Liberté, égalité, fraternité …mobilité !
Depuis mardi 17 mars nous sommes confinés. Comment la vie se déroule-t-elle dans ce village du péri-urbain lyonnais. Comment nous tenons-nous au courant de la marche chaotique du monde entre Venise, Copenhague et Washington où nous avons des amis ? Quels débats, quelles attentes, quels espoirs germent-ils dans cette situation de douce réclusion?
Je poursuis la réflexion suggérée par Bruno Latour : quelles sont les activités qui nous manquent et quelles sont les activités maintenant suspendues dont nous souhaiterions qu’elles ne reprennent pas ?
Il me semble qu’en ce temps de confinement et d’immobilité, il est judicieux de nous interroger sur notre besoin de mobilité, qui apparaît, à la réflexion comme un droit fondamental de l’individu, peut-être à rajouter au fronton de nos mairies à côté des Liberté, Egalité, Fraternité.
Quand on pense à notre ancêtre, Homo Sapiens, toujours en quête de nouveaux horizons, mû par cette curiosité de découvrir ce qui se cachait derrière la ligne d’horizon. C’est ainsi qu’on l’a retrouvé finalement installé dans les moindres recoins de notre planète. La mobilité est bien une caractéristique fondamentale du genre humain.
Plus près de nous, à l’été 1989, les prémisses de la disparition du rideau de fer sont apparues en Hongrie qui avait entr’ouvert la frontière avec l’Autriche.

Les allemands de l’Est se sont précipités dans leur Trabant pour profiter de quelques jours passés à l’Ouest, des vacances bien plus passionnantes que celles proposées par le régime sur les bords de la Baltique. C’était juste quelques semaines avant la chute du mur de Berlin. Cette curiosité pour aller voir de l’autre côté, cette envie irrépressible d’échapper à l’assignation à résidence, à l’immobilité forcée, à ce confinement géant imposé à sa population, a sans doute joué un rôle important dans ce mouvement irrésistible, au moins autant que le rejet d’un état bureaucratique et policier, en plein échec économique.
De nos jours, en plein Covid19, c’est vrai que nous, les confinés, supportons mal cette restriction sévère de nos déplacements à pied, en jogging, en automobile, cette limite étroite de 1 km autour de la maison. Après les inquiétudes -démenties finalement- sur l’alimentation, après la disparition des rencontres familiales ou amicales – légèrement compensée par les Skype et autres Zoom- , l’interdiction de la mobilité pèse fortement sur notre moral. Et nous attendons tous avec impatience le jour où nous pourrons reprendre nos baskets, nos vélos, nos voitures et rencontrer nos amis sans rien demander à personne

Moi-même, tous les jours je lorgne notre camping-car posté dans notre cour, prêt à démarrer dès que le déconfinement sera annoncé. J’ai l’impression de rater le printemps et ses occasions de ballades d’autant plus désirées après ce confinement . D’ailleurs rien de mieux en matière de distanciation sociale qu’une escapade en Camping-car !
En même temps le confinement questionne nos pratiques de la mobilité. Aurions-nous imaginé ces avenues sans embouteillages, ce silence auprès des aéroports, ces images satellites où la pollution de l’atmosphère se trouvait effacée ? Nous sommes bien obligés de mettre en cause nos usages de la mobilité. Sommes-nous prêts à réduire l’utilisation de la voiture individuelle ? Sommes-nous prêts à renoncer à cet aller-retour en Suisse pour manger une fondue à Gruyère, à ce week-end improvisé à Lisbonne, à cette semaine dans une île en Thaïlande. Beaucoup de nos déplacements relèvent plus de l’agrément, voire du caprice que d’une réelle nécessité. C’est, du coup, la croissance continue du tourisme de masse qui est mise en question. D’ailleurs, à Paris, à Barcelone, à Londres, les populations s’élèvent contre l’invasion facilitée par les vols lowcost et les hébergements AirBandB.

Le tourisme débridé peut-il suspendre sa course folle et recouvrer la raison, peut-il retrouver sa vertu première : la découverte d’une autre nature, l’échange et le rapprochement des peuples, la contribution au développement ?
*On a beaucoup parlé de la pénurie de masques et de l’impréparation des autorités. Un excellent article de Politis/Bastamag reprend en détail l’historique de l’abandon d’une indispensable démarche de précaution :


















Jean-Luc Mélenchon prépare depuis deux ans une campagne en solitaire appuyé sur un mouvement qu’il a su agréger autant sur sa personne que sur des orientations. Il n’a pas vraiment de concurrent sur ce segment de la gauche de la gauche. Ce qui explique sans doute ses bons sondages. Mais pour figurer au second tour des présidentielle il lui faudrait bien plus.
Emmanuel Macron s’est affirmé en quelques semaines comme un candidat majeur des prochaines échéances. La désignation d’un Fillon très droitier lui ouvre un boulevard auprès de la droite modérée, du centre (en l’absence probable de Bayrou) et d’une certaine gauche prête à suivre la ligne libérale déjà à l’œuvre sous Hollande. Son éventuel succès dépend essentiellement de ce qui se passera dans la campagne.
Yannick Jadot, désigné un peu par surprise dans la primaire des verts, pâtit de l’image ambigüe de son parti, à la fois dans le gouvernement puis dans une quasi-opposition. Il semble difficile pour le seul candidat de la société civile (notamment auprès de GreenPeace) de dépasser une position de témoignage.
C’est une des fonctions de l’élection présidentielle dans cette Vème république qui polarise une –trop- grande partie de la vie politique autour du locataire de l’Elysée. On va chercher le meilleur, le moins mauvais ou éviter le pire. Cela n’implique pas forcément une adhésion aux propositions (d’autant plus que l’expérience a montré la fragilité des promesses de campagne).