Adieu Betty

Vendredi soir, nous sortions chez des amis. En prenant la voiture sur le parking nous avions bien remarqué que notre chatte Betty nous faisait un brin de compagnie. Nous n’aimions pas la voir traîner sur le chemin de la Buchette, car nous savions qu’elle était plutôt insouciante dans ses déplacements. Mais, de toute façons, elle entrait et sortait comme elle voulait en sautant sur le mur, en escaladant le pin ou en exploitant un trou dans la clôture.

 betty-bis.1169888475.jpgAvant minuit, sur le chemin du retour, notre voisin nous téléphona pour nous annoncer qu’elle avait été fauchée par une voiture devant notre portail, morte sur le coup.

Elle n’avait pas un an et déjà de bien nombreuses péripéties dans sa brève existence. betty-pansement.1169888444.jpg

Le fait de s’être sortie de situations difficiles semblait lui avoir donné une absence totale de crainte, une confiance dans sa bonne étoile qui lui avait réussi tant de fois … jusqu’à la dernière.

Elle vivait donc avec 30 g de métal dans la patte, ce qui faisait dire aux enfants que c’était la première chatte bionique de la famille.

C’était une chatte particulièrement familière : elle venait se glisser la nuit dans notre lit ou se caler dans le fauteuil dès qu’on se posait un moment. Quiconque à la maison pouvait la prendre dans les bras et la trimballer sans qu’elle proteste le moins du monde.Il n’était pas rare qu’elle accompagnât dans leurs promenades quotidiennes le chien et les maîtres, toujours à portée de vue, ou en laisse, lors de nos escapades en terrain inconnu, en Camping-car.

betty-michelin.1169888498.jpgElle était, toujours partante pour une nouvelle destination, prête à s’installer dans le fourgon .Et puis, c’était une vraie compagne de jeu pour le chien : même âge, même goût pour les poursuites, pour des parties de cache-cache interminables.

  Mais elle était  aussi extrêmement indépendante, disparaissant souvent la nuit, quelquefois plusieurs jours d’affilée. Le goût du grand air, de l’aventure et aussi du changement (s’installer quelque temps chez la voisine, avant de réapparaître) était plus grand que la recherche du confort.

La vie des chats en terrain libre est souvent brève, particulièrement ceux des mâles souvent en chasse, batailleurs et aventuriers. Les femelles connaissent  en général des parcours  plus tranquilles et plus longs, une fois que la curiosité et l’insouciance de la jeunesse s’éloignent et que les premières portées de chatons arrivent, les transformant en mères respectables.  Il n’a pas été donné à Betty d’avancer vers cette étape plus sereine … et moins dangereuse.  

 Pendant ses six mois à la Buchette, Betty  avait  beaucoup mobilisé  nos soins, notre attention. Elle n’avait pas été une ingrate ; elle avait apporté sa part de joie et de bonne humeur dans la maison. Tout le monde la regrettera.

Toscane, Ombrie : les saveurs d’automne

A la différence de l’année dernière où nous avions des envies d’horizons lointains (Maroc et finalement Portugal),  nous n’avions pas prévu pour cette fin d’année de nous éloigner de la Buchette. Mais lorsque Philippe nous a parlé de son projet de Toscane et plus loin, l’Ombrie, l’idée a fait son chemin.

 Et finalement le fourgon était prêt à partir, avec son équipage ( le chien , le chat et les maîtres ) , le lendemain matin de Noël. nez-a-nez.jpgC’était la première fois que nous allions partir avec un autre camping car. Philippe et Béa avaient amené leur fils Léopold. Ils ont toujours rencontré plus de succès que nous  auprès de leurs enfants pour les escapades motorisées.

 Nous avons rapidement trouvé un modus vivendi (ou plutôt movendi) qui convenait à tout le monde. Chaque matin, nous définissions la cible pour l’étape du soir, libre à chacun d’y parvenir selon son rythme et ses envies. 

 Mais de fait, il n’était pas rare de se retrouver ici en haut d’un col à l’entrée du Mugello, randonnéel’accès nord de la Toscane,  pour une petite randonnée ou là Gubbiodans la petite ville renaissance de Gubbio, adossée à un éperon rocheux impressionnant, dominé par la cathédrale San Ubaldo, havre de paix après une longue ascension entre les cyprès et les oliviers. 

Cette manière d’avancer de conserve est sans doute à l’image de notre compagnonnage à Philippe et moi : les étapes sont plus ou moins longues, les itinéraires divergent parfois, les distances souvent s’allongent mais le lien s’est toujours  maintenu depuis le moment où, il y a trente ans, nous nous sommes retrouvés journalistes militants dans le même journal quotidien. Quatre ans plus tard, c’est aux fourneaux que nous partagions l’aventure du Café de la Plage, un restaurant–librairie orienté vers la bande dessinée. Malgré son parcours ultérieur au profit d’une autre passion : la radio,  Philippe est resté une fine gueule et un cuisinier inventif et curieux.  

Et, de fait, la fin de l’automne en Toscane est une période intéressante pour un parcours gourmand : c’est en décembre que l’on trouve à la vente l’huile d’olive nouvelle de l’année. recolte-olives.jpgEn effet, le gel précoce sur les collines de Toscane amène les producteurs à récolter plus tôt que dans les régions plus méridionales : selon les connaisseurs, il en résulte une huile plus « verte », un peu trouble, légèrement âpre et moins acide que celle provenant de récoltes plus tardives. 

 C’est aussi la période où les marchés forains sont particulièrement riches aux approches des fêtes : les parmesans frais découpés après un ou deux ans de mûrissement, la Mozarella di buffala flottant dans de grands seaux de petit lait, la charcuterie du nord de l’Italie avec son speck ( un jambon crû fin tranché), sa Bresaola ( sorte de viande des Grisons, en  plus moelleuse).  Et puis de magnifiques oranges de Sicile qui arrivent juste à maturité. Et une multitude de légumes verts : salades mélangées, cerfeuil, bettes, épinards et  rapa, une rave dont on consomme les feuilles.

La Toscane est aussi un grand fournisseur de champignons : les cèpes,  les bolets, les girolles à tous les étals et puis un des meilleurs terroirs pour la truffe : il tartuffo , tartufosurtout la blanche – Tuber magnatum Pico qu’on ne trouve qu’ici, vendue dans les villages. Cela nous a incité à quelques expérimentations culinaires. La truffe fraîche n’a rien à voir avec ce qu’on trouve en conserve, à condition de maîtriser suffisamment les préparations. Le parfum puissant a vite empli le petit volume du fourgon. 

Nous avons laissé à l’Ouest les riantes collines de Florence pour aborder l’Ombrie à la végétation plus dense et plus austère. Précisément la haute vallée du Tibre qui alimente le fleuve jusqu’à la capitale. Sur son parcours,  de vieilles villes dans leurs remparts ( città di Castello, San Sepulcro …) et évidemment Perugia, la capitale de la région et le siège de l’université pour les étrangers qui viennent du monde entier pour apprendre la langue et la culture italienne.  Le centre historique se trouve perché sur un promontoire perugia1.jpgqui domine la vallée et les faubourgs qui s’étagent le long des pentes. La circulation automobile, quasiment impossible, a amené la ville à développer des modes alternatifs de déplacement. On marche beaucoup à pied et lorsque la pente est forte, on trouve des ascenseurs ou des escaliers mécaniques.

 rocca-paolina-perugia.jpgParticulièrement dans la Rocca Paolina, cette forteresse ancrée dans le rocher et qui accueille dans ses couloirs, ses rues souterraines, ses escaliers une foule de piétons en marche. Au-dessus, l’air de rien,  une esplanade, des jardins et la préfecture.

Perugia est une halte apprécié de nos amis Camping-caristes (on dit simplement Camper)  italiens, camper-perugia.jpgprincipalement le parking Bove (on prononce Bové , même si José n’est pas très connu là-bas) qui se trouve plein ce jour-là. De toute façon, les Campers sont nombreux sur les routes italiennes, et en toute saison. Dans la moindre bourgade, on trouve des haltes bien équipées de toutes les commodités.   Cette ville est vraiment intéressante, il faudrait au moins trois jours pour épuiser notre curiosité dans le dédale de ses ruelles et de ses monuments.

Hélas, il faut se rapprocher de notre retour. Un crochet par Corciano, village historique à 10 presepi-2-corciano.jpgkm à l’ouest, commune jumelée avec Civrieux d’Azergues où j’ai longtemps vécu et où les enfants ont leur deuxième maison. Les affiches signalaient dans toute la région la crèche et les santons (i presepi) installés partout dans le village, dans une étable, dans des cours, un atelier, sur la place pour représenter la vie des villageois et des différents métiers dans le temps jadis.   

Nous finissons la journée au bord du Lac Trasimène, le plus grand lac de l’Italie centrale, à Tuoro, sur le site de la terrible bataille où Hannibal défit les légions de Flaminius. tuoro-trasimene.jpg16000 soldats y trouvèrent la mort. On dit que les eaux du lac en furent rougies pendant plusieurs jours. Sur la rive, sont dressées, depuis quelques années, des colonnes, œuvres de divers artistes, taillées dans cette pierre sombre et dure qu’on trouve dans la région.  Le matin du 31 nous reprenons la route jusqu’à Modène. Modène c’est le berceau de Ferrari et la capitale du vinaigre balsamique. modene.jpgIl ne faut cependant pas oublier que  le centre historique est classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

 C’est là que nous passerons le réveillon, dans le fourgon de Philippe et Béa avec foie gras, gnocchi au saumon et prosecco à volonté. Mais bien avant minuit les habitants des environs convergent vers le centre. Nous sommes entourés de familles, de bandes de jeunes munis des feux d’artifices les plus sophistiqués – et les plus bruyants. Moins courageux que nos compagnons de route, nous irons finir la nuit sur un parking un peu à l’écart.

Avant de reprendre le tunnel du Fréjus, nous voyons la neige fraîche sur les pentes des contreforts alpins. Ça y est, l’hiver regagne un peu de terrain.  

Tanger ou Faro ? La traversée manquée


Le port de seteNous sommes arrivés le 18 décembre 2005 à la gare maritime de Sète. Il faisait beau autour des quais mais du coté des compagnies maritimes, c’était le brouillard. biladi.jpg

Le « Biladi », le ferry qui devait nous amener à Tanger était tombé en panne en pleine mer au Large de Cadix et avait dû être remorqué. Le temps d’immobilisation du Biladi, renvoyé en réparation, ne pouvait pas être évalué avec une quelconque précision.

Nous nous sommes retrouvés dans la foule bariolée des candidats au passage vers le Sud : Marocains en visite dans leur famille (début janvier c’est la fête du mouton), baroudeurs en 4×4, retraités projetant 3 mois de soleil en Camping-car et d’autres camping-caristes disposant de peu de temps comme nous. Notre voisin, 91 ans et son épouse qui vont à Agadir depuis 30 ans, s’inquiétaient de la fatigue occasionnée par le détour proposé par Algesiras après la traversée de l’Espagne.

Décidément ce projet de vacances au Maroc était mal parti. Trois jours avant notre départ de Lyon Je n’avais toujours pas reçu mon passeport : une histoire de prénom qui avait tout retardé . Ma mère m’avait toujours dit que je m’appelais Norbert Amédée Pierre. Je n’appréciais pas particulièrement cette kyrielle de prénoms (Amédée c’est pour ton parrain – un prénom masculin avec un e final ! – il était prêtre ; Pierre c’est pour ta marraine- un prénom masculin pour une marraine ! – en fait elle s’appelait Pierrette). Mais, respectueux de la volonté parentale et des règles de l’état civil ce sont bien ces trois prénoms que je reportais consciencieusement chaque fois sur les papiers officiels. Je ne comprenais pas pourquoi à chaque fois, ils me faisaient des difficultés; il fallait demander des documents complémentaires à la mairie du lieu de naissance. C’est comme cela que j’ai finalement eu entre les mains mon extrait de naissance : en fait mon père m’avait déclaré à l’époque comme Norbert Amédé ( sans –e et sans Pierre). Quel méli-mélo ! Mais il a fallu que Danièle me fasse remarquer que cette affaire nous ramenait précisément à Sète, lieu de ma naissance, d’où nous devions embarquer pour Tanger


Le port d'Avall à CollioureN’ayant que trois semaines de congé, nous avons préféré laisser tomber Algésiras et son ferry pour Tanger ou Ceuta , nous faire rembourser et partir vers le Portugal, via Collioure – qui prend des airs de Essaouira sur la photo ci-contre, la catalogne, l’Aragon et la Castille.

Pourquoi le Portugal ? Mystère ! Quelques appréciations chaleureuses entrevues sur un Forum de Camping Caristes, Fernando Pessoa et puis l’idée de parvenir au bout le plus occidental de l’Europe sans pouvoir faire avancer plus loin notre monture, face à l’atlantique, comme cette légende qui nous avait marqués dans nos lectures marocaines. Oqba Ibn Nafii achève en 681 la conquête du Maroc en arrivant à l’embouchure de l’oued Massa au bord de l’atlantique. Poussant son cheval dans les flots, il prend Dieu à témoin qu’il ne peut aller plus loin, plus à l’ouest.…

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés un soir au Cap Saint-Vincent, cabo-san-vicente.jpgsous un vent et une petite pluie qui pouvait nous rappeler la pointe du Raz , le promontoire breton, moins occidental cependant que ce bout de l’Algarve s’avançant dans l’atlantique des grands découvreurs portugais.

La pluie nous a rattrapé encore le jour de Noël sur la Ponta dela ponta-dela-piedade.jpgPiedade , ultime station du chemin de croix de Lagos, en haut d’une falaise ocrée et découpée caractéristique de cette cote de l’Algarve. Mais le lendemain le grand bleu était là , il ne nous a pas quitté jusqu’à la Catalogne sur le chemin du retour.

C’est à ce moment que nous nous sommes aperçusdakar portimao

– les affiches ,partout , les banderolles – que nous étions à quelques Kilomètres de Portimao, deuxième étape du Dakar, ce que nous ignorions totalement . Cela a rappelé à Danièle son attrait pour cette course, la traversée du Maroc et de la Mauritanie…ce qui était peut-être la vraie raison de ce voyage au Maroc.

Mais comment ne pas être frappés de la coïncidence ? Cette année, exceptionnellement, le Paris-Dakar partait de Lisbonne et avait donc renoncé à prendre,comme habituellement, le Ferry pour Tanger dans sa longue traversée. Ce qui nous ramène de nouveau …à Séte ! Lagos L’Algarve est magnifique : elle offre à la fois les falaises hautes, ocrées, déchiquetées et à la fois les longues plages interminables de sable doré, comme la Praia do porto de Mos à Lagos ci-dessus. Pas étonnant que les résidences touristiques y pullulent, attirant principalement les britanniques, les allemands et les hollandais. Mais pendant l’hiver un heureux équilibre s’établit entre les quelques retraités nordiques qui fuient les frimas de leur pays et la population locale qui s’affaire à toute sorte d’activités : la pêche, beaucoup, le bâtiment énormément, l’agriculture, fort peu (à part quelques vergers d’orangers) et tous les services qui font vivre des villes parfois importantes – que nous avons choisi d’éviter pour la plupart. Nous trouvions refuge plutôt auprès des ports de pêche sur une jetée à Quarteira ou plus simplement derrière la plage à Armaçao où les Armaçaobarques sont mises à l’eau deux fois par jour non plus par des paires de bœufs comme jadis mais par de fringants tracteurs moins silencieux.

C’est ainsi que nous avons fini l’année 2005. Précisément sur la plage de FARO. Un long cordon dunaire se refermant sur la lagune – la Ria Formosa – parsemée de cabanons hétéroclites alternant les bidonvilles et les coquettes villas installées sans doute sans aucun titre de propriété. C’est là que nous avions projeté un réveillon tranquille au bord de la mer. Des soles acheté sur le marché de Quarteira la veille , du foie gras ramené de France, un petit vinho verde, sans oublier le champagne pour finir. Le ravitaillement était prévu.ria formosa Nous avions cependant négligé, par ignorance, une ressource qui était à portée de mains, avec un peu de connaissance et de savoir-faire. Nous avions été surpris du nombre d’autochtones qui arpentaient la lagune à marée basse revenant chargés de mystérieux sacs. Vu de plus prés, le butin se constituait de coques, d’huîtres et de moules sauvages, ramassées la plupart du temps par des pécheurs amateurs et destinées aux tables familiales du réveillon.

Plutôt couche-tôt, nous n’avions pas attendu minuit – heure française – pour ouvrir le champagne et sortir renifler les embruns sous un ciel étoilé, un peu seuls au monde. Mais cela n’a pas duré. Les douze coups du minuit portugais ( une heure plus tard) ont donné le départ à une étrange fantasia. Une bonne part des citadins de FARO s’étaient donnés rendez-vous sur la petite route qui parcourt la dune d’Est en Ouest. Et voilà nos automobilistes klaxonnant, pétaradant, allant et venant comme à la sortie d’un match vainqueur du FC Porto. Nous n’avons pas eu le culot de participer à la liesse avec notre encombrant fourgon, et avons finalement battu en retraite, garés devant un camping. Le lendemain nous a ramené vers le Nord : la Sierra Arabida, Sesimbrasessimbra

et les rives du Tage au voisinage de Lisbonne, laissant la visite de la capitale pour une autre fois et entamant ainsi notre périple de retour.

Le Vendredi 6 janvier s’approchant de Lyon, nous avons failli, à quelques heures prés, attendre le chasse-neige pour ouvrir la route …Cela nous changeait des amandiers de l’Algarve qui commençaient juste leur floraison .

Pourquoi voyageons-nous ? Pour échapper à nous-même ou pour nous retrouver ? Lequel des deux est le plus important du voyage intérieur ou du voyage extérieur ? Tracer la route ou suivre la voie ?

Visiteurs d’hiver

Malgré la douceur de ce mois de décembre qui leur permet de trouver encore de la nourriture dans les champs et les bosquets, les oiseaux ont repéré la mangeoire garnie en abondance de graines de tournesol. Tous ne sont pas au rendez-vous. Les tarins des aulnes, les verdiers, les pinsons, les gros-becs ne se rabattront vers les habitations que lorsque le froid et la neige les y contraindront.

ChardonneretsMais les chardonnerets sont nombreux à avoir pris place, facilement repérables à leurs couleurs vives, particulèrement à leur masque rouge sang, toujours prêts à défendre leur position par rapport aux intrus .    

  Les mésanges charbonnières sont cependant Mesange charbonniereles plus nombreuses et les plus assidues, même si elles sont plus craintives, évitant de s’attarder plus d’une seconde à la mangeoire. Plutôt grégaires, elles constituent des groupes importants. Leurs allers et retours dessinent ainsi un ballet incessant entre leur base arrière située dans le cognassier proche et la réserve de graines. Des mouvements qui attirent l’attention de la chatte Betty qui se révèle une chasseuse redoutable. Pour les chats, ce spectacle, c’est mieux que la télé, pas moyen de s’en lasser, même si on ne consomme pas à chaque fois .

Rouge-gorgeLes rouge-gorges sont des habitués du jardin , en toute saison.

Ils préfèrent picorer par terre, comme de la volaille. Toujours assez familliers, ils sont les derniers à s’envoler devant le danger, lorsque la présence humaine se rapproche.

   

Et pour changer de format, les élégantes tourterelles ne dédaignent pas les ressources des abords des habitations. Venues de Turquie, ça fait belle lurette qu’elles ont rejoint l’Union Européenne, elles ! Tourterelle de turquie

Téléthon: un mauvais coup des évêques.

Chaque année , c’est pareil. A la télé, à la radio, au supermarché, à la pharmacie, partout, le Téléthon. Difficile d’y échapper. Pour moi, c’est tout vu . Ce n’est pas par des spectacles de charité, habilement orchestrés par les médias, qu’on finance la recherche médicale.

Téléthon 2006Mais cette année ; c’est pas pareil. Des évêques ont appelé au boycott de l’opération.

Chacun peut avoir sa philosophie particulière par rapport aux limites et au respect de la vie humaine. Mais la recherche médicale ne peut prendre en compte toutes les options philosophiques présentes dans la société. Elle se développe avec des règles qui l’encadrent et des lois qui autorisent telle ou telle orientation.

Alors de là à mener campagne à quelques jours de l’opération pour mieux la torpiller, c’est bien un mauvais coup qu’ont orchestré nos évêques. Ca a un petit goût de valeurs morales, version Georges Bush sur les cellules souches. telethon argent sale

Alors réagissons.

 Et  finalement quoi de mieux que d’assurer un succès à ce Téléthon. Alors, à toutes fins utiles, voici l’adresse où sont reçus les dons en ligne :

 http://www.telethon.fr/

A vos cartes bleues !

Social: vers des syndicats vraiment représentatifs?

Le Conseil économique et social se prononce Mardi 28 novembre sur un projet d’avis sur le Dialogue social. On se rappelle que le gouvernement De Le palais d\\'Iena , siège du Conseil économique et socialVillepin avait proposé quelques mesures (bien limitées hélas et relevant souvent de simples bonnes résolutions) pour redonner vitalité au dialogue social. Chirac lui-même avait prononcé un discours remarqué sur le sujet.

L’idée était de ne pas introduire une quelconque réforme sans donner la place à une vraie négociation entre les partenaires sociaux. Assez étrange de la part d’un gouvernement qui était résolu à faire passer en force le CPE sans aucune concertation. Les manifs contre le CPE

La plupart des observateurs avertis de la vie sociale dans notre pays avait souligné une absence de taille : la légitimité des accords et la légitimité des acteurs signataires. On sait hélas qu’en France,( voir étude comparative internationale de la représentativité de l’IRES ) n’importe quel syndicat, même minoritaire peut signer avec ses interlocuteurs patronaux un accord qui s’applique à tous les salariés. La nécessité d’un accord majoritaire a été introduit dans la loi mais il reste optionnel à la disposition des partenaires sociaux dans les branches. Les services publics ont des règles particulières et sont pour l’instant à l’écart de ces débats, à l’exception de l’ANPE où un accord sur le dialogue social fixe des règles de majorité.

CGTDans le Privé , aucune branche n’a franchi ce pas, car les petits syndicats ne veulent pas se voir marginalisés au profit d’une coalition des grands syndicats. Cette réforme ne peut venir d’un consensus entre les syndicats, il y faut l’intervention de la représentation nationale pour changer les règles.

gwen.jpg

Le corollaire de l’accord majoritaire, c’est une représentativité des syndicats basée sur les résultats électoraux. Plusieurs systèmes sont envisageables pour mesurer l’impact électoral des syndicats. Là aussi, c’est à la loi de définir quel système sera retenu.

Un autre corollaire, c’est l’ouverture de la compétition électorale entre syndicats à tous les syndicats dès le moment où ils satisfont à quelques conditions fondamentales. Actuellement, seules les organisation affiliées aux cinq grandes confédérations ( CGT, CFDT, Force Ouvrière, CFTC, CGC-CFE) peuvent se présenter partout aux élections sans avoir à faire la preuve préalable de leur représentativité.

Ces réformes sont indispensables pour redonner une légitimité à des syndicats qui sont moribonds dans le jeu actuel. Elles sont difficiles, car à chaque fois elles peuvent faire des mécontents parmi les acteurs du social.

L’avis du Conseil Economique et Social est important car c’est la première occasion où les partenaires sociaux se saisissent de cette question fondamentale.

Y aura-t-il unanimité dans leurs rangs ? Quelle suite sera donnée par un gouvernement à 5 mois des élections. Les candidats à la présidentielles sauront-ils s’en saisir ? Affaire à suivre.

Chronique de la Buchette: les feuilles d’Automne

Les feuilles d’automne emportées par le vent, frissonnent, frissonnent…

érable doréses

Ces quelques jours de la fin d’automne nous donnent à voir des feuillages aux tons exceptionnels, tel ce jeune érable, au détour d’un chemin.

Les feuilles des cerisiers du jardin sont déjà par terre, tel un tapis les feuilles des cerisierscoloré installé sur l’herbe.

Mais dans quelques jours cet ornement, deviendra une couche brune qui colle aux pieds et qui asphyxie le gazon . Comment s’en débarasser ?

Tout d’abord, le vent s’en charge habituellement tout seul. Lorsque ce n’est pas suffisant, il nous suffit de passer la tondeuse qui broie en même temps les brins d’herbe et les feuilles mortes. Certaines années, peu ventées, il nous arrive de prendre le balai et le rateau, direction le compost.

les feux dans les jardins Il n’est pas rare alors de voir un panache de fumée s’élever au-dessus des haies. Notamment, M. L. qui a pour habitude de brûler emballages, palettes et autres déchets professonnels de son entreprise de carrelage, bravant ainsi l’arrété municipal qui proscrit tout feu dans les jardins.

Quant aux services municipaux ( ou plutot l’entreprise d’espaces verts sous-traitante) il ont définitivement basculé dans la modernité avec l’aspirateur, soufleur, broyeur de feuilles.

ramasse feuilles

Fini le balai, la brouette, les bavardages des cantonniers. Maintenant c’est le moteur vrombissant dans le dos et le casque sur les oreilles qu’ils combattent la marée volante des feuilles d’automne. Ils sont sans doute, légérement plus rapides, plus efficaces ainsi mais cela ne compense pas cette pollution sonore et ces quelques centaines de grammes de Co2 qui vont réchauffer notre atmosphère.

Il paraît que c’est une façon de revaloriser l’ingrat métier de balayeur. Dès qu’on manie une machine, on pense bénéficier de plus de considération…

Chronique de la Buchette: le bitume et les pâtures

Des infos, des commentaires, des analyses sur les phénomènes urbains, ça ne manque pas : le malaise des banlieues, le rayonnement culturel du centre ville, les nouveaux quartiers chics de l’agglomération. Mais qui se soucie des lotissement péri-urbains, de cette « banlieue molle » des périphéries plus ou moins opulentes ? Le Clairon vous donne l’occasion d’être en prise directe avec ce phénomène peu traité par les médias, à travers une publication régulière sous l’en-tête « Chroniques de la Buchette ».

La Buchette, il y a trente ans c’était la pleine campagne à proximité de l’agglomération lyonnaise (12 Km du centre ville). Les habitants des environs venaient y chasser, car les lapins et autres lièvres grouillaient entre les vergers et les cultures. Mais le mouvement d’urbanisation n’était pas loin et il s’est imposé à un rythme continu depuis. Le paysage en est profondément modifié.

 

Il n’est pas de mois où on découvre dans telle parcelle, dans tel chemin creux un nouveau permis de construire et une extension de voirie.Des nouvelles constructions

Le foncier devenant de plus en plus cher, on construit des maisons de plus en plus vastes sur des terrains de plus en plus petits.

Les ronds-points surélevés, les réseaux d’égout, les trottoirs tirés au cordeau, les lampadaires flambant neuf mais au design rétro, les bacs à fleurs : les élus s’en donnent à cœur joie pour donner un aspect civilisé (selon leur conception) et finalement prétentieux à ce qui était une simple mais agréable bourgade rurale.

Parallèlement l’activité agricole qui n’a pas encore disparu change de nature :

bovins à l\\\'embouche

autrefois fondée sur un triptyque céréales, élevage et arboriculture fruitière, elle se réduit de plus en plus aux prairies plus ou moins délaissées où paissent quelques chevaux et autres bovins à l’embouche.On pose les clôtures pour y laisser des troupeaux à l’année, hiver comme été, avec une surveillance minimum. On se croirait dans les vertes collines du Charolais.

On arrache les vergers, on sème le ray-grass qui restera à demeure, pour créer de nouveaux pâturages. Les verger de poiriers en voie de régression

Explication : les agriculteurs vieillissant préfèrent attendre la valorisation de leur foncier en vendant progressivement leurs terres à des promoteurs plutôt que d’exploiter leur ferme pour un modeste revenu qui n’a rien à voir avec les plus-values espérées sur les terrains. C’est donc une agriculture d’attente qui, heureusement, préserve le paysage mais signe aussi la fin progressive de la paysannerie autour de l’agglomération.

 

Pour résumer : la Buchette c’est, à la différence de Marly-Gomont, à la fois le Bitume et les pâtures.

Retour vers la Dordogne

Suivre la Dordogne de sa source, le Puy Sancy, jusqu’à la Gironde, puis l’océan, telle était notre projet – contrarié par des aléas matériels- en juillet dernier.Un retour sur les lieux s’imposait. Cette semaine de Toussaint, que la Météo annonçait magnifique, était donc toute désignée pour reprendre le fil de l’histoire … et du courant.

Au sortir des grands barrages de l’amont ( Bort les Orgues, Marèges, l’Aigle, Chastang) la Dordogne arrive apaisée vers Argentat, départ de sa partie navigable, lorsque les gabares assuraient jusqu’au siècle dernier le débouché vers l’Aquitaine et l’océan.

Collonges la rouge

Le département de la Corrèze, connu pour la verdure du plateau de Mille Vaches et de ses sombres forêts prend alors des allures méridionales, rehaussées du rouge profond des grès lorsqu’on s’approche de Collonges la Rouge.

Ce village historique attire de nombreux touristes dans la journée. Nous préférons attendre le petit matin pour visiter ses ruelles alors désertes, ses placettes et son église. Le soleil levant peine à dissiper les brouillards de la nuit qui donnent une atmosphère irréelle à cette architecture sortie tout droit de la Renaissance.

Beaulieu baigneur

Nous regagnons ensuite la Dordogne à Beaulieu abbaye du XIIème siècle rattachée à Cluny, et dont l’imposante chapelle des Pénitents se reflète sur le plan d’eau de la Dordogne. Nous y avons même trouvé un baigneur de l’arrière saison. Le courageux nous explique que la Dordogne n’est pas plus chaude en été : 15 ° maintenus par les énormes réservoirs d’eau que constituent les barrages. Les déversoirs situés au pied des ouvrages ne laissent passer que l’eau profonde qui ne se réchauffe jamais. Cet amoureux du pays nous conseille de descendre un peu plus loin vers la Dordogne Quercynoise.

Le Quercy c’est un grand plateau calcaire avec ses falaises, ses gouffres, ses résurgences, ses reculées, ses cirques.

AutoireLe village d’Autoire, dans sa vallée encaissée (une reculée), marque l’accès à un cirque étroit qui se termine par une cascade chutant du haut des falaises. Les petits manoirs, les tourelles gracieuses, la pierre lumineuse nous rappelle ces beaux villages du Périgord que nous avions découverts en juillet dernier.

Nous ne nous sommes pas attardés à Rocamadour, célèbre village accroché à sa falaise, préférant musarder dans la vallée de l’Ouysse, petit affluent de la Dordogne qui présente la particularité de n’être alimenté , le long de son bref parcours ( 13 Km), que par des rivières souterraines surgies de gouffres.

cuvette vauclusienneAinsi, à deux pas de la rive, cette modeste cuvette masque l’accès à un parcours de 2 Km sous terre, selon les informations de deux plongeurs croisés sur le chemin, qui viennent renouveler l’expérience. Cette alimentation souterraine a pour conséquence le débit régulier toute l’année quelle que soit la saison.

Moulin cougnaguetC’est ce qui explique la présence de nombreux moulins sur les rives de l’Ouysse. Notamment celui de Cougnaguet, moulin fortifié du XIV ème siècle, amoureusement entretenu en état de marche par son propriétaire qui le fait visiter à de nombreux curieux. C’est au petit matin que nous quittons les lieux, avant que le soleil ait dissipé les brumes qui flottent sur la surface de la retenue.

Nous allons quitter pour un temps les rives de la Dordogne pour faire un détour dans l’espace et dans le temps. Début des années 1970, les acteurs de mai 68 s’intéressent à la campagne profonde et les échos de la contestation parviennent ainsi dans le hameau de Moncalou. Pierre, l’instituteur est sensible à cette remise en cause. Sa maison accueille alors nombre de mes amis d’alors, dans un joyeux mélange d’idées et d’idylles. Certains ont fait souche dans le Périgord. D’autres, comme moi, n’ont fait que passer.

Le hameau de MoncalouEn 2006 Moncalou est toujours là. Le hameau a évité la désertification qui le guettait. Et pas seulement au profit des résidences secondaires.

Françoise Laval s’est installée comme exploitante agricole. Son mari est de la région et exerce comme conseiller agricole. Quelques hectares de pruniers, de noyers, de fruits rouges et … de safran. Ils sont une poignée d’agriculteurs à renouer ainsi avec cette ancienne culture du safran dans le Quercy .

La maison de PierreLa maison de Pierre, décédé trois ans plus tôt, est maintenant habitée par son fils. Pierre laisse un souvenir vivace auprès de ses voisins, comme instituteur, mais aussi comme militant associatif qui a contribué au développement – notamment agricole- de sa région.

Retour vers la Dordogne : de Groléjac à Sarlat l’ancienne voie de chemin de fer s’est reconvertie en piste cyclable, mieux en véloroute ( le cycliste ne rencontre jamais un autre moyen de transport pendant 12 Km). On peut aussi partir en direction de Souillac, jusqu’à Gazoulès mais le remblai du train s’arrête à Carlux.

en Vélo sur les voies vertes de la dordogne

Facilité pour les petits cyclistes que nous sommes, et bel effort pour le chien qui nous accompagne sur ses quatre pattes. En voilà un qui dormira bien ce soir.

Et un coup de chapeau pour le syndicat intercommunal qui aménage patiemment ces véloroutes. Et quand on voit les vestiges de voies ferrées qui parcourent la région, on se prend à rêver de grands circuits sur plusieurs jours sans voitures ni camions (pour en savoir plus : la France des voies vertes ) .

Le long du canal

« Le calme du canal de Bourgogne,

Canal_arbre

la placidité des troupeaux,

Charolaises

C’est exactement ce qu’il me faut. » me dit Danièle sur le chemin en se rapprochant de Saint-V.

Il faut dire que ce canal de Bourgogne a tout pour inspirer la sérénité :

Le pêcheur, concentré sur le bouchon,

Canal_pecheur

La demeure sous les arbres ( on peut y croiser, parait-il, son propriétaire, Lambert Wilson)

Canal_maison

Le trafic quasi-inexistant en cette période de l’année

Peniche

zéro marchandises,un peu de plaisance aux beaux jours : Voici un cadre totalement zen !