Le secteur des services à l’heure d’internet 2.0

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Tout le monde connaît la distinction classique parmi les activités économiques entre le secteur primaire ( agriculture, mines ..),  le secteur secondaire( industries) et le secteur tertiaire ( services). Dans nos sociétés développées, la fin du XVIIIème et surtout le XIXème siècle ont connu la modernisation et la relativisation de l’agriculture ainsi que la montée inexorable de l’industrie. Et le XXème siècle surtout dans ses dernieres annéees a vu l’explosion des activités de services En 1913, nous comptions encore 40 % de paysans dans la population active, ils étaient 10 % en 1970, et un peu plus de 3% aujourd’hui.  L’industrie (avec la construction) employait déjà 32% des actifs en 1913, 38% en1970, moins de 20% aujourd’hui . Une montée puis une décroissance commune aux sociétés développées parvenues à la maturité, mais particulièrement marquée en France, source d’inquiétude pour les responsables économiques et politiques . Le secteurs des services, fait de bric et de broc, c’est le restant :  Alors qu’il ne représente que 28 % de la population active en 1913, il en représente 52 % en 1970 et 68 % en 1995, 77% aujourd’hui : 3 salariés sur 4 !

3 salariés sur 4 dans les services !

Voici donc le résultat de la révolution de l’industrie , puis de sa modernisation à marche forcée, puis de son exposition croissante à la mondialisation. On s’interroge beaucoup sur l’avenir de ce secteur secondaire en France. Dans le même temps on fait preuve d’une belle insouciance quant au sort des services qui représentent de loin le plus gros réservoir d’emplois. Or, tout porte à croire que le secteur tertiaire est sur le chemin d’une révolution qui n’aura rien à envier à celle,  passée, de l’industrie.

Les services ont longtemps connu une gestion routinière, à la limite de l’artisanal.545592-des-employes-de-bureaux-americains-en-1955 Leur place croissante dans l’activité des entreprises a amené les responsables à rechercher des organisations et un management susceptibles d’accroître la productivité, notamment à l’occasion de l’introduction massive de l’informatique à partir des années 1970. Mais dans les années 2000 après des décennies de modernisation informatique, les économistes et les gestionnaires ne voyaient toujours pas d’effet significatif sur la productivité comme si l’informatique s’était ajouté aux activités existantes, sans vraiment les transformer, en rajoutant contraintes,standardisation, reporting et contrôles  rendus possibles par le nouvel outil.

Cette situation est actuellement en plein bouleversement sous l’effet de la généralisation d’internet et des nouvelles pratiques des consommateurs.

Ainsi les banques 2.0 ( banques en ligne…) menacent-elles les agences en dur que les établissements ont fait fleurir  30 ans plus tôt dans le moindre quartier, le moindre village.B for B Les services informatiques proposés ont fait de gros progrès et une partie significative de la clientèle est prête. C’est ainsi que le Crédit agricole Ile-de-France a annoncé en novembre un remaniement de son réseau, qui se traduira par la fermeture d’une cinquantaine d’agences d’ici à 2015 et la mise en place de guichets employant moins de six salariés. En parallèle, la banque mutualiste s’applique à développer une approche 2.0.

Les libraires en ligne (on se demande s’il ne faudrait pas utiliser le singulier) attirent de plus en plus de transactions au détriment des libraires en réseaux (l’enseigne Chapitre est en faillite, Virgin Megastore disparu,  la FNAC en mauvais état…) ou indépendants. Le livre numérique commence à faire sa place en faisant table rase des circuits de distribution.

Les opticiens en ligne proposent à une clientèle croissante des prestations et surtout des prix  qui mettent en danger les marges scandaleuses de la profession classique.

Les mutuelles et autres complémentaires proposent souvent des coachs santé en ligne .

Les assurances sont proposées en direct sur internet à des prix attractifs.  Les agents généraux, les courtiers voient leur avenir menacé , sauf s’ils se spécialisent sur certaines activités hors grand public.

Les taxis se battent bec et ongles pour barrer la route aux voitures réservées sur Internet. Leur victoire définitive est peu probable.

La musique en ligne (légale et non légale) a fait disparaître les disquaires . Les nouvelles pratiques du monde de la musique ( préfinancement de groupes, lancement sur You Tube… ) remettent en cause l’édition musicale.  

La Poste avec ses 350 000 employés est en difficulté avec la baisse continue du courrier physique entraîné par le développement des échanges électroniques . La Poste canadienne a prévu à terme de supprimer les tournées des facteurs.

La mise place des MOOC (cours en ligne ouvert et massif) laisse entrevoir une perspective où une part de l’enseignement  à l’université pourrait se trouver dématérialisé et son bénéfice décuplé massivement à travers des réseaux éducatifs

En quelques mois, le site d’annonces gratuite sur internet  (Leboncoin pour ne pas le nommer) a mis à bas l’empire florissant des annonces papier ( Paru Vendu …).

Que seront donc les services dans 10-15 ans ? Se poser cette question, n’est plus affaire de prospectivistes foireux. Toutes les prémisses sont là, sous nos yeux.

Alors faut-il regretter les bons vieux services ?

Faut-il s’opposer à cette évolution ?

Lorsqu’on réfléchit sur de telles perspectives, on s’inquiète immédiatement de l’impact général sur  l’emploi, question très importante que nous évoquerons plus loin . Mais cela évite souvent de se demander si ces évolutions sont souhaitables pour notre société, pour les travailleurs de ces services et pour les consommateurs de services que nous sommes tous.

 Du coté de la qualité du travail, il faut bien constater que la modernisation des services intervenue dans les 30 dernières années, a eu la plupart du temps un effet catastrophique. Les changements introduits sont largement inspirés des principes industriels (du type tayloriens ou post-tayloriens).

Prenons l’exemple d’une banque généraliste . A l’ancienne spécialisation des métiers (agent d’accueil, caissiers, agents administratifs, conseillers clientèle) a succédé le règne de la polyvalence. banque-credit-client_41Le conseiller (pas d’autre dénomination) s’occupe de tout : il fait de l’accueil, de la saisie , du conseil financier,passe du Front au back-office,  il doit monter des dossiers de prêt (le coeur de métier), mais aussi proposer des placements, des  assurances, de la prévoyance, de la complémentaire santé, et même du téléphone mobile. Autant dire qu’il ne maîtrise correctement aucun de ces métiers. L’expertise est maintenant dans le système informatique. Mon conseiller à la Caisse d’épargne est incapable de me préciser un taux d’emprunt ou un statut fiscal pour tel placement  sans lancer un programme de simulation et rentrer mes paramètres. Encore heureux s’il le maîtrise suffisamment sans se trouver obligé de consulter un collègue plus expérimenté. Il est polyvalent sur tout , compétent sur rien. Mais néammoins stressé car  ses moindres faits et gestes – et résultats en terme de placement de produits- seront décortiqués mensuellement , voire hebdomadairement avec son N+1. De l’autre coté du comptoir, l’usager que je suis s’irrite des hésitations , des approximations , des fausses manoeuvres , autant de temps perdu. Je me console en me rappelant que le temps pour un retraité de ma sorte n’est pas si précieux , mais je pense aux actifs qui ont dû prendre quelques heures sur leurs obligations, des fois une demie-journée de RTT pour honorer ce RV.

Alors , si toute la compétence est dans le système informatique, l’intervention de ce conseiller inefficace est parfaitement inutile . Passons à la banque en ligne. Si j’ai quelque difficulté à faire un choix, un conseiller est toujours disponible au bout du fil.

Il y a longtemps j’étais un client assidu des librairies, à la recherche du personnage mythique du libraire ou du vendeur , amoureux de ses livres, féru d’histoire,  d’économie ou de littérature, qui saurait me guider dans ma quête. Hélas !le_libraire_de_la_rue_boulard La quête était souvent semée d’embuches. Le vendeur,du fait du nouveau management des librairies, se trouvait accaparé par la gestion de son rayon et la manutention, le rangement ; il fallait donc le trouver sur le chemin des réserves. Et  poser mon énigme  à ce sphinx débordé. L’ouvrage lui étant souvent inconnu, il fallait consulter Electre – c’était la base de données sur Minitel : 3615 Electre que j’avais souvent consulté préalablement de chez moi. Et passer commande. Les délais étaient variables – Peut-être Mercredi prochain ! Il est plus sûr de vérifier par téléphone – Nos échanges dépassaient rarement la résolution de ces problèmes pratiques et j’évitais de solliciter un complément de bibliographie. Bref on était bien loin de la fable, inventée par les milieux de la culture, sur le libraire, médiateur indispensable entre le consommateur démuni et la Kulture universelle.

Ces quelques exemples – chacun peut trouver dans son expérience des équivalents- pour illustrer la dégradation de la qualité des services dans les activités marchandes.ANPE Mais une analogie pourrait se trouver du coté de bien des services publics- à l’ANPE devenue Pôle Emploi , je peux en témoigner  : offre de service standardisée, écoute réduite au minimum,  recherche éperdue du résultat en un minimum de temps, obsession du chiffre.  Seule une résistance intime de chacun des agents pouvait lutter contre cette dérive inhumaine de la relation de service.

Partout la marque des nouveaux managers, des tableaux de bord, des « scoring » des publics (établir les paramètres de chaque client pour lui proposer – ou lui refuser-  une offre de service formatée) et des procédures rigides. Tel est le paysage des services d’aujourd’hui après trente ans d’industrialisation.

On en vient à oublier la grandeur possible d’une relation de service, lorsque la qualité de la prestation n’est plus dépendante d’une organisation Orwellienne mais de la compétence  et la disponibilité de l’interlocuteur derrière le bureau. Le succès de cette séquence va dépendre essentiellement de la coopération qu’il va établir avec le client ou l’usager, c’est une véritable co-production des deux cotés.

Alors, lorsque ce n’est pas le cas, lorsque l’échange entre humains n’apporte aucune plus-value,  laissons donc cela aux ordinateurs et aux services en ligne.

Vivent les service 2.0 !

Prochain article : Renouveler le tertiaire : des services pour aujourd’hui et pour demain!

Renouveler le tertiaire : des services pour aujourd’hui et pour demain !

Nous l’avons vu dans le précédent article, le secteur de l’industrie en France  n’est pas le seul  à connaître des défis historiques, les services  sont soumis à des bouleversements qui ne font que commencer.

On dit communément que les services ne sont pas exposés à la concurrence entraînée par la mondialisation. C’est vrai pour votre coiffeur , mais totalement à coté dela plaque pour bien des entreprises françaises de services  à dimension internationale.Business international Ainsi Cap Gemini, une des 13 plus grandes dans le  secteur informatique à l’échelle de la planète qui emploie 120 000 personnes dont 40 000 à l’étranger . De même Sodexo, dans la restauration collective,  regroupe  420 000 collaborateurs dans 80 pays. Les services français s’exportent bien , leur balance, +21,7 milliards en 2012 dépasse largement l’agriculture et l’agro-alimentaire  +11,7 M € et même l’aeronautique +17,5 M€. Quant aux seuls produits industriels et biens d’équipement, ils  présentent un déficit de 50 M€.   

Les services seront à l’avenir plus exposés à la mondialisation , du fait de leur dématérialisation croissante : rien ne s’oppose en théorie, à conclure un contrat avec un assureur anglais, de traiter sa comptabilité avec un cabinet belge, d’acheter du matériel photographique chez un e-marchand allemand. A la condition que les opérateurs sur Internet soient prêts à traiter ces nouvelles clientèles. Les français ne sont pas mal placés (14% du commerce passe par le canal électronique), mais moins que les tchèques ( 24%),  les irlandais(21%), les suédois(20%) , les anglais(19%) et les allemands (19%) si l’on considère la part de marché de l’e-commerce (vente en ligne et EDI échange de Données  Informatiques  entre entreprises).

Avec un marché en France de 57 Milliards d’€ – multiplié par 8,5 entre 2005 et 2014, l’e-commerce est bien ancré dans le paysage économique , malgré une défiance marquée des responsables économiques et politiques, échaudés par l’éclatement de la bulle internet au début de ce siècle et inquiets devant la difficulté de réguler ces activités (Amazon ne paye que peu d’impôts au Luxembourg quel que soit le lieu de la transaction avec le client final). Il devrait représenter 24 % de  l’ensemble du commerce en 2020 selon le CREDOC.

Mais la révolution des services ne concerne pas seulement les activités commerciales

Services du bien vivre individuel et collectif

Nos sociétés vieillissent sous l’effet de l’allongement de la vie et du retournement démographique. Même les pays émergents ne sont pas à l’abri de cette évolution. Ehpad Cette réalité survient dans une société marquée par une individualisation – voire un individualisme- croissant.  Les services sont donc aux premières loges pour tenter de renouer des liens qui font de plus en plus défaut.

Ces activités peuvent difficilement se passer du facteur humain.   Même si certains services périphériques ont un potentiel de modernisation : dispositifs d’assistance à distance – voire intervention de robots domestiques, télé-médecine, portage de repas… ,  dans chaque cas le maintien d’une relation humaine est primordial.

Ce qui se joue ici, c’est l’amélioration à la fois quantitative et qualitative des services de développement humain, autant de  biens communs, autant  de droits universels à (re)conquérir, dans l’éducation, la santé, la justice, la culture, les services destinés à la petite enfance, aux personnes âgées, aux handicapés, autant de services dits sociaux… On y applique aujourd’hui une logique de performance industrielle et de réduction des coûts qui menace la qualité des prestations et leur universalité. Cette évolution s’oppose à une nécessaire professionnalisation de ces métiers, et nuit au développement de l’emploi.

Dans le même esprit  si l’on veut assurer une orientation ferme de la société française vers une économie de la connaissance, il faudra donner une place accrue aux activités de recherche et d’éducation. En renouvelant les méthodes, notamment dans l’enseignement où l’efficacité du système est gravement mis en cause par les enquêtes internationales (PISA Programme international  pour le suivi des acquis- OCDE) 

verts les services !

Tout le monde peut constater les ravages sur notre environnement d’un développement irresponsable des activités industrielles pendant près d’un siècle. Mais lorsqu’on examine de près les dangers que court la planète, on ne peut que parvenir  à cette conclusion : c’est l’ensemble de notre mode de vie qu’il s’agit de modifier en profondeur. Et dans cette perspective, les services tiennent une place centrale, si l’on souhaite une économie verte, qui permette la poursuite du développement économique tout en réduisant la pollution et les émissions de gaz à effet de serre, en limitant le plus possible la production de déchets et le gaspillage des ressources naturelles, en préservant la biodiversité et en renforçant la sécurité énergétique.

metiers vertsEn dehors des activités nouvelles qui apparaissent dans les énergies renouvelables, le traitement des déchets, la conception et la réalisation de l’isolation des bâtiments, c’est l’ensemble des services qui sont concernés par cette perspective.

Privilégier la proximité, «acheter et consommer local ».  Cela devrait favoriser les circuits courts, y compris dans des services «au plus près des gens », en fonction de bilans écologiques et sociaux : la grande distribution n’a pas la même empreinte écologique ni la même utilité sociale qu’une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) distribuant les produits de producteurs proches. Il s’agit aussi de maintenir et réorganiser les services publics pour qu’ils s’adaptent au plus près des besoins des usagers.

Enfin, l’idée progresse qu’il  n’est pas toujours indispensable d’être propriétaire d’un bien ou d’un objet pour profiter de son usage. velibDans les métropoles, pourquoi faire l’acquisition d’un vélo – ou même d’une voiture- si l’on peut profiter d’un réseau bon marché de véhicules gérés collectivement : Vélib, Autolib et autres Vélov. Dans ce cas, le besoin de plus de produits industriels recule devant le besoin de plus de services adaptés. On peut citer les services de location, de réparation, de récupération, de revente, de recyclage, d’entretien, de prévention et plus généralement toute une «économie du prendre soin » des objets, des ressources naturelles vitales et de la qualité de l’environnement.

Dans le même  esprit, le co-voiturage  http://www.covoiturage.fr/  , la consommation collaborative se développe en remettant en cause le besoin de toujours plus d’objets industriels. La gratuité –qui est une valeur forte de la « culture Internet » – vient même contaminer heureusement ces nouvelles pratiques : donner une seconde vie aux objets dont on n’a plus l’utilité grâce à www.donnons.org, organiser une après-midi conviviale pour récolter les cerises de votre jardin sur  http://www.onvasortir.com , échanger votre maison pour des vacances sur http://www.echangedemaison.com/  ou tout simplement louer tout ou partie de votre logement pour une semaine ou un mois sur www.airbnb.fr   

Vous l’avez compris le tertiaire est à la veille de grands bouleversements. Ces révolutions sont subies par les responsables économiques et politiques, plutôt qu’anticipés et accompagnés. L’histoire récente  de l’industrie musicale qui n’a rien vu venir, rien prévu, qui s’est raccrochée désespérément aux solutions répressives mises en avant par un pouvoir politique myope,  est un magnifique contre-exemple de ce qu’il ne faudrait pas faire.

Il est temps de penser aux nouveaux services de demain !

Pour en savoir plus : http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/

http://www.oecd.org/fr/economie/34752900.pdf

Polypensionné !!!

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Je devais m’y attendre. Mais ça fait bizarre quand ça vous arrive. Ça y est, je suis polypensionné !!!

Il paraît que le phénomène touche 38% de la population concernée, surtout à partir d’un certain âge. Rassurez-vous, ce n’est pas contagieux, pas mortel (quoique ça se termine toujours dans la tombe…). La situation de polypensionné se déclare après une longue période d’incubation caractérisée par de nombreuses démarches, souvent improductives, accompagnées de stress et de phases de découragement. Un fois liquidé, le phénomène peut prendre diverses formes selon les antécédents.  Le traitement est mensuel, trimestriel ou quelquefois annuel pour les petites doses.

Tréve de plaisanteries ! Depuis le 1er juillet 2013 , je suis allocataire de la caisse de retraite du régime général résultat de 21 trimestres de bons et loyaux services (et de cotisations) dans le secteur privé. Chaque mois,37€ viennent s’ajouter à ma retraite de fonctionnaire, heureusement plus conséquente.

Eh oui , je n’ai pas toujours été agent de l’état mais aussi ouvrier agricole, chômeur, journaliste, cuisinier. Pour ceux qui me connaissent c’est plutôt un non évènement, vu que je suis à la retraite du secteur public depuis avril 2006. Mais il fallait que j’attende 65 ans ( 67 pour les classes suivantes) pour pouvoir toucher le pactole du régime général  sans qu’il soit dévoré par l’infernale décote.

Alors dès l’hiver, j’ai préparé mon dossier pour la caisse de retraite.A un certain moment , il était prévu un entretien avec un agent liquidateur. Je me suis aperçu qu’il savait tout de moi (enfin, pour ce qui concerne mes activités professionnelles) , l’avantage c’est qu’on n’a pas à fournir de documents, la caisse a tout – sauf erreur qui méritent rectification, ce qui ne fut pas le cas. Le gars était plutôt sympa. Il s’est amusé à regarder si on pouvait prendre en compte quelques semaines en 1968 de job rémunéré en Californie, à l’occasion d’un stage inclus dans mon parcours de formation . L’affaire aurait demandé une tonne de démarches pour pas grand chose. 

«  De toute façon, faut pas vous faire des illusions, vous toucherez des clopinettes ! » me dit-il , très cool, lorsque je lui parlai du minimum contributif, un montant minimum attribué à chaque cotisant , même présentant peu de trimestres. Annulé, le minimum contributif,  à la suite de la réforme Fillon, dès le moment où vos revenus mensuels excèdent 1028€. Il y avait sans doute trop de polypensionnés qui en profitaient grassement…

Pas simple ! Pour ce qui concerne la retraite complémentaire, c’est une autre histoire. Il y a 57 caisses de retraite complémentaire selon que vous avez travaillé dans le batiment , la banque ou l’agriculture …, fédérées à l’interieur du GIP ARRCO-AGIRC mais chacune autonome dans son fonctionnement. Alors on a rajouté un échelon pour la constitution des dossiers , ce sont les CICAS (Centre d’Information, Conseil et Accueil des Salariés). Et Le CICAS de Lyon de me demander tous les documents qui sont pourtant déjà répertoriés par la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse dans mon relevé de carrière.  Notamment les fiches de paye de18 mois de journaliste en 1976-1977. Des bulletins en liasse en longueur , difficiles à photocopier, je tente le coup d’envoyer  les originaux par courrier simple. Quelques semaines plus tard, le même courrier, cette fois provenant d’Humanis, sans doute la caisse de retraite chargé de liquider mon dossier, me réclame les documents que j’ai envoyés.  Au bout de nombreux échanges épistolaires, y compris recommandés, le service réclamation du CICAS m’informe que le service courrier, en retard (très en retard :6 semaines !), vient de traiter mes documents et qu’ils me sont renvoyés par la poste. Quel bazar ! Heureusement, le dénouement semble proche.

Mais ma  boîte à lettre reste vierge de la correspondance attendue jusqu’au coup de téléphone de ce brave gars de Trévoux qui m’explique qu’il a reçu à la place des documents qu’il attendait, mes fiches de paye qu’il  s’empresse de me poster. Ouf !

Mais ce n’est pas le dernier épisode. Je reçois enfin mon relevé de carrière pour la complémentaire. 12€ par mois  ! Pour limiter les frais ils me feront un seul versement annuel . Mais à regarder de près je ne vois pas apparaître ma période de journaliste . Nouvelle réclamation.

Cette fois l’interlocutrice me joint par téléphone. « Regardez vos bulletins de salaires, il ne mentionnent pas de cotisations pour la retraite complémentaire !  C’était pourtant obligatoire depuis 1972»

Et c’est hélas vrai ! Mon employeur d’alors, en violation du droit social, s’est dispensé de régler ces cotisations.  Quand on sait qu’il s’agissait d’un journal quotidien militant à la gauche de la gauche pour la défense des travailleurs, le coup est rude . Sans doute , dans l’esprit de ces révolutionnaires de dirigeants , l’horizon de la retraite se perdait-il dans le néant face à l’urgence de cette révolution qui s’approchait et qui nous rendrait au centuple les sacrifices que nous avions consacrés à son avènement…

*Pour en savoir plus :  ICI ou Là sur la situation des polypensionnés et des réformes qui seraient souhaitables pour ne pas pénaliser ceux qui ont changé de secteur ou de statut dans leur carrière professionnelle.

Les bois noirs

Les bois noirs, ce sont ces hauteurs boisées au nord-est du massif central, partagées entre le département de la Loire, du Puy de Dôme et de l’Allier. C’est là , dans ce pays difficile que Danièle a ses racines auvergnates. Et dans bien des hameaux , surtout sur le versant de l’Allier, on  se souvient encore de son vétérinaire de père qui faisait la tournée des élevages et qui appréciait ce pays rude.

Entre 800 et 1300m les forets vert clair de feuillus et vert très sombre de résineux dominent un paysage austère . Les épicéa, abies, et autres Douglas ont partout pris le dessus, encouragés par une incitation publique au boisement standard.

Au bout des chemins, au croisement des routes quelques villages, plutôt déserts. Mais il ne faut pas se laisser prendre par l’impression du vide végétal. Ces espaces ruraux ont longtemps (jusqu’à la guerre de 1914) abrité une population nombreuse et active avec des densités supérieures à des régions plus clémentes et plus riches. Derrière l’apparente immobilité des populations prospéraient les échanges et les allers et retours avec la plaine du forez d’une part et le territoire de Thiers d’autre part. Au-delà entre Lyon-genève et Nantes-bordeaux.

Sur ce point de passage obligé, chaque période a dessiné un itinéraire différent, entre le médiéval « grand Chemin » et la moderne autoroute A89. Dans tous les cas des pentes importantes et des intempéries fortes. La neige ne prévient pas et s’abat en quantité sur ces premiers contreforts. Le grand chemin passe par Saint-Just en Chevalet et par le col de Saint-Thomas, un trajet assez rectiligne avec des pentes à 17% qui font le plaisir des cyclistes grimpeurs.C’est là que Fredo a installé son auberge-refuge à près de 1000m d’altitude, une adresse appréciée des randonneurs, des cyclotouristes et des amoureux de ce rude pays. C’est là que Danièle a donné rendez-vous à Jean-François Faye, président de l’association « les amis des bois noirs » , historien citoyen et généalogiste émérite. Avec Frédo Dayne, il y a là le noyau historique de cette structure, à mi-chemin entre la société savante et la joyeuse bande amoureuse de son terroir.

Manque au tableau le grand inspirateur, le regretté Paul Chatelain, géographe, professeur à la Sorbonne qui a fini sa vie à Cervières, un peu plus loin.

Autour d’un repas simple et délicieux mitonné par Madeleine, la maîtresse des lieux, Danièle parle de son grand’père Claudius qui s’est installé en 1923 à la Chevalerie, un hameau de Vollore Montagne , à une trentaine de KM de l’auberge.  » La Chevalerie, je connais bien, j’y ai fait les foins chez Claudius et j’y ai croisé votre père Paul. » Fredo, l’immigré italien, venu dans les années 1950 de ses montagnes du Val d’Aoste, connaît le pays – et les gens – comme sa poche. Nous faisons le plein d’anecdotes et de documents (une vidéo sur l’histoire du franchissement routier , puis ferroviaire, puis autoroutier de ce seuil, deux livres : « Si Cervières m’était conté  » et « les bois noirs » en vente chez Fredo). Et nous voilà partis pour une promenade dans l’espace – quelques dizaines de km- et surtout dans le temps – deux ou trois siècles- sur les traces de la famille de Danièle.

Première étape aux Cros, hameau d’Arconsat où réside Gilles le descendant d’une famille alliée à celle de Danièle. Ils posent tous les deux  devant la maison familiale encore occupée par les parents de Gilles. Jean-François est intarissable sur l’histoire d’Arconsat, il décrit l’énergie et l’inventivité de ces familles engagés dans leur survie. Tous les moyens étaient bons : la contrebande de sel (six fois moins de gabelle en Auvergne qu’en Bourbonnais), le commerce ambulant des colporteurs (qu’on a vu partir jusqu’au Mexique), l’artisanat autour du bois et de la coutellerie. Autant de raisons au maintien d’une population rurale très importante malgré des conditions difficiles.

Le lendemain , nous nous éloignons des bois noirs pour se rapprocher des origines de la famille de Danièle : plusieurs générations sont signalées à Saint-Marcel d’Urfé . Nous sommes dans la seigneurie d’Honoré d’Urfé, auteur du premier roman-fleuve de la littérature française, L’Astrée. Mais Urfé était aussi, par sa mère, marquis du Valromey, le pays de mes origines. Alors, à quelques siècles de distance, nous nous rapprochons Danièle et moi.

La petite chapelle de la Chirat avait été remplacé au XIXème siècle par une vaste et solide église, comme dans tous ces villages, juste au moment où la démographie triomphante commençait à amorcer sa décrue.

Nous suivons l’itinéraire de la famille de Danièle. Johannes Marie, l’arrière grand’père prend une ferme à Coubanouze, hameau des Salles. Les coteaux verdoyants dominent un plan d’eau paisible.

Johannes Marie n’y restera pas à la différence de son frère Antoine Marie qui fera souche à Coubanouze. Ses descendants y exploitent encore un grand élevage porcin.

Nous sommes encore dans le département de La Loire. Les Salles c’est une zone de transition au pied des Bois Noirs. Le chemin de fer est arrivé en 1876 à Noirétable , un peu plus loin. Le péage de l’autoroute y est implanté ainsi que l’aire de service du Haut Forez. Nous ne sommes pas encore en Auvergne, l’Auvergne profonde.  Demain, nous poursuivrons le périple de cette famille qui va se retrouver dans la Montagne Thiernoise, quelques km plus loin.

La montagne Thiernoise

Avec Danièle nous avons décidé de suivre les traces de sa famille entre Haut-Forez et Auvergne. Son arrière-grand père  Johannes-Marie quitte coubanouze, franchit la frontière vers le Puy de Dôme et vient s’installer autour de 1900 dans une ferme de Viscomtat.

On l’appelle les Grands Bois et elle porte bien son nom: au bout d’un chemin de plusieurs km à travers des sapinières épaisses et sombres, l’espace se dégage dans un vallon verdoyant. Vous savez alors que vous êtes arrivés, et de toute façon la route ne va pas plus loin.

La ferme est actuellement la propriété d’un exploitant qui élève des chêvres et qui a cessé une activité d’accueil et restauration depuis qu’il s’est retrouvé seul. Notre guide

aujourd’hui est Micheline la belle-fille de Jérome l’un des fils de Johannès-Marie. Feu son époux, Edmond, a passé son enfance sur la ferme des Grands Bois avant de la quitter pour s’installer au village et se consacrer à une activité de polissage et finition dans la coutellerie (une spécialité historique de la région de Thiers). Mais la famille a gardé un lien fort avec ce lieu où ils se retrouvent régulièrement.

Si Jérome a exploité les Grands Bois jusqu’à sa retraite, son frère Jean Claudius et grand’père de Danièle est parti  en 1923 rejoindre sa fiancée Maria pour s’installer à Vollore-Montagne, à la Chevallerie. Née au Verdier, 500m plus bas, Maria, en revenant dans ce petit hameau loin de tout , retrouvait les traces de sa trisaïeule Peronne qui l’avait quitté pour se marier. Depuis toujours la population de la Chevalerie tournait autour d’une famille d’agriculteurs et de marchands de bois.

Le couple s’occupait d’un troupeau d’une vingtaine de laitières et gérait les bois. Beaucoup de paysans dans cette région exerçaient plusieurs activités pour diversifier les sources de revenu et occuper les longs hivers où la neige bloquait les chemins. Ainsi Jean Claudius avait un atelier de sabotier avec tout le matériel professionnel de l’époque.

Danièle a passé beaucoup de ses vacances dans ce hameau, dans une grande liberté, allant d’une maison à l’autre (chez les grands parents mais aussi auprès d’une bande de tantes qui prenaient là leur villégiature d’été), explorant les ruisseaux et les pistes forestières, courant dans les chemins creux.

Aujourd’hui la Chevalerie a changé : Très peu d’occupants à l’année , la ferme des grands parents et les maisons des tantes sont aménagés en gites,  plus de vaches laitières dans les étables, mais des troupeaux de limousines au champ, et les sapins qui prennent le dessus partout, d’autant plus que le cousin qui s’occupe des terres est pépiniériste spécialisé en … sapin (de Noël ou pour la plantation) !!

Les bois c’est une sacrée affaire dans cette région. De tout temps, les paysans comptaient sur la forêt pour survivre :

  • les pauvres avaient le droit de pâture dans les chemins et les clairières, ils pouvaient ramasser et couper le bois pour se chauffer et s’abriter. Ces droits ont été repris dans une catégorie particulière : les sectionnaux où la propriété est distincte des usages.
  • Tout le monde profitait des bois communaux avec les règles d’attribution des coupes annuelles : l’affouage
  • enfin la propriété forestière demandait, elle, des investissements en capital et des moyens d’exploitation importants qui la destinaient aux grands propriétaires. Ces propriétés ont souvent été démembrées après la révolution et surtout divisées au gré des successions. Et puis devant la crise de la petite exploitation de polyculture-élevage, les pouvoirs publics ont mis en place dans les années 1960 une incitation et des subventions pour que les paysans cessent d’exploiter et boisent leurs parcelles. La sapinière en a profité.

Les moyens d’exploitation se sont modernisés. Le temps n’est plus au débardage aux chevaux et au transport sur de mauvais chemins jusqu’au port de Lanaud sur les rives de la Dore comme le pratiquaient les ancêtres marchands de bois de Danièle.

Aujourd’hui le stock de bois sur pied est considérable. Ce type de plantation ne souffre pas d’un vieillissement sur pied. Le manque d’entretien amène inévitablement à la solution radicale de la coupe à blanc. On se demande comment on pourra en organiser l’exploitation à une grande échelle.La filière aval doit se développer et se moderniser. Heureusement les nouvelles installations de bois énergie ou de bois de construction poussent comme des champignons dans les villages.

Les bois de Vollore Montagne, ce sont avant tout les bois de Pamole : des centaines d’hectares à plus de 1000 m d’altitude et un belvédère aménagé au sommet. Ce sera la dernière promenade de notre circuit auvergnat.

Devant cette table d’orientation, au milieu de ces bois plantés par ses ascendants, Daniele a sous ses yeux toutes les étapes qu’ont franchi ses ancêtres entre le Forez et l’Auvergne, dans ce pays rude et attachant. Un exercice pratique de géographie, d’histoire, de généalogie … et de rencontre avec ses semblables.

Bonne année … 2014

A écouter le président Hollande, ce lundi 31 décembre 2012,  les bonnes choses, ce sera pour … 2014.

En 2013, les cinq millions d‘inscrits à Pôle Emploi attendront encore les bonnes nouvelles sur le front de l’emploi. Et la transition écologique sera remise à plus tard, ainsi qu’une vraie réforme fiscale. Bref, si nous pouvions tous enjamber carrément cette année difficile, ce serait mieux pour notre avenir à tous. Mais comment garder le moral ?

Allez ! Vous verrez ! Ça va bien se passer !

(C’est ce que raconte mon dentiste avant de m’arracher une dent particulièrement douloureuse)

Alors, prenons exemple sur nos compatriotes :  81% des Français considèraient- en janvier 2012 « que l’année prochaine sera une année de difficultés économiques ». Aucun peuple au monde ne voit autant l’avenir en noir.

Mais dans le même temps lorsqu’on interroge les mêmes sur leur situation personnelle, ils sont  : 72% à se dire aujourd’hui heureux (contre 26% déclarant le contraire).

Conclusion : En période de crise, avec ce sentiment que nous ne pouvons influer sur des phénomènes qui nous dépassent, c’est un réflexe de survie de se centrer sur sa sphère personnelle

Les secrets du bonheur : Famille, santé, amour, amitiés, plus généralement  le sentiment de maîtriser le déroulement de sa vie, nous connaissons tous les ingrédients du bonheur – avec un peu d’argent pour éviter les gros soucis matériels.

Mais nous savons tous  aussi que ce bel équilibre ne suffirait pas à nous satisfaire. Nous sommes  enclins, surtout au début d’une vie d’adulte, à le remettre en cause. L’envie de changement n’est pas qu’un slogan politique. Il touche nos vies, dans des trajectoires qui s’organisent autour de projets et qui concerne pour 2013 un petit nombre de nos jeunes proches : Maude, Chloé, Nora, Clara, Mona, Andréas et bientôt Claire et Raoul (mais pour eux, le changement c’est quasiment la routine)

Mais ne nous trompons pas de démarche :

– il faut savoir pourquoi  on veut changer, avoir une claire vision de ce qui nous dérange, contrarie, restreint dans la situation antérieure

-il faut repérer ses aptitudes (…et ses inaptitudes) et celles que nous avons plaisir à exercer ou développer.

-il faut évaluer les effets prévisibles de ses décisions sur son entourage, particulièrement familial et définir ses priorités

-il faut avoir une vision réaliste et documentée de ce qui nous attend à l’issue du changement.

-il faut mettre en oeuvre une stratégie : les étapes, les rythmes, les alliances pour mener à bien le changement.

On peut se dire : je ne peux avoir de réponses qu’en avançant –  autrement dit : j’attends du mouvement qu’il m’indique la direction. C’est sans doute la meilleure manière de tourner en rond ou de se retrouver sur un chemin qui ne convient pas.

Chercher à régler ces questions c’est déjà la mise en route d’un projet.

Alors , que 2013 soit une année fructueuse pour les projets de nos proches, particulièrement ces jeunes autour de nous.

Pour ce qui nous concerne, nous continuerons sur notre chemin : vivre parmi les nôtres, famille et amis, exercer notre corps (dans la mesure de nos capacités) et notre esprit, nous réjouir des merveilles de la nature et ramener de belles photos.

Et bon vent sur votre chemin !

Danièle et Norbert

Photo nature : les animaux ne sont pas toujours des modèles commodes

Tous les manuels vous le diront, la photo animalière réussie nécessite une bonne connaissance de l’animal et des ses habitudes alliée à quelques compétences en matière de photo. Et ce n’est pas si facile comme le montrent les bonheurs et les déboires de Danièle dans sa chasse photographique de cet été.

  •  les marmottes sont facétieuses et rapides

Stationnés quelques jours au Cormet de Roselend, j’ai fait de longues promenades sans le chien, j’ai vu de nombreuses marmottes…de loin. Impossible de m’approcher à moins de 100m !

En revanche, en ballade au col des Saisies, je découvre un groupe nombreux d’adultes et d’enfants qui observe les marmottes à moins de deux mètres.  Habitués du grand passage sur leur territoire et motivés par quelque nourriture disponible facilement , ces rongeurs posent sans complexe devant les objectifs photographiques. Je reviens avec le téléobjectif, sûre de faire les meilleures photos du monde…mais les marmottes ne ressortiront  jamais des terriers ! La curiosité des gamins autour des terriers a peu de chances de convaincre les petites bêtes de montrer le bout de leur nez

  • les bouquetins sont placides…dans des lieux peu accessibles

Alléchée par des photos de bouquetins prises par Jérémy sur le désert de Platée (au-dessus du plateau d’Assy, face au Mont Blanc – ci-dessous à la tombée de la nuit), je rêve de clichés remarquables. Nous quittons notre stationnement Plaine de Joux (d’où l’ascension aurait été trop difficile) pour prendre le téléphérique à partir de Flaine. Les bouquetins ont été repérés par le garde de la réserve ce matin et visibles du repère 1. C’est vrai qu’ils sont là, invisibles à l’oeil nu et à peine détectables à la lunette. Leur robe marron clair se détache difficilement du fond gris clair des rochers. Pourtant en agrandissant d’un clic la photo ci-dessous et avec un peu d’attention on peut distinguer la harde qui est nombreuse et placide, à tel point que des promeneurs s’en approchent sans les déranger : trop difficile pour nous d’aller aussi loin.

Nous partons pour le col de la colombière (au-dessus du Grand Bornand) ; la promenade familiale vers le lac de Peyre doit nous permettre, raconte-t-on, « de se faire photographier entre leurs cornes ». Départ à 7h, deux heures de montée et quelques photos d’un vieux mâle sans doute chassé de la harde. Nous ne verrons les autres que de très loin, en silhouette au-dessus de ravins vertigineux. Surtout des mâles aux cornes impressionnantes, les femelles se tiennent plus bas avec leurs petits à proximité des pâtures.

Et puis sur le retour, bien plus bas, au détour d’un chemin, un jeune isolé qui broute près de la bergerie sans s’inquiéter des curieux qui s’approchent à 3,4 m de lui. Une aubaine pour le(a) photographe. 

  • le hasard fait parfois bien les choses (oiseaux aquatiques)-

Observer les oiseaux aquatiques sur les lacs de montagne fait partie des activités les plus agréables qui existent.

En prenant un café au bord du lac de (derrière la montagne de Céüse), j’observe une querelle entre foulques et grèbes huppés. Ils se battent pour une écrevisse américaine que le grèbe avalera goulûment.  Plus tard, stationnés au bord du lac des mines d’or, au-dessus de Morzine, sous le col de la Golèze : des canes surveillent leurs petits qui plongent déjà merveilleusement bien. J’observe la petite famille, le soir et le matin. Je sens bien, à leur plumage acajou, que je n’ai pas affaire à de vulgaires canards.Je pense à de Fuligules Nyroca, dont la présence serait si exceptionnelle que je signale l’observation à la LPO 74 en joignant des photos. Ils me répondent très vite qu’il ne s’agît que de fuligules milouin, rares aussi.

  • les mystères de la nature : la pêche en montagne

Les promenades en Camping-car nous permettent d’être dehors à toutes les heures du jour et d’observer ce que tout le monde ne voit pas. Toute la journée, nous avions observé les pêcheurs au bord du lac du col de Joux ; bien peu faisaient de belles prises, mais du matin au soir, ils avaient jeté et rejeté leur ligne dans l’eau.

Ce n’est qu’après leur départ, à la nuit tombante, que le camion de la pisciculture est venu déverser sa commande de dizaines de belles truites …qui ont fait des heureux le lendemain.

En quittant Morzine, nous faisons étape au bord d’un torrent ; un groupe s’arrête peu après pour picniquer et plus tard sort avec un attirail impressionnant de caisses, d’épuisettes, de matériel indéterminé. Renseignement pris, il s’agit d’une équipe de la fédération de pêche chargée d’un comptage de la population de poissons par pêche électrique.Les poissons sont juste choqués par l’électricité. Ils sont inventoriés, pesés et ensuite relâchés. Au bout du compte il n’y a pas grand monde dans l’eau (sur 400m testés, 2 petites truites qui ne font pas la maille), mais de l’espoir (des alevins qui montrent que des reproducteurs existent).

On comprend que les propriétaires de lacs fassent tous appel à des pisciculture pour peupler un peu les eaux qu’ils offrent aux pêcheurs moyennant finances.

 

  • Brame du cerf en forêt de Tronçais

Nous n’avions jamais entendu le brame du cerf. Nous en avions entendu parler par des passionnés de nature (moitié chasseurs, moitié naturalistes), nous avions remarqué que c’était un « marronier » des journaux de photographie animalière. Mais une nuit de fin septembre (21 septembre) en forêt de Tronçais nous étions au bon endroit.

Le soir nous avons écouté ce son sauvage et long, mi souffle de trachéotomisé, mi basse de teuf ( 110 Hz) , provenant du fond des bois. Il y avait au moins trois cerfs autour de nous, à plus ou moins grande distance de l’étang au bord duquel nous campions.

Le matin, renseignés par un pécheur , nous avons suivi le brame en espérant surprendre le cerf. Un peu inquiets et sans chien (de peur d’être chargé!!!), nous sommes entrés dans le bois en suivant une trace d’engins forestiers. Le son était de plus en plus proche, des biches approchaient du point haut dominant l’étang où nous avions situé l’animal, des odeurs fortes occupaient le sous bois, le zoom était réglé sur priorité ouverture et 800 iso pour capturer l’image en sous-bois….mais cette biche nous a repérés, la harde a été dérangée et le cerf s’est tu. La chance sourit rarement aux observateurs occasionnels et inexpérimentés : certains chasseurs photographiques qui traquent le cerf disent prendre un mois de vacances pour pouvoir passer 12 à 15h en affût (dans un affût installé en août) !

Trois jours plus tard, nous sommes retournés dormir à la même place. C’était un soir de vent et de pluie et nous n’avons entendu aucun brame.

Pas d’image, mais une belle expérience, à vivre bien au chaud en camping-car.

*Sur internet en tapant « brame du cerf », vous trouverez des photos et  des videos de brame, de saillies, de charges du cerf mais aussi des concours d’imitateurs de brame du cerf (étonnant), mais aussi de chasse au cerf ouverte pendant la période de reproduction, mais aussi le business du brame du cerf (20 à 32 € la sortie organisée par l’ONF) . Cette vidéo m’a particulièrement plu; le vidéaste amateur est face au cerf tout proche et pendant 10 mn il tremble en se demandant ce que le cerf va faire.

 

Beaufortain : la montagne préservée.

Notre périple estival nous a fait découvrir les alpes savoyardes en été. En effet, à part quelques souvenirs de vacances de ski où toutes les stations ont tendance à se ressembler, c’est vraiment en été que la montagne nous donne à voir sa vraie nature. C’est débarrassée de son manteau neigeux, qu’elle montre ses plaies, son bétonnage, ses constructions envahissantes, ses pentes remodelées pour les remontées mécaniques. Peu de sites y échappent.

Rien de tel dans le Beaufortain.cormet roselend wGrands espaces en altitude ( ici au Cormet de Roselend ). Les alpages et les sommets restent préservés, à part une station, Arêches, qui reste à dimension humaine, et dont l’extension demeure contenue. Il existait bien un projet d’annexion des pentes de la Pointe de la Grande Journée au domaine skiable d’Arêches , retiré finalement devant les oppositions unanimes .

Alors , quel est le secret du Beaufortain et de ces habitants attachés à préserver leur cadre naturel ? Il faut revenir un peu en arrière, dans la seconde moitié du XXeme siècle lorsque les territoires alpins accédaient à la modernité.

L’élevage traditionnel et notamment l’exploitation des alpages ont alors failli disparaître. De tout temps, les éleveurs des vallées montaient leurs troupeaux dès le mois de juin dans les prairies d’altitude. Les vaches, essentiellement des Tarines (ci-dessous) et quelques Montbéliardes, quittaient ainsi leurs sombres étables de la vallée pour gagner les hauteurs de 1000 à 2600 m.Dans ces pâtures sans fin elles se goinfraient des graminées abondantes (les fétuques, les avoines de montagne, les paturins, les dactyles…) et de mille fleurs qui donnaient une saveur incomparable à leur lait : les scabieuses, potentilles, pissenlits, salsifis des prés, renoncules, violettes, géraniums, trèfle des montagnes (ci-dessous), lupins, sainfoin, luzerne…Les bergers installés dans des chalets sommairement aménagés, transformaient quotidiennement le lait trait manuellement en meules de Beaufort, ce fromage à pâte cuite si typique de ces montagnes.P1030347 Seulement voilà ! On commençait à peiner à trouver des bergers prêts à mener une vie de forçat pendant quatre mois : conduire les troupeaux vers les pâtures, les ramener pour la traite qui durait des heures, mettre en route les fromages, commencer la maturation des meules, entretenir les prés. Et puis les conditions d’hygiène dans ces ateliers fromagers improvisés laissaient largement à désirer, les produits étaient difficilement commercialisables en dehors d’un débouché local.

On ne pouvait pas continuer ainsi. Le débat fut vif à la Coopérative de Beaufort entre les tenants d’une modernisation sans état d’âme (on travaille le fromage dans une laiterie centrale dans la vallée avec du lait pasteurisé – à terme c’est l’abandon des alpages) et ceux qui voulaient mettre la tradition au goût du jour.

Si les alpages furent sauvés, c’est grâce à une coopération fructueuse avec l’INRA, précisément avec Gérard Grosclaude spécialiste de la production laitière.

Désormais les salles de traite mécanisées et mobiles suivent les déplacements des troupeaux. Le lait est récolté deux fois par jour par des véhicules tout terrain qui n’ont pas peur des mauvaises pistes. Le lait est descendu dans la vallée pour donner les fameuses meules à talon concave qui bénéficient depuis 1968 d’une appellation d’origine contrôlée. Les alpages ont échappé ainsi à l’ensauvagement et à l’envahissement par les broussailles et la forêt. Les bergers ne sont plus totalement isolés et circulent en 4X4 sur les pistes accompagnés de leurs indispensables chiens.alpagisteMais revenons à ces années d’après-guerre. L’histoire de l’hydroélectricité en Beaufortain remonte à la fin du 19e siècle, époque à laquelle les alpes se lancent dans l’exploitation de la « houille blanche » (utilisation de l’énergie produite par les chutes d’eau). Ce sont d’abord des petits barrages qui sont aménagés sur des chutes moyennes et permettent de produire de l’hydroélectricité. Dans les vallées, l’électrométallurgie, l’électrochimie se développent et emploient de nombreux salariés, souvent des doubles actifs de l’agriculture.

Mais dans les années 1950 on passe à la vitesse supérieure.roselend-construction-05

En barrant la gorge de Tines avec un immense barrage, EDF prévoit de remplir la cuvette de Roselend, un village d’alpage qui sera finalement englouti et de créer ainsi un des plus grands réservoirs à destination hydroélectrique d’Europe. Une dizaine de torrents sont aménagés ou détournés pour alimenter la réserve. Les conduites forcées amènent ensuite l’eau vers la centrale de La Bathie , 1500 m plus bas, au bord de l’Isère.barrage roselend w

Le dispositif permet de produire 550 MégaWatt (bientôt 600 après une modernisation des groupes) – autant qu’une centrale nucléaire ! Et la puissance maximum est atteinte en 4 minutes ! Cet immense chantier a dominé la vie économique de la région pendant presque 10ans, entraînant également d’autres activités en cascade.

Alors c’est peut-être dans cette histoire récente que réside le secret du Beaufortain. Ce territoire rude, difficile, a su exploiter ses ressources naturelles en adaptant ses productions traditionnelles agricoles, en coopérant à un aménagement hydroélectrique sans équivalent dans les alpes. C’est peut-être ce qui explique la préservation d’une nature belle et généreuse à travers un développement qui a su éviter les impasses du tourisme de masse.

Petit guide de l’amateur de Beaufort

Evidemment,  le meilleur c’est le Beaufort d’été, celui qui profite à plein de la variété de l’alimentation dans les alpages. On en trouve dans les bonnes fromageries et même chez nous au rayon coupe de Leclerc. Rajouter au calendrier le temps de l’affinage: au moins 5 mois pour obtenir l’AOC. Mais un Beaufort de 12 mois c’est encore meilleur !

Bénétan

A près de cinquante ans de distance, Danièle a retrouvé ce hameau de montagne où, enfant, elle passa quelques vacances dans sa famille maternelle.

Bénétan est un hameau de Cevins à 1200m d’altitude en Savoie, adossé au Beaufortin et dominant la Tarentaise.

La petite route n’est pas fameuse, ne laisse pas la place au croisement de deux véhicules et côtoie les précipices trop souvent à mon goût. Arrivés à destination , on goûte le charme et la paix de la situation. Une petite vallée, un replat avant les hauts sommets (le Grand Mont -2687m- , la Pointe de la Grande Journée -2462m), des cascades, un torrent vif – le Dard- et des alpages cernés de sapins noirs.
Les chalets ont été construits par les arrière-grands-parents des actuels propriétaires vers 1870. On y montait les vaches l’été, accompagné souvent par toute la famille qui logeait dans une seule pièce et dormait dans le foin.

C’était aussi une étape avant de gagner à 2000 m les ardoisières. La piste, au début large et carrossable se termine par un vilain sentier dans les déchets glissants d’ardoises. Mais quel paysage lorsqu’on parvient au sommet !
Lorsque les carrières étaient en exploitation, les ouvriers vivaient sur place pendant la courte période d’activité annuelle (mai à septembre compte tenu de l’altitude et de la neige) dans des bâtiments de fortune datant pour beaucoup du XVIIème siècle et tombés en ruine depuis l’abandon de l’activité en 1954.
Les ardoises descendaient jusqu’à Bénétan par un câble de 800m de dénivelé et arrivaient près du torrent pour prendre la route à dos de mulet vers un autre câble qui les apportaient dans la vallée.
Vincent Cattelin (arrière grand père de ma mère) était-il un des dirigeants de ces carrières qui ont connu une histoire et une gestion chaotiques depuis les contes de Cevins au XVIIème siècle ? Emma, sa petite fille « payait-elle les ouvriers avec des pièces d’or » comme le raconte la légende familiale, à l’époque où furent plantés les « planes» ( ci-dessous, érables à feuilles de platanes) en 1902 devant le chalet? Est-ce là qu’elle a connu cet amoureux mort à la grande guerre dont il ne nous reste que la mandoline et dont elle n’a jamais donné le nom même après s’être résolue à épouser Isidore à 27ans en 1921?

Des chalets se sont ajoutés aux premiers (avec ou sans permis de construire) et d’autres ont été rasés ou sont abandonnés. L’eau courante, qu’on allait avant chercher au torrent, y coule désormais (à l’extérieur le plus souvent), des sanitaires et même des salles de bain ont été aménagés, mais il n’y a toujours pas l’électricité.
Les occupants actuels y sont venus enfants avec leurs parents et grands-parents et continuent à revenir avec leurs enfants et petits enfants.

Pas tous, heureusement car ils seraient près de 70 à occuper le chalet de pépé Laurent (ci-contre, grand-père maternel de ma mère) qui fut partagé en quatre entre ses enfants Jeanne, Emma, Léonie et Adrien. La surface était bien réduite pourtant : deux pièces à vivre, une écurie et un fenil partagé en quatre !

Au fil des héritages, des partages, des paiements de soultes, des choix de vie, des décès, des mariages et remariages, ils sont pourtant encore nombreux à faire vivre le hameau en été.
Une vie simple et chaleureuse faite de bricolages pour embellir la maison, d’entretien du petit potager, de courses en montagne, de cueillette des fruits et des champignons des bois, d’apéritifs entre voisins et d’échanges sur la vie des uns et des autres.
Avec Antonio, nous avons partagé ces moments avec la cousine germaine de ma mère), son mari, leurs filles et leurs quatre petits enfants et nous les en remercions.

Du coté de chez Fiat

10 jours autour de Chartres à la recherche du temps perdu.

Marcel Proust commence son roman par ses souvenirs de vacances chez sa tante Léonie à Combray. L’appellation Combray n’existe que dans l’imagination de l’écrivain; c’est en fait à Illers près de Chartres que le petit Marcel découvre les divines madeleines achetées chez le boulanger deux rues plus loin.

Mais la bourgade ne fut pas ingrate vis à vis du grand homme au point de changer le nom de la commune qui devint Illers-Combray. On peut y trouver l’évocation de la topologie proustienne qui polarisera sa vision du monde : au sud du coté de chez Swann , Swann, l’élégant ami de la famille, intellectuel d’origine juive, amoureux des arts, à l’ouest le coté de Guermantes , le duc, riche et  puissant aristocrate, un grand du monde très fermé du faubourg Saint-Germain, la Duchesse à la beauté et à la délicatesse rayonnantes.

C’est à deux pas de Combray, pardon, Illers-Combray que nous sommes tombés en panne de camping-car. La pédale de frein qui se dérobe sous le pied, heureusement sans conséquence, et un frein arrière brulant et fumant une fois à l’arrêt. L’assistance nous envoie rapidement un dépanneur qui va nous amener à la concession Fiat de Chartres, précisément les Ets Saussereau à Luisant

Une fois déposés sur le parking, le chef d’atelier nous informe que la réparation est importante, qu’il y a des délais et qu’il ne pourra démonter pour diagnostic que le lendemain. Nous sommes le mardi 26 juin. Dès ce moment démarre le décompte fatal de nos déconvenues qui ne prendront fin que 10 jours plus tard.

Heureusement l’assistance nous attribue un véhicule de location pour rapatriement à la maison. Sur le chemin, nous faisons une halte bienvenue chez nos amis viticulteurs à Brinay, près de Vierzon. Mais ce ne sera pas la dernière fois  que nous aurons le plaisir de les voir. Car ces dix jours qui s’annoncent seront marqués par une valse permanente entre Le coté de chez Fiat et le coté de Brinay.

A Brinay, le soir, Jean prend un air mystérieux :  » ce soir nous avons une belle lune, je vais vous montrer un coin particulier » Et nous voici partis sur les mauvais chemins dans les sous-bois autour du Tremblay. On contourne une propriété bourgeoise et voici un étang sous la lueur de la lune.

Voilà une belle pièce d’eau dans un cadre charmant mais quoi de plus ? « Regardez la surface, vous ne voyez pas ce tapis végétal rose au clair de lune ?. C’est de la renouée amphibie, elle est en pleine floraison. » Renseignement pris, l’état civil botanique de cette beauté aquatique, c’est Persicaria amphibia. Le lendemain matin, nous voici partis à la redécouverte de ce mirage nocturne. Sous le clair soleil de ce début d’été, l’étang est toujours là et nous livre ses secrets, la forêt sur l’autre rive, le lavoir accolé aux vannes de la digue et cette multitude de grappes rosées qui se dressent au-dessus de l’eau. La vie coule ainsi doucement au Tremblay en attendant le grand branle-bas des moissons qui se font attendre cette année.

Et nous, de retour à la Buchette, commençons à nous inquiéter du devenir de notre fourgon.

Du coté de chez Fiat,

Une concession Fiat , bien équipée pour recevoir les camping-cars sur porteur Ducato , voilà qui rassure. à notre arrivée, le mardi 26.

Mais cette première impression, confirmé par le site de la concession qui montre une équipe SAV toute dévouée à sa clientèle , s’est vite effacée. Le premier diagnostic avec démontage n’est annoncé que pour le jeudi 28.

Mais le jeudi 28, lorsqu’on prend des nouvelles par téléphone, devient vendredi 29. Motif : un malheureux « concours de circonstances »…

Vendredi, le diagnostic confirme l’origine de la panne (grippage d’un cylindre du frein arrière) et la nécessité de refaire les freins arrières, les pièces sont donc mises en commande avant le WE. Mais le montage ne pourra prendre sa place dans le planning de l’atelier que mardi 3 juillet, délai qui est annoncé comme ferme.

Entretemps, nous sommes rentrés à la Buchette, aux alentours de Lyon. Nous organisons donc notre retour à Chartres en louant un véhicule.

Mardi, sur l’autoroute à mi-chemin, téléphone de Fiat : les freins sont montés mais impossible de mettre le circuit hydraulique en pression. Il faut changer le maître-cylindre. Incontournable. Il en va de notre sécurité. Alors, ce sera pour le mercredi 4.

Nous ne sommes pas loin de Brinay, accueillis chez nos amis. Et le mercredi, nous voici de nouveau sur l’autoroute direction Chartres. Vers Lamotte-Beuvron nouveau téléphone de Fiat : c’est pas la bonne pièce !!! Le maître-cylindre est de nouveau en commande et la réparation sera terminée jeudi 5 en fin de matinée. Promis ! Nouveau retour à Brinay, notre base arrière.

Le lendemain, jeudi 5 juillet nous arrivons ponctuellement à 11h 30 à la réception de l’atelier. Le véhicule n’est pas prêt, il reste encore deux heures de travail, ce sera pour la fin de l’après-midi. Le soir , nous reprenons enfin notre cher fourgon avec une facture de réparation bien salée, sans compter les frais de séjour et de location de voiture.

Alors, 10 jours pour refaire des freins, ça se conçoit quand on tombe en panne au fin fond de la Roumanie. Mais en France , dans une concession Fiat, c’est un peu difficile à admettre.

Heureusement, cela nous a donné l’occasion découvrir l’univers d’enfance de Marcel Proust et de prendre un peu de temps avec nos amis , en dehors des périodes intenses des vendanges . Et puis de découvrir des aspects inattendus de la nature autour de Brinay. Il n’y a pas que les grandes cultures et le vignoble: Bref, cette galère de mécanique du coté de Combray, ne fut pas totalement du temps perdu !