel dans la région comme le montre ce vieux documentaire de l’INA.

A chaque époque, sa conception de la nature !

L’envie de voir le cincle plongeur, petit oiseau gris à plastron blanc sédentaire de la taille d’un merle dont la seule particularité est sa capacité à marcher sous l’eau pour chercher sa nourriture, nous conduit à Montfermy dans la vallée de la Sioule (conseil d’ornithologue).bis-7151 Le cincle est bien là, discret mais facilement visible pourvu qu’on fasse preuve d’un peu de patience et d’une certaine connaissance de sa manière de vivre : le suivre quand il vole au ras de l’eau, voir où il se pose (pierre maculée de fientes), se rapprocher et déclencher. Il n’a, hélas, pas daigné nous faire une démonstration de ses étonnantes capacités de plongeur et de marcheur sub-aquatique !

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Monfermy a d’autres beautés au milieu de la vallée de la Sioule désertique : les nombreux méandres de la rivière (malgré la forte pente), sa cascade qui alimenta un moulin disparu, sa belle église perchée au milieu du tout petit village de 10 maisons (18 morts pendant la guerre de 14-18 néanmoins) et … la rave organisée dans une vieille ferme au milieu de nulle part que nous découvrons parce que notre bivouac de la nuit est un des rendez-vous des participants.

La pluie nous chasse et nous reprenons l’A89 pour rentrer. Une Auvergne toute proche de Clermont-Ferrand, accessible rapidement par l’autoroute (arrivés par l’A89 et l’A75 au sud, nous repartons par l’A89 et l’A71 au nord). Une Auvergne où nous reviendrons pour retrouver cette image d’un matin si calme et si paisible.bis-7045

Manger

Respirer, Boire, Manger, Bouger . Voilà bien les fonctions essentielles pour tous les organismes animaux, dont nous faisons partie.

On y pense quelquefois , on oublie souvent. Heureusement ! Cette évidence, cette insouciance, voilà bien le privilège de la bonne santé.

Et rien de tel qu’un épisode pathologique pour en retrouver la conscience. Une semaine d’une gastro-entérite sévère, prolongée, avec une vraie incertitude sur le diagnostic – en attente de longues analyses – et donc sur les perspectives de guérison . Finalement le coupable s’appelle Campylobacter.

Manger n’est plus alors une nécessité naturelle, une envie à satisfaire,un plaisir à partager . Manger devient un problème ! Un gros problème.

  • Tout d’abord la faim qui disparaît. Cette petite tension qu’on ressent à l’intérieur quand l’heure du repas approche, quand on commence à s’agiter dans la cuisine, que les bonnes odeurs se signalent à notre odorat. Tous ces prémisses disparaissent. Rien !
  • Et puis si jamais on insiste (tu es sûr que tu ne veux rien manger?), si jamais on se met à table , le dégoût n’est pas loin. Le regard se détourne du rôti de veau Orloff préparé par Nora pour sa petite fête, l’idée même d’y goûter est repoussée vigoureusement.roti_de_veau_orloff
  • De toute façon manger, sortir de cette diète imposée, est vécu comme une prise de risque. La peur de manger impose sa loi.Toute nouvelle ingestion s’annonce comme le prélude à une nuit blanche, le ventre douloureux, rythmé par les passages aux toilettes. Alors mieux vaut s’abstenir !

Finalement on ne pense plus à se nourrir. On s’en passe plutôt bien. On peut ainsi passer plusieurs jours sans manger, à condition de faire bien attention à s’hydrater. Quelques kilos en moins sur la balance, personne ne s’en plaindra.

Et puis un jour ça s’arrête !

Une bonne nuit , un petit déjeuner qui passe bien, on est prêt à reprendre ses activités habituelles. Et dans mes activités habituelles, l’approvisionnement de la maisonnée et la cuisine figurent en bonne place.

Direction le super-marché. On dit souvent : ne pas faire ses courses quand on a faim. On risque d’avoir les yeux plus gros que le ventre et de faire des achats irraisonnés. A l’inverse, comment faire des courses si l’on est dégoûté, déserté par ses envies  ? Je m’aperçois vite que j’ai heureusement oublié le ventre douloureux des jours précédents et retrouvé ma curiosité alimentaire. AvocatCes crevettes sauvages me font de l’oeil au rayon marée, j’imagine déjà les avocats dans leur garniture d’oeufs de Lumpe et je craque pour une pâtisserie au chocolat habituellement blacklistée de mon régime. Au rayon fromage je m’organise un match entre Beaufort d’été et Beaufort standard, les deux se retrouvent dans mon Caddie. Plus loin, c’est la pleine saison des tomates bien rouges aux cotés de généreux chous d’un vert intense, les champignons de Paris, si pâles, jouent le contraste au rayon Légumes. bis-4501

Retour à la maison où je rajoute à mon menu (avocat aux œufs de Lumpe, escalope de dinde grillée, gâteau au chocolat) les haricots verts frais d’hier ainsi qu’un peu de pollenta. Me voilà à table devant un verre de rosé de Provence de la Sainte-Victoire. Un vrai bonheur !verre rosé

Bienvenue pour ce retour dans la communauté des humains en état de manger, en état de conjuguer ses envies avec sa sensibilité diététique et culinaire, en état de calmer une faim salutaire.

Arc Caraïbe : Histoire et géographie

caraibes montageConnaissez-vous un pays à l’autre bout de l’atlantique, entre Amérique du nord et Amérique du Sud, grand comme le tiers de la France avec les 2 tiers de la population de l’hexagone?

 Ce pays, c’est un archipel, une poussière d’états, du plus petit (Sainte-Lucie 54 km de long et 28 km de large) au  plus grand (Cuba 1220 km de long et 200 de large), sans compter les dizaines de milliers d’îles,  d’ilots, de récifs, de bancs de sable. Ce pays est désigné comme la Caraïbe

 Le plus haut (le Pic Duarte -3087 m- qui se trouve sur Hispaniola, en république Dominicaine ) voisine avec le plus bas (Les Bahamas, particulièrement Inagua qui dépasse à peine le niveau de l’océan). Dans ces 25 états indépendants, dans ces 8 territoires rattachés à des métropoles (France , Pays-bas, USA, Grande Bretagne) on parle : l’espagnol, l’anglais, différentes langues créoles, le français et le néerlandais. fenetreOn distingue les petites Antilles (la partie Sud-Est de l’arc Caraïbe, des iles plutôt petites – les français connaissent la Martinique – la photo ci-dessus –  et la Guadeloupe) et les grandes  Antilles (Cuba, Porto-Rico, Jamaïque, Haïti et la République Dominicaine).

Lorsque  Christophe Colomb débarque sur une petite île des actuelles Bahamas en 1492, il croit arriver à proximité du continent asiatique (« les indes » – les anglo-saxons parlent toujours de West Indies).

Le Mexique, l’Amérique Centrale, l’Amérique du Sud  ne sont plus très loin. Pendant plus d’un siècle, les Caraïbes ne serviront que d’étapes dans les grands trafics qui ramènent l’or et les métaux précieux des Incas, pillés dans leurs temples ou exploités jusqu’à leur extermination dans leurs mines. Ces trafics et les rivalités des puissances européennes laissent une place de choix aux corsaires, pirates, flibustiers, boucaniers, hors-la-loi le-pirate-le-plus-fou-des-mers-des-caraibesqui trouvent des abris sûrs dans cette multitude d’îles dont les meilleurs repaires étaient l’île de la tortue (Haïti) ou Port Royal (Jamaïque).

Les territoires restent peu exploités et peu peuplés. Les différents peuples autochtones résisteront difficilement aux divers fléaux (exterminations mais surtout exploitation et épidémies) suscités par l’arrivée des européens.

A la suite, le XVIIIème siècle s’intéresse aux potentialités de ces territoires. Bois exotiques, épices, café, tabac, indigo et la plante reine des tropiques, la canne à sucre – qui réclame beaucoup de main d’oeuvrecoupe canne Hispaniola (qui se compose aujourd’hui d’Haïti et Saint Domingue) est alors la première place au monde pour la production de sucre. Des fortunes considérables se constituent. La population d’origine, décimée, est remplacée par des centaines de milliers d’esclaves déportés d’Afrique dans des conditions inhumaines. Les métropoles installent de véritables administrations territoriales (et militaires) et s’efforcent de réduire la piraterie dans la région, obstacle à l’économie de plantation et au commerce.

Le XIXème siècle connaît les premières indépendances (Haïti en 1804 suite à des révoltes sanglantes) , la première abolition de l’esclavage à l’initiative des révolutionnaires français, vite annulée par Napoléon Bonaparte.abolition La seconde abolition en 1848, précédé par l’Angleterre en 1833. L’économie sucrière vit ses premières crises du fait de la concurrence des produits de la betterave et de l’extension de la culture à des grands pays : Brésil, argentine, sud des USA. L’influence des métropoles européennes se réduit, les jeunes Etats Unis d’Amérique ne tardent pas à intervenir massivement avec un point culminant : la guerre Hispano-Américaine de 1898 qui abat la domination espagnole sur Cuba et Porto-Rico et installe les USA comme première puissance de la région.

Le XXème siècle confirme cette tendance. Les USA multiplient les expéditions. Haïti est occupée pendant 19 ans (de 1915 à 1935), la République dominicaine 8 ans (1916-1924), sans parler des pays voisins d’Amérique centrale. Mais ce siècle est aussi celui des indépendances et des révolutions ( Cuba 1959).

Le défi du XXIème siècle reste pour la Caraïbe le sous-développement, face à une démographie explosive. Haïti se distingue comme le pays le plus pauvre du continent américain.

Les îles sont à la fois proches (jamais plus de quelques dizaines de miles) et terriblement isolées, car l’île voisine ne parlera pas la même langue, ne connaîtra pas le même régime : territoire intégré à une métropole comme la Martinique et la Guadeloupe françaises  ou Montserrat la britannique , état indépendant rattaché aux USA comme Porto-Rico, état indépendant membre du Commonwealth comme la Jamaïque ou Sainte-Lucie, état indépendant socialiste comme Cuba, victime d’un blocus persistant. Ici les habitants sont à dominante d’origine africaine (Haïti), là d’origine espagnole (Saint-Domingue). Les langues officielles sont celles de l’Europe, mais les créoles dérivés sont souvent incompatibles entre eux. Le commerce intra-caribéen est faible, au bénéfice des relations avec les métropoles. En Martinique, l’essence et … les yaourts viennent de France. Les seules véritables circulations dans l’archipel sont celles des touristes navigateurs ou croisiéristes.plage ste marieCet éclatement de l’espace caribéen n’est peut-être pas une fatalité. Les états issus du Commonwealth, rejoint par Haïti,  ont créé le Caricom (marché commun des Caraïbes). L’Association des Etats de la Caraïbe est plus large et vise à renforcer la coopération autour de la mer des Caraïbes. Elle réunissait au Mexique  le 30 avril dernier le sommet des chefs d’état auquel se joint désormais la Martinique . En son nom, Serge Letchimy, président du Conseil régional, saluait l’évolution de son pays, longtemps tourné exclusivement vers la métropole.« Nous ne pouvons éternellement rester étrangers à notre propre géographie, à notre propre histoire » 

Les échanges économiques et culturels dans l’archipel ont sans doute un avenir. Les élites de chaque territoire commencent à prendre conscience que le développement de leurs sociétés passe par le renforcement des échanges à l’intérieur des Caraïbes et avec ses voisins. 

Marins des Caraïbes

caraibes montage

Les Caraïbes, ce sont ces milliers d’îles qui constituent l’arc Caraïbe. Il relie sur 3500km Cuba, la plus grande d’entre elles aux côtes du Vénézuela. Avant le XVIème siècle, les premiers occupants, les arawaks creusaient des pirogues de 18m conduites par 27 rameurs. Ils allaient gaillardement d’Antigua à la Martinique en quelques jours.

Plus tard, il y eu la conquête, l’installation de colons, les grandes compagnies de transport de marchandises, de passagers et …d’esclaves. Les puissances espagnole, française, anglaise, hollandaise, puis américaine n’ont cessé d’occuper, de coloniser, de se disputer, d’échanger ces territoires lointains. Sans compter les pirates et les flibustiers qui attaquaient les vaisseaux des grandes compagnies. Les fugitifs, les vaincus, les réprouvés y trouvaient refuge .

Aujourd’hui , la misère (Haïti) y côtoie les richesses insolentes des stars et des nouveaux pirates de la mondialisation, à l’aise dans les paradis fiscaux qui ne manquent pas dans cette région. Et puis, c’est une destination touristique de masse : La semaine sous les cocotiers en république dominicaine, la croisière partagé par les 3000 passagers de ces immenses paquebots, sont à la portée des modestes retraités américains ou des classes moyennes européennes.grand-princess-726x336Mais intéressons-nous plutôt à ceux qui naviguent, ceux que Claire et Raoul rencontrent au mouillage dans ces ilots paradisiaques, ceux qu’ils côtoient sur le quai, ceux qui partagent un apèro dans les gargotes du port.  Quelles sont ces diverses tribus qui sillonnent ces iles?

Pour la plupart,  ils sont canadiens, américains ou européens.

Ceux qui vivent sur l’eau

    des jeunes, en couple, qui laissent tout et font le projet de vivre sur l’eau ; parfois, ils choisissent comme moyen de subsistance de devenir charter et de conduire des amoureux de la mer sur leur bateau pour des week-end ou de petites croisières ; d’autres fois, ils font de longues escales où ils exercent leurs talents (de plombier à médecin) pour mettre de coté un petit pécule. La navigation hauturière ne leur fait pas peur, mais ils prennent le temps de vivre (et de gagner leur vie) aux mouillages.

des familles, souvent avec de nombreux enfants petits, qui partent pour un an ou plus pour vivre une aventure en famille ;

    des retraités qui en ont toujours rêvé et réalisent enfin leur projet, soit en vivant à plein temps sur leur bateau, soit en le retrouvant tous les hiver.iles vierges anglaisesLes familles et les retraités d’Europe  ont affronté la transatlantique  (avec les enfants ou non) pour les meilleurs marins. Ceux des USA, les Canadiens ont fait la longue descente de la côte Est (par cabotage le long de la côte ou sur les voies d’eau de l’ICW  Intracostal Waterway ).

Des passagers , plus ou moins fortunés

    des très très riches qui viennent pour un week-end ou une semaine sur des mega yacht amis ou des bateaux de location….et ne naviguent pas. Mégayacht-1eur zone d’action est très réduite à la proximité des aéroports internationaux : quelques iles des Bahamas, St Martin et St Barth, La Barbade (qui fut un temps desservie par le concorde par un vol direct à partir de Londres ; départ 9h30, arrivée 9h45 en heure locale !)

    des jeunes, des vieux et des familles qui s’embarquent pour un temps sur les bateaux charter des premiers (5 à 10 000 $US pour la semaine)

    et puis les équipiers -plus ou moins compétents en navigation – qui cherchent un embarquement ou sont recherchés sur les bourses d’équipiers.

La vie des marins sur le web

 Les familles et les retraités sont ceux qui écrivent le plus, qui tiennent un blog pour informer la famille et les amis et se souvenir de l’aventure.

Deux blogs de familles belges (ici et là  )qui ont fait la traversée de l’atlantique et bourlinguent dans les îles des Antilles avec leurs enfants.

Des blogs de retraités, des français et des canadiens :On reçoit les amis, les grands parents ou les enfants qu’il faut aller chercher à l’aéroport, on retrouve des collègues navigateurs aux mouillages, on visite, on fait des photos, on boit, on mange, les enfants plongent, nagent, font leurs devoirs et des dessins.

Les blogs de retraités sont parfois très techniques et constituent une mine de renseignement (merci au voilier Idem pour ses sites météo gratuits du monde entier) ou parfois complètement conviviaux vantant à longueur de photos les joies de la frite de bain  et des repas entre amis (Vomo).

– Les équipiers n’écrivent pas au-delà  de leur inscription sur une bourse d’équipiers où ils doivent décliner leurs compétences (supposées) et leur participation à la caisse de bord (10 à 40 € par jour pour une transat). Ils sont plus bavards sur la bourse des équipiers du routard :Bonjour a tous!!
« Je suis un jeune homme qui aime parcourir le monde et découvrir de nouvelles cultures. Ancien animateur ski nautique au club med je possède mon brevet de secouriste ainsi que mon permis bateau et je parle l’anglais et l’espagnol. Afin de pouvoir voyager et de passer des moments agréables avec des personnes qui recherchent la même chose je propose mes services:
-nettoyage du bateau – participation aux manoeuvres – participation aux quarts de nuit – cuisine – vaisselle – cours d’espagnol et d’anglais – pêche de poissons frais , poulpe et coquillageJulien_6
-Animation avec ma guitare – cours de guitare – autres tâches que vous jugerez nécessaires
Je suis ouvert à toutes propositions et sans date limite; j’aimerais de préférence partir pour les Caraïbes ou l’Amerique du sud. »


 – Les très très riches n’écrivent pas. Ils sont photographiés par les paparazi et leurs aventures sont racontées dans purepeople, gala ou public.fr.

 – Les croisiéristes en catamaran ou sur immense bateau de croisière préfèrent souvent raconter en video leurs aventures de tourisme, de baignade, de plongée ou de soirée caliente pour épater leurs amis. Ils se retrouvent aussi aux Baignoires de Joséphine en Martinique à siroter des ti’punch au milieu des fonds blancs et des îlets .coequipiers.1206085411.jpg

 Mais revenons à ceux qui vivent le bateau comme  une aventure personnelle ou familiale, ils sont très émouvants lorsqu’ils expliquent leur projet , leur changement de cap, leurs peurs ou leur renoncement et la vente du bateau.  Derrière chaque trajectoire il y a une histoire de vie, souvent une parenthèse dans une carrière, quelquefois un vrai mode de vie.

furyopng Et puis, il y a Claire et Raoul…à quelles catégorie appartiennent-ils ? Choisiront-ils la vie en mer ou sur le lac Champlain (le refuge des marins d’eau douce canadiens) … Ou bien opteront-ils pour le changement de cap ?

Laissons-les arriver à bon port, ce sera déjà une très belle réussite.

Eloge de l’amateurisme

« Et toi, Norbert, Quelle est ta passion ? » s’enquiert Séverine*, curieuse de savoir à quoi passe ses journées un jeune retraité (la scène se passe en 2010) .Et la question me laisse un peu perplexe : «Je n’ai pas une passion, j’ai plusieurs centres d’intérêt.  En ce moment c’est plutôt la plomberie, mais il y a aussi la photo, la cuisine, l’oenologie, le blog du Clairon, le Qi Qong, les promenades avec le chien … » Il faut dire que Séverine, enseignante trentenaire, célibataire et sans enfant, plutôt avenante, a voué sa vie et son temps libre à la pratique et l’approfondissement de l’Aïkido. aikidoOn la voit ainsi, pieds nus dans des sandales par tous les temps comme un moine guerrier, visiter tous les stages où souffle l’esprit du maître «o Sensei ». Sur le tatami, vétue d’un « hakama » – la jupe noire qui se rajoute au kimono- rapiécé qui indique l’ancienneté de sa vocation, elle choisit des partenaires qui lui permettent de faire écho à ses recherches personnelles, sans plus d’intérêt pour la personne qu’elle a en face d’elle. Et je ne doute pas que ses nuits soient habitées par des interrogations sur la dernière technique qu’elle a vu pratiquer par O Senseï.

Rien de tel chez le paisible retraité qui lui fait face et qui revendique son statut d‘«amateur», voire de « dilettante », deux qualificatifs très déconsidérés dans le monde d‘aujourd’hui. Quoi de pire, en effet,  pour un Premier Ministre, voire un Président de la République d’être taxé dans la presse d ‘«amateurisme ». A l’inverse l’évocation du « professionnalisme » d’un grand médecin ou d’une star du show-business constitue le meilleur des éloges médiatiques.

Cette image de dilettante que je ne récuse pas, je ne l’ai pas toujours revendiquée, notamment dans les milieux de travail que j’ai fréquentés.  Souvent je l’ai subie, sur la base d’un malentendu : Dans la plupart des organisations, les responsables ne conçoivent pas l’idée qu’on puisse faire son travail avec sérieux et compétence, en conservant sa liberté de jugement et une certaine distance par rapport aux objectifs affichés du service. C’est le règne des managers et des technocrates, un univers de pensée et de comportement « unidimensionnel », au sein duquel l’esprit critique ou les comportements antisystémiques sont progressivement bannis (L’homme unidimensionnel – Herbert Marcuse 1964). manif 35hC’est pourtant bien de ce coté-là que je me retrouvais systématiquement, du coté des syndicalistes et des personnalités trop indépendantes pour espérer une carrière confortable et reconnue.

Alors, la retraite venue, une fois les enjeux des situations professionnelles éloignés, je pensais pouvoir me consacrer dans la sérénité à des activités, individuelles ou collectives, débarrassées des impératifs de performance et de résultats. A l’expérience je constate que ce n’est vrai qu’en partie.

Jean Viard est sociologue, co-auteur de « La France des temps libre et des vacances » (éd. de L’Aube, novembre 2009), il a beaucoup travaillé sur les loisirs. Sur cette question du challenge, il dit :

« On vit dans une société obsédée par la performance, il faut être excellent au lit, au travail, à table. C’est une véritable idéologie.

Cette obsession envahit aussi le temps libre. Il y a une culture du stress du temps libre. Pourtant cuisiner, [ ce n’est pas forcément Masterchef ], c’est une façon de prendre le pouvoir sur le temps, sur son corps. »

Eh oui ! il faut le dire : dans les milieux associatifs, sportifs ou culturels, où sont massivement présents des retraités – qui n‘ont apparemment plus rien à prouver en termes de carrière, d’avantages ou d’honneurs- on retrouve pareillement la lutte pour les résultats, pour la reconnaissance personnelle auprès des milieux de spécialistes ou de pairs, voire même un positionnement dans un statut de « professionnel » expert.

Il n’est pas dans mon propos de dénigrer ici le souci de qualité que chacun peut apporter dans des activités qui lui tiennent à coeur.photographe chambre bis Les moyens existent maintenant pour que des amateurs voisinent l’excellence dans des domaines comme la cuisine, la photo, la vidéo, la musique, les arts plastiques … et même le bricolage, le bâtiment et d’autres domaines où les outils (informatiques, logiciels, électro-portatifs ou mécaniques) sont maintenant abordables  par le grand public.

Mais de grâce, n’abandonnons pas l’heureux état de l’amateur, qui choisit ses actions pour le plaisir qu’il y trouve, qui produit plus pour le partage que pour le gain, sans cette obsession du résultat à tout prix qui empoisonne le milieu du travail en entreprise.

Amateur et fier de l’être !

*Le prénom a été changé

Dans un autre sujet nous abordons l’évolution respective (juridique, économique, fiscal…)  de ces deux sphères : Amateurs versus Pros

Et le blog préféré du Clairon:

banniere les mots justes bis

 

 

Amateurs versus Pros

Dans la France rurale traditionnelle , la plupart des paysans avaient un statut d’indépendant, ils exercaient plusieurs activités.Sabotier Ils étaient bucherons, maçons, charpentiers, sabotiers, boiseliers, tisserands, cordonniers, cafetiers, peigneurs de chanvre ou marchands…. et agriculteurs-éleveurs. En ville une petite minorité d’ouvriers ou d’artisans occupaient des métiers qualifiés qui demandaient un long apprentissage et qui s’organisaient dans des corporations. 

Ainsi la grande majorité des ruraux avaient plusieurs métiers, quelquefois occasionnels,  sans être très spécialisés. La révolution industrielle s’est efforcée de stabiliser cette main d’oeuvre et de la spécialiser.fabrication_du_tissu Le XXème siècle (et surtout la seconde moitié) a vu le triomphe du salariat : en France ce taux passe de 63% dans les années 1956 à 85% dans les années 1990 , et à 91% dans les années 2000. Le modèle du « professionnel » s’est imposé ( même si de nombreux emplois restaient peu qualifiés et peu spécialisés).

 La frontière entre activité amateur et activité professionnelle s’établit et se renforce. Dans les années 1950 un comptable n’avait jamais l’idée de repeindre lui-même sa cuisine, un technicien de l’automobile ne pouvait que faire appel à un plombier pour son installation sanitaire, et ceux qui se passaient d’un photographe professionnel pour les évènements  de famille étaient bien rares.

bricolage1On voit bien que la situation s’est profondément modifiée à la fin du XXème siècle. De nombreuses activités d’autoproduction ont envahi le temps libre dégagé par la réduction du temps de travail (en un siècle, entre 1880 et 1980 le temps de travail annuel a été divisé par 2). Bricolage, construction, décoration, métiers d’art … Personne n’est surpris de la nécessité de monter soi-même les meubles qu’on vient d’acheter. Et les banlieusards dans leurs pavillons  se félicitent de pouvoir consommer eux-mêmes les légumes de leur potager. Les Castorama, MrBricolage et autres jardineries en ont tiré leur prospérité galopante.

 Mais ce qui est nouveau en ce début de XXIème siècle, c’est que les frontières entre les deux sphères ont tendance à s’effacer.

Coté équipement tout d’abord : on peut s’improviser plombier, électricien ou plaquiste basique pour 2-3000 € grâce à des techniques et des outils qui ont facilité le travail. Un photographe amateur pourra rivaliser avec un pro pour le même montant, un peu plus s’il travaille en studio. Le fossé entre l’amateur qui n’a que ses mains et du matériel bas de gamme  et le professionnel efficace grâce à son outillage perfectionné , ce fossé se réduit, y compris financièrement.

Dès lors l’amateur expert peut être tenté de sortir de la sphère privée du temps libre et de viser la rémunération d’une  production pour autrui.

Des évolutions règlementaires ont accompagné ce phénomène. Elles ont permis de réduire le travail au noir occasionnel.auto-entrepreneur L’auto-entrepreneur peut ainsi proposer ses services tout en restant retraité, facteur, pompier ou chômeur et préservant ainsi la légalité de sa situation. Evidemment lorsque le chiffre d’affaire augmente, lorsqu’on doit investir, il est plus raisonnable de rejoindre le statut d’entrepreneur. Cette formule a séduit  près d’un million de travailleurs dont seule la moitié déclare une activité réelle.  Voilà qui permet une transition entre un état d’amateur et une vraie démarche d’entreprise.

Dans les secteurs artistiques on peut considérer que les  statuts d’artistes (artistes-auteurs ou créateurs) sont à la portée d’un artiste amateur qui veut évoluer vers une situation de professionnel qui vit de ses oeuvres. Dans le spectacle vivant, le statut d’intermittent prend en charge pour les comédiens professionnels des périodes de préparation personnelle et bien souvent des répétitions qui ne sont pas considérées  par les entreprises de spectacles comme du travail salarié. La différence avec un comédien amateur qui décroche occasionnellement des contrats est bien mince.

On peut donc considérer que,  dans les dernières années, les distinctions entre les  activités amateur et le  travail professionnel se sont grandement réduites .

Les évolutions actuelles dans des domaines totalement nouveaux risquent de brouiller un peu plus ces frontières. Ainsi les techniques de pointe dans le domaine de la conception et la fabrication d’objets sont en train de se démultiplier : les imprimantes 3D sont à même de permettre à chacun de concevoir et  de fabriquer des objets, ou de remplacer des pièces, à la maison, pour un coût tout à fait abordable.

Plus impressionnant : la possibilité de faire des manipulations génétiques dans sa cuisine avec quelques connaissances et un petit matériel : le Biohacking.A_Clone_of_My_Own

Ces innovations alimentent un courant très actif aux USA : les makers qui laisse entrevoir des processus  de production en dehors des grands ensembles industriels.

Tout cela pourrait remettre au gout du jour les réflexions d’André Gorz (« Adieux au prolétariat » 1981 éd. Galilée).qui prônait une réappropriation par l’individu de taches qui le concernent directement . Le travail « contraint » dans des organisations (hyper) productives  étant réduit au minimum.

Alors, demain, cet antagonisme entre activité amateur et travail professionnel risque d’être bien dépassé.

Cette tendance, si elle se confirme, alliée à la transformation des services (voir Le Clairon), dessine un nouveau paysage des économies avancées (au sein desquelles la France souhaite se maintenir, sans assurance de succès). Elle aura des impacts sur l’emploi et la fiscalité que nous examinerons prochainement.

→ Retrouvez la première partie du sujet : Eloge de l’amateurisme

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