Limonest 1814 : La bataille oubliée

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On a tous entendu parler de la retraite de Russie (1813) et de la bataille de Waterloo (1815) suivie par l’abdication de Napoléon et son exil à Ste Hélène. Entre les deux, les derniers efforts de l’armée napoléonienne pour s’opposer à l’avance inexorable de la coalition : les russes, les prussiens , les anglais, les autrichiens , les suisses , les piémontais , les badois, les bavarois, les hessois, tous prêts à prendre leur revanche sur cet empereur qui les avaient vaincus et éloignés du pouvoir d’un bout à l’autre du continent. En face les troupes de Napoléon ne se sont pas relevées des meurtrières campagnes de Russie et d’Allemagne. On connaît peu les batailles de cet hiver 1814 qui ont vu les troupes françaises reculer jusqu’à l’abdication de Fontainebleau le 6 avril 1814.  On sait moins que la France a été occupée par les autrichiens et les prussiens une première fois après la première abdication de Napoléon en 1814, puis une deuxième fois en 1815 après les cents jours, Waterloo, la deuxième abdication et l’exil.

Une bataille oubliée

Mars 1814 , napoléon bagarre en champagne pour tenter de résister à la coalition. Il cherche à tout prix à ouvrir d’autres fronts pour disperser les forces adverses qui peuvent réunir 700 000 hommes. Au sud le maréchal Augereau constitue l’armée de Lyon et va reprendre Bourg-en-bresse, Macon, Lons-le-Saunier… Mais les autrichiens  ont pris conscience de la menace et détachent un corps d’armée de 50 000 hommes à mettre en face des 16000 d’Augereau qui attend des renforts du sud – l’armée de Catalogne à la frontière espagnole et les troupes massées sur la frontière italienne. cavalier avant l'attaqueDès lors le rapport de forces est défavorable et l’armée de Lyon organise son repli.  La défaite française de Limonest le 20 mars 1814 fait suite à celle de St Georges de Reneins le 18 mars 1814 ; elle sera suivie très vite de la première abdication de Napoléon (Fontainebleau, le 6 avril 1814) qui n’a pas résisté en Champagne.

La bataille oubliée de Limonest a vu s’affronter près de 80000 combattants ; les pertes françaises sont d’environ 1000 hommes, celles des ennemis de 3000. Sur cet épisode le maréchal Augereau a été accusé de laxisme et de défection. C’est injuste, car c’était une mission impossible vu la supériorité numérique de l’ennemi ; il n’a pas trahi Napoléon, même si après sa chute, comme beaucoup, il s’est rallié au nouveau régime.

Deux cents ans après, une reconstitution avait lieu au Parc de Lacroix-Laval


 Une occupation oubliée

Ces défaites ouvrent la porte aux autrichiens qui occuperont Lyon et le Forez de Roanne à St Etienne dans notre région; le 21 mars les autrichiens occupent Lyon, le 23 ils sont à St Etienne.

 Paris et une très grande partie de l’Est de la France n’échapperont pas non plus à l’occupation par les Prussiens et les autres coalisés.occupationOccupation de courte durée (quelques mois en 1814 et quelques Mois en 1815), occupation »amie » et pacifique puisque les anciens ennemis sont formellement alliés au nouveau pouvoir de Louis XVIII qu’ils ont mis en place, occupation fêtée par les élites en place (ayant rapidement retourné leur veste), elle n’a pas de place dans la grande histoire qu’on enseigne, seule  la mémoire populaire en a gardé la  trace incertaine d’une humiliation, d’une trahison des notables et de réquisitions indues.

 Henri Pourrat qui écrivait Gaspard des montagnes en 1922, largement inspiré par les récits de ses vieilles tantes, raconte :

uniforme-autrichien« Un après-diner les Cosaques arrivèrent à Ambert par le grand chemin. Barbus, velus, sous leurs bonnets bourrus, ils montaient des bidets dont les queues traînaient au sol. [….] Tant de poil donnait à cette cavalerie un air sauvage.[…]

Voilà ce qu’ont narré des personnes qui le savaient bien, ou qui croyaient bien le savoir. Mais ne refaisaient-elles leurs souvenirs d’après quelques estampes ?

La musique donnait des concerts aux Allées, dans le rond-point du Roi de Rome. Les officiers faisaient danser les dames à sentiments ultras, qui venaient là parées de leurs turbans à plumes.

Cosaques ou Kaiserslicks ? Toujours est-il  qu’on n’aurait pas pris ces gens là pour des chrétiens si l’on n’avait entendu leurs chevaux et leurs chiens hennir et aboyer comme ceux de chez nous. […]

Voir l’étranger faire du pays à son plaisir, on ne sait pas quelle rage cela peut mettre dans le sang de l’homme. Ces cavaliers qui galopaient à travers les récoltes, ces officiers qui morguaient les gens, ha dieux !»

Gaspard est un ancien soldat des armées de Napoléon et quand un lieutenant déclare « que les français auraient besoin d’apprendre ce qui est dû aux personnes de haute naissance », Gaspard lui répond :

 « J’étais maréchal des logis à l’ex-garde ; les rois et les altesses, je les ai vus à plat ventre devant l’Empereur. Je les ai vus aussi lécher les bottes du roi Murat, dont le père tenait auberge. Oui, tous les princes, on les a fait danser, et l’on saurait encore assez de la vieille danse. »

Là-dessus, tournant le dos au Cosaque, il sortit respirer un autre air que lui. »

 Deux seuls faits de résistance sont à signaler :

– la ville de Roanne et son maire François Populle ont opposé une certaine résistance aux occupants, commémorée par un monument édifié en 1914 sur lequel figure sa réplique à l’autrichien : 

« Vos soldats ne sont pas encore maîtres de Roanne. Ils demandent deux heures de pillage ! Nous répondrons par deux heures de tocsin. 20 000 paysans armés accourront à notre secours et alors on verra … ».

 

        le comte de Damas qui enrôle 200 foréziens pour harceler les autrichiens. Aux deux cents hommes enrôlés à l’origine, viennent bientôt se joindre quelques milliers de volontaires issus de la gendarmerie et des dépôts de cavalerie ou d’infanterie. Les « Damas », – c’est ainsi qu’on les appelle désormais -, vont conduire contre l’envahisseur une guerre de harcèlement et d’usure. Ils attaquent avec succès à Belleville, Mâcon, Cluny, La Maison Blanche, Pontanerou Saint-Georges, Thesy, Feurs, Chabreloche … Ils seront les derniers à déposer les armes.

 Bien des années plus tard, à Saint-Hélène, Napoléon s’est il souvenu des événements de Roanne et des combats des « Damas » ? Peut être ; toujours est-il que, dans son testament, il réserve un legs au département de la Loire, ainsi d’ailleurs qu’à l’Alsace, la Bourgogne Franche Comté, l’Ile de France, la Champagne et le Dauphiné. Cet héritage de 50000 frs sera, jusqu’en 1870, affecté à décerner des prix et récompenses « aux ouvriers de l’agriculture et de l’industrie les plus méritants pour leurs découvertes et leurs inventions ».

 Pour en savoir plus : Musée Militaire de Lyon ,   La brigade infernale  Forez-Infos Saint-Chamond archives

 

Reforme de la formation professionnelle : un coup pour rien ?

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Aprés un accord national interprofessionnel (le 14 décembre 2013) , un projet de loi est soumis au parlement pour un vote terminal le 26 février 2014 en vue de la réforme du dispositif de la formation professionnelle  continue .UNION-CFDT

Le système de la formation professionnelle fait l’objet depuis longtemps de critiques récurrentes . Malgré une dépense importante (31,5 milliards d’€, tout compris), des réformes successives, en 2004 et en 2009, il n’a pas su remédier aux principaux défauts mis en évidence .

  •       Pour les salariés, il finance la formation de ceux qui en ont le moins besoin (cadres et techniciens). Les ouvriers y accèdent 2,5 fois moins souvent que les cadres.  Au lieu de corriger les inégalités de départ, le dispositif de formation les renforce.
  •       Pour les chômeurs – il ne bénéficie pas assez aux demandeurs d’emploi (seuls 4 milliards sur le total de 31,5 leur sont destinés). On estime que 20% des chômeurs bénéficient d’une formation et encore,  il faudrait sans doute déduire la moitié qui ne sont que des aides à l’embauche
  •    Une gestion complexe avec une multiplicité d’acteurs qui prête le flanc aux accusations de gabegie et de détournement

 Les partenaires sociaux ne sont pas restés insensibles à ces critiques. Dès 2004 ils mettaient en avant un droit individuel à la formation (DIF) dif-formationdans le but d’impliquer des salariés plutôt éloignés des systèmes  de formation et de donner à chacun une possibilité d’évoluer. Mais, dès sa naissance, le DIF était miné par ses contradictions internes :

  •        Effectué hors temps de travail (sauf convention particlière), donc peu susceptible d’attirer les salariés peu qualifiés qui ont tendance à douter de l’utilité de la formation.
  •       A l’initiative du salarié mais sous condition de l’accord de l’employeur qui recherche avant tout  un objectif en cohérence avec sa stratégie d’entreprise.
  •      pris en charge par l’employeur et non par un organisme extérieur. Celui  qui paye est celui qui décide.
  •    Un principe de portabilité affirmé en théorie ( le droit est attaché à la personne du salarié même en cas de mobilité) mais qui n’a jamais vraiment fonctionné – à peine mieux après les améliorations apportées en 2009.
  •   Un quota de formation très insuffisant (20 h acquises par année de présence , 120h au maximum) qui ne permet pas au public cible de progresser. Moins les candidats à la formation sont qualifiés , plus leur apprentissage réclame du temps. Ce n’est pas en 120h qu’on sort un salarié de la sous-qualification.

Au final le DIF, après 5 années d’existence, n’a profité qu’à 6% des salariés potentiellement concernés .

En 2009 le nouvel accord innove en créant un Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels afin  « d’amplifier les actions au bénéfice des salariés et des demandeurs d’emploi dont le déficit de formation fragilise leur entrée, leur maintien, leur évolution ou leur retour dans un emploi. L’ambition est de pouvoir parvenir à former chaque année 500 000 salariés supplémentaires parmi les moins qualifiés et 200 000 demandeurs d’emploi de plus qu’aujourd’hui ».CMJN de base

« Ces actions doivent faire l’objet d’un cofinancement avec un ou plusieurs partenaires, incluant notamment l’Etat, Pôle emploi, les Régions, ainsi que tout autre partenaire. »

Hélas ! Cette belle ambition s’est perdue dans les sables des logiques boutiquières : en 2011 et 2012 , l’état ponctionnait 300 Millions d’Euros pour les destiner à d’autres fins . Du coup les partenaires sociaux réduisaient leur contribution (de 13% des fonds collectés à 10%). Chacun essayait d’utiliser le Fonds à son propre intérêt : les partenaires sociaux à assurer les fins de mois des OPCA ( les organismes collecteurs des branches professionnelles) ; l’état à reporter des obligations qui lui reviennent comme la rémunération des chômeurs stagiaires en fin de droit ou la formation des jeunes en emploi d’avenir. Quant à la coopération annoncée entre l’état, les partenaires s ociaux, Pôle Emploi et les régions, elle n’a pas vraiment avancé, c’est le talon d’Achille de ces dispositifs.

Alors que reste-t-il des réformes de 2004 et de 2009 ? Pas grand’chose !

Ces constats, légèrement atténués , sont partagés -à des degrés divers- par les acteurs de la formation qui ont remis l’ouvrage sur le métier. On se prend à espérer avec ce nouveau projet de loi qui devrait corriger les tares des dispositifs précédents . Et tout d’abord : Bye Bye le DIF, Hello le CPF !

Le CPF (Compte Personnel de Formation).

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Le CPF est attaché à la personne. Les salariés conservent leurs droits tout au long de leur vie professionnelle, jusqu’au départ en retraite, quelle que soit l’évolution de leur vie professionnelle. Un fichier central des CPF est créé par la Caisse des Dépots. Formation

Tout salarié bénéficie d’un quota de 20 heures annuel,  plafonné à 150 heures sur une durée de 9 ans qui pourra être utilisé pour des formations qualifiantes qui figurent sur des listes (qualification, certification, diplôme). La procédure à respecter par le salarié n’est pas la même selon que la formation a lieu en dehors du temps de travail (pas d’autorisation nécessaire de l’employeur) ou pendant le temps de travail (accord préalable de l’employeur sauf situations particulières). Pour les demandeurs d’emploi l’accord de Pôle Emploi est automatique dans la limite des droits ouverts.

Les frais de formation sont pris en charge soit par l’employeur , soit par l’organisme collecteur.pole emploi Pour les demandeurs d’emploi les frais relèvent du Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels (le FPSPP).

Le compte peut être abondé (par le salarié, l’employeur, …) sous certaines conditions.

Le FPSPP reçoit de nouveau les financements prévus. Un convention cadre signée en février 2013 engage les parties jusqu’en 2015.

Un certain nombre d’obstacles sont ainsi levés. Reste cependant la question centrale : en l’absence d’abondement (hypothétique), une formation qualifiante est hors de portée d’un CPF avec ses misérables 150h. Les perspectives réalistes d’une formation enfin ciblée sur les populations fragiles dépendront essentiellement des cofinancements qui pourront être mis en place par les branches professionnelles, l’état, les régions , Pôle Emploi.  Dans le cas où cette coopération ne s’affirme pas suffisamment, ce nouveau dispositif sera un nouvel échec  .

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Le projet de loi prévoit aussi l’instauration d’un entretien professionnel  biennal et d’un bilan professionnel au bout de six ans. Ce bilan permet de vérifier que le salarié a bénéficié au cours des six dernières années des entretiens professionnels et qu’il a :

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1° suivi au moins une action de formation ;

 2° bénéficié d’une progression, salariale ou professionnelle ;

 3° acquis des éléments de certifications, par la formation ou par une validation des acquis de son expérience ;

Le projet de loi modifie aussi le principe du financement dans les entreprises: Finie l’obligation de dépenser ou de verser 1,6% de la masse salariale . Les obligations actuelles seront remplacées par une contribution unique de 0,55 % de la masse salariale dans les TPE et de 1 % (dont 0,2 % dédié au CPF) dans les entreprises de plus de 10 salariés, avec un système de mutualisation en faveur des TPE.

Les grandes entreprises dépensaient la plupart plus , désormais, elles ne sont plus obligées de faire la preuve de leurs efforts de formation. Les mécanismes de consultation du Comité d’Entreprise sont renforcés sur ce sujet  Et le MEDEF est très satisfait de voir enfin une charge obligatoire supprimée.AGEFOS-PME

La CGPME était à l’inverse très hostile à cet allègement des contraintes car elle profitait , à travers l’AGEFOS-PME, d’une mutualisation avantageuse des fonds.

Au global , on peut faire le pronostic sans faille que l’argent de la formation se fera plus rare dans les dispositifs de financement. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles la CGT n’est pas signataire de l’accord.

Finis aussi les financements des organisations patronales et syndicales sur les budgets de la formation(1,5% des contributions pour le fonctionnement des instances paritaires). Ces dernières toucheront des contributions indépendantes de ce circuit, ce  qui devrait mettre fin à des soupçons récurrents de détournement.

Alors, sommes-nous à la veille d’une refonte majeure et efficace des dispositifs de formation ? On peut en douter tant son succès est suspendu au climat de coopération qui jusqu’ici a fait cruellement défaut et qui est d’autant plus nécessaire que les financement se font plus restreints et hypothétiques.

Et pourtant, à un moment où l’on parle beaucoup de compétitivité de l’économie française, il serait urgent de regarder la réalité en face :

D’après une étude de l’OCDE (PIAAC Programme pour l’évaluation internationale des adultes – dans 24 pays les plus développés) la France est au 21 ème rang sur 24 –juste devant l’Italie et l’Espagne -pour le maniement de l’écrit et pour les compétences numériques (savoir lire, ecrire et compter) des adultes de 16 à 65 ans. Le Japon et la Finlande sont largement en tête.

De plus, la Commission européenne a défini un indicateur qui permet de comparer l’effort des différents pays en matière de formation des adultes : il en ressort que la France se trouve parmi les derniers et de plus, en net décrochage par rapport à ses principaux concurrents.

Ainsi tous les discours sur « l’économie de la connaissance »  et l’objectif « d’excellence » attribué à notre système productif viennent se briser sur une réalité : à part quelques secteurs de pointe, les salariés français sont moins formés, moins compétents que dans la plupart des pays avec lesquels nous sommes en concurrence. Ces constats devraient inciter les décideurs à considérer la formation professionnelle comme une priorité vitale. Cette réforme en est bien éloignée.

Pour en savoir plus : l’article du Clairon sur le réforme de 2009

Cinq leçons pour connaître la vigne et le vin … et apprécier les bonnes bouteilles. 1 – L’invention du vin

Depuis le temps où je terminais  mes études d’ingénieur dans la zone viticole Fitou-Corbières-Minervois à arpenter les vignes, établir les essais sur le terrain et suivre les vinifications séparées, de la cave aux jurys de dégustation, j’ai conservé un intérêt constant  pour le monde de la vigne et du vin, bien que jamais à titre professionnel.  Une fois à la retraite j’ai pris l’initiative de partager avec mes proches mes connaissances et mes sensations à propos de ce breuvage qui a accompagné pendant des millénaires la marche en avant de la civilisation occidentale.

L’alcool un compagnon fidèle de l’homme

Vers le milieu du IXe millénaire av. J.-C.,  dans le croissant fertile (l’actuelle Irak), des groupes humains, déjà en partie sédentaires, commencent à  domestiquer des animaux (mouton, chèvre) et les plantes (blé, orge suivis de légumineuses) dans un but alimentaire. Ils inventent l’agriculture.  Ils ne vont pas tarder à découvrir les boissons alcoolisées, leurs procédés de fabrication et leurs effets.

Dans le Caucase, sur le site d’Areni, les chercheurs ont mis à jour une cave viticole qui remonte à 4100ans avant JC. En Iran les vestiges retrouvés au nord des monts du Zagros sont plus anciens (5400-5000 av. J.-C.).  Pour la bière : les preuves formelles de son existence, découvertes dans la province de Sumer, datent  du IVe millénaire av. J.-C.Noe

Dans la bible, Noé réchappé du déluge est le premier viticulteur et n’échappe pas à l’ébriété, à la connaissance de ses trois fils : Sem, Cham et Japhet.  Cham, qui a retrouvé son père ivre et nu, verra sa descendance (son quatrième fils Canaan) maudite.

Sur tous les continents, les humains déploient des trésors d’ingéniosité pour élaborer des procédés qui conduisent à l’alcool avec la matière première dont ils disposent: orge , riz, maïs ou manioc pour la bière,  sève d’agave pour le  pulque , une boisson au degré d’alcool faible (6-8 degrés) élaborée par les indiens avant la mise au point de la Tequila,  lait fermenté pour le Kefir, miel pour l’hydromel, le chouchen de nos amis bretons, canne à sucre pour le vesou , le vin de canne qui donnera le rhum, sève d’érable ou de bouleau qui donne des vins clairs,  pommes pour le cidre  L’inventaire s’élargit encore avec la distillation introduite en Espagne par les arabes au VIIIème siècle.

 Au coeur de tous ces procédés, la fermentation alcoolique, opéré par une levure Saccharomyces cerevisiae ( levure de biere ou de boulanger) qui se développe et se nourrit exclusivement  de sucres (glucides) fermentescibles.  Mais ce n’est pas si simple. L’amidon du manioc ne fermente pas spontanément -les indiens d’Amérique du sud  utilisaient  leur salive  dans  une longue mastication-, l’amidon des céréales doit subir un maltage pour libérer son sucre.

Le succès du Vin

Rien de tel pour les sucres de la vigne, tous directement fermentescibles  – glucose, fructose, maltose, saccharose, présents à une teneur élevée dans la grappe. Des techniques simples se diffusent comme dans l’Egypte ancienne ci-dessous. Nakht 8Il suffit de fouler les raisins gorgés de jus dans un récipient étanche pour que la fermentation démarre, et parvienne à  des concentrations élevées d’alcool (jusqu’à 16-17° selon la matière première) . Même si les techniques de vinification se sont au fil du temps complexifiées et perfectionnées, cette simplicité et cette puissance sont sans doute les raisons qui expliquent son succès, au moins dans toutes les parties du monde où le climat le permet.

Ajoutons à ces dispositions naturelles, des  sociétés et des religions qui ont porté le vin à un statut de marqueur civilisationnel : «  Ceci est mon sang » , le sang de la vigne a pris une place éminente dans la liturgie chrétienne, et le vin s’est installé dans tout l’empire romain. Des navires lourdement chargés de milliers d’amphores sillonnaient tout le bassin méditerranéen, on retrouvait le vin romain jusqu’en Rhénanie.chargement amphoresLongtemps cantonné à l’Europe du sud,  le vin a essaimé au cours du XXème siècle  sur les cinq continents. Derrière les trois poids lourds de la viticulture mondiale – la France, l’Italie, l’Espagne – sont apparus des outsiders : Usa, Chine (dans une croissance rapide), Australie, Argentine, Chili … Autant de pays qui ont pris le goût du vin (les USA sont désormais le premier marché mondial) et constituent de nouveaux débouchés pour nos crus. Mais ils savent aussi monter en gamme et venir concurrencer nos produits.production 2012La France dispute la première place à l’Italie : une année l’une, une année l’autre.  Sur le marché international, la viticulture française progresse en valeur mais pas en volume, c’est dire que ce sont ses meilleurs crus qui se vendent le mieux. L’exportation du vin représente un peu moins de 8 milliards d’euros soit la moitié de toutes les exportations de l’agro-alimentaire.

Sur le terrain , la viticulture fait vivre 85 000 exploitations , sans subventions publiques significatives – ce qui en fait une exception dans le paysage agricole français. Les appellations médiocres , les productions de masse peu performantes et de faible qualité sont à la peine, jusqu’à pratiquer l’arrachage. A l’autre extrémité,  les grands crus ne se sont jamais aussi bien portés. Au final, les surfaces cultivées régressent : – 7% entre 2008 et 2012 mais la production en valeur progresse : +16% pour la seule année 2011.

Avec une consommation qui baisse régulièrement en France (-12% entre 2000 et 2012) les acteurs de la filière sont bien conscients que l’avenir des vignerons hexagonaux se joue à l’international.

Alors , notre culture du vin, le soin apporté à sa production, les signes de qualité et un marché de connaisseurs, voilà de bons atouts pour donner une suite positive à notre longue histoire avec le vin.

Pour en savoir plus Rapport 2013 de l’Organisation internationale du Vin

Les autres leçons :

2 – dans la vigne

3-dans la cave

4 – dans nos verres

5 – les vins effervescents

 Et Auvergne  : un vignoble à découvrir

Cinq leçons pour connaître la vigne et le vin … et apprécier les bonnes bouteilles. 2 – Dans les vignes

Depuis le temps où je terminais  mes études d’ingénieur dans la zone viticole Fitou-Corbières-Minervois à arpenter les vignes, établir les essais sur le terrain et suivre les vinifications séparées, de la cave aux jurys de dégustation, j’ai conservé un intérêt constant  pour le monde de la vigne et du vin, bien que jamais à titre professionnel.  Une fois à la retraite j’ai pris l’initiative de partager avec mes proches mes connaissances et mes sensations à propos de ce breuvage qui a accompagné pendant des millénaires la marche en avant de la civilisation occidentale.

Tout le savoir-faire des vignerons commence d’abord dans la vigne. Au fil des siècles, des millénaires, cette plante si particulière a donné lieu à des pratiques culturales à la fois précises et diversifiées.

La pratique de la vigne 

La vigne est une lianeA l’état sauvage elle a de  très longs rameaux. Au printemps, les bourgeons de l’extrémité débourrent les premiers et ralentissent, voire inhibent le développement des bourgeons situés plus bas. C’est ce qu’on appelle la dominance apicale. Cette particularité trouve son fondement dans la nécessité de la vigne sauvage de croitre très rapidement en forêt pour atteindre l’étage ensoleillé de la canopée. A l’inverse, les viticulteurs cherchent à réduire cette exubérance végétative au profit de la formation et de l’alimentation des grappes, d’où l’importance de la taille et de diverses pratiques visant à limiter le développement du feuillage : ébourgeonnage au printemps, écimage, vendanges en vert.

      Une autre caractéristique propre aux lianes, c’est d’être dépendant d’un support auquel elle s’accroche par des vrilles. Dans le vignoble il peut s’agir d’un simple échalas , d’un réseau de piquets et de fils de fer, ou bien de véritables pergolas en hauteur. Parfois la vigne est taillée si près du sol (taille en gobelet) qu’elle trouve son maintien en elle-même.montage conduite vigne
La vigne est une plante pérenne  La durée de vie d’un cep varie de 30 à 60 ans, parfois jusqu’à 100 ans. Au fil des ans le système racinaire met en place une exploitation en profondeur du sol ( entre 2 et 5 m ,Vieux cep jusqu’à 15 m dans les sols très difficiles). Cette longue symbiose avec le sol explique l’impact du substrat (la nature du sol, sa composition, son exposition, le régime hydrique local) sur les caractéristiques et les saveurs du vin. C’est toute l’importance de la notion de terroir sur laquelle est basée la classification des vins et de leurs qualités : les Appellations d’Origine Contrôlée 

   La vigne est adaptée aux climats méditerranéens  doux et humide l’hiver, sec et chaud  l’été. Elle peut supporter le froid jusqu’au moment où les bourgeons floraux apparaissent; les gels de printemps peuvent être destructeurs.  La chaleur et la sécheresse ont pour effet de concentrer les sucres dans le raisin; cependant si le stress hydrique est précoce et prolongé, il peut avoir des effets négatifs sur la vendange. L’irrigation est très répandue dans de nombreux pays dans le monde, en France elle est peu pratiquée et strictement réglementée  irrigation-goutte-a-goutte.    La recherche a montré que l’irrigation n’est pas néfaste à la qualité à la condition expresse de cesser l’arrosage dès la véraison (lorsque les grains prennent de la couleur, autour du 15 août) . En AOC la réglementation l’interdit après le 1er mai . Elle peut être tolérée exceptionnellement en cas de canicule entre le 15 juin et le 15 août.

Les zones méditerranéennes connaissent des climats très variables d’une année sur l’autre, à la différence des zones tropicales ou tempérées. D’où l’importance des millésimes qui traduisent dans les caractéristiques du vin les données climatiques et environnementales de chaque année.

Les ennemis de la vigne :

Le phylloxera .phylloxéra C’est une sorte de puceron ravageur de la vigne qui s’attaque aux feuilles , et, plus grave,  aux racines. La plante ne tarde pas à mourir dans les trois ans qui suivent . Le phylloxera a détruit complètement  le vignoble à partir de 1864. Une vraie catastrophe pour des régions qui ne vivaient que de la vigne. Il a fallu replanter tout le vignoble avec des porte-greffes résistants. Une opération qui a duré des décennies, jusqu’au début du XXème siècle.

Les maladies fongiques dues à des champignons : le  mildiou , l’oïdium, le botrytis. En culture conventionnelle, elles sont combattues par application de fongicides qui sont projetés en aérosol par un système pneumatique.

pulverisateur Les pesticides se retrouvent hélas dans le vin . L’UFC-Quechoisir a trouvé dans un Graves blancs des teneurs en résidus  3 364 fois plus élevée que la norme appliquée à l’eau potable (0,5 μg/kg). Les analyses varient beaucoup avec les échantillons, cela dépend des pratiques culturales des vignerons et des précautions prises  : fréquence, niveau des doses appliquées et dates d’épandage. Les vignes en bio présentent des taux de résidus négligeables – les traitements autorisés sont uniquement  le soufre et la bouillie bordelaise (sulfate de cuivre)

Le raisin n’est pas stockablePeu transportable, il doit être transformé rapidement, donc dans la proximité du vignoble.  Le modèle de l’exploitation viticole intègre généralement une cave où le vigneron traite lui-même en temps réel sa vendange. Chaque vigneron a développé ses méthodes (encadrées cependant par le cahier des charges de l’appellation) et se sent responsable du produit fini et de sa personnalité. Ce sont les arguments avancés par les vignerons indépendants en faveur des caves particulières qui constituent la majeure partie des producteurs en France. Deux exceptions à cette règle : le Champagne qui nécessite  un savoir-faire, des équipements, des caves que les négociants ont su développer – une grande partie de la récolte est donc vendue en l’état aux grandes maisons de négociant  par les vignerons . L’autre exception date à peine d’un siècle, lorsque les viticulteurs de Maraussan dans l’Herault s’unirent pour fonder la première cave coopérative en 1905, en réaction à la grave crise viticole et contre les négociants accusés de fraudes et de spéculation. 800px-Maraussan_la_cave_cooperative

Les coopératives sont maintenant implantées dans tout le territoire, elle vinifient 50% de la production viticole. Avec la montée des exigences de qualité, on leur fait souvent le reproche de mélanger le bon raisin et le moins bon, de gommer les particularités de chaque terroir et une moindre attention au suivi des vinifications, à la différence des vignerons indépendants. Beaucoup d’entre elles ont cependant mis en place des systèmes de notation et des vinifications séparées qui vont dans le sens de l’amélioration de la qualité.

*Les vignes vues du ciel, un joli diaporama sur des photos prises par mes soins  Au-dessus de Quincy et Reuilly

Les autres leçons:

1 – L’invention du vin

 3 – Dans la cave

4 – Dans notre verre

5 – Les vins effervescents

 Et Auvergne  : un vignoble à découvrir

Cinq leçons pour connaître la vigne et le vin … et apprécier les bonnes bouteilles. 3 – Dans la cave

Depuis le temps où je terminais  mes études d’ingénieur dans la zone viticole Fitou-Corbières-Minervois à arpenter les vignes, établir les essais sur le terrain et suivre les vinifications séparées, de la cave aux jurys de dégustation, j’ai conservé un intérêt constant  pour le monde de la vigne et du vin, bien que jamais à titre professionnel.  Une fois à la retraite j’ai pris l’initiative de partager avec mes proches mes connaissances et mes sensations à propos de ce breuvage qui a accompagné pendant des millénaires la marche en avant de la civilisation occidentale.

3-Dans la cave

Les grappes arrivent à maturité. Il faut choisir la date des vendanges! bis-1993C’est un moment difficile pour la décision du vigneron : trop tôt on risque d’avoir des vins verts, trop acides, aux arômes herbacés, avec peu de sucres et partant, peu d’alcool, trop tard c’est s’exposer au Botrytis, la pourriture grise qui n’est pas toujours pourriture noble (comme dans les Sauternes), et à la dégradation des raisins.

Dans les vignes, la vendange s’organise, traditionnellement à la main, parfois grain par grain -c’est l’exception de quelques crus en vendange tardive- mais principalement à la machine qui s’est imposée depuis un vingtaine d’année, surtout pour les blancs, sauf dans les appellations qui l’interdisent. C’est maintenant dans la cave que les enjeux de la réussite se déplacent.

Les levures en action

C’est là que nous retrouvons nos fameuses Saccharomyces cerevisiae. Elles se retrouvent à l’état naturel sous forme de spores dans  l’environnement des grappes ou bien sont introduite par le vigneron (en provenance d’une sélection en laboratoire).

La fermentation alcoolique , c’est leur job :

 

C6H12O6 → 2 C2H5OH + 2 CO2

Pour les chimistes, c’est clair : le sucre c’est  C6H12O6

L’alcool éthylique , (ou éthanol) c’est  C2H5OH

et le gaz carbonique c’est  CO2

Un fois dans le moût riche en sucres fermentescibles, les levures ne produisent pas d’emblée de l’alcool. Tant qu’elles disposent d’oxygène,  elle vont d’abord se multiplier.  Comme tout élément vivant , elles consomment de l’oxygène et produisent du gaz carbonique. C’est  la voie aérobie.  C’est ce qui se passe dans le pétrin du boulanger qui doit aérer longtemps la pâte en la pétrissant pour que les levures de boulangerie (les mêmes Saccharomyces cerevisiae) se multiplient et produisent les fameuses bulles de gaz carbonique qui font lever la pâte.

Mais dans la cuve du vigneron, le gaz carbonique s’accumule, l’oxygène manque. Les levures déclenchent alors le plan B, elle vont trouver leur énergie, en l’absence d’oxygène, en cassant les molécules de glucides dans une réaction qui produit de l’alcool et du gaz carbonique. C’est la voie anaérobie.

Ce mécanisme , il est commun à toutes les vinifications. Mais il se décline en de multiples variations selon la matière première (rouge ou blanc…) et selon le type de vin qu’on cherche à obtenir.

Les vinifications en rouge

De retour de la vigne, les grappes sont triées, éraflées (on écarte la rafle qui est le support ligneux de la grappe) et foulées (les grains de raisins sont éclatés). Avant de passer au pressoir, les rouges vont séjourner un temps plus ou moins long pendant lequel le moût (les peaux du raisins, la pulpe, les pépins) va rester en contact avec le jus, avant la fermentation (c’est le début de la macérationet pendant la fermentation.  Le but de la manoeuvre : laisser les pigments rouges/noirs (les anthocyanes du raisin), les tannins et les arômes migrer vers le jus en fermentation.

Vinification rouge jpg lightLa température joue un rôle important dans la fermentation. Trop froid , en dessous de 10°, elle paralyse les levures. Trop chaud, vers 45-50°, les  levures meurent. La fermentation elle-même produit de la chaleur Ce paramètre, sur lequel les vignerons intervenaient autrefois difficilement, est maintenant contrôlé : la plupart des caves ont des installations de refroidissement.

Les vignerons qui recherchent des vins légers, au caractère fruité en nez et en bouche sont de plus en plus attentifs à conserver les arômes, composants fragiles présents dans le moût qui seraient détruits par une montée en température trop rapide. Beaucoup pratiquent la Macération pré-fermentaire à froid en maintenant les cuves pendant 3 à 5 jours en dessous de 15°, ce qui bloque le démarrage de la fermentation.

A l’inverse une température plus élevée donnera des vins plus charpentés, des vins de garde.

La durée de la fermentation est variable. Elle s’arrête spontanément lorsque les sucres disponibles sont épuisés ou bien lorsque la teneur en alcool dépasse les 15-16° (l’alcool agit comme un poison pour les levures)

Une fois la fermentation achevée, l’extraction du vin se fait en deux étapes :l’écoulage qui consiste à récupérer le vin liquide qui s’écoule. Il est nommé jus de goutte, puis le pressage du marc (résidus solides : peau, pépin, etc.), qui donne le vin de presse plus riche en tannins et plus colorés.

Après assemblage, les vins vont connaître une période de maturation appelée élevage Cette phase qui commence à partir de la fin de la fermentation jusqu’à la mise en bouteilles peut durer de quelques mois à plusieurs années. L’élevage sert à stabiliser le vin et à améliorer ses caractères aromatiques et gustatifs.  Dans ce registre, la fermentation malo-lactique qui intervient de manière spontanée avant l’hiver, contribue à assouplir les vins.tonneaux lightLes vins peuvent ensuite faire un passage en tonneau (le bois – essentiellement le chêne libère des tannins qui améliorent le vin). Une fois stabilisé, éventuellement vieilli, le vin sera mis en bouteille et bouché.

Le délai entre la vendange et la mise en bouteille est variable. Plusieurs années pour les grands crus, plutôt 6 mois en général, il est réduit à moins de trois mois pour les vins primeurs qui subissent des traitements particuliers pour raccourcir la période d’élevage.

Les vinifications en blanc

Autant les vivifications en rouge recherchent les échanges entre le moût et le jus à fermenter, autant les blancs donnent la priorité à la rapidité du pressurage – après le foulage égrappage- , un gage pour conserver intacts les arômes et le fruité des raisins. vinification blanc Depuis les années 1980, les pressoirs pneumatiques ont amélioré le travail en œuvrant à l’abri de l’air et en permettant de piloter finement la pression pour extraire le jus sans abîmer le raisin . Le jus des raisins blancs subit ensuite un débourbage, c’est à dire une séparation des éléments solides qui se déposent au fond de la cuve Les vignerons portent beaucoup d’attention à cette phase car elle détermine la qualité de la matière première livrée à la fermentation. Cette opération qui dure de quelques heures à quelques jours, doit se dérouler à l’abri de l’air et à une température maintenue fraîche ; dans le cas contraire on pourrait avoir une oxydation et un début de fermentation. Le débourbage naturel peut être renforcé par un ajout d’enzyme ou un collage qui accélèrent la précipitation des bourbes.

La fermentation démarre ensuite dans les cuves dont on surveille la température : au-dessus de 18° C , il y a risque de dégrader les arômes produits par le travail des levures.

Pour un vin blanc sec, la fermentation se poursuit jusqu’à épuisement des sucres.

Dans le cas d’un vin doux, la fermentation est arrêtée avant sa fin pour conserver une partie du sucre : c’est le mutage. L’arrêt peut être provoqué par ajout de SO2 (aseptisation du vin), par refroidissement brutal (anesthésie des levures), par filtration stérilisante (capture des levures dans un filtre à maille très fine), par l’ajout d’alcool (« vin doux naturel ») ou par la combinaison de plusieurs de ces méthodes.

Après la fermentation s’ouvre la phase d’élevage plus ou moins longue, sur des vins clarifiés  ou sur lies (les dépouilles des levures).  L’élevage peut comporter un passage en barrique.

Avant la mise en bouteille on cherche à clarifier et stabiliser le vin afin d’éviter les dépôts ultérieurs au fond de la bouteille (tartre), en utilisant le froid ou certains procédés biochimiques.

Les sulfites sont en général présents dans les vins blancs à des doses supérieures à celle des vins rouges, afin de protéger de l’oxydation et du démarrage de phénomènes indésirables dus à des micro-organismes. L’introduction de SO2 est d’autant plus importante que les sucres résiduels sont élevés (vins moelleux ou liquoreux). En production bio le taux de sulfite ne doit pas dépasser 100 milligrammes de sulfites par litre de vin rouge (contre 150 mg/l pour les vins conventionnels), et de 150 mg/l pour les vins blancs et rosés (au lieu de 200 mg/l pour les vins conventionnels).

lLes vinifications en rosé

Le rosé emprunte aux deux types de vinifications que nous avons décrites.

VinificationRosejpgContrairement à certaines légendes (et à certaines velléités des instances européennes), le vin rosé n’est pas issu du mélange de vin blanc et de vin rouge. C’est bien de grappes rouges (quelquefois de rouges très clair comme celles du cépage Cinsault) qu’il est issu. Dans tous les cas , la macération sera absente ou très courte à basse température, pour limiter le passage de la couleur et des tannins. Le pressurage viendra ensuite extraire les jus en limitant au maximum l’oxydation. Mêmes précautions, à l’instar des vins blancs pour conserver , les arômes, le fruité du fruit : débourbage soigneux, fermentation à température modérée, à l’abri de l’oxydation.

A L’origine le vin rosé constituait plutôt un sous-produit de l’élaboration des rouges avec la technique de la saignée. Mais les vins ainsi élaborés présentaient  des défauts: un taux élevé de sucre dans la matière ainsi prélevée qui amenait à un titrage excessif  d’alcool  ou à une présence envahissante de sucres résiduels.

Les producteurs de rosé sont maintenant spécialisés à l’intérieur de zones d’appellation (ex: Rosé de Provence), ils exercent dans des caves très équipées qui réclament un bon niveau de technicité.

Coté consommation, le rosé est à la mode surtout en période estivale. C’est le seul vin dont les ventes progressent chaque année dans l’hexagone.

Les autres leçons :

1- l’invention du vin

2- dans la vigne

4- dans votre verre

5 – Les vins effervescents

Et Auvergne  : un vignoble à découvrir

Cinq leçons pour connaître la vigne et le vin … et apprécier les bonnes bouteilles. 4- Dans notre verre

Depuis le temps où je terminais  mes études d’ingénieur dans la zone viticole Fitou-Corbières-Minervois à arpenter les vignes, établir les essais sur le terrain et suivre les vinifications séparées, de la cave aux jurys de dégustation, j’ai conservé un intérêt constant  pour le monde de la vigne et du vin, bien que jamais à titre professionnel.  Une fois à la retraite j’ai pris l’initiative de partager avec mes proches mes connaissances et mes sensations à propos de ce breuvage qui a accompagné pendant des millénaires la marche en avant de la civilisation occidentale.

Dans notre verre

Ça y est ! La bouteille est sur la table, nous savons maintenant qu’elle est le fruit de multiples soins apportés par le vigneron depuis la plantation de la vigne, jusqu’à la vinification en cave, l’élevage et l’embouteillage. Nous avons l’intuition que les caractéristiques, les qualités du breuvage qui nous est proposé sont en rapport avec les traitement que la vendange a reçu. Pour l’analyser, pour décrire ces caractéristiques organoleptiques nous n’avons que nos sens : la vue, l’odorat , le goût.

Notre premier contact avec le vin est visuelcouleurEn tout premier, c’est le cépage qui va influer sur la couleur du vin; par exemple, les cabernets sauvignons donnent des robes plus intenses que le pinot noir. La robe du vin évolue ensuite avec l’âge. Un vin jeune, rouge violacé, va évoluer vers le rouge orangé, et prendre ensuite des teintes tuilées, tout en perdant de son intensité. Les blancs vont prendre des teintes dorées avec l’âge et les vins liquoreux deviennent ambrés. L’oxydation provoque également un certain brunissement.

nezLa phase olfactive permet de découvrir le nez du vin et les arômes qui le composent. Il faut inspirer une une première fois en laissant le verre immobile, puis une seconde fois, après avoir fait légèrement tourner le vin dans le verre. L’odorat nous renseigne sur le taux d’alcool , et surtout sur  les arômes . Il peut nous alerter sur des défauts : acidité acétique ( vinaigre), goût de bouchon … Le repérage des arômes est complété par la sensation en bouche , précisément avec le phénomène de rétro-olfaction qui stimule les récepteurs olfactifs de l’arrière-nez.

La phase gustative vous renseignera définitivement sur le vin. En introduisant une petite quantité de vin afin de permettre sa diffusion dans la totalité de l’espace buccal, en aspirant un peu d’air pour brasser le contenu  et  remonter ainsi les composés volatils jusqu’aux fosses nasales puis en repérant, après la déglutition, la persistance en bouche.

Comment classer nos sensations?

·       Le sucre : C’est la saveur la plus primitive (appréciée dès les premiers jours de la vie d’un nourrisson). La sensation sucrée est amplifiée par l’alcool. Par conséquent, un vin au titre alcoolique plus élevé nous paraîtra plus sucré. Le sucré donne à la fois des éléments de souplesse, de gras et moelleux.

·         L’alcool : PiquetteLe temps n’est plus où l’on trouvait quelque sympathique «piquette», aux teintes violacées, titrant au grand maximum 10°, en général mal vinifiée, dont la conservation était très aléatoire. La légende voulait qu’elle fasse des centenaires ….- sauf cirrhose et autre ulcère d’estomac-.   Depuis,  un taux d’alcool d’au moins 12° est devenu la norme, un taux supérieur apparaissant comme un gage de qualité et de conservation en vue de la garde. Les taux élevés dépendent de l’exposition, se retrouvent plutôt dans la viticulture méridionale et sur des cépages comme le grenache et le muscat.

·         L’Acidité : ça peut être un défaut , lorsque la bactérie du vinaigre « aceto-bacter », stimulée par la présence d’oxygène dans le cas d’une mauvaise conservation, produit de l’acide acétique. A l’inverse, l’acidité peut être naturelle, en provenance de la grappe elle-même (acide malique, tartrique, citrique…). Dans ce cas, elle confère de la légèreté et de la vivacité aux vins (particulièrement les blancs). Une acidité trop élevée peut être la marque d’une vendange trop précoce, sur des raisins trop verts.
·   Les-Demoiselles-Tatin  L’astringence : ce n’est pas une saveur mais une sensation physique dans la bouche – L’astringence provoque l’assèchement de la bouche et des gencives ainsi qu’une impression de rugosité (langue râpeuse). Elle provient de la propriété qu’ont les protéines à se complexer sous l’effet des tanins (polyphénols), surtout présents dans les vins rouges. L’amylase salivaire est une protéine qui réagit fortement avec les composés astringents et provoque cette sensation d’assèchement dans la bouche.Les tanins sont présents dans tous les vins rouges, à des doses très variables : très taniques : les vins du sud-Ouest (les Cahors à base de Malbec) . Peu taniques ( les beaujolais à base de Gamay, Les rouges de Centre Loire: Reuilly ci-contre). La vinification , et notamment la durée de macération influent beaucoup sur la présence des tanins. Le vieillissement modifie et adoucit les tanins.
L’Amertume :Dans le vin, une légère amertume ajoute à la complexité et à la persistance gustative. Toutefois, une trop grande amertume est considérée comme un défaut. Elle provient généralement des pépins de raisins dans le cas d’une extraction trop forte au pressurage.
Les arômes  :    Ils se perçoivent à la fois par le nez et l’arrière-bouche. Ce sont vraiment les marqueurs d’un cru, de sa personnalité et de son expression. On les classe en trois catégories selon leur origine. Les arômes primaires sont déjà présents dans le raisin ( exemple: le muscat) . Les secondaires sont produits par les levures pendant la fermentation ( ex: banane, ananas…). Les arômes tertiaires apparaissent pendant l’élevage (Tanins du chêne des barriques, ou micro-oxydation du vin)affiche-aromes-du-vin-2L’équilibre d’un vin : Pour un rouge il faut tenir compte de trois paramètres : acidité, alcool , structure tanique. Pour un blanc ce sont deux paramètres : l’acidité et l’alcool, avec la variante du sucre pour les demi-secs ou les liquoreux.

La structure du vin : La structure d’un vin rouge lui est apportée par ses tannins, c’est l’ossature du vin. L’intensité de la couleur annonce aussi la structure du vin. Pour les vins rouges, une couleur profonde présage en général un vin plutôt corsé, riche en tannins tandis qu’une couleur faible suggère un vin léger. Ainsi, plus un vin rouge est structuré plus sa propension à bien vieillir est prometteuse.

Alors, prêts pour la dégustation ? La priorité à vos sensations. Partir d’elles puis essayer de leur donner un nom, un qualificatif (et pas l’inverse).

Vous vous sentez un peu perdu(e)  dans le vocabulaire foisonnant et complexe des dégustateurs ?

Rassurez-vous, vous n’êtes pas seuls : Un sondage réalisé en 2013 révèle que les consommateurs n’apprécient pas le langage suranné voire prétentieux des notes de dégustation : 55% des sondés déclarent que les descripteurs utilisés par les dégustateurs professionnels ne les aident pas à comprendre le goût du vin, deux tiers d’entre eux considèrent que les descriptions mentionnées sur la contre-étiquette ne correspondent pas à leur propre analyse sensorielle, 91 % d’entre eux affirment ne pas consulter les critiques spécialisées avant de choisir un vinPrécision : il s’agit d’un sondage auprès d’un public de 1 000 consommateurs britaniques réalisé en ligne par One Pollet publié par le Télégraph

Alors, fiez-vous à vos sens ! A votre Santé !

Les autres leçons :

1 – L’invention du vin

2 – Dans la vigne

3 – Dans la cave

5 – Les vins effervescents  

 Et Auvergne  : un vignoble à découvrir

 

Cinq leçons pour connaître la vigne et le vin … et apprécier les bonnes bouteilles. 5- Les vins effervescents

Depuis le temps où je terminais  mes études d’ingénieur dans la zone viticole Fitou-Corbières-Minervois à arpenter les vignes, établir les essais sur le terrain et suivre les vinifications séparées, de la cave aux jurys de dégustation, j’ai conservé un intérêt constant  pour le monde de la vigne et du vin, bien que jamais à titre professionnel.  Une fois à la retraite j’ai pris l’initiative de partager avec mes proches mes connaissances et mes sensations à propos de ce breuvage qui a accompagné pendant des millénaires la marche en avant de la civilisation occidentale.

 Les vins effervescents

L’effervescence est un phénomène naturel qu’ont toujours connu les vignerons lorsque, au printemps les vins de l’automne précédent se mettaient à fermenter de nouveau et à prendre de la mousse.bouchon-de-champagne L’histoire des vins effervescents retrace les efforts des cavistes à domestiquer ce phénomène indésirable et à le transformer en avantage incomparable. Cette maîtrise ne s’est développé qu’avec l’apparition de procédés industriels de fabrication de bouteille en verre (et particulièrement de récipients suffisamment solides pour tolérer les pressions importantes des effervescents ), et avec la généralisation du bouchon de liège maintenu par un muselet – donc pas vraiment avant le milieu du  XVIIIème siècle. Ensuite c’est tout le savoir-faire des vignerons et des premières maisons de négoce qui a forgé la méthode champenoise. Depuis les coteaux de la Champagne, elle a essaimé ensuite dans toutes les régions viticoles de France, puis à la surface de la planète.

Méthode traditionnelle, méthode ancestrale, méthode champenoise… il y a plusieurs façon de faire des vins effervescents, mais certaines étapes sont communes à toutes ses méthodes.

(Cliquer sur le schéma pour l’afficher en grand)Schéma vinifcation vin effervescent

La méthode champenoise  

la méthode traditionnelle de production des vins mousseux qui en Champagne seulement a le droit de porter la mention « méthode champenoise » est également la plus longue et la plus onéreuse.

  •        Le vin « tranquille » est élaboré (c’est la première fermentation) à partir de raisins provenant de la zone d’appellation, issus de Pinot noir (raisins noirs à jus blanc), de Pinot meunier (noir à jus blanc) et de Chardonnay (blancs). On trouve aussi des rosés provenant soit de mélange de blanc et de rouge, soit de pinot noir macéré un certain temps avec le moût. Les « blancs de blancs » sont issus exclusivement de chardonnay.
  •        Premier embouteillage :   Un mélange de sucre et de levures, appelé liqueur de tirage, est ajouté au vin d’assemblage, ou vin de base, qui est ensuite embouteillé. Les bouteilles sont alors bouchées à l’aide d’une capsule-couronne provisoire. Une seconde fermentation alcoolique, appelée prise de mousse, se produit dans la bouteille. Le processus de fermentation génère du gaz carbonique qui, sous la pression, se dissout dans le vin et créera les fameuses bulles.
  •      Vieillissement et remuage : À la suite de cette deuxième fermentation, le vin est vieilli en bouteille sur les lies de levure, ce qui lui donne davantage de caractère. La durée du stockage sur lies, ou vieillissement, varie selon le style et la qualité recherchés (18 mois pour les brut sans année à 3 ans pour les millésimés  et bien plus pour les champagnes d’exception …). Finalement, les lies sont retirées de la bouteille au moyen d’un procédé connu sous le nom de remuage. À l’origine, il fallait plusieurs semaines pour remuer la bouteille afin d’amener les lies collantes jusque dans le goulot, mais la mécanisation du procédé a réduit cette durée à une dizaine de jours.
  •     Deuxième embouteillage : Il s’agit d’éliminer ce dépôt par une pratique qui s’appelle le dégorgement. Le col de la bouteille inclinée est congelé, la capsule est retirée et les lies sont éjectées. Une petite dose de vin permettant une compensation du niveau et un ajustement final de la teneur en sucre est ajoutée, puis bouchon, muselet et capsule de surbouchage sont mis en place (la pression dans la bouteille : 4,07 à 6,07 atmosphères). La dose de sucre varie selon les caractéristiques du produit : Brut pas  plus de 15 g de sucre (de canne de préférence ou de concentré de vin ) par litre. Sec : 17 à 35 g/litre. Demi-sec : de 33 à 50 g/litre. Doux : plus de 50 g/litre.

La notion de marque, primordiale en Champagne, n’est pas en cohérence avec la notion de terroir habituellement consacrée dans la définition des appellations en France. Elle a pour effet de gommer systématiquement les particularités de chaque terroir. Elle a cependant l’avantage d’assurer la garantie, pour le consommateur, de retrouver un gout constant résultant de l’assemblage minutieux de vins de zones de production et de millésimes différents.

Sur les 324 crus (qui correspondent aux territoires des communes) que compte l’appellation, seuls 17 ont droit à l’appellation Grand Cru et 43 à celle de premier cru.

Quelques vignerons ont pris le parti de s’affranchir de la pratique de l’assemblage et recherchent ainsi le maximum d’expression du terroir.

Le territoire de l’appellation est très vaste et composite :

(Cliquer sur le schéma pour l’afficher en grand)

1300px-Vignobles_champagne

Les différents crus du champagne

bouteilles Les champagnes sont classés par rapport à la provenance des raisins, à leur sélection et au traitement qu’ils subissent en cave.

 

  • Brut sans année (BSA) Il s’agit d’un champagne élaboré à partir de cépages, d’années et de régions différentes pour maintenir le goût typique de la marque aussi constant que possible. Mêlant en général un tiers de chardonnay, un tiers de pinot noir et un tiers de pinot meunier, il est élevé 18 mois en cave avant d’être mis en vente.
  • Champagne millésimé Composé exclusivement de raisins d’une même année, il combine les cépages et les régions, et doit avoir vieilli au moins trois ans en cave. Son goût peut donc varier d’un millésime à l’autre. Selon les marques, seules les bonnes années sont millésimées.
  • Grand cru Champagne provenant des seules communes classées à 100 %, celles qui possèdent les meilleurs terroirs.
  • Premier cru Champagne provenant de communes dont le classement est compris entre 90 et 99 %.
  • Cuvée spéciale, Brut réservé, Brut premier, Grande réserve : Ces mentions n’ont aucune signification réglementaire. Elles correspondent à une démarche purement commerciale des grandes maisons.
  • Blanc de blancs Champagne élaboré exclusivement à partir de raisins de cépage chardonnay (raisin blanc à jus blanc). Le goût est généralement plus fin et le prix plus élevé.
  • Blanc de noirs Champagne blanc, plus charpenté, issu de raisins noirs à jus blanc (pinot noir et pinot meunier).
  • Champagne rosé Il s’obtient en ajoutant à du champagne ordinaire un vin rouge de la région (en général le Bouzy), ou en laissant macérer un temps la peau des pinots lors de la vinification.
  • Brut, sec ou demi-sec Presque tous les champagnes sont bruts. Pour mériter cette appellation, ils ne doivent pas contenir plus de 15 g de sucre (de canne de préférence ou de vin vieux) par litre. Les proportions sont de 17 à 35 g/litre pour le sec et de 33 à 50 g/litre pour le demi-sec. Un champagne doux en contiendra plus de 50 g/litre.

 

Savoir lire les étiquettes

 

bouteillesLe champagne est le seul vin AOC pour lequel la mention d’appellation d’origine n’est pas obligatoire. En revanche, l’étiquette doit indiquer la raison sociale de l’élaborateur (c’est-à-dire celui qui effectue la prise de mousse ou, au minimum, le dégorgement) et son statut. Il peut produire lui-même ses raisins ou les acheter à un producteur situé dans l’appellation.

RM. Récoltant-manipulant. Vigneron qui cultive ses vignes, vinifie sa récolte et élabore lui-même son champagne. Il l’embouteille sous son propre nom ou sa propre marque

RC. Récoltant-coopérateur. Viticulteur qui confie ses raisins à la coopérative et les récupère après la seconde fermentation en bouteille. Il commercialise ensuite ses champagnes sous son nom ou celui de sa marque.

NM. Négociant-manipulant. Société qui achète des raisins  à des vignerons, les vinifie et élabore son champagne à partir de cette matière première. Dans certains cas achète les bouteilles sur lattes avant vieillissement et remuage.

CM. Coopérative de manipulation. C’est une cave à laquelle les adhérents apportent leurs raisins. Elle se charge de les presser, de les vinifier puis d’élaborer les assemblages. Tout ou partie de ces bouteilles peut être vendu sous le nom de la coopérative ou une marque commune

SR. Société de récoltants. Groupement de producteurs qui commercialisent souvent sous une marque commune.

MA. Marque d’acheteur. Marque de détaillant qui commercialise un champagne dont il n’est pas l’élaborateur

 

Choisir son champagne

bouteillesBrut sans année, millésime, champagnes de marque ou de producteurs , vous avez compris que le monde du Champagne est complexe (Il existe aujourd’hui 284 maisons de négoce auxquelles il faut rajouter les 43 coopératives et les 4722 producteurs indépendants). Alors pour se retrouver dans cette jungle sans vider votre compte en banque, faites confiance aux guides des vins : Parker , Hachette, Gault et Millau…

 

Les autres méthodes

 

      La méthode de la clairette de Die,  du Diois img_clairette_de_die

et de la vallée de la Drôme. Elaborée à partir de muscat (au moins 75%)et de Clairette blanche. La première fermentation-en cuve- est arrêtée par le froid. on ne rajoute pas de sucre. La seconde fermentation s’effectue en bouteille à basse température. Après la prise de mousse, au bout de quatre mois minimum, on vidange les bouteilles à froid et sous pression, pour effectuer une filtration des levures . Entretemps les bouteilles ont été rincées et sont prêtes à recevoir à nouveau leur contenu, toujours sous pression. Il n’y a ainsi aucune perte du gaz d’origine. Le taux d’alcool est de 7 à 9 °. L’étiquette porte la mention « Tradition »

On trouve aussi des Clairettes élaborées selon la méthode champenoise. Elles sont signalées comme « Brut » sur l’étiquette.   

 

La méthode de la cuve close

La prise de mousse, après apport de sucre et de levure, ne se réalise pas en bouteille mais dans une cuve sous pression.

elaboration_cuve_close_1

Pour compenser la perte de dioxyde de carbone naturel pendant la mise en bouteille l’ajout de CO2 alimentaire est autorisé. Cette méthode est utilisée pour fabriquer les SEKT allemands ( les allemands sont de gros consommateurs et de gros producteurs – principalement à base de vins importés- de vins effervescents) et tchèques, les vins sardes , des cidres et les prosecco…. Elle est également appelée méthode italienne en Italie.

Les crémants

de Bourgogne, d’Alsace, de Touraine, de Loire…) sont des vins effervescents mousseux obtenus par méthode traditionnelle (alias « méthode champenoise » en Champagne) dans une aire d’appellation particulière. Même procédé que le Champagne mais n’ont pas le droit à l’appellation « Champagne»

 

la blanquette de Limoux

dite brute est obtenue selon la méthode traditionnelle «champenoise ». Pour la blanquette de Limoux dite méthode ancestrale  la fermentation est entièrement naturelle dans la bouteille sans transvasement. Le cépage est principalement le Mauzac. Le taux d’alcool est autour de 7°.

 

Les bulles : un succès universel

 Depuis l’époque où dom Pérignon (un moine bénédictin de l’abbaye d’Hautvillers) a importé de Limoux  la méthode de la prise de mousse du vin et l’a adaptée sous le label « méthode champenoise », les vins effervescents ont conquis les moments de fête . En 2012 ce sont 2,5 milliards de bouteilles qui ont été consommées aux quatre coins de la planète dont près de 50% de champagne !

Pour finir, je vais vous faire une confidence : Je n’aime pas le Champagne, surtout certaines bouteilles aux bulles grossières et agressives, sur la base d’un vin clairet et toujours un peu acide. En revanche une petit Clairette, simple et fruitée me fera plaisir, au coeur de l’été !

Et puis on attend l’effervescent que nous promet Jean, notre ami viticulteur en attendant que sa vigne pousse et porte sa première vendange!

 

A Votre Santé !barLes autres leçons :

1 – L’invention du vin

2 – Dans la vigne

3 – Dans la cave

4 – Dans notre verre

 Et Auvergne  : un vignoble à découvrir

Bonne année 2014- On garde le moral !

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En décembre  dernier , j’écrivais dans ce blog en introduction à cette année 2013 qui s’annonçait peu brillante  : « si nous pouvions tous enjamber carrément cette année difficile, ce serait mieux pour notre avenir à tous. »

Effectivement si nous pouvions effacer cette foutue courbe du chômage qui tarde à « s’inverser » malgré les incantations de nos responsables politiques, si nous pouvions détourner le regard des mauvais signes qui désignent notre école parmi les plus inégalitaires et les moins efficaces des pays de l’OCDE,599392-varsovie si nous pouvions oublier le gaz carbonique qui poursuit sa course imperturbable au-dessus de nos têtes malgré les modestes progrès enregistrés à  l’issue de la conférence de   Varsovie le mois dernier, nous regarderions avec plus de sérénité et de confiance cette nouvelle année s’avancer

Au niveau international , les interventions en Afrique se suivent et ne se ressemblent pas. Attendue par un bonne partie de la population au Mali, elle renforce  conflits et désordres dans une Centrafrique déboussolée , livrée aux milices.

Au Moyen-Orient, la normalisation des rapports avec l’Iran pourrait faire espérer un apaisement dans la région. Mais nos regards sont tournés vers Beyrouth où l’onde de choc du conflit syrien met en danger le fragile équilibre du Liban. Notre famille y est particulièrement sensible, car notre petit-fils, bi-national , fête cette nouvelle année à  Beyrouth avec sa mère.

Heureusement,  comme bien des français dès le moment où ils ne sont pas touchés directement par le chômage et la précarité , nous abordons cette année 2014, pessimistes sur la marche générale du pays mais relativement optimistes sur notre sort et celui de nos proches.

Ne parlons pas du bonheur des retraités autour de nous qui savent goûter (tant que la santé est là…)à une insouciance et une  sérénité qui manquent tellement lorsqu’on est dans un monde du travail de plus en plus stressant. Et consacrer leur principale richesse – le temps libre – à des buts désintéressés (famille, amis, associations …), quelquefois à  des passions (Photographie, généalogie, oenologie, cinéma, littérature…) qui les accaparent.

Mais l’âge de l’insouciance, me direz-vous, c’est bien celui de l’enfance. bis-2177 Mais je ne suis pas sûr que la dernière génération, celle de nos petits-enfants,  ignore totalement  les soucis : Filo se demande ce qu’il va advenir du couple de ses parents et Antonio craint de décevoir les attentes du système éducatif  qui voudrait le voir maîtriser lecture et écriture dès la fin du premier trimestre du CP.

Leurs parents, cette génération qu’on a désignée  faute de mieux comme la génération Y, oscillent entre projets rêvés et prise de responsabilité. Les uns penchent pour un retour à une vie fruste loin des contraintes de notre monde contemporain ou s’imaginent dans une vie d’artistes ou de créateurs,  les autres apprennent un métier,  prennent un boulot, achètent une maison ou un bateau, font des gamins.

Quels que soient leurs choix, ce qui les distingue de leur aînés, c’est qu’aucune de ces situations ne leur semble  définitive….comme s’ils avaient intégré leur espérance de vie supérieure à la nôtre. Nés dans les années 1980, ils ont, pour les plus chanceux, sans doute encore 70 ans à vivre, jusqu’à leurs 100 ans.

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Et  oui ! Nous nous inquiétons, nous, la génération des parents et grands parents, mais est-ce la meilleure manière de les aider ? Soyons plutôt conscients, pas trop culpabilisés, lucides et joyeux, présents et attentifs à leurs besoins (de soutien, d’argent …) et confiants dans leur capacité à s’en sortir, à rebondir, ou à surnager. Le monde qu’ils ont trouvé est bien en danger mais il offre aussi quelques opportunités dont ils savent profiter. Et sans eux, sans leur énergie et leur goût du bonheur, le monde et la vie seraient bien tristes !

Souhaitons-leur en cette année du centenaire de la guerre de 1914 qu’aucune catastrophe de cette ampleur  ne les atteigne !

Alors en ce début d’année pensons à Clara qui devrait finir l’année diplomée économiste de la construction , à Chloé diplômée auxiliaire de puericulture, Mathias qui se retrouve avec un nouvel employeur suite au rachat de sa division, Maud qui voudrait échapper à l’intérim, Nora qui se cherche un autre job, Claire et Raoul qui commencent une nouvelle vie au Canada après un long périple dans les Caraïbes  et Andréas qui veut changer de vie – et donc d’activité. Nous leur souhaitons réussite dans leur projet, soutien et partage avec leurs proches.

Et puis 2014 nous mènera 2 fois devant les urnes . Sans enthousiasme … Tout semble disparaître au profit des lois économiques qui pressurent le corps social. C’est vrai que nos économies matures ne connaîtront plus la croissance exceptionnelle des trente glorieuses.  Le grand danger, avec  cette faible avancée de l’activité, c’est d’accroître encore l’accumulation de richesses pour ceux qui détiennent le capital – le retour des rentiers-  et de nous mener à encore plus d’inégalités – dans les revenus et les patrimoines.  Pour combattre les inégalités qui sont  le poison de la démocratie , pas d’autre solution que d’investir ou réinvestir la politique.  S’informer , réfléchir, débattre, et se mobiliser…  Et voter !

Et bonne année 2014, légère et colorée !

pigeon cerise web

Le secteur des services à l’heure d’internet 2.0

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Tout le monde connaît la distinction classique parmi les activités économiques entre le secteur primaire ( agriculture, mines ..),  le secteur secondaire( industries) et le secteur tertiaire ( services). Dans nos sociétés développées, la fin du XVIIIème et surtout le XIXème siècle ont connu la modernisation et la relativisation de l’agriculture ainsi que la montée inexorable de l’industrie. Et le XXème siècle surtout dans ses dernieres annéees a vu l’explosion des activités de services En 1913, nous comptions encore 40 % de paysans dans la population active, ils étaient 10 % en 1970, et un peu plus de 3% aujourd’hui.  L’industrie (avec la construction) employait déjà 32% des actifs en 1913, 38% en1970, moins de 20% aujourd’hui . Une montée puis une décroissance commune aux sociétés développées parvenues à la maturité, mais particulièrement marquée en France, source d’inquiétude pour les responsables économiques et politiques . Le secteurs des services, fait de bric et de broc, c’est le restant :  Alors qu’il ne représente que 28 % de la population active en 1913, il en représente 52 % en 1970 et 68 % en 1995, 77% aujourd’hui : 3 salariés sur 4 !

3 salariés sur 4 dans les services !

Voici donc le résultat de la révolution de l’industrie , puis de sa modernisation à marche forcée, puis de son exposition croissante à la mondialisation. On s’interroge beaucoup sur l’avenir de ce secteur secondaire en France. Dans le même temps on fait preuve d’une belle insouciance quant au sort des services qui représentent de loin le plus gros réservoir d’emplois. Or, tout porte à croire que le secteur tertiaire est sur le chemin d’une révolution qui n’aura rien à envier à celle,  passée, de l’industrie.

Les services ont longtemps connu une gestion routinière, à la limite de l’artisanal.545592-des-employes-de-bureaux-americains-en-1955 Leur place croissante dans l’activité des entreprises a amené les responsables à rechercher des organisations et un management susceptibles d’accroître la productivité, notamment à l’occasion de l’introduction massive de l’informatique à partir des années 1970. Mais dans les années 2000 après des décennies de modernisation informatique, les économistes et les gestionnaires ne voyaient toujours pas d’effet significatif sur la productivité comme si l’informatique s’était ajouté aux activités existantes, sans vraiment les transformer, en rajoutant contraintes,standardisation, reporting et contrôles  rendus possibles par le nouvel outil.

Cette situation est actuellement en plein bouleversement sous l’effet de la généralisation d’internet et des nouvelles pratiques des consommateurs.

Ainsi les banques 2.0 ( banques en ligne…) menacent-elles les agences en dur que les établissements ont fait fleurir  30 ans plus tôt dans le moindre quartier, le moindre village.B for B Les services informatiques proposés ont fait de gros progrès et une partie significative de la clientèle est prête. C’est ainsi que le Crédit agricole Ile-de-France a annoncé en novembre un remaniement de son réseau, qui se traduira par la fermeture d’une cinquantaine d’agences d’ici à 2015 et la mise en place de guichets employant moins de six salariés. En parallèle, la banque mutualiste s’applique à développer une approche 2.0.

Les libraires en ligne (on se demande s’il ne faudrait pas utiliser le singulier) attirent de plus en plus de transactions au détriment des libraires en réseaux (l’enseigne Chapitre est en faillite, Virgin Megastore disparu,  la FNAC en mauvais état…) ou indépendants. Le livre numérique commence à faire sa place en faisant table rase des circuits de distribution.

Les opticiens en ligne proposent à une clientèle croissante des prestations et surtout des prix  qui mettent en danger les marges scandaleuses de la profession classique.

Les mutuelles et autres complémentaires proposent souvent des coachs santé en ligne .

Les assurances sont proposées en direct sur internet à des prix attractifs.  Les agents généraux, les courtiers voient leur avenir menacé , sauf s’ils se spécialisent sur certaines activités hors grand public.

Les taxis se battent bec et ongles pour barrer la route aux voitures réservées sur Internet. Leur victoire définitive est peu probable.

La musique en ligne (légale et non légale) a fait disparaître les disquaires . Les nouvelles pratiques du monde de la musique ( préfinancement de groupes, lancement sur You Tube… ) remettent en cause l’édition musicale.  

La Poste avec ses 350 000 employés est en difficulté avec la baisse continue du courrier physique entraîné par le développement des échanges électroniques . La Poste canadienne a prévu à terme de supprimer les tournées des facteurs.

La mise place des MOOC (cours en ligne ouvert et massif) laisse entrevoir une perspective où une part de l’enseignement  à l’université pourrait se trouver dématérialisé et son bénéfice décuplé massivement à travers des réseaux éducatifs

En quelques mois, le site d’annonces gratuite sur internet  (Leboncoin pour ne pas le nommer) a mis à bas l’empire florissant des annonces papier ( Paru Vendu …).

Que seront donc les services dans 10-15 ans ? Se poser cette question, n’est plus affaire de prospectivistes foireux. Toutes les prémisses sont là, sous nos yeux.

Alors faut-il regretter les bons vieux services ?

Faut-il s’opposer à cette évolution ?

Lorsqu’on réfléchit sur de telles perspectives, on s’inquiète immédiatement de l’impact général sur  l’emploi, question très importante que nous évoquerons plus loin . Mais cela évite souvent de se demander si ces évolutions sont souhaitables pour notre société, pour les travailleurs de ces services et pour les consommateurs de services que nous sommes tous.

 Du coté de la qualité du travail, il faut bien constater que la modernisation des services intervenue dans les 30 dernières années, a eu la plupart du temps un effet catastrophique. Les changements introduits sont largement inspirés des principes industriels (du type tayloriens ou post-tayloriens).

Prenons l’exemple d’une banque généraliste . A l’ancienne spécialisation des métiers (agent d’accueil, caissiers, agents administratifs, conseillers clientèle) a succédé le règne de la polyvalence. banque-credit-client_41Le conseiller (pas d’autre dénomination) s’occupe de tout : il fait de l’accueil, de la saisie , du conseil financier,passe du Front au back-office,  il doit monter des dossiers de prêt (le coeur de métier), mais aussi proposer des placements, des  assurances, de la prévoyance, de la complémentaire santé, et même du téléphone mobile. Autant dire qu’il ne maîtrise correctement aucun de ces métiers. L’expertise est maintenant dans le système informatique. Mon conseiller à la Caisse d’épargne est incapable de me préciser un taux d’emprunt ou un statut fiscal pour tel placement  sans lancer un programme de simulation et rentrer mes paramètres. Encore heureux s’il le maîtrise suffisamment sans se trouver obligé de consulter un collègue plus expérimenté. Il est polyvalent sur tout , compétent sur rien. Mais néammoins stressé car  ses moindres faits et gestes – et résultats en terme de placement de produits- seront décortiqués mensuellement , voire hebdomadairement avec son N+1. De l’autre coté du comptoir, l’usager que je suis s’irrite des hésitations , des approximations , des fausses manoeuvres , autant de temps perdu. Je me console en me rappelant que le temps pour un retraité de ma sorte n’est pas si précieux , mais je pense aux actifs qui ont dû prendre quelques heures sur leurs obligations, des fois une demie-journée de RTT pour honorer ce RV.

Alors , si toute la compétence est dans le système informatique, l’intervention de ce conseiller inefficace est parfaitement inutile . Passons à la banque en ligne. Si j’ai quelque difficulté à faire un choix, un conseiller est toujours disponible au bout du fil.

Il y a longtemps j’étais un client assidu des librairies, à la recherche du personnage mythique du libraire ou du vendeur , amoureux de ses livres, féru d’histoire,  d’économie ou de littérature, qui saurait me guider dans ma quête. Hélas !le_libraire_de_la_rue_boulard La quête était souvent semée d’embuches. Le vendeur,du fait du nouveau management des librairies, se trouvait accaparé par la gestion de son rayon et la manutention, le rangement ; il fallait donc le trouver sur le chemin des réserves. Et  poser mon énigme  à ce sphinx débordé. L’ouvrage lui étant souvent inconnu, il fallait consulter Electre – c’était la base de données sur Minitel : 3615 Electre que j’avais souvent consulté préalablement de chez moi. Et passer commande. Les délais étaient variables – Peut-être Mercredi prochain ! Il est plus sûr de vérifier par téléphone – Nos échanges dépassaient rarement la résolution de ces problèmes pratiques et j’évitais de solliciter un complément de bibliographie. Bref on était bien loin de la fable, inventée par les milieux de la culture, sur le libraire, médiateur indispensable entre le consommateur démuni et la Kulture universelle.

Ces quelques exemples – chacun peut trouver dans son expérience des équivalents- pour illustrer la dégradation de la qualité des services dans les activités marchandes.ANPE Mais une analogie pourrait se trouver du coté de bien des services publics- à l’ANPE devenue Pôle Emploi , je peux en témoigner  : offre de service standardisée, écoute réduite au minimum,  recherche éperdue du résultat en un minimum de temps, obsession du chiffre.  Seule une résistance intime de chacun des agents pouvait lutter contre cette dérive inhumaine de la relation de service.

Partout la marque des nouveaux managers, des tableaux de bord, des « scoring » des publics (établir les paramètres de chaque client pour lui proposer – ou lui refuser-  une offre de service formatée) et des procédures rigides. Tel est le paysage des services d’aujourd’hui après trente ans d’industrialisation.

On en vient à oublier la grandeur possible d’une relation de service, lorsque la qualité de la prestation n’est plus dépendante d’une organisation Orwellienne mais de la compétence  et la disponibilité de l’interlocuteur derrière le bureau. Le succès de cette séquence va dépendre essentiellement de la coopération qu’il va établir avec le client ou l’usager, c’est une véritable co-production des deux cotés.

Alors, lorsque ce n’est pas le cas, lorsque l’échange entre humains n’apporte aucune plus-value,  laissons donc cela aux ordinateurs et aux services en ligne.

Vivent les service 2.0 !

Prochain article : Renouveler le tertiaire : des services pour aujourd’hui et pour demain!

Renouveler le tertiaire : des services pour aujourd’hui et pour demain !

Nous l’avons vu dans le précédent article, le secteur de l’industrie en France  n’est pas le seul  à connaître des défis historiques, les services  sont soumis à des bouleversements qui ne font que commencer.

On dit communément que les services ne sont pas exposés à la concurrence entraînée par la mondialisation. C’est vrai pour votre coiffeur , mais totalement à coté dela plaque pour bien des entreprises françaises de services  à dimension internationale.Business international Ainsi Cap Gemini, une des 13 plus grandes dans le  secteur informatique à l’échelle de la planète qui emploie 120 000 personnes dont 40 000 à l’étranger . De même Sodexo, dans la restauration collective,  regroupe  420 000 collaborateurs dans 80 pays. Les services français s’exportent bien , leur balance, +21,7 milliards en 2012 dépasse largement l’agriculture et l’agro-alimentaire  +11,7 M € et même l’aeronautique +17,5 M€. Quant aux seuls produits industriels et biens d’équipement, ils  présentent un déficit de 50 M€.   

Les services seront à l’avenir plus exposés à la mondialisation , du fait de leur dématérialisation croissante : rien ne s’oppose en théorie, à conclure un contrat avec un assureur anglais, de traiter sa comptabilité avec un cabinet belge, d’acheter du matériel photographique chez un e-marchand allemand. A la condition que les opérateurs sur Internet soient prêts à traiter ces nouvelles clientèles. Les français ne sont pas mal placés (14% du commerce passe par le canal électronique), mais moins que les tchèques ( 24%),  les irlandais(21%), les suédois(20%) , les anglais(19%) et les allemands (19%) si l’on considère la part de marché de l’e-commerce (vente en ligne et EDI échange de Données  Informatiques  entre entreprises).

Avec un marché en France de 57 Milliards d’€ – multiplié par 8,5 entre 2005 et 2014, l’e-commerce est bien ancré dans le paysage économique , malgré une défiance marquée des responsables économiques et politiques, échaudés par l’éclatement de la bulle internet au début de ce siècle et inquiets devant la difficulté de réguler ces activités (Amazon ne paye que peu d’impôts au Luxembourg quel que soit le lieu de la transaction avec le client final). Il devrait représenter 24 % de  l’ensemble du commerce en 2020 selon le CREDOC.

Mais la révolution des services ne concerne pas seulement les activités commerciales

Services du bien vivre individuel et collectif

Nos sociétés vieillissent sous l’effet de l’allongement de la vie et du retournement démographique. Même les pays émergents ne sont pas à l’abri de cette évolution. Ehpad Cette réalité survient dans une société marquée par une individualisation – voire un individualisme- croissant.  Les services sont donc aux premières loges pour tenter de renouer des liens qui font de plus en plus défaut.

Ces activités peuvent difficilement se passer du facteur humain.   Même si certains services périphériques ont un potentiel de modernisation : dispositifs d’assistance à distance – voire intervention de robots domestiques, télé-médecine, portage de repas… ,  dans chaque cas le maintien d’une relation humaine est primordial.

Ce qui se joue ici, c’est l’amélioration à la fois quantitative et qualitative des services de développement humain, autant de  biens communs, autant  de droits universels à (re)conquérir, dans l’éducation, la santé, la justice, la culture, les services destinés à la petite enfance, aux personnes âgées, aux handicapés, autant de services dits sociaux… On y applique aujourd’hui une logique de performance industrielle et de réduction des coûts qui menace la qualité des prestations et leur universalité. Cette évolution s’oppose à une nécessaire professionnalisation de ces métiers, et nuit au développement de l’emploi.

Dans le même esprit  si l’on veut assurer une orientation ferme de la société française vers une économie de la connaissance, il faudra donner une place accrue aux activités de recherche et d’éducation. En renouvelant les méthodes, notamment dans l’enseignement où l’efficacité du système est gravement mis en cause par les enquêtes internationales (PISA Programme international  pour le suivi des acquis- OCDE) 

verts les services !

Tout le monde peut constater les ravages sur notre environnement d’un développement irresponsable des activités industrielles pendant près d’un siècle. Mais lorsqu’on examine de près les dangers que court la planète, on ne peut que parvenir  à cette conclusion : c’est l’ensemble de notre mode de vie qu’il s’agit de modifier en profondeur. Et dans cette perspective, les services tiennent une place centrale, si l’on souhaite une économie verte, qui permette la poursuite du développement économique tout en réduisant la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, en limitant le plus possible la production de déchets et le gaspillage des ressources naturelles, en préservant la biodiversité et en renforçant la sécurité énergétique.

metiers vertsEn dehors des activités nouvelles qui apparaissent dans les énergies renouvelables, le traitement des déchets, la conception et la réalisation de l’isolation des bâtiments, c’est l’ensemble des services qui sont concernés par cette perspective.

Privilégier la proximité, «acheter et consommer local ».  Cela devrait favoriser les circuits courts, y compris dans des services «au plus près des gens », en fonction de bilans écologiques et sociaux : la grande distribution n’a pas la même empreinte écologique ni la même utilité sociale qu’une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) distribuant les produits de producteurs proches. Il s’agit aussi de maintenir et réorganiser les services publics pour qu’ils s’adaptent au plus près des besoins des usagers.

Enfin, l’idée progresse qu’il  n’est pas toujours indispensable d’être propriétaire d’un bien ou d’un objet pour profiter de son usage. velibDans les métropoles, pourquoi faire l’acquisition d’un vélo – ou même d’une voiture- si l’on peut profiter d’un réseau bon marché de véhicules gérés collectivement : Vélib, Autolib et autres Vélov. Dans ce cas, le besoin de plus de produits industriels recule devant le besoin de plus de services adaptés. On peut citer les services de location, de réparation, de récupération, de revente, de recyclage, d’entretien, de prévention et plus généralement toute une «économie du prendre soin » des objets, des ressources naturelles vitales et de la qualité de l’environnement.

Dans le même  esprit, le co-voiturage  http://www.covoiturage.fr/  , la consommation collaborative se développe en remettant en cause le besoin de toujours plus d’objets industriels. La gratuité –qui est une valeur forte de la « culture Internet » – vient même contaminer heureusement ces nouvelles pratiques : donner une seconde vie aux objets dont on n’a plus l’utilité grâce à www.donnons.org, organiser une après-midi conviviale pour récolter les cerises de votre jardin sur  http://www.onvasortir.com , échanger votre maison pour des vacances sur http://www.echangedemaison.com/  ou tout simplement louer tout ou partie de votre logement pour une semaine ou un mois sur www.airbnb.fr   

Vous l’avez compris le tertiaire est à la veille de grands bouleversements. Ces révolutions sont subies par les responsables économiques et politiques, plutôt qu’anticipés et accompagnés. L’histoire récente  de l’industrie musicale qui n’a rien vu venir, rien prévu, qui s’est raccrochée désespérément aux solutions répressives mises en avant par un pouvoir politique myope,  est un magnifique contre-exemple de ce qu’il ne faudrait pas faire.

Il est temps de penser aux nouveaux services de demain !

Pour en savoir plus : http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/

http://www.oecd.org/fr/economie/34752900.pdf