Limonest 1814 : La bataille oubliée

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On a tous entendu parler de la retraite de Russie (1813) et de la bataille de Waterloo (1815) suivie par l’abdication de Napoléon et son exil à Ste Hélène. Entre les deux, les derniers efforts de l’armée napoléonienne pour s’opposer à l’avance inexorable de la coalition : les russes, les prussiens , les anglais, les autrichiens , les suisses , les piémontais , les badois, les bavarois, les hessois, tous prêts à prendre leur revanche sur cet empereur qui les avaient vaincus et éloignés du pouvoir d’un bout à l’autre du continent. En face les troupes de Napoléon ne se sont pas relevées des meurtrières campagnes de Russie et d’Allemagne. On connaît peu les batailles de cet hiver 1814 qui ont vu les troupes françaises reculer jusqu’à l’abdication de Fontainebleau le 6 avril 1814.  On sait moins que la France a été occupée par les autrichiens et les prussiens une première fois après la première abdication de Napoléon en 1814, puis une deuxième fois en 1815 après les cents jours, Waterloo, la deuxième abdication et l’exil.

Une bataille oubliée

Mars 1814 , napoléon bagarre en champagne pour tenter de résister à la coalition. Il cherche à tout prix à ouvrir d’autres fronts pour disperser les forces adverses qui peuvent réunir 700 000 hommes. Au sud le maréchal Augereau constitue l’armée de Lyon et va reprendre Bourg-en-bresse, Macon, Lons-le-Saunier… Mais les autrichiens  ont pris conscience de la menace et détachent un corps d’armée de 50 000 hommes à mettre en face des 16000 d’Augereau qui attend des renforts du sud – l’armée de Catalogne à la frontière espagnole et les troupes massées sur la frontière italienne. cavalier avant l'attaqueDès lors le rapport de forces est défavorable et l’armée de Lyon organise son repli.  La défaite française de Limonest le 20 mars 1814 fait suite à celle de St Georges de Reneins le 18 mars 1814 ; elle sera suivie très vite de la première abdication de Napoléon (Fontainebleau, le 6 avril 1814) qui n’a pas résisté en Champagne.

La bataille oubliée de Limonest a vu s’affronter près de 80000 combattants ; les pertes françaises sont d’environ 1000 hommes, celles des ennemis de 3000. Sur cet épisode le maréchal Augereau a été accusé de laxisme et de défection. C’est injuste, car c’était une mission impossible vu la supériorité numérique de l’ennemi ; il n’a pas trahi Napoléon, même si après sa chute, comme beaucoup, il s’est rallié au nouveau régime.

Deux cents ans après, une reconstitution avait lieu au Parc de Lacroix-Laval


 Une occupation oubliée

Ces défaites ouvrent la porte aux autrichiens qui occuperont Lyon et le Forez de Roanne à St Etienne dans notre région; le 21 mars les autrichiens occupent Lyon, le 23 ils sont à St Etienne.

 Paris et une très grande partie de l’Est de la France n’échapperont pas non plus à l’occupation par les Prussiens et les autres coalisés.occupationOccupation de courte durée (quelques mois en 1814 et quelques Mois en 1815), occupation »amie » et pacifique puisque les anciens ennemis sont formellement alliés au nouveau pouvoir de Louis XVIII qu’ils ont mis en place, occupation fêtée par les élites en place (ayant rapidement retourné leur veste), elle n’a pas de place dans la grande histoire qu’on enseigne, seule  la mémoire populaire en a gardé la  trace incertaine d’une humiliation, d’une trahison des notables et de réquisitions indues.

 Henri Pourrat qui écrivait Gaspard des montagnes en 1922, largement inspiré par les récits de ses vieilles tantes, raconte :

uniforme-autrichien« Un après-diner les Cosaques arrivèrent à Ambert par le grand chemin. Barbus, velus, sous leurs bonnets bourrus, ils montaient des bidets dont les queues traînaient au sol. [….] Tant de poil donnait à cette cavalerie un air sauvage.[…]

Voilà ce qu’ont narré des personnes qui le savaient bien, ou qui croyaient bien le savoir. Mais ne refaisaient-elles leurs souvenirs d’après quelques estampes ?

La musique donnait des concerts aux Allées, dans le rond-point du Roi de Rome. Les officiers faisaient danser les dames à sentiments ultras, qui venaient là parées de leurs turbans à plumes.

Cosaques ou Kaiserslicks ? Toujours est-il  qu’on n’aurait pas pris ces gens là pour des chrétiens si l’on n’avait entendu leurs chevaux et leurs chiens hennir et aboyer comme ceux de chez nous. […]

Voir l’étranger faire du pays à son plaisir, on ne sait pas quelle rage cela peut mettre dans le sang de l’homme. Ces cavaliers qui galopaient à travers les récoltes, ces officiers qui morguaient les gens, ha dieux !»

Gaspard est un ancien soldat des armées de Napoléon et quand un lieutenant déclare « que les français auraient besoin d’apprendre ce qui est dû aux personnes de haute naissance », Gaspard lui répond :

 « J’étais maréchal des logis à l’ex-garde ; les rois et les altesses, je les ai vus à plat ventre devant l’Empereur. Je les ai vus aussi lécher les bottes du roi Murat, dont le père tenait auberge. Oui, tous les princes, on les a fait danser, et l’on saurait encore assez de la vieille danse. »

Là-dessus, tournant le dos au Cosaque, il sortit respirer un autre air que lui. »

 Deux seuls faits de résistance sont à signaler :

– la ville de Roanne et son maire François Populle ont opposé une certaine résistance aux occupants, commémorée par un monument édifié en 1914 sur lequel figure sa réplique à l’autrichien : 

« Vos soldats ne sont pas encore maîtres de Roanne. Ils demandent deux heures de pillage ! Nous répondrons par deux heures de tocsin. 20 000 paysans armés accourront à notre secours et alors on verra … ».

 

        le comte de Damas qui enrôle 200 foréziens pour harceler les autrichiens. Aux deux cents hommes enrôlés à l’origine, viennent bientôt se joindre quelques milliers de volontaires issus de la gendarmerie et des dépôts de cavalerie ou d’infanterie. Les « Damas », – c’est ainsi qu’on les appelle désormais -, vont conduire contre l’envahisseur une guerre de harcèlement et d’usure. Ils attaquent avec succès à Belleville, Mâcon, Cluny, La Maison Blanche, Pontanerou Saint-Georges, Thesy, Feurs, Chabreloche … Ils seront les derniers à déposer les armes.

 Bien des années plus tard, à Saint-Hélène, Napoléon s’est il souvenu des événements de Roanne et des combats des « Damas » ? Peut être ; toujours est-il que, dans son testament, il réserve un legs au département de la Loire, ainsi d’ailleurs qu’à l’Alsace, la Bourgogne Franche Comté, l’Ile de France, la Champagne et le Dauphiné. Cet héritage de 50000 frs sera, jusqu’en 1870, affecté à décerner des prix et récompenses « aux ouvriers de l’agriculture et de l’industrie les plus méritants pour leurs découvertes et leurs inventions ».

 Pour en savoir plus : Musée Militaire de Lyon ,   La brigade infernale  Forez-Infos Saint-Chamond archives

 

Reforme de la formation professionnelle : un coup pour rien ?

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Aprés un accord national interprofessionnel (le 14 décembre 2013) , un projet de loi est soumis au parlement pour un vote terminal le 26 février 2014 en vue de la réforme du dispositif de la formation professionnelle  continue .UNION-CFDT

Le système de la formation professionnelle fait l’objet depuis longtemps de critiques récurrentes . Malgré une dépense importante (31,5 milliards d’€, tout compris), des réformes successives, en 2004 et en 2009, il n’a pas su remédier aux principaux défauts mis en évidence .

  •       Pour les salariés, il finance la formation de ceux qui en ont le moins besoin (cadres et techniciens). Les ouvriers y accèdent 2,5 fois moins souvent que les cadres.  Au lieu de corriger les inégalités de départ, le dispositif de formation les renforce.
  •       Pour les chômeurs – il ne bénéficie pas assez aux demandeurs d’emploi (seuls 4 milliards sur le total de 31,5 leur sont destinés). On estime que 20% des chômeurs bénéficient d’une formation et encore,  il faudrait sans doute déduire la moitié qui ne sont que des aides à l’embauche
  •    Une gestion complexe avec une multiplicité d’acteurs qui prête le flanc aux accusations de gabegie et de détournement

 Les partenaires sociaux ne sont pas restés insensibles à ces critiques. Dès 2004 ils mettaient en avant un droit individuel à la formation (DIF) dif-formationdans le but d’impliquer des salariés plutôt éloignés des systèmes  de formation et de donner à chacun une possibilité d’évoluer. Mais, dès sa naissance, le DIF était miné par ses contradictions internes :

  •        Effectué hors temps de travail (sauf convention particlière), donc peu susceptible d’attirer les salariés peu qualifiés qui ont tendance à douter de l’utilité de la formation.
  •       A l’initiative du salarié mais sous condition de l’accord de l’employeur qui recherche avant tout  un objectif en cohérence avec sa stratégie d’entreprise.
  •      pris en charge par l’employeur et non par un organisme extérieur. Celui  qui paye est celui qui décide.
  •    Un principe de portabilité affirmé en théorie ( le droit est attaché à la personne du salarié même en cas de mobilité) mais qui n’a jamais vraiment fonctionné – à peine mieux après les améliorations apportées en 2009.
  •   Un quota de formation très insuffisant (20 h acquises par année de présence , 120h au maximum) qui ne permet pas au public cible de progresser. Moins les candidats à la formation sont qualifiés , plus leur apprentissage réclame du temps. Ce n’est pas en 120h qu’on sort un salarié de la sous-qualification.

Au final le DIF, après 5 années d’existence, n’a profité qu’à 6% des salariés potentiellement concernés .

En 2009 le nouvel accord innove en créant un Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels afin  « d’amplifier les actions au bénéfice des salariés et des demandeurs d’emploi dont le déficit de formation fragilise leur entrée, leur maintien, leur évolution ou leur retour dans un emploi. L’ambition est de pouvoir parvenir à former chaque année 500 000 salariés supplémentaires parmi les moins qualifiés et 200 000 demandeurs d’emploi de plus qu’aujourd’hui ».CMJN de base

« Ces actions doivent faire l’objet d’un cofinancement avec un ou plusieurs partenaires, incluant notamment l’Etat, Pôle emploi, les Régions, ainsi que tout autre partenaire. »

Hélas ! Cette belle ambition s’est perdue dans les sables des logiques boutiquières : en 2011 et 2012 , l’état ponctionnait 300 Millions d’Euros pour les destiner à d’autres fins . Du coup les partenaires sociaux réduisaient leur contribution (de 13% des fonds collectés à 10%). Chacun essayait d’utiliser le Fonds à son propre intérêt : les partenaires sociaux à assurer les fins de mois des OPCA ( les organismes collecteurs des branches professionnelles) ; l’état à reporter des obligations qui lui reviennent comme la rémunération des chômeurs stagiaires en fin de droit ou la formation des jeunes en emploi d’avenir. Quant à la coopération annoncée entre l’état, les partenaires s ociaux, Pôle Emploi et les régions, elle n’a pas vraiment avancé, c’est le talon d’Achille de ces dispositifs.

Alors que reste-t-il des réformes de 2004 et de 2009 ? Pas grand’chose !

Ces constats, légèrement atténués , sont partagés -à des degrés divers- par les acteurs de la formation qui ont remis l’ouvrage sur le métier. On se prend à espérer avec ce nouveau projet de loi qui devrait corriger les tares des dispositifs précédents . Et tout d’abord : Bye Bye le DIF, Hello le CPF !

Le CPF (Compte Personnel de Formation).

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Le CPF est attaché à la personne. Les salariés conservent leurs droits tout au long de leur vie professionnelle, jusqu’au départ en retraite, quelle que soit l’évolution de leur vie professionnelle. Un fichier central des CPF est créé par la Caisse des Dépots. Formation

Tout salarié bénéficie d’un quota de 20 heures annuel,  plafonné à 150 heures sur une durée de 9 ans qui pourra être utilisé pour des formations qualifiantes qui figurent sur des listes (qualification, certification, diplôme). La procédure à respecter par le salarié n’est pas la même selon que la formation a lieu en dehors du temps de travail (pas d’autorisation nécessaire de l’employeur) ou pendant le temps de travail (accord préalable de l’employeur sauf situations particulières). Pour les demandeurs d’emploi l’accord de Pôle Emploi est automatique dans la limite des droits ouverts.

Les frais de formation sont pris en charge soit par l’employeur , soit par l’organisme collecteur.pole emploi Pour les demandeurs d’emploi les frais relèvent du Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels (le FPSPP).

Le compte peut être abondé (par le salarié, l’employeur, …) sous certaines conditions.

Le FPSPP reçoit de nouveau les financements prévus. Un convention cadre signée en février 2013 engage les parties jusqu’en 2015.

Un certain nombre d’obstacles sont ainsi levés. Reste cependant la question centrale : en l’absence d’abondement (hypothétique), une formation qualifiante est hors de portée d’un CPF avec ses misérables 150h. Les perspectives réalistes d’une formation enfin ciblée sur les populations fragiles dépendront essentiellement des cofinancements qui pourront être mis en place par les branches professionnelles, l’état, les régions , Pôle Emploi.  Dans le cas où cette coopération ne s’affirme pas suffisamment, ce nouveau dispositif sera un nouvel échec  .

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Le projet de loi prévoit aussi l’instauration d’un entretien professionnel  biennal et d’un bilan professionnel au bout de six ans. Ce bilan permet de vérifier que le salarié a bénéficié au cours des six dernières années des entretiens professionnels et qu’il a :

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1° suivi au moins une action de formation ;

 2° bénéficié d’une progression, salariale ou professionnelle ;

 3° acquis des éléments de certifications, par la formation ou par une validation des acquis de son expérience ;

Le projet de loi modifie aussi le principe du financement dans les entreprises: Finie l’obligation de dépenser ou de verser 1,6% de la masse salariale . Les obligations actuelles seront remplacées par une contribution unique de 0,55 % de la masse salariale dans les TPE et de 1 % (dont 0,2 % dédié au CPF) dans les entreprises de plus de 10 salariés, avec un système de mutualisation en faveur des TPE.

Les grandes entreprises dépensaient la plupart plus , désormais, elles ne sont plus obligées de faire la preuve de leurs efforts de formation. Les mécanismes de consultation du Comité d’Entreprise sont renforcés sur ce sujet  Et le MEDEF est très satisfait de voir enfin une charge obligatoire supprimée.AGEFOS-PME

La CGPME était à l’inverse très hostile à cet allègement des contraintes car elle profitait , à travers l’AGEFOS-PME, d’une mutualisation avantageuse des fonds.

Au global , on peut faire le pronostic sans faille que l’argent de la formation se fera plus rare dans les dispositifs de financement. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles la CGT n’est pas signataire de l’accord.

Finis aussi les financements des organisations patronales et syndicales sur les budgets de la formation(1,5% des contributions pour le fonctionnement des instances paritaires). Ces dernières toucheront des contributions indépendantes de ce circuit, ce  qui devrait mettre fin à des soupçons récurrents de détournement.

Alors, sommes-nous à la veille d’une refonte majeure et efficace des dispositifs de formation ? On peut en douter tant son succès est suspendu au climat de coopération qui jusqu’ici a fait cruellement défaut et qui est d’autant plus nécessaire que les financement se font plus restreints et hypothétiques.

Et pourtant, à un moment où l’on parle beaucoup de compétitivité de l’économie française, il serait urgent de regarder la réalité en face :

D’après une étude de l’OCDE (PIAAC Programme pour l’évaluation internationale des adultes – dans 24 pays les plus développés) la France est au 21 ème rang sur 24 –juste devant l’Italie et l’Espagne -pour le maniement de l’écrit et pour les compétences numériques (savoir lire, ecrire et compter) des adultes de 16 à 65 ans. Le Japon et la Finlande sont largement en tête.

De plus, la Commission européenne a défini un indicateur qui permet de comparer l’effort des différents pays en matière de formation des adultes : il en ressort que la France se trouve parmi les derniers et de plus, en net décrochage par rapport à ses principaux concurrents.

Ainsi tous les discours sur « l’économie de la connaissance »  et l’objectif « d’excellence » attribué à notre système productif viennent se briser sur une réalité : à part quelques secteurs de pointe, les salariés français sont moins formés, moins compétents que dans la plupart des pays avec lesquels nous sommes en concurrence. Ces constats devraient inciter les décideurs à considérer la formation professionnelle comme une priorité vitale. Cette réforme en est bien éloignée.

Pour en savoir plus : l’article du Clairon sur le réforme de 2009

Bonne année 2014- On garde le moral !

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En décembre  dernier , j’écrivais dans ce blog en introduction à cette année 2013 qui s’annonçait peu brillante  : « si nous pouvions tous enjamber carrément cette année difficile, ce serait mieux pour notre avenir à tous. »

Effectivement si nous pouvions effacer cette foutue courbe du chômage qui tarde à « s’inverser » malgré les incantations de nos responsables politiques, si nous pouvions détourner le regard des mauvais signes qui désignent notre école parmi les plus inégalitaires et les moins efficaces des pays de l’OCDE,599392-varsovie si nous pouvions oublier le gaz carbonique qui poursuit sa course imperturbable au-dessus de nos têtes malgré les modestes progrès enregistrés à  l’issue de la conférence de   Varsovie le mois dernier, nous regarderions avec plus de sérénité et de confiance cette nouvelle année s’avancer

Au niveau international , les interventions en Afrique se suivent et ne se ressemblent pas. Attendue par un bonne partie de la population au Mali, elle renforce  conflits et désordres dans une Centrafrique déboussolée , livrée aux milices.

Au Moyen-Orient, la normalisation des rapports avec l’Iran pourrait faire espérer un apaisement dans la région. Mais nos regards sont tournés vers Beyrouth où l’onde de choc du conflit syrien met en danger le fragile équilibre du Liban. Notre famille y est particulièrement sensible, car notre petit-fils, bi-national , fête cette nouvelle année à  Beyrouth avec sa mère.

Heureusement,  comme bien des français dès le moment où ils ne sont pas touchés directement par le chômage et la précarité , nous abordons cette année 2014, pessimistes sur la marche générale du pays mais relativement optimistes sur notre sort et celui de nos proches.

Ne parlons pas du bonheur des retraités autour de nous qui savent goûter (tant que la santé est là…)à une insouciance et une  sérénité qui manquent tellement lorsqu’on est dans un monde du travail de plus en plus stressant. Et consacrer leur principale richesse – le temps libre – à des buts désintéressés (famille, amis, associations …), quelquefois à  des passions (Photographie, généalogie, oenologie, cinéma, littérature…) qui les accaparent.

Mais l’âge de l’insouciance, me direz-vous, c’est bien celui de l’enfance. bis-2177 Mais je ne suis pas sûr que la dernière génération, celle de nos petits-enfants,  ignore totalement  les soucis : Filo se demande ce qu’il va advenir du couple de ses parents et Antonio craint de décevoir les attentes du système éducatif  qui voudrait le voir maîtriser lecture et écriture dès la fin du premier trimestre du CP.

Leurs parents, cette génération qu’on a désignée  faute de mieux comme la génération Y, oscillent entre projets rêvés et prise de responsabilité. Les uns penchent pour un retour à une vie fruste loin des contraintes de notre monde contemporain ou s’imaginent dans une vie d’artistes ou de créateurs,  les autres apprennent un métier,  prennent un boulot, achètent une maison ou un bateau, font des gamins.

Quels que soient leurs choix, ce qui les distingue de leur aînés, c’est qu’aucune de ces situations ne leur semble  définitive….comme s’ils avaient intégré leur espérance de vie supérieure à la nôtre. Nés dans les années 1980, ils ont, pour les plus chanceux, sans doute encore 70 ans à vivre, jusqu’à leurs 100 ans.

esperance vie

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Et  oui ! Nous nous inquiétons, nous, la génération des parents et grands parents, mais est-ce la meilleure manière de les aider ? Soyons plutôt conscients, pas trop culpabilisés, lucides et joyeux, présents et attentifs à leurs besoins (de soutien, d’argent …) et confiants dans leur capacité à s’en sortir, à rebondir, ou à surnager. Le monde qu’ils ont trouvé est bien en danger mais il offre aussi quelques opportunités dont ils savent profiter. Et sans eux, sans leur énergie et leur goût du bonheur, le monde et la vie seraient bien tristes !

Souhaitons-leur en cette année du centenaire de la guerre de 1914 qu’aucune catastrophe de cette ampleur  ne les atteigne !

Alors en ce début d’année pensons à Clara qui devrait finir l’année diplomée économiste de la construction , à Chloé diplômée auxiliaire de puericulture, Mathias qui se retrouve avec un nouvel employeur suite au rachat de sa division, Maud qui voudrait échapper à l’intérim, Nora qui se cherche un autre job, Claire et Raoul qui commencent une nouvelle vie au Canada après un long périple dans les Caraïbes  et Andréas qui veut changer de vie – et donc d’activité. Nous leur souhaitons réussite dans leur projet, soutien et partage avec leurs proches.

Et puis 2014 nous mènera 2 fois devant les urnes . Sans enthousiasme … Tout semble disparaître au profit des lois économiques qui pressurent le corps social. C’est vrai que nos économies matures ne connaîtront plus la croissance exceptionnelle des trente glorieuses.  Le grand danger, avec  cette faible avancée de l’activité, c’est d’accroître encore l’accumulation de richesses pour ceux qui détiennent le capital – le retour des rentiers-  et de nous mener à encore plus d’inégalités – dans les revenus et les patrimoines.  Pour combattre les inégalités qui sont  le poison de la démocratie , pas d’autre solution que d’investir ou réinvestir la politique.  S’informer , réfléchir, débattre, et se mobiliser…  Et voter !

Et bonne année 2014, légère et colorée !

pigeon cerise web

Le secteur des services à l’heure d’internet 2.0

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Tout le monde connaît la distinction classique parmi les activités économiques entre le secteur primaire ( agriculture, mines ..),  le secteur secondaire( industries) et le secteur tertiaire ( services). Dans nos sociétés développées, la fin du XVIIIème et surtout le XIXème siècle ont connu la modernisation et la relativisation de l’agriculture ainsi que la montée inexorable de l’industrie. Et le XXème siècle surtout dans ses dernieres annéees a vu l’explosion des activités de services En 1913, nous comptions encore 40 % de paysans dans la population active, ils étaient 10 % en 1970, et un peu plus de 3% aujourd’hui.  L’industrie (avec la construction) employait déjà 32% des actifs en 1913, 38% en1970, moins de 20% aujourd’hui . Une montée puis une décroissance commune aux sociétés développées parvenues à la maturité, mais particulièrement marquée en France, source d’inquiétude pour les responsables économiques et politiques . Le secteurs des services, fait de bric et de broc, c’est le restant :  Alors qu’il ne représente que 28 % de la population active en 1913, il en représente 52 % en 1970 et 68 % en 1995, 77% aujourd’hui : 3 salariés sur 4 !

3 salariés sur 4 dans les services !

Voici donc le résultat de la révolution de l’industrie , puis de sa modernisation à marche forcée, puis de son exposition croissante à la mondialisation. On s’interroge beaucoup sur l’avenir de ce secteur secondaire en France. Dans le même temps on fait preuve d’une belle insouciance quant au sort des services qui représentent de loin le plus gros réservoir d’emplois. Or, tout porte à croire que le secteur tertiaire est sur le chemin d’une révolution qui n’aura rien à envier à celle,  passée, de l’industrie.

Les services ont longtemps connu une gestion routinière, à la limite de l’artisanal.545592-des-employes-de-bureaux-americains-en-1955 Leur place croissante dans l’activité des entreprises a amené les responsables à rechercher des organisations et un management susceptibles d’accroître la productivité, notamment à l’occasion de l’introduction massive de l’informatique à partir des années 1970. Mais dans les années 2000 après des décennies de modernisation informatique, les économistes et les gestionnaires ne voyaient toujours pas d’effet significatif sur la productivité comme si l’informatique s’était ajouté aux activités existantes, sans vraiment les transformer, en rajoutant contraintes,standardisation, reporting et contrôles  rendus possibles par le nouvel outil.

Cette situation est actuellement en plein bouleversement sous l’effet de la généralisation d’internet et des nouvelles pratiques des consommateurs.

Ainsi les banques 2.0 ( banques en ligne…) menacent-elles les agences en dur que les établissements ont fait fleurir  30 ans plus tôt dans le moindre quartier, le moindre village.B for B Les services informatiques proposés ont fait de gros progrès et une partie significative de la clientèle est prête. C’est ainsi que le Crédit agricole Ile-de-France a annoncé en novembre un remaniement de son réseau, qui se traduira par la fermeture d’une cinquantaine d’agences d’ici à 2015 et la mise en place de guichets employant moins de six salariés. En parallèle, la banque mutualiste s’applique à développer une approche 2.0.

Les libraires en ligne (on se demande s’il ne faudrait pas utiliser le singulier) attirent de plus en plus de transactions au détriment des libraires en réseaux (l’enseigne Chapitre est en faillite, Virgin Megastore disparu,  la FNAC en mauvais état…) ou indépendants. Le livre numérique commence à faire sa place en faisant table rase des circuits de distribution.

Les opticiens en ligne proposent à une clientèle croissante des prestations et surtout des prix  qui mettent en danger les marges scandaleuses de la profession classique.

Les mutuelles et autres complémentaires proposent souvent des coachs santé en ligne .

Les assurances sont proposées en direct sur internet à des prix attractifs.  Les agents généraux, les courtiers voient leur avenir menacé , sauf s’ils se spécialisent sur certaines activités hors grand public.

Les taxis se battent bec et ongles pour barrer la route aux voitures réservées sur Internet. Leur victoire définitive est peu probable.

La musique en ligne (légale et non légale) a fait disparaître les disquaires . Les nouvelles pratiques du monde de la musique ( préfinancement de groupes, lancement sur You Tube… ) remettent en cause l’édition musicale.  

La Poste avec ses 350 000 employés est en difficulté avec la baisse continue du courrier physique entraîné par le développement des échanges électroniques . La Poste canadienne a prévu à terme de supprimer les tournées des facteurs.

La mise place des MOOC (cours en ligne ouvert et massif) laisse entrevoir une perspective où une part de l’enseignement  à l’université pourrait se trouver dématérialisé et son bénéfice décuplé massivement à travers des réseaux éducatifs

En quelques mois, le site d’annonces gratuite sur internet  (Leboncoin pour ne pas le nommer) a mis à bas l’empire florissant des annonces papier ( Paru Vendu …).

Que seront donc les services dans 10-15 ans ? Se poser cette question, n’est plus affaire de prospectivistes foireux. Toutes les prémisses sont là, sous nos yeux.

Alors faut-il regretter les bons vieux services ?

Faut-il s’opposer à cette évolution ?

Lorsqu’on réfléchit sur de telles perspectives, on s’inquiète immédiatement de l’impact général sur  l’emploi, question très importante que nous évoquerons plus loin . Mais cela évite souvent de se demander si ces évolutions sont souhaitables pour notre société, pour les travailleurs de ces services et pour les consommateurs de services que nous sommes tous.

 Du coté de la qualité du travail, il faut bien constater que la modernisation des services intervenue dans les 30 dernières années, a eu la plupart du temps un effet catastrophique. Les changements introduits sont largement inspirés des principes industriels (du type tayloriens ou post-tayloriens).

Prenons l’exemple d’une banque généraliste . A l’ancienne spécialisation des métiers (agent d’accueil, caissiers, agents administratifs, conseillers clientèle) a succédé le règne de la polyvalence. banque-credit-client_41Le conseiller (pas d’autre dénomination) s’occupe de tout : il fait de l’accueil, de la saisie , du conseil financier,passe du Front au back-office,  il doit monter des dossiers de prêt (le coeur de métier), mais aussi proposer des placements, des  assurances, de la prévoyance, de la complémentaire santé, et même du téléphone mobile. Autant dire qu’il ne maîtrise correctement aucun de ces métiers. L’expertise est maintenant dans le système informatique. Mon conseiller à la Caisse d’épargne est incapable de me préciser un taux d’emprunt ou un statut fiscal pour tel placement  sans lancer un programme de simulation et rentrer mes paramètres. Encore heureux s’il le maîtrise suffisamment sans se trouver obligé de consulter un collègue plus expérimenté. Il est polyvalent sur tout , compétent sur rien. Mais néammoins stressé car  ses moindres faits et gestes – et résultats en terme de placement de produits- seront décortiqués mensuellement , voire hebdomadairement avec son N+1. De l’autre coté du comptoir, l’usager que je suis s’irrite des hésitations , des approximations , des fausses manoeuvres , autant de temps perdu. Je me console en me rappelant que le temps pour un retraité de ma sorte n’est pas si précieux , mais je pense aux actifs qui ont dû prendre quelques heures sur leurs obligations, des fois une demie-journée de RTT pour honorer ce RV.

Alors , si toute la compétence est dans le système informatique, l’intervention de ce conseiller inefficace est parfaitement inutile . Passons à la banque en ligne. Si j’ai quelque difficulté à faire un choix, un conseiller est toujours disponible au bout du fil.

Il y a longtemps j’étais un client assidu des librairies, à la recherche du personnage mythique du libraire ou du vendeur , amoureux de ses livres, féru d’histoire,  d’économie ou de littérature, qui saurait me guider dans ma quête. Hélas !le_libraire_de_la_rue_boulard La quête était souvent semée d’embuches. Le vendeur,du fait du nouveau management des librairies, se trouvait accaparé par la gestion de son rayon et la manutention, le rangement ; il fallait donc le trouver sur le chemin des réserves. Et  poser mon énigme  à ce sphinx débordé. L’ouvrage lui étant souvent inconnu, il fallait consulter Electre – c’était la base de données sur Minitel : 3615 Electre que j’avais souvent consulté préalablement de chez moi. Et passer commande. Les délais étaient variables – Peut-être Mercredi prochain ! Il est plus sûr de vérifier par téléphone – Nos échanges dépassaient rarement la résolution de ces problèmes pratiques et j’évitais de solliciter un complément de bibliographie. Bref on était bien loin de la fable, inventée par les milieux de la culture, sur le libraire, médiateur indispensable entre le consommateur démuni et la Kulture universelle.

Ces quelques exemples – chacun peut trouver dans son expérience des équivalents- pour illustrer la dégradation de la qualité des services dans les activités marchandes.ANPE Mais une analogie pourrait se trouver du coté de bien des services publics- à l’ANPE devenue Pôle Emploi , je peux en témoigner  : offre de service standardisée, écoute réduite au minimum,  recherche éperdue du résultat en un minimum de temps, obsession du chiffre.  Seule une résistance intime de chacun des agents pouvait lutter contre cette dérive inhumaine de la relation de service.

Partout la marque des nouveaux managers, des tableaux de bord, des « scoring » des publics (établir les paramètres de chaque client pour lui proposer – ou lui refuser-  une offre de service formatée) et des procédures rigides. Tel est le paysage des services d’aujourd’hui après trente ans d’industrialisation.

On en vient à oublier la grandeur possible d’une relation de service, lorsque la qualité de la prestation n’est plus dépendante d’une organisation Orwellienne mais de la compétence  et la disponibilité de l’interlocuteur derrière le bureau. Le succès de cette séquence va dépendre essentiellement de la coopération qu’il va établir avec le client ou l’usager, c’est une véritable co-production des deux cotés.

Alors, lorsque ce n’est pas le cas, lorsque l’échange entre humains n’apporte aucune plus-value,  laissons donc cela aux ordinateurs et aux services en ligne.

Vivent les service 2.0 !

Prochain article : Renouveler le tertiaire : des services pour aujourd’hui et pour demain!

Renouveler le tertiaire : des services pour aujourd’hui et pour demain !

Nous l’avons vu dans le précédent article, le secteur de l’industrie en France  n’est pas le seul  à connaître des défis historiques, les services  sont soumis à des bouleversements qui ne font que commencer.

On dit communément que les services ne sont pas exposés à la concurrence entraînée par la mondialisation. C’est vrai pour votre coiffeur , mais totalement à coté dela plaque pour bien des entreprises françaises de services  à dimension internationale.Business international Ainsi Cap Gemini, une des 13 plus grandes dans le  secteur informatique à l’échelle de la planète qui emploie 120 000 personnes dont 40 000 à l’étranger . De même Sodexo, dans la restauration collective,  regroupe  420 000 collaborateurs dans 80 pays. Les services français s’exportent bien , leur balance, +21,7 milliards en 2012 dépasse largement l’agriculture et l’agro-alimentaire  +11,7 M € et même l’aeronautique +17,5 M€. Quant aux seuls produits industriels et biens d’équipement, ils  présentent un déficit de 50 M€.   

Les services seront à l’avenir plus exposés à la mondialisation , du fait de leur dématérialisation croissante : rien ne s’oppose en théorie, à conclure un contrat avec un assureur anglais, de traiter sa comptabilité avec un cabinet belge, d’acheter du matériel photographique chez un e-marchand allemand. A la condition que les opérateurs sur Internet soient prêts à traiter ces nouvelles clientèles. Les français ne sont pas mal placés (14% du commerce passe par le canal électronique), mais moins que les tchèques ( 24%),  les irlandais(21%), les suédois(20%) , les anglais(19%) et les allemands (19%) si l’on considère la part de marché de l’e-commerce (vente en ligne et EDI échange de Données  Informatiques  entre entreprises).

Avec un marché en France de 57 Milliards d’€ – multiplié par 8,5 entre 2005 et 2014, l’e-commerce est bien ancré dans le paysage économique , malgré une défiance marquée des responsables économiques et politiques, échaudés par l’éclatement de la bulle internet au début de ce siècle et inquiets devant la difficulté de réguler ces activités (Amazon ne paye que peu d’impôts au Luxembourg quel que soit le lieu de la transaction avec le client final). Il devrait représenter 24 % de  l’ensemble du commerce en 2020 selon le CREDOC.

Mais la révolution des services ne concerne pas seulement les activités commerciales

Services du bien vivre individuel et collectif

Nos sociétés vieillissent sous l’effet de l’allongement de la vie et du retournement démographique. Même les pays émergents ne sont pas à l’abri de cette évolution. Ehpad Cette réalité survient dans une société marquée par une individualisation – voire un individualisme- croissant.  Les services sont donc aux premières loges pour tenter de renouer des liens qui font de plus en plus défaut.

Ces activités peuvent difficilement se passer du facteur humain.   Même si certains services périphériques ont un potentiel de modernisation : dispositifs d’assistance à distance – voire intervention de robots domestiques, télé-médecine, portage de repas… ,  dans chaque cas le maintien d’une relation humaine est primordial.

Ce qui se joue ici, c’est l’amélioration à la fois quantitative et qualitative des services de développement humain, autant de  biens communs, autant  de droits universels à (re)conquérir, dans l’éducation, la santé, la justice, la culture, les services destinés à la petite enfance, aux personnes âgées, aux handicapés, autant de services dits sociaux… On y applique aujourd’hui une logique de performance industrielle et de réduction des coûts qui menace la qualité des prestations et leur universalité. Cette évolution s’oppose à une nécessaire professionnalisation de ces métiers, et nuit au développement de l’emploi.

Dans le même esprit  si l’on veut assurer une orientation ferme de la société française vers une économie de la connaissance, il faudra donner une place accrue aux activités de recherche et d’éducation. En renouvelant les méthodes, notamment dans l’enseignement où l’efficacité du système est gravement mis en cause par les enquêtes internationales (PISA Programme international  pour le suivi des acquis- OCDE) 

verts les services !

Tout le monde peut constater les ravages sur notre environnement d’un développement irresponsable des activités industrielles pendant près d’un siècle. Mais lorsqu’on examine de près les dangers que court la planète, on ne peut que parvenir  à cette conclusion : c’est l’ensemble de notre mode de vie qu’il s’agit de modifier en profondeur. Et dans cette perspective, les services tiennent une place centrale, si l’on souhaite une économie verte, qui permette la poursuite du développement économique tout en réduisant la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, en limitant le plus possible la production de déchets et le gaspillage des ressources naturelles, en préservant la biodiversité et en renforçant la sécurité énergétique.

metiers vertsEn dehors des activités nouvelles qui apparaissent dans les énergies renouvelables, le traitement des déchets, la conception et la réalisation de l’isolation des bâtiments, c’est l’ensemble des services qui sont concernés par cette perspective.

Privilégier la proximité, «acheter et consommer local ».  Cela devrait favoriser les circuits courts, y compris dans des services «au plus près des gens », en fonction de bilans écologiques et sociaux : la grande distribution n’a pas la même empreinte écologique ni la même utilité sociale qu’une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) distribuant les produits de producteurs proches. Il s’agit aussi de maintenir et réorganiser les services publics pour qu’ils s’adaptent au plus près des besoins des usagers.

Enfin, l’idée progresse qu’il  n’est pas toujours indispensable d’être propriétaire d’un bien ou d’un objet pour profiter de son usage. velibDans les métropoles, pourquoi faire l’acquisition d’un vélo – ou même d’une voiture- si l’on peut profiter d’un réseau bon marché de véhicules gérés collectivement : Vélib, Autolib et autres Vélov. Dans ce cas, le besoin de plus de produits industriels recule devant le besoin de plus de services adaptés. On peut citer les services de location, de réparation, de récupération, de revente, de recyclage, d’entretien, de prévention et plus généralement toute une «économie du prendre soin » des objets, des ressources naturelles vitales et de la qualité de l’environnement.

Dans le même  esprit, le co-voiturage  http://www.covoiturage.fr/  , la consommation collaborative se développe en remettant en cause le besoin de toujours plus d’objets industriels. La gratuité –qui est une valeur forte de la « culture Internet » – vient même contaminer heureusement ces nouvelles pratiques : donner une seconde vie aux objets dont on n’a plus l’utilité grâce à www.donnons.org, organiser une après-midi conviviale pour récolter les cerises de votre jardin sur  http://www.onvasortir.com , échanger votre maison pour des vacances sur http://www.echangedemaison.com/  ou tout simplement louer tout ou partie de votre logement pour une semaine ou un mois sur www.airbnb.fr   

Vous l’avez compris le tertiaire est à la veille de grands bouleversements. Ces révolutions sont subies par les responsables économiques et politiques, plutôt qu’anticipés et accompagnés. L’histoire récente  de l’industrie musicale qui n’a rien vu venir, rien prévu, qui s’est raccrochée désespérément aux solutions répressives mises en avant par un pouvoir politique myope,  est un magnifique contre-exemple de ce qu’il ne faudrait pas faire.

Il est temps de penser aux nouveaux services de demain !

Pour en savoir plus : http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/

http://www.oecd.org/fr/economie/34752900.pdf

Bonne année … 2014

A écouter le président Hollande, ce lundi 31 décembre 2012,  les bonnes choses, ce sera pour … 2014.

En 2013, les cinq millions d‘inscrits à Pôle Emploi attendront encore les bonnes nouvelles sur le front de l’emploi. Et la transition écologique sera remise à plus tard, ainsi qu’une vraie réforme fiscale. Bref, si nous pouvions tous enjamber carrément cette année difficile, ce serait mieux pour notre avenir à tous. Mais comment garder le moral ?

Allez ! Vous verrez ! Ça va bien se passer !

(C’est ce que raconte mon dentiste avant de m’arracher une dent particulièrement douloureuse)

Alors, prenons exemple sur nos compatriotes :  81% des Français considèraient- en janvier 2012 « que l’année prochaine sera une année de difficultés économiques ». Aucun peuple au monde ne voit autant l’avenir en noir.

Mais dans le même temps lorsqu’on interroge les mêmes sur leur situation personnelle, ils sont  : 72% à se dire aujourd’hui heureux (contre 26% déclarant le contraire).

Conclusion : En période de crise, avec ce sentiment que nous ne pouvons influer sur des phénomènes qui nous dépassent, c’est un réflexe de survie de se centrer sur sa sphère personnelle

Les secrets du bonheur : Famille, santé, amour, amitiés, plus généralement  le sentiment de maîtriser le déroulement de sa vie, nous connaissons tous les ingrédients du bonheur – avec un peu d’argent pour éviter les gros soucis matériels.

Mais nous savons tous  aussi que ce bel équilibre ne suffirait pas à nous satisfaire. Nous sommes  enclins, surtout au début d’une vie d’adulte, à le remettre en cause. L’envie de changement n’est pas qu’un slogan politique. Il touche nos vies, dans des trajectoires qui s’organisent autour de projets et qui concerne pour 2013 un petit nombre de nos jeunes proches : Maude, Chloé, Nora, Clara, Mona, Andréas et bientôt Claire et Raoul (mais pour eux, le changement c’est quasiment la routine)

Mais ne nous trompons pas de démarche :

– il faut savoir pourquoi  on veut changer, avoir une claire vision de ce qui nous dérange, contrarie, restreint dans la situation antérieure

-il faut repérer ses aptitudes (…et ses inaptitudes) et celles que nous avons plaisir à exercer ou développer.

-il faut évaluer les effets prévisibles de ses décisions sur son entourage, particulièrement familial et définir ses priorités

-il faut avoir une vision réaliste et documentée de ce qui nous attend à l’issue du changement.

-il faut mettre en oeuvre une stratégie : les étapes, les rythmes, les alliances pour mener à bien le changement.

On peut se dire : je ne peux avoir de réponses qu’en avançant –  autrement dit : j’attends du mouvement qu’il m’indique la direction. C’est sans doute la meilleure manière de tourner en rond ou de se retrouver sur un chemin qui ne convient pas.

Chercher à régler ces questions c’est déjà la mise en route d’un projet.

Alors , que 2013 soit une année fructueuse pour les projets de nos proches, particulièrement ces jeunes autour de nous.

Pour ce qui nous concerne, nous continuerons sur notre chemin : vivre parmi les nôtres, famille et amis, exercer notre corps (dans la mesure de nos capacités) et notre esprit, nous réjouir des merveilles de la nature et ramener de belles photos.

Et bon vent sur votre chemin !

Danièle et Norbert

Montier-en-Der: Un festival et des grues

Pour la 15 ème année consécutive la petite commune de Montier en Der organisait son  Festival de la photo animalière  et nature .

A 15 Km de Saint-Dizier, perdu au milieu d’une Champagne très rurale, le lac de Der, mis en eau en 1974, est devenu un haut lieu du tourisme, des loisirs et de détente, avec ses 77 km de rivages, 4800 hectares d’eau. La plus grande retenue artificielle d’Europe. Le plan d’eau attire une foule d’oiseau à la recherche de zones humides. Les grues cendrées, dans leur migration entre le Nord de l’Europe et la péninsule ibérique sont chaque année 40 000 à faire une longue pause sur ses rivages. C’est dire combien le site a depuis sa création attiré de nombreux photographes, dont une poignée est à l’origine de la création du festival.

Jeudi 17 novembre, nous approchons de Montier en Der dans la matinée, accueillis par un groupe de grues cendrées qui paissent tranquillement dans les terres. Je n’y crois pas, je chausse mes jumelles obscurcies par la buée, Norbert se fait klaxonner pour s’être arrété sur le bas-côté, mais je suis déjà dans le blé d’hiver pour approcher les volatiles. Pas vraiment craintives, mais préférant garder une distance raisonnable, elles partent un peu plus loin. Il y a déjà beaucoup de monde à Montier en Der et ce n’est pourtant que l’ouverture du festival ; beaucoup de voitures, de camping-car et des parkings déjà bondés. Mais la tolérance est grande pour le parking sur le trottoir.Dès l’entrée l’ambiance est conviviale : des bénévoles assurent la vente des billets et les contrôles et, malgré la foule, les photographes sont accueillants et disponibles. Ils parlent de leur pratique, de leur équipement et de leur statut sans hésitation et vendent quelques tirages ou livres. Peu de professionnels à plein temps, mais beaucoup de vrais passionnés qui souvent travaillent dans des activités proches de la nature (animateur nature, laboratoire d’entomologie de la fac de Rennes, observatoire astronomique de Reims…) et par deux.

La télévision est très présente . FR3 Champagne-Ardennes relaie pendant ces 4 jours tous les événements du festival et diffuse plein de reportages.

Nos coups de cœur :

L’hermine blanche et autres petits animaux des jardins : ils sont deux passionnés sous le sigle Beauté Sauvage qui se téléphonent chaque soir pour faire le point sur ce qui s’est passé sur les affuts. Ils parlent des animaux parano qui ne se laisseront jamais portraitiser et des autres individus plus curieux, joueurs, un peu clown. Les clichés exposés ont du succès auprès des amateurs qui veulent en ramener un souvenir.Plus loin, les photographes savent se transformer en alpinistes sur les falaises verticales que fréquentent les tichodromes échelettes à la robe colorée. Christophe Sidamon-Pesson en a tiré un livre magnifique.

C’est aussi sur les sommets des 4 coins de la planètes que Sébastien Dedanieli a suivi la faune des sommets.

Quant à Jean-François Hagenmuller , il a su capter cette lumière exceptionnelle des cimes qu’on peut observer dans le massif du Mont Blanc. Des couleurs uniques qui ne doivent rien à Photoshop ( juste quelques filtres – polarisant et gris neutre- à la prise de vue), nous assure-t-il.

Sébastien Beaucourt est un passionné d’astronomie (que j’appelle photos de nuit, mais l’auteur me corrige en m’expliquant les connaissances astronomiques certaines qu’il faut posséder pour savoir que la lune sera une nuit dans l’année entre les deux tours de la cathédrale). Ses photos d’une éclipse de Lune montrent bien la progression du phénomène.

Je m’attarde devant des documents du musée du cinéma et de la photographie de Saint-Nicolas du Port qui montre le premiers pas de la photographie animalière au début du XXème siècle avec des appareils de prise de vue – les chambres- qui pesaient plus de 15 Kg. Pas facile de prendre la fuite avec un tel chargement après avoir saisi le cliché historique du redoutable tigre du bengale. Cela me rappelle le livre de Michel Le bris « la beauté du monde » dont les héros Martin et Osa Johnson, parcouraient le kenya dans les années 1920 pour en ramener des photos d’animaux sauvages qui ont connu un succès immense aux USA.

Et puis beaucoup de matériel au gymnase de l’UFOLEP sur le port de Giffaumont. J’y trouve un déclencheur filaire pour notre réflex et nous aurions pu assister à la première présentation en France du nouveau Canon  EOS-1DX , «le vaisseau amiral de la gamme Eos» qui ne sera commercialisé qu’au printemps prochain. A 5000€, Canon présente un appareil dont les performances ( notamment une montée en ISO – 51 200, voire 204 800- qui préserve la qualité de l’image)  creusent l’écart avec les autres modèles experts de la marque.

Pas d’ateliers à Montier en Der (contrairement à ce que nous avions vu au Printemps de la Photo de Davezieux ), mais des conférences auxquelles nous n’allons pas car nous devons repartir dès le samedi.

Beaucoup de scolaires, aussi, qui débarquent par cars entiers. Ils sont à l’origine d’une grande animation dans les allées mais ils savent se montrer attentifs lorsqu’on leur explique la différence entre les papillons de jour et ceux de nuit.

Les associations de protection et d’éducation à la nature sont très présentes .  Nous sommes frappés par le foisonnement de propositions touristiques liées à la photographie nature pour des destinations exotiques mais aussi en France où les sites protégés ne manquent pas.

La journée passe vite et il est temps d’aller trouver une place sur la rive ouest du Lac pour assister le lendemain au lever des grues. Nous nous retrouvons au parking des camping-car sur le site de Chantecoq tout près du rivage. Arrivés sur le haut de la Digue : Surprise ! Nous connaissions le lac au mois de mai, une vaste étendue d’eau (à gauche sur la photo ci-dessus). En novembre, il n’y a plus que quelques flaques et beaucoup de bancs de sable parcourues par des bandes d’oies cendrées (à droite ci-dessus). C’est que le lac de Der fait partie du dispositif anti-crue de la Seine, vide l’hiver, il a la capacité d’absorber la montée des eaux de la Marne et l’été il fait la joie des baigneurs et des plaisanciers.

Beaucoup de monde à 7h du matin, beaucoup de matériel aussi et du gros, très impressionnant. Au fur et à mesure du lever du soleil, les grues décollent en groupe qui se détachent sur le ciel rougissant.

C’est beau, cela ne dure que trois quart d’heures et puis tout le monde reprend sa voiture.

Nous passons la journée à nous promener sur la digue, à visiter les expositions du site de Giffaumont-Champobert. Beaucoup d’oiseaux lointains : des vaneaux huppés, des cormorans, des grandes aigrettes, d’autres limicoles plus petits que notre équipement ne nous permet pas de voir, mais des ornithologues bien équipés de lunettes sont assez gentils pour vous faire observer dans leur lunette un courlis cendré, un garrot ou une sarcelle d’hiver.

Seules les oies cendrées sont à notre portée ; elles broutent en petites troupes peu farouches en bas de la digue. Difficile de les approcher tout de même et si le chien se montre c’est l’envol immédiat ! Pour observer le retour des grues le soir, je délaisse l’attroupement de l’observatoire de Chantecoq pour me placer sur la digue près d’un vidéaste isolé qui voit très bien l’endroit où le soleil va plonger mais ne semble pas sur le parcours des grues. Les couleurs du coucher de soleil sur les ilôts du lac sont superbes, le ciel aussi. Et les grues arrivent tout de même. Elles reviennent des champs où elles ont picoré les restes de maïs entre les sillons du labour. Elles survolent le petit bosquet qui nous fait face.Nous passons encore une nuit sur place et le parking des camping-car se remplit ; au petit matin du samedi, il n’y a plus une place libre.

Nouveau poste sur la digue près de nos voisins de camping-car équipés de pied en cap : veste de camouflage, objectif camouflé, énorme pied. Je ne sais pas si leurs photos sont meilleures que les miennes, mais je sais qu’il vont passer la semaine à les trier : ils déclenchent tous en rafale.

Cela ne fait pas autant de bruit que les grues à l’envol mais c’est tout juste !

Un festival pour les photographes

Le Printemps de l’Image et de la Photographie est organisé depuis 2004 , à DAVEZIEUX, près d’ANNONAY en ARDECHE (07).par l’association portant le même nom, constituée d’une quinzaine de membres actifs de divers horizons, tous passionnés de photo.

Le but principal de ce festival, non marchand, dédié à l’image et à la photographie, est de permettre à tous, amateurs ou professionnels, de vivre des moments de rencontres, de partage et de découvertes enrichissantes.

Pour cette édition 2011 ( les 14 et 15 mai dernier) , le printemps de la photo avait bien choisi son week-end ; il pleuvait et il faisait frais de manière à ce qu’on n’ait pas à regretter de passer deux jours dans les magnifiques locaux réunis autour de la halle aux muletiers de la Lombardière dont la scène se transforme en studio.

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Impression générale : beaucoup de compétences et une ambiance très bon enfant, y compris entre professionnels et débutants.

Des conférences passionnantes et pas trop longues (1h) allant de la photo naturaliste (par un spécialiste de la prise de vue des chauves-souris …), à la relation du photographe à son modèle.

Des ateliers très pointus (bravo les animatrices professionnelles) mais accessibles, sur la retouche avec Photoshop où l’on répond à toutes vos questions ! Où l’on retouche en direct vos propres photos, où on apprend à faire des montages en PAO !

Une exposition permanente avec la présence des auteurs qui expliquent leurs astuces de prise de vue, de retouche, de montage, de tirage et d’encadrement. Ainsi Gaby fait voler dans sa cuisine (en fait elle a construit chez elle un petit studio) les poivrons, les couteaux et les presse-agrumes au  bout de fils nylon invisibles. Résultat impressionnant.

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Deux ateliers de tirage en noir et blanc et des découvertes pour qui ignore (comme nous) des termes étranges comme kallitypie ou sténopée. Et, nouveauté de l’année, un atelier vidéo pour valoriser les possibilités nouvelles de nos reflex modernes.

Des modèles à disposition tout au long des deux journées pour les fans du portrait ou de la photo de mode. Le modèle homme a pu nous montrer ses tatouages qui envahissaient ses bras, jusqu’au cou, sous la lumière de la verrière, répercutée par un dispositif savant de réflecteurs; c’était l’atelier studio lumière du jour.

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Mais ce qui attirait le maximum de candidats (des hommes surtout, mais quand même une photographe), ces sont bien les deux charmantes modèles qui ont montré toute leur patience – et leur grâce – au cours de ces deux jours ; c’était l’atelier lumière artificielle avec tout le matériel pro nécessaire.

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Tout est ouvert, on entre, on sort, inutile de s’inscrire aux activités : il y a de la place pour tout le monde. Près de 450 participants, c’est une foule à taille humaine où chacun peut accéder au conférencier, à l’animateur, au professionnel de la mode ou du portrait,

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dans un rapport d’égalité et dans le partage de la même passion pour la photo.

Mais chacun peut aussi travailler seul avec le modèle qu’il a choisi et lui faire prendre les poses qu’il souhaite, réaliser ses propres tirages, faire ses propres retouches.

 

Il y a des choses qui plaisent, d’autres qui laissent indifférent ou même agacent, mais on ne s’ennuie pas un seul instant. Nous y avons passé deux jours complets passionnants et les lieux n’ont pas désempli.

Etes-vous hercynien ?

Avez-vous remarqué comme le mot hercynien revient souvent en ce moment ?

41wfumhhohl_sl500_aa280_.1298482311.jpgHercynien le nouveau disque de Nolwenn Leroy qui chante les bretons et Alan Stiwell – « Je me vois comme un miniscule fragment de roche, un petit caillou attaché à sa côte sauvage, projeté au loin par des vents contraires et violents, un bout de granit solide qui a résisté et gardé au fond de sa mémoire les chants de cette roche, les chants de cette mer” .

Hercyniens les textes du chanteur Jim Yamouridis qui s’est installé près de Clermont-Ferrand et compose du folk-country ! Je ne me souviens que de ces deux là mais écoutez bien, il y en a plein

Allez savoir pourquoi, le commentateur ajoute souvent après cette épithète géomorphologique quelques remarques sur le granit et l’identité française. De là à penser que l’identité française serait hercynienne et granitique, il n’y a qu’un pas.

Pourtant la chaîne hercynienne  qui est la grande chaîne de montagne qui se forme du Carbonifère au Permien lors de la collision des continents Gondwana et Laurentia-Baltica pour former le super-continent Pangée s’étend jusqu’à l’Oural. Et les premiers gaulois n’étaient pas nés lors de l’orognénèse hercynienne qui dura de – 400 millions d’années à -245 millions d’années (source Wikipédia)

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Certes, le massif armoricain et le massif central ( ci-dessus le mont lozère, typique de ces plateaux rabotés) sont pour partie des massifs hercyniens, comme le Morvan, les Vosges et le Mont Blanc, mais à rechercher trop profondément ses racines, il ne reste pas grand chose !

Et que fait-on de nos bassins ( Parisien, Aquitain), de nos parcs Jurassiques, des Pyrénées (ci-dessous), de la presque totalité des Alpes ? Pas vraiment nos racines ?

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L’emploi du mot hercynien est sans doute une mode qui passera ; ce qui ne passe pas en revanche c’est cette vaine recherche de l’identité française qui nous fait reculer toujours plus loin dans le passé.

Pourtant Jim Yamouridis est un australien d’origine grecque et Nolwenn Leroy parle des bretons comme des marins et des expat. Qu’y-a-t-il d’ hercynien et d’identité nationale dans tout ça ? Rien !

 

Retraites : Les choix des baby-boomers

Après avoir ouvert la voie avec un départ anticipé à 58 ans, la réforme des retraites ne pouvait pas laisser le Clairon  indifférent. Voici un petit panel des préoccupations de nos amis : poly-pensionnés, rachat de points, parents en fin de vie, enfants d’une deuxième union à accompagner dans leurs études, transmission de l’œuvre d’une vie, relations entre générations, accords séniors, conseils aux copains…tout y est ! Bonne lecture !

 Jean

60 ans bel âge où on termine le deuxième tiers de notre vie…et on commence gaillardement le troisième :seule certitude ,il n’y a que le début qui sera gaillard!jean-chantal.1277231220.jpg
Chantal a pris sa retraite en courant pour passer aussi à 60 ans.joies du décompte:les 25 meilleures années en régime général ,ça fait prendre en compte un mois de salaire lycéen dans une banque en 67 et ça vaut une année de revenu…
quand on combine régime agricole et régime général ,les 25 meilleures années du régime général ne sont pas proratisées selon la part du régime général dans la carrière totale;alors que si elle avait été salariée agricole ou commerçante plutôt qu’agricultrice ,cela aurait été proratisé…
alors étudiants ne travaillez pas !vous claquez 500€ de retraite par mois avec ce genre de connerie!
voilà quand à moi je vais gaillardement sur une retraite vers 67/68 ans car d’une part une exploitation ça doit se transmettre et c’est compliqué! et d’autre part en ayant commencé à cotiser à 28 ans malgré des bricoles avant ,ça mène loin!

 

Danièle

Le début du troisième tiers et l’heure des comptes aussi : j’ai opportunément songé à racheter mes années de contractuelle au moment où Norbert a pris sa retraite (et grâce à l’aide précieuse de Monique). 25 ans qui me coûtent 17 000 € que je commence à peine à rembourser, alors autant que je profite longtemps de ma retraite de fonctionnaire. J’ai essayé le rachat des années d’études, mais ce n’est qu’après 99 ans que j’aurais  commencé à récupérer les sommes investies ! J’ai laissé tomber.daniele-cgt.1277233539.jpg

Au final, avec une carrière de 38,25 années (et une majoration d’un an pour ma fille), je m’attends à une perte de revenu de 41% ( Ah! les primes de la fonction publique, quand on les perd !) .

demo-sensei.1277231437.jpg J’entreprends à Lissieu la création d’un club d’aïkido et les tractations avec mes partenaires ne sont pas simples : les projets sont différents, les référents et les filiations dont chacun se sent porteur pas vraiment les mêmes et je n’ai de légitimité que celle de l’âge et d’être apporteuse des généreux créneaux que me donne la mairie, mes collègues étant bien plus gradés (mais bien plus jeunes et pas du coin). La transmission, les relations entre générations…un beau sujet passionnant.

 

 

Chantal

Oui nous nous retrouverons dans la rue le 24, avec aussi une pensée rageuse pour tous ceux que l’on va faire partir avec un taux incomplet parce qu’ils ne pourront attendre 67 ans…

Moi je pars dans 10 jours, le 1er juillet, mais dans le système de retraite progressive, je vais encore continuer à travailler à mi-temps en faisant rentrer progressivement une plus jeunes sur mon poste de travail, pour reprendre mes activités.

J’attends ça avec impatience car je fais des va et viens à Caen nombreux : mes parents ne vont pas très fort

 

Michel

Pour la retraite je suis en pleine réflexion, puisque, de surcroît, j’ai mes trimestres depuis plus d’un an. La semaine prochaine je vais suivre un stage de préparation à la retraite ! Le grand intérêt étant que l’on ait une évaluation de ce que l’on devrait percevoir (présence de toutes les caisses).

Ensuite il faut que je considère que ni Lucy, ni Annie(!), ni Antoine n’ont fini leurs études, bien au contraire. Lucy entre en prépa éco à Grenoble ( sous réserve du bac !), Antoine continue son pôle espoir foot à Vichy ( moi, mon pôle emploi) et Annie [l’épouse de Michel ]  a trop envie de faire son master 2 de psycho avec en toile de fond une possible installation en libéral plus tard .

Et les études coûtent cher, c’est bien connu.pole-emploi.1277231580.jpg

Or avec leur option pour la convention collective [ de Pôle Emploi], je n’ai jamais gagné autant !

De plus, je vais me mettre à temps partiel, 80% payé 95% , plus 1 heure de moins par jour à compter de mes 60 ans ( accord sénior oblige).

Daniel

maeva-daniel.1277275635.jpg Croisé à la manif, il reste philosophe devant ces réformes. Licencié pour la deuxième fois à 55 ans à la fermeture de RAN Réseau Assistance Négociation , il s’imaginait mal démarrer avec succès une troisième carrière. Syndicaliste dans l’âme et depuis toujours, il a fait quelques contrats avec des structures syndicales, en se retrouvant plus souvent au chômage qu’au boulot. Sans cette réforme, il pouvait envisager sans inquiétude la soudure entre le chômage indemnisé et la retraite. « Avec la réforme, il me manquera un an. Pas facile de trouver un contrat à 60 ans ! »   

 

Norbert

Après avoir bénéficié d’un départ anticipé (père fonctionnaire de plus de trois enfants- possibilité vite refermée par le gouvernement), je bénéficie d’une retraite fonction publique, loin du niveau maximum pour une carrière complète. Mais je n’ai toujours pas liquidé ma retraite du privé, 5 ans pendant lesquelles j’ai cotisé, pour l’instant en pure perte. En effet la décote serait telle que la pension serait nulle. J’attends donc, comme beaucoup de polypensionnés, l’age de 65 ans pour liquider ma retraite sans décote. .Au final  pas grand’chose en plus ( de l’ordre de 150€),  juste le minimum contributif ( le minimum de ceux qui ont cotisé au régime).

Avec la réforme, je devrais attendre 67 ans, si je ne casse pas ma pipe entre temps.

 

Marc

photo-adria.1277234696.jpgMarc avait déjà tout prévu. 60 ans en juillet 2012. Retraite au 1er août . Il devra attendre 8 mois de plus. «J’avais déjà commandé mon camping-car …. non, je blague ! Mais imagine le cas de ceux qui partent en août 2011. Pour certains, il avaient déjà pris des mesures pour vendre un appartement, déménager …  Tout ça , annulé et reporté de 4 mois. Ça fout les boules.  »

 

manif-retraie.1277235353.jpgAlors ? Ces réformes annoncées bouleversent les projets de ceux de ma génération, trop nombreux , paraît-il, trop enclins à profiter d’un bonus bienvenu de longévité. Et si encore cet effort contributif s’accompagnait de la réduction des inégalités considérables qui touchent les salariés partant à la retraite ( voir l’analyse de la CFDT ) . On en est loin avec le projet de ce gouvernement.

Alors ?   Le 24 juin on se retrouve à la manif !