Galères internet

Le Clairon est bien silencieux depuis plus d’un mois. Et pourtant, plus d’une fois je me suis mis au clavier, des idées et des images plein la tête. .. Mais au bout de quelques minutes, patatras ! DECONNEXION !

Je relance la live box , les LED se rallument , le réseau est de nouveau là . L’espoir revient et me relance dans ma saisie. Pas pour longtemps… hélas !

C’est ce qu’on appelle une panne intermittente, le cauchemar de tous les dépanneurs.

logo-orange.1210869142.jpgIl faut bien se résoudre à appeler la Hot Line d’Orange. Mais sur quel téléphone ? Je n’ai plus d’abonnement France Télécom et mon téléphone internet est en carafe comme le reste (avec la télé d’ailleurs, heureusement je ne regarde jamais la télé).

Bref, ce sera sur mon portable. Le temps d’attente n’est pas décompté … si on appelle sur la ligne fixe de l’opérateur. Autant dire que mon forfait de 2 heures sera au bout du compte pulvérisé.

Les opérateurs de la Hot Line sont toujours très polis. Après l’exposition du problème (le caractère « intermittent » de la panne le laisse de marbre), mon premier interlocuteur me fait procéder à un reset de la live box. On reparamètre ensuite la connexion et … tout remarche.

Soulagement et gratitude.

Mais la sournoise panne intermittente n’a pas dit son dernier mot. Au bout de quelques heures de tentatives désespérées, je me retrouve de nouveau en contact avec la Hot Line pour finalement répéter la même procédure. A chaque fois, je signale -sans écho chez mon interlocuteur- une panne antérieure, avant l’ADSL ( la préhistoire en quelque sorte), sur mon téléphone filaire qui avait amené le technicien à incriminer une rupture partielle du câble souterrain.

Ce n’est qu’à mon troisième appel (au bout de 2 h de communications inutiles) que l’opérateur se résout enfin à solliciter les « experts ligne ». Dès lors l’espoir renaît, en attendant le coup de fil de ces maestros des courants faibles qui sont capables, par des pouvoirs inconnus de moi, de diagnostiquer à distance l’état d’une ligne. Magique !

L’expertise renforce le soupçon sur la ligne. Dès lors c’est à un technicien en chair et en os que j’ai affaire la semaine d’après. Son diagnostic est clair : le câble souterrain est endommagé ! Comment faire ?

« Dans le temps (du temps du monopole public) France Télécom se chargeait de tout. Maintenant on n’intervient que sur le domaine public, de l’armoire de branchement jusqu’à votre porte. Il faut que vous retrouviez le passage de la ligne sur votre propriété, en creusant un peu partout et jusqu’à un mètre de profondeur. Et encore, vous avez de la chance la semaine dernière, j’étais chez un particulier qui avait 80 mètres à explorer. » panneau-travaux.1210869399.jpg

Le technicien dans un élan charitable me promet en partant de m’indiquer les coordonnées d’un gars qui me prendrait pas trop cher –au noir, parait-il-

Dès son départ, le découragement me submerge. Je ne me vois pas, jouant les terrassiers du dimanche, retourner de fond en comble les dix mètres de cour qui séparent le portail de la porte d’entrée. Prenons le temps de la réflexion.

Après tout, il n’y a pas que Orange sur terre : Free, Cegetel et autres opérateurs alternatifs. Renseignement pris, ils sont tous obligés de passer par France Télécom lorsqu’il y a un problème sur la ligne. Retour à la case départ.

logo_numericable.1210869497.gifEt Numéricable ? Il y a justement une borne de branchement sur la rue devant la maison. Le lendemain, je suis dans leur boutique de Vaise : 29€90 pour une connexion de 30 Méga, téléphone et télévision, Bingo ! Le technicien sera chez moi le mercredi suivant.

Mercredi, à l’heure dite, le technicien commence à repérer les lieux pour l’installation. Arrivé à l’ouverture de la borne, le verdict tombe : « la borne n’est pas en service, le câble n’est pas branché. Pour installer un point de branchement, Numéricable doit faire appel à un autre intervenant (ils sont tous sous-traitants) chargé de la maintenance réseau. Je leur fais passer un rapport »

Les jours passent, sans nouvelles (et toujours sans connexion fiable). Je tente la Hot Line : «Vous êtes en attente d’une étude de connexion. Vous serez contacté par nos services».

J’essaye la boutique de Vaise : « fermeture exceptionnelle jusqu’à midi ». J’y repasse le lendemain à l’ouverture : une file d’attente devant une grille fermée. « L’ouverture est reportée d’une heure ». Je vais prendre un café, lis le journal. Ca y est, la boutique est ouverte.anpe_queue.1210869699.jpg

A l’intérieur, six guichets mais seulement deux malheureuses opératrices se démènent face à une queue compacte et bougonnant. On se croirait à l’ANPE un jour de grève.

Je comprends alors mieux la réputation exécrable du service client de Numericable qui avait été placé l’année dernière sous la surveillance de la Répression des Fraudes. Et je m’interroge sur l’optimisme de l’UFC-Que choisir : « Après une période noire, Numéricable a amélioré sa qualité de service. Mais tout n’est pas résolu »

Finalement, la semaine d’après, une opératrice compréhensive a pris bonne note de mon impatience légitime, s’engageant à faire le nécessaire auprès du sous-traitant … et j’attends toujours.

Mais, heureusement, les beaux jours sont arrivés. Quel rapport avec Internet, me direz-vous ?

Eh bien ! Là-bas, sous la terre, le fameux câble endommagé craint l’humidité. La présence d’eau multiplie les court-circuits. Si bien que, lorsque le temps est plus sec, ma connexion est presque normale. En attendant que les fournisseurs d’accès internet me trouvent une solution moins aléatoire….

service-clientele.1212302472.jpg Et pour rire – jaune- de nos mésaventures avec les services clients, un livre désespérant mais salutaire:

 » Des caisses d’hypermarchés aux péages autoroutiers, des halls d’aéroports aux guichets d’ex-services-publics-privatisés, il fallait continuellement attendre son tour pour se renseigner, attendre son tour pour payer, attendre son tour pour retirer la marchandise, embarquer très en retard sur des vols surchargés, franchir très lentement des kilomètres d’embouteillages. Et si, par malheur, votre cas finissait par échapper aux cases prévues automatiquement, alors commençait le cycle beaucoup plus long des vaines réclamations à un personnel dépassé, lui-même, par la logique aveugle de cette organisation.  » (Présentation de l’éditeur)

 

Envie de vadrouilles

Le printemps arrive. Pour nous, c’est synonyme de départs en week-end et de vadrouille en Camping-Car. Dès le 15 mars, nous sommes allés chercher notre fourgon ADRIA au garage où il passe l’hiver, pour le préparer en vue des trois jours de Pâques : vidange, vérifications des batteries, nettoyage général. Où partons–nous ? Comme souvent, la destination est fixée à la dernière minute et dépend des événements (stage d’Aïkido, invitation …) et de la météo

fourgon-neige.1207376815.jpg La météo de Pâques, parlons-en ! Grisaille, gel, grésil, neige, Brrr ! On se rend compte que la fête pascale est très tôt cette année dans la saison. En étudiant les calendriers, il faut remonter à 1913 pour la trouver un 23 mars. Le fourgon est couvert d’une couche immaculée de neige et les routes sont impraticables. Pas d’hésitation : Pâques aux tisons, nous restons au coin du feu et nous en profitons pour inviter enfants et petits enfants.

Mais ce fourgon au milieu de la cour me nargue. Et je commence à compter : cela fait bientôt cinq mois que nous ne sommes pas partis en Camping-car, depuis la toussaint.

givre.1207376898.jpg A Noël, il faisait froid : grisaille et givre tous les matins, Danièle se réjouissait du tour inattendu que prenait le paysage aux arbres constellés de fins cristaux de glace. Mais du coup, les vacances s’étaient passées à la maison, devant la cheminée. De toute façon, Danièle se trouvait fatiguée des déplacements, professionnels ceux-là.

 

Et me voici à tourner autour du fourgon, à regarder le calendrier pour faire des projets de sortie, peut-être en seconde quinzaine d’avril… Danièle ne comprend pas : « Nous revenons d’un voyage à la Martinique. Et tu me dis que tu es en manque de vadrouille. Que voudrais-tu de mieux ? » C’est vrai que je n’ai pas à me plaindre. Mais ce n’est pas la même chose …

Alors, il faut bien constater que je souffre du manque, trouble caractéristique des accros du Camping-car. Et je m’interroge : quelles sont ces sensations, ces émotions qui me manquent en situation d’abstinence, contraint à une immobilité forcée ?

Quelle est cette magie du départ en Camping-car ?
Premier constat : dès qu’on a tourné le coin de la rue, on laisse ses soucis à la maison. Chef insupportable au bureau, travaux à terminer, ennuis familiaux, fâcheries. On prend la route, on peaufine le parcours sur la carte, on quitte bientôt les parages connus et on ne pense qu’à ce petit bout d’avenir qui s’ouvre devant nous. Qui vivra verra !

Où va-t-on ? Il nous arrive d’avoir des projets (la Bretagne Sud en avril) mais la plupart du temps la décision se prend le jour même : ce sera la montagne et l’altitude pour fuir la canicule, ce sera la Drôme des collines parce qu’il y a trop de Mistral plus au Sud, ce sera la Catalogne pour fuir la pluie vers chez nous. Au lieu de subir les caprices de la météo, on a ainsi l’impression (l’illusion ?) de maîtriser nos conditions climatiques.

Cette disponibilité, on la met au service de la curiosité, cette envie, habituellement délaissée dans la vie quotidienne, d’aller voir, un peu plus loin, après ce carrefour, derrière ce rideau d’arbre, pour retrouver le cours de la rivière qu’on a repérée sur la carte.

C’est ainsi que nous avons découvert Port-Rivière, à une vingtaine de kilomètres de la Buchette, à partir de l’intuition qui nous venait à la lecture de la carte, que les bords de Saône valaient sans doute la peine d’être explorés en dehors des grands axes. Cet ancien port, autrefois étape importante de la ligne Lyon –Chalons que parcourait un puissant bateau à vapeur, n’intéresse maintenant que les pêcheurs et les amateurs de guinguette à friture. Ce week-end de mai, inaugurant notre nouveau camping-car, nous avions trouvé sans peine une place libre au-dessus des berges au début d’un sentier pédestre qui longe la rivière entre les champs peuplées de bovins charolais placides et de bosquets frais et humides. La nuit nous avait trouvé dans un isolement bienvenu. Mais au petit matin, dès le lever du soleil, les allers et venues des pécheurs impatients de prendre leurs positions familières au bord de l’eau nous avaient doucement réveillés.

port-riviere-a.1207377110.jpg

Nous avons ainsi découvert que, dès qu’on s’installe pour quelques heures, une nuit ou 24 H, un site connaît plusieurs vies. Le promeneur en visite pour une après-midi n’en saisit qu’une partie.

col-la-bataille.1207377254.jpg Par exemple, cette sortie au Col de la Bataille sur le versant Ouest du Vercors. La route passe sur une crête, qui sépare deux vallons profonds. Au sud s’étend la vallée de la Gervanne qui glisse dans une magie verdoyante jusqu’à la Drôme, au Nord, plus sombre, la Combe de Bouvante (ci-contre) encadrée par des pentes boisée et qui aboutit à nos pieds dans la reculée des sources de la Lyonne.

tete-de-la-dame.1207377343.jpg Dès le matin, le site attire de nombreux marcheurs en ce beau week-end de juin 2003, qui viennent en famille ou en groupe d’amis. Le chemin est facile et monte doucement sur de vastes prairies dégagées sillonnées de paisibles troupeaux. Direction la Tête de la Dame, éperon rocheux qui domine de ses 1503m tout le sud jusqu’à la vallée de la Drôme entre Crest et Die, la Gervanne à l’Ouest et la Sure à l’Est. Nous y ferons une halte le midi, pour profiter du soleil printanier dans une atmosphère claire. Un peu plus bas un groupe de marcheurs organise bruyamment et joyeusement un repas collectif.

La fin de la journée nous ramène, un peu fourbus, près de notre camping-car sur un parking encore encombré de nombreux véhicules.

Mais à partir de 18 h, les départs se font nombreux. Nous ne tardons pas à nous retrouver seuls sur ce stationnement, face à la Combe de Bouvante qui commence à s’assombrir. Finalement nous décidons de passer la nuit sur place.

chamois-v.1207377460.jpg Les ombres s’allongent, les bois ne sont plus qu’un seul fond noir. En face de nous sur la droite quelques rochers entourant une pelouse … et lorsqu’on regarde mieux, ces ombres accroupies, ce sont des chamois ! Nous n’osons pas remuer et l’appareil photo restera dans sa sacoche (merci aux photos de le chat machine)

 

 

Voir un site à plusieurs moments de la journée et de la nuit, un moment envahi de joyeux marcheurs, puis plongé dans le silence et l’obscurité, laissant la place à une vie sauvage rassurée du calme ambiant. C’est une expérience fondamentale des étapes du Camping-Cariste amoureux de la Nature. Le véhicule discret, immobile, silencieux ne dérange pas les animaux.

Quelquefois, on se sent seul face à un paysage qui nous imprègne de son atmosphère. La baie des Paulilles, encore envahie des ruines industrielles de l’inquiétante poudrerie, fermée dans les années 50. C’était la veille de Noël, en 2003. La beauté désolée du lieu nous laisse sans voix, une fois que l’on a trouvé le chemin détourné et défoncé qui nous y mène. Nous marchons ensuite dans la végétation basse du littorale et nous grimpons sous le vent jusqu’au Cap Oullestreil voisin. Cette fin de journée d’hiver dans ce paysage inattendu nous inspire une profonde sérénité, comme un accord entre notre ressenti intérieur et l’environnement extérieur. Ce genre de moment je les retrouve plus particulièrement dans nos sorties en Camping-car, l’impression que, pour quelques heures seulement, je ne suis pas de passage, mais j’ habite cet endroit magnifique.

paulilles.1207377628.jpg

Mais, d’où venait cette musique faible, irréelle, mais lancinante quand nous sommes revenus, la nuit tombé à notre véhicule ? Le matin nous a apporté la clé, quand nos pas nous ont rapproché d’un ancien fortin militaire, apparemment discrètement squatté, avec ce piano dans un fourgon vaguement aménagé. Nous n’en avons pas su plus. Il nous fallait reprendre la route.

Quel est le plus important dans nos voyages : les réalités que nous découvrons ou les illusions que nous poursuivons ?

.

Le dernier Voyage de Mammy

mammy-chien.1205742555.jpg Depuis avril 2006, ma mère vivait, bon gré mal gré,dans une maison de retraite, un peu hors des lieux et des temps qu’elle ne reconnaissait plus. Seuls repères, bien vivaces ceux-la, les visages de ses enfants, petit-enfants et des proches qui la visitaient. Même les soignants de la maison de retraite (pas tous, car elle avait ses têtes !) avaient droit à ses signes de reconnaissance et de sympathie. Et puis, le chien que je lui amenais à chacun de mes passages ou qu’elle bichonnait lorsqu’elle se déplaçait jusqu’à la Buchette.

Mais dès la fin de l’année, son état s’est brutalement dégradé, avec de violentes douleurs qui ont nécessité son hospitalisation, fin janvier. Après quelques tentatives, la médecine s’est résigné à soulager la souffrance, sans espoir de rémission. Elle s’est éteinte à 95 ans, un matin, le 7 mars.

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés autour d’elle, mardi dernier dans la chapelle de l’hopital Charial. C’est Danièle, notre soeur, la fille ainéé, qui a pris la parole:

« Nous enterrons aujourd‘hui notre maman , mes frères et moi.Pour un moment encore elle est parmi nous ,entourée de toute sa famille  » Ils sont venus , ils sont tous là… » , même le petit Antonio, la petite Lucile… et de vous tous ….Merci !

Je voudrais vous la présenter un peu, retracer brièvement son parcours , qui est un long parcours de presque 96 ans .

Une relation qui sera , bien entendu , très subjective ….

De plus , toute sa jeunesse , sa vie de très jeune- femme , je ne la connais que par les récits qu’ elle nous en a fait , par les nombreuses photos, mais je m’ appuie , également , sur les témoignages de ses amis d’ enfance du patronage des Charpennes à Villeurbanne , comme Augustine , l’ abbé Gadriot , ses amis de la Drôme…que j’ ai connus dans ma jeunesse ..

De ses anciennes guides,aussi,qui avaient gardé un si vivant souvenir de leur « Cheftaine Yette » , du cousin Marcel de mon père , qui avait créé le GSL , qui est devenu par la suite le Club Alpin Français, qui nous parlait de la belle descendeuse qui aimait aussi tant le saut à ski .Les souvenirs également de son neveu , mon cousin Maurice ,ils n’ont que 13 ans de différence ; qui a toujours été si proche de sa « jeune tante Yette , si élégante »

Maman est donc née en juillet 1912, 4°enfant de la famille et la 1° fille , c’ est dire qu’ elle a été adorée de ses parents , particulièrement de sa chère maman , qu’ elle a tant appelé , du reste, tout au long de ces 5 dernières semaines et également de ses frères . Elle gardera de ces premières années un souvenir de grande liberté .

Mais 1914 est bientôt là , 4 années sans père à la maison , sur le front de l’ est pendant toute la guerre …..elle ne le reconnaissait plus quand il revenait en permission…..


1925 , elle a 13 ans ; chômage des hommes de la famille ; elle est obligée de quitter l’ école pour travailler dans une filature, la seule paie qui rentrera dans la famille ; c’ est un déchirement …elle adore étudier ….

Elle apprend toute seule la sténo , l’ anglais en cours du soir et devient vers 15 ans sténo- dactylo , puis assistante de direction , métier qui la passionnera .

Modernité, curiosité d’ esprit, enthousiasme sont ses caractéristiques ; elle fait partie du patronage des Charpennes à Villeurbanne ; elle y pratique l’ amitié, le théatre , le chant , la danse ….

Et puis , 1932, la mort de ses 2 parents , elle a 20 ans .

Elle découvre le Scoutisme féminin catholique qui débute à Lyon sous l’ égide de MGR LAVARENNE, qui sera , du reste, l’ aumônier de sa compagnie , la 3° .Guide- aînée, puis cheftaine de guides .

Sa quête de spiritualité, son goût de l’ action sont comblés. Elle découvre, aussi, les voyages, la route, L’ Autriche et Venise en camp itinérant en 1936….

Mais aussi, la Normandie, la savoie …..elle qui n’ avait que peu quitté la région lyonnaise .

Et puis, le SKI, qui sera sa grande passion ,elle s’ inscrit au GSL . c’ est dans une « collective » à Ceillac qu’ elle fera, du reste, la connaissance de son futur mari, qui, lui, est piètre skieur, timoré (….. comme sa fille, du reste) ! Elle qui dévalait les pentes en criant de joie …

1936, elle a 24 ans et ce sont les premiers congés payés.

Elle s’ est mise à la moto avec son frère GABY et ils découvrent ensemble la Côte d’ AZUR, le bateau ….

maries.1205744837.jpg Mai 1939 , elle épouse mon père.

L’ Europe en crise , la guerre éclate .5 années sombres.

Son jeune mari est envoyé en SYRIE en tant que lieutenant dans l’ artillerie.

Elle est enceinte de moi, se retrouve dans une ville inconnue, SÊTE, à la tête d’une entreprise ayant une activité qui lui était également inconnue… mon père rentre de Syrie en avril- mai 1940, et trouve une affaire qui marche bien, elle a tout géré au mieux !

J’ ai toujours dit que ma mère aurait pu tout faire ….Vaillance, courage, goût du travail bien fait, persévérance …

sur-les-quais.1205745549.jpg En tant qu’ épouse, elle est toujours restée aux côtés de son mari, fidèle, courageuse dans les difficultés; Il a toujours pu compter sur elle.

Avec nous, ses enfants, les rapports n’ ont, certes, pas toujours été faciles avec une maman à la grande exigence morale.

En revanche, elle a su nous laisser une trés grande liberté de mouvement. Et moi, qui, par mon métier, ai rencontré tant de parents, je lui serai toujours reconnaissante d’ avoir été une maman intelligente, ayant des projets pour ses enfants.


marc-dany.1205745820.jpg La femme que je suis, également … car elle a attaché, ainsi que mon père, du reste, autant d’ importance à mes études, mes projets personnels qu’ à ceux de mes frères; ce qui était assez rare à cette époque.

Elle était une femme moderne; elle a su, également, évoluer dans sa vision des rapports humains, des codes sociaux, tout au long de sa vie.

Je l’ ai toujours vu beaucoup lire, en particulier les auteurs ayant eu des prix divers ….Goncourt et autres.

Elle avait une grande curiosité intellectuelle et des interrogations …elle a cherché des réponses toute sa vie …

Elle s’ est intéressée à toutes les innovations technologiques du quotidien, c’ est ainsi que nous avons été parmi les premiers à posséder un frigidaire, une Télé, la première machine à tricoter, les premiers robots – cuisine performants, elle qui cuisinait bien, mais peu souvent.

Elle s’ est mise à la photo avec son Reflex; elle a été le photographe de la famille. Ainsi qu’à la vidéo.

Passionnée par l’ astronomie, l’ Univers et ses inconnues, elle a lu pratiquement tous les livres d’ Hubert Reeves, malgré les difficultés liées à sa vue et aux déficits du grand âge.

Elle a adoré les animaux et tout spécialement les oiseaux qu’ elle observait à Sète et à Montagnieu, je me souviens de ce disque de tous les chants d’ oiseaux qu’ elle s’ était procurée .

Enfin, elle a gardé un goût immodéré pour les magasins jusqu’ à un âge très avancé .

Courageuse, ayant le le goût de l’ autonomie, à la mort de mon père en 1977, à 65 ans elle se remet vaillamment à la conduite, avec sa petite FIAT, je dois dire qu’ être son passager vous procurait pas mal de sensations …..vitesse souvent excessive et quand elle freinait, c’ était souvent en ayant oublié de rétrograder ….

Son besoin d’ autonomie l’ a poussée à rester le plus longtemps possible alerte, même dans sa maison de retraite elle passait son temps à se déplacer avec son déambulateur….vous la laissiez un instant à un endroit et à votre retour, elle n’ y était déjà plus …..

C’ est dire que ses douleurs osseuses affreuses qui ont commencé en Décembre l’ ont beaucoup handicapée, rendant sa marche si pénible…. ski-sepia.1205746582.jpg

Et maintenant, je lui souhaite :

De belles pistes neigeuses à dévaler en respirant à pleins poumons l’ air vivifiant qu ’elle a eu tant de peine à trouver ces derniers jours. »

 

 

Après cette brève cérémonie, nous avons accompagné Mammyette (c’est ainsi que mes enfants l’appelaient) dans son dernier voyage, elle qui ne savait plus vraiment où elle habitait, entre la maison de retraite, les hôpitaux, les centres de réadaptation, avec ce souvenir vague mais tenace de son appartement qu’elle imaginait retrouver un jour.

vignes-montagnieu.1205747393.jpgNous la conduisions ainsi vers sa dernière adresse, celle qu’elle n’avait pas oublié : au cimetière de Montagnieu pour rejoindre son mari, au milieu de quelques tombes qui surplombent les vignobles, en plein Sud.

C’est maintenant chez elle.

Plages de Martinique

A quelques exceptions près, les plages martiniquaises sont peu fréquentées. Même au plus haut des saisons touristiques, on ne se trouve jamais à se disputer un m2 pour poser son drap de bain. Le week-end, l’ambiance monte. Familles, amis se donnent rendez-vous, à l’ombre des cocotiers, pour des pique-niques géants.

L’intérêt , c’est qu’il y en a pour tous les goûts. Vous pouvez suivre le guide

plage-ste-marie.1206524998.jpg Sportives, agitées, voire dangereuses à Sainte-Marie sur la côte atlantique au nord-est. Ici, pas de barrière de corail pour abriter une baignade tranquille. D’ailleurs les baigneurs sont rares et nous sommes restés prudemment sur la rive, admirant le paysage. Mais quelle fraîcheur de l’air marin, quelle dynamique dans les grands rouleaux qui viennent s’affaler sur le sable sombre !

anse-l-etang.1206543888.jpg Un peu plus au Sud, on arrive sur la presqu’ile de la Caravelle au Nord de la Baie du Galion et de la Baie du Trésor. Des noms évocateurs du passé de flibusterie attaché à la légende du Chateau Dubuc, une ancienne Habitation pourvue d’une grande plantation, d’une sucrerie et d’un embarcadère . C’est à Anse l’étang que nous nous arrétons, entre le sable blanc et les cocotiers.

sieste.1206544092.jpg La plage est plus abritée qu’à Sainte-marie mais le vent et les vagues dissuadent les baigneurs. Il suffit d’un hamac tendu entre deux troncs pour que Raoul récupère de sa nuit blanche de garde à l’hopital. Nous en profitons pour partir en balade jusqu’au Chateau Dubuc que nous visitons avant la nuit .

Sur une portion très découpée de la côte atlantique,succession de pointes rocheuses, le François n’offre pas beaucoup de possibilités de baignade, à l’exception parfois de minuscules bandes de sable fin entre deux rochers ou de fonds plus ou moins vaseux. Du moins tant que l’on reste sur la terre ferme.

baignoires.1206545921.jpg Dans la baie, c’est une autre histoire . Les îlets comptent plusieurs très jolies plages accessibles en bateau ou en kayak. Derrière la barrière de corail , les fonds blancs ont accumulé les débris de corail qui constituent un sable clair et agréable sous le pied. Les  » baignoires de Joséphine  » accueillent les baigneurs pour de longues stations dans l’eau tiède et calme.

Tout au Sud de l’île, en bordure du canal de Sainte-Lucie ( cette île voisine n’est qu’à quelques kilomètres de la Martinique) se trouve la grande plage des Salines.

salines.1206613503.jpg Clara ne voulait pas quitter l’île sans lui faire une visite. Et c’est vrai que la large courbe de la grande anse des Salines, agrémentée d’une rangée épaisse de cocotiers, n’a pas son équivalent sur l’île.

salines-vent.1206616702.jpg Mais le temps n’était pas favorable, le vent s’était levé, apportant des nuages chargés de pluie et pas d’autre abri que … dans l’eau .

Si la plage était peu fréquentée ce jour-là, en revanche, la lagune qui s’étend derrière le cordon dunaire , apparaissait comme très peuplée : de centaines d’oiseaux et de toutes sortes de crabes fourmillant sous la mangrove.

C’est qu’en Martinique, les plages sont très habitées: Les crabes occupent tous les milieux: dans l’eau, à la limite de l’eau, dans la terre humide.

crabe-ce-ma-faute.1206626694.jpg Les crabes de terre sont particulièrement appréciés par les martiniquais. Ils occupent sur la terre ferme des terriers qui leur permettent d’accéder au niveau de l’eau, pour se nettoyer les branchies. Trés discrets pendant le jour, ils sont chassés à l’aide de pièges garnis d’appats à base de fruits ou de piments dont ils raffolent. Ils sont ensuite engraissés jusqu’au jour fatal. Ils constituent le mets recherché, le Matoutou de crabe à la base des menus de la fête de Paques. D’autres, plus envahissants, ( ci- desssus) ne possèdent qu’une grande pince qu’ils agitent en lacoq-ceron.1206626910.jpg ramenant vers eux, ce qui leur a donné leur surnom de Cé ma faute ou de violoniste. Plus prosaîquement, leur manège a pour but d’inviter les femelles à se rapprocher d’eux.

Ailleurs, ce sont des poules et des coqs que l’on trouve, dans l’Anse Céron par exemple ; ils ont mis à profit la fréquentation des aires de pique-nique sous les cocotiers pour trouver leur nourriture quotidienne.

chien-diamant.1206627566.jpg Plus loin, ce sont les chiens qui ont leurs habitudes, allant de baigneurs en baigneurs, comme autant de maîtres nourriciers potentiels. Celui-ci nous a tenu compagnie une bonne heure sur la plage du Diamant.

Mais l’essentiel de la vie sur ces rivages se trouve sous la surface de l’eau.

poisson18.1206634915.jpg Les fonds marins martiniquais réservent de belles surprises aux amateurs de plongée libre (snorkeling). De nombreux sites se prêtent à l’exploration avec palmes, masque et tuba. Dans des conditions idylliques (température / visibilité), le nageur part à la rencontre d’une faune et d’une flore colorées.

C’est à l’anse Dufour que Raoul a amené Clara observer les fonds. Au retour le débriefing était nécessaire : le nom des poissons et … la taille sur laquelle les avis divergeaient.

sous-marine.1206635513.jpg

Ces belles plages sont loin des concentrations urbaines. Mais la Martinique connaît aussi les plages dans la ville, moins sauvages mais plus accessibles dès la sortie du travail . Ainsi nous sommes-nous arrétés à Schoelcher, en fin de journée , avant de repartir à la nuit vers le Carbet où nous avions rendez-vous dans un restaurant de pêcheurs. Un moment de sérénité en regardant le soleil se coucher.

couchant.1206636363.jpg

Les marchés de Martinique et la cuisine créole

En Martinique, on trouve tout chez Carrefour ou Leader Price : camembert, filet mignon, bavette de bœuf, carottes de France, pommes du Chili, comme en Métropole, mais bien plus cher.marche-st-pierre.1204622061.jpg

Alors si on veut remonter à la source de la cuisine antillaise, il faut arpenter les marchés. On découvrira une multitude de racines dont beaucoup originaires d’Afrique : Ignames, madères, manioc, patates douces ou de plus loin, comme le chou dachine.

Sur le marché de Saint-Pierre, à coté d’un pécheur qui propose ce qu’il a ramené ce matin : quelques bonites et de curieux poissons volants, on trouve un grand stand qui offre la plupart des fruits et légumes du pays.

Le lundi suivant, c’est au marché des fruits et légumes de Fort de France que nous trouvons quelques rares mangues (ce n’est pas encore la saison) , de magnifiques et goûteux avocats et des gombos à l’allures de piments verts et qu’on prépare comme des haricots verts.

 

marche.1204621845.jpg

Danièle apprend la cuisine antillaise :

chistophine.1204624779.jpg J’ai commencé par des cristophines à la crème en gratin et des vivaneaux au four. Les vivaneaux proviennnent de la zone tropicale de l’Atlantique; ils se présentent comme des daurades mais d’un beau rouge clair,comme beaucoup de poissons consommés aux Caraïbes. La cristophine se prépare un peu comme des pommes de terre ; il faut d’abord enlever le noyau qui se présente comme celui d’une mangue et les mettre à bouillir avant de préparer le gratin.

banane-ti-nain.1204637348.jpg Ensuite, je me suis lancée dans le colombo de poulet avant d’attaquer le court bouillon de morue au chou dachine et aux bananes Ti-nain.

Malgré « les meilleures recettes de la cuisine antillaise » de Christiane Roy-Camille et Annick Marie aux éditions Fleurus, les temps de cuisson et l’assaisonnement sont difficiles à apprécier. Les cristophines doivent cuire beaucoup plus de 20mn et je n’arrive pas à savoir si l’excès d’épices (pour Norbert et Clara, mais pas pour Raoul ni pour moi) dans la morue vient du piment ou des feuilles de bois d’inde. En revanche, le colombo de poulet était réussi, même de l’avis d’ Olivier notre convive martiniquais, encore que sa maman y mette des carottes en plus des courgettes, des aubergines et des pommes de terre.

Nous faisons nos courses sur les marchés, et au Ti-marché, chez un producteur martiniquais de St Joseph, qui vend, entre autres, de très beaux bouquets garnis (thym, oignons-pays, persil). Mais on trouve tout chez Laeder-Price ou chez Carrefour.

Ce qui me plait ce sont les noms : chou pour toutes sortes de racines sauf l’igname et la patate douce, oignon-pays et oignon-France, Ti-nain pour les bananes qui se consomment en légume, vertes et cuites, alors que nous les mangeons jaunes et crues, le giraumon qui est un potiron.

Et aussi de savoir quel goût et quelle consistance on va trouver sous l’apparence étrange : la chair de la cristophine bien cuite est douce fondante, une fois enlevés la peau piquante et le noyau fibreux de ce gros fruit légumier qui pousse sur une liane, le tamarin est délicieux sous sa coque fragile et les choux vont du farineux, immangeable sans sauce, au suave de la plus exquise pomme de terre primeur.

Je vais essayer les gombos, les papayes vertes, les prunes de cythère mais je crois que le matoutou de crabe de terre ou le civet de manicou ou encore le blanc-manger de coco seront trop difficiles pour moi.

Tout simple et tellement bon : un de ces énormes avocat sur quelques tomates du pays.

salade-avocat.1204637697.jpg

 

Le retour du créole

Tous les antillais parlent le créole à la maison,dans la rue. Mais il n’avait pas droit de cité dans l’école – l’école républicaine de la métropole- . Les familles mettaient la priorité sur l’apprentissage et la maîtrise du français, véritable sésame pour améliorer sa position et peut-être trouver un poste dans l’administration.

Mais depuis quelques années le créole ne se cache plus , il s’affirme.

Issu principalement du français pour le vocabulaire et des langues africaines pour la syntaxe le créole est né au début de la colonisation. Il permettait alors à des populations très différentes de communiquer entre elles. De langue simplifiée servant seulement au troc et aux relations de travail maître- esclaves, le créole est devenue, au fil des siècles, une langue à part entière. Ses qualités d’expression ont donné naissance à une littérature et à une poésie d’une étonnante richesse.eloge-de-la-creolite.1206462099.jpg

Contrairement à la plupart des langues régionales métropolitaines, le créole est aujourd’hui encore, parlé par la totalité des Antillais, qu’ils soient noirs, hindous ou blancs. Cette langue est également devenue un moyen d’affirmer une identité, la « créolité », après la  » négritude » développée par Aimé Césaire :

<< Ni Européens, ni Africains, ni Asiatiques, nous nous proclamons Créoles. Cela sera pour nous une attitude intérieure mieux : une vigilance, ou mieux encore, une sorte d’enveloppe mentale au mitan de laquelle se bâtira notre monde en pleine conscience du monde. >> ( jean Bernabé, Patrick Chamoiseau, Raphël Confiant – Eloge de la créolité) >>

Ce mouvement a participé à la constitution et à la diffusion du créole comme langue écrite. Mais aussi à la multiplication de spectacles en créole.

Joby Bernabé tient une place particulière sur la scène antillaise. Joby Bernabé, c’est d’abord une voix sans nulle autre pareille, grave, profonde et forte. Ce sont aussi un regard et des mots, en créole, en français, sur la Caraïbe, le monde, leurs beautés et leurs maux. Il s’est imposé comme l’un des plus grands poètes de la Martinique, et sa notoriété dépasse aujourd’hui les frontières de son île.

fond-st-jacques.1206464131.jpg Ce n’est pas un hasard si Bernabé se produit à Fonds Saint Jacques cet ancienne habitation liée à une plantation et une sucrerie du Coté de Sainte-Marie , sur la côte Nord-Est. 500 esclaves y vivaient autrefois sur une exploitation de 253 hectares. L’habitation autrefois propriété des pères dominicains, dépend maintenant du Conseil général qui reconstitue patiemment le patrimoine architectural.

Depuis quelques années, Fond Saint Jacques s’ouvre au monde, à la création et à l’avenir, il est devenu Centre des Cultures et des Arts de la Caraïbe, lieu de patrimoine historique d’où jaillit l’expression artistique contemporaine.

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à une de ses soirées à écouter poèmes et contes, en créole et aussi en français , passant de l’un à l’autre.

Et en  » vedette américaine » un groupe musical « Sweetness » qui acclimate le gospel et la priere aux rythmes caribéens .

Ils illustrent ainsi la vitalité nouvelle de la religion dans les Antilles. Si le catholicisme est arrivé sur l’île en même temps que les colons au XVII e siècle, un protestantisme organisé ne s’est implanté dans l’archipel qu’après la seconde guerre mondiale. D’abord les adventistes, puis les autres évangéliques.

Une seconde vague de création d’Églises a eu lieu dans les années 1980 avec l’apparition d’une multitude d’Églises indépendantes créées par des pasteurs africains teintés de culture américaine.

Nous sommes là quelques « blancs France » parmi une assistance très familiale d’Antillais qui reprennent les refrains de la musique, qui répondent aux sollicitations de Joby Bernabé. Heureux de se retrouver pour une soirée particulièrement sereine et conviviale.

Saint-Pierre : l’histoire s’est arrétée en 1902

La côte Caraïbe de la Martinique c’est celle qui est tournée vers l’ouest, à l’intérieur de cet arc de cercle qui , de Cuba à Grenade et au Venezuela délimite en pointillé la mer des Caraïbes . La mer y est plus calme et souvent plus chaude que sur la façade atlantique. Le rivage est constitué d’une alternance de falaise et de rades au sable sombre, où se nichent des villages de pêcheurs.

st-pierre-baie.1206111311.jpg Mais Saint-Pierre y tient une place particulière. Cette petit ville est installée dans une vaste baie, au pied des contreforts de la Montagne Pelée qui domine de ses 1397 mètres tout le Nord de l’île et qui fournit un arrière fond vert et désolé à tous les paysages.

nuee-ardente.1206111725.jpg Pour connaître l’histoire de Saint-Pierre, on peut lire l’excellent livre « Nuée ardente » de Raphaël Confiant qui restitue l’ambiance du Saint-Pierre de la belle époque , quelques semaines avant la catastrophe de 1902.

On peut aussi reprendre des éléments de l’article de Wikipedia:

« Les premiers colons de Martinique s’installent à Saint-Pierre dès 1635 et de là, partent à la conquête du reste de l’île.La ville se développe grâce à l’industrie sucrière et au commerce des esclaves.

saint-pierre-mouillage.1206110928.jpg Le port de Saint-Pierre attire alors des navires et marchands du monde entier.

Surnommée le Petit Paris, le Paris des Isles, la Perle des Antilles ou encore la Venise tropicale, la ville était alors le chef-lieu mais aussi la capitale économique et culturelle de toutes les Antilles. En 1900, Saint-Pierre, cas unique dans la région, possédait un équipement particulièrement moderne : un réseau d’éclairage urbain électrique, un tramway hippomobile, un théâtre de 800 places, une chambre de commerce, l’un des premiers asiles soignant les aliénés, un jardin botanique et un port particulièrement actif.

En 1902, St-Pierre ainsi que les navires à l’ancre dans sa baie fut dévastée en 90 secondes par une nuée ardente dévalant la montagne à 500 km/h, il y aurait eu 30 000 morts et deux survivants à l’éruption de la Montagne Pelée. »

escalier-theatre-st-pierre.1206115369.jpg La ville ne s’en est jamais vraiment relevée. Le déblaiement des cendres et des ruines a pris des années, pendant que Fort-de-france s’affirmait comme la vraie capitale administrative, économique, culturelle. Reste une bourgade paisible, accrochée à cette magnique baie, où l’on visite des ruines étonnantes comme cet escalier monumental du théatre qui ne mène désormais nulle part, si ce n’est à quelques murs, rasés au niveau des fondations.

maison-coloniale-st-pierre.1206115923.jpg L’ancienne maison coloniale reconstitué sur le parvis du port, recrée un cadre d’animation pour ce centre ville qui peine à s’affirmer. Un centre d’exposition y est installé.

marche.1206123353.jpg A coté c’est le marché, avec ses productions locales: poissons de la baie, fruits et légumes pays.

Nous prenons un petit café à coté, sur le port. La vie est tranquille à St-Pierre, même si les rues ne respirent pas la richesse. On est loin de l’agitation débridée de Fort-de-France.

epave-saint-pierre.1206116612.jpg La baie de Saint-Pierre est un site apprécié des amateurs de plongée sous-marine. Principales attractions , les épaves coulées lors de l’éruption, paradis de toutes sortes de végétations sous-marines et de poissons colorés. Jean-Paul, le frère de Danièle, fanatique de plongée avec son amie Martine, nous avait précédé le mois précédent en Martinique. Habitué des lieux il en avait ramené en 2004 cette vidéo exceptionnelle sur la baie et ses épaves.

snack-ceronmg_0381.1206128418.jpg Nous quittons Saint-Pierre en direction du nord, à la recherche d’une baignade et d’un casse-croute.

Nous nous arrétons à l’anse Céron. De toute façon la route ne mène guère plus loin . Pour gagner l’anse Couleuvre , il faudrait finir par un chemin de terre.

Nous y trouvons la baignade et un petit snack-bar au bord de l’eau qui nous sert l’incontournable poulet boucané et une bière fraîche. De quoi oublier la tragédie de 1902 qui hante encore les rues de Saint-Pierre.

 

Baignoire de Joséphine : une sortie bien arrosée !

« Rendez-vous sur la marina du François demain à 9h ». On s’était mis d’accord avec Denis pour une journée dans la baie du François à bord de sa yole, embarcation légère des pécheurs du port. Une fois sur place, on retrouve une quinzaine de touristes qui avaient le même projet. Pas de problème, Denis, le grand organisateur de la journée, a fait appel à un collègue à lui avec une seconde yole.

ilet-oscar.1205854601.jpg Et nous voilà embarqués vers le large : direction les îlets qui parsèment l’étendue de cette baie. Le temps est clair et le vent frais , surtout avec la vitesse transmise par le puissant moteur hors-bord à cette frêle embarcation, portant le nom délicat de Scud.

Nous passons devant l’îlet Oscar qui , sous les cocotiers, abrite deux établissements hoteliers haut de gamme dans le plus pur style colonial des cases créoles.ilet-thierry.1205857579.jpg

Nous nous dirigeons vers l’îlet thierry, juste en face. Notre navigateur nous débarque sur la plage. Au programme baignade et bronzette.

L’îlet thierry, comme ses voisins d’ailleurs, n’est pas désert. La baie est appréciée de longue date des Békés qui y ont établi des résidences secondaires , plus ou moins luxueuses, de la simple cabane à la résidence quatre étoiles.

Denis et ses yoles en profitent pour faire un nouvel aller -retour et ramener de nouveaux touristes. La petite plage se remplit et les participants commencent à s’interroger sur le programme des activités sur lequel les organisateurs restent discrets: la surprise est un ingrédient décisif de cette aventure d’un jour.

josephine.1206029180.jpg Je me rappelle alors avoir lu dans les guides que la coutume s’était installée parmi les Békés habitués de ces fonds blancs, des bancs de sable clair accumulés à l’abri de la barrière de corail, de se faire servir des Ti’punch à volonté en barbotant dans cette eau tiède qui n’arrive qu’à la taille.Depuis, la pratique avait été démultipliée et reprise par des opérateurs touristiques. La baignoire de Joséphine était devenue une attraction incontrournable de tout séjour couleur locale.

grain.1206029790.jpg Au bout d’un moment, les yoles sont de retour; nous sommes priés de remonter à bord et reprenons le chemin du large.Mais le vent a fraîchi et l’horizon est barré de lourds nuages gris. Pas de quoi inquiéter nos organisateurs qui ne craignent pas une modeste averse tropicale. Le programme se déroule comme prévu; nous sommes débarqués au milieu des bancs de sables; les yoles repartent chercher le reste du groupe.

Mais le vent forcit, le rideau de pluie se rapproche. La bonne humeur commence à laisser place à l’inquiétude. Clara grogne à coté de moi : « ils vont pas nous laisser là ! C’est un scandale ». Les yoles reviennent et les gobelets commencent à circuler sous la pluie froide qui nous cingle. Pour nos animateurs, le ti’punch est la potion magique qui nous fera oublier l’orage qui se déchaîne. Tout à fait d’accord, Danièle se fait remplir son verre… et encore …et …, en clamant à la cantonade :  » Mon Dieu, quelle aventure ! »

Mais le temps passe et l’orage ne faiblit pas. Les parents s’inquiètent pour les enfants au bord de l’hypothermie. La carte postale tropicale est en train de virer à la scène du radeau de la Méduse. Denis, le grand chef, passe des coups de fils, cherchant des bateaux pour évacuer les naufragés qui s’aggripent aux bords des yoles; visiblement il n’avait pas de plan B.

Finalement l’ordre d’évacuation est lancée. Le premier bateau part vers la terre ferme , il nous faudra attendre la deuxième rotation.

L’îlet thierry n’est pas loin.

rescapes.1206033732.jpg Et les bateaux nous déposent auprès d’une case abandonnée qui nous offre l’abri de son toit. Nous sommes une trentaine de naufragés à s’abriter,et tenter de se sécher et de se réchauffer.

Les nouveaux robinsons explorent la case, ressortent un bancrobinsons.1206036664.jpg pour assoir les enfants un peu sonnés, et se mettent à découvrir les alentours avec la fin de la pluie.

L’ambiance commence à se détendre, avec le retour du soleil et sous l’effet différé du punch.

Il est temps de passer à l’étape suivante. De nouveau le ballet des yoles reprend , les navigateurs connaissent bien la baie et ses passages en évitant les bancs de sable.
depart.1206037030.jpgNous voici en vue d’un autre îlet – l’îlet Long- agrémenté d’une plage de sable fin. Le soleil est revenu, la mer est d’une tiédeur douillette dans les fonds blancs.

soif.1206037723.jpg Bref, la matinée se finit mieux qu’elle avait commencé. Nos organisateurs abordent de nouveau l’île avec des arguments de poids : une grande platée d’accras et toujours ce punch qui se laisse boire sans soif.

coequipiers.1206085411.jpg Du coup les langues se délient: les quelques habitués (des résidents à l’année qui accompagnent famille ou amis en visite) font partager leur connaissance de l’île. D’autres reviennent chaque année pour une semaine et ne se lassent pas de ce type d’excursions. Et le coté  » koh Lanta » de la journée, comme dit Denis, n’est pas fait pour leur déplaire. Bref la grosse panique de l’orage se dissout dans les vapeurs du rhum. langoustes.1206086167.jpg

D’autant plus que nos animateurs sont en train d’amener le repas : Colombo de poulet , comme annoncé et …. langoustes grillées à volonté , ça c’était la surprise !

Sur la plage, le calme s’installe une fois les assiettes remplies. Le soleil est maintenant haut, les nuages ont disparu , et les convives recherchent l’ombre des quelques arbres accrochés à la courte falaise qui surplombe la rive. Ici, certains s’abandonnent à une sieste réparatrice, là, des groupes de discussion se forment, notamment autour de Denis qui prend à 200% son rôle d’animateur couleur locale. Il parle de la baie, abritée derrière sa barrière de corail, mais aussi du large où son métier de pécheur l’amène. Il faut bien connaître les passages pour gagner la haute mer.

L’après-midi s’avance, alanguie sous les arbres ou dans la tiedeur de l’eau dans les baignoires où on papote et fait connaissance, comme dans un jacousi.

denis-clara.1206091048.jpg Denis fait le tour des groupes. La journée a été chaude pour lui : « Depuis dix ans que j’accompagne des groupes, c’est la première fois que me retrouve avec un orage qui dure dans la baignoire de Joséphine ! »

Il connaît vite les prénoms, il a un mot pour chacun et chacune. Clara, à la fois charmée et agacée – « une jolie fille comme toi sans son petit ami ! » n’a pas pu éviter sa curiosité.

Mais l’heure tourne et il est temps d’embarquer pour regagner le port à 17 h, avec le concours d’autres embarcations qui nous ramènent en une seule rotation.kayaks.1206092288.jpg

Sur le chemin , nous dépassons des kayaks qui reviennent à la rame après avoir suivi le même chemin que nous dans la journée. A voir la vigueur qu’ils appliquent à leurs pagaies, on imagine qu’ils ont moins forcé que nous sur le rhum.

Dans la vitesse du trajet, la brise nous rafraîchit et nous extrait progressivement de ce rêve éveillé de sable clair, de fonds blancs et de cocotiers qui avait failli tourner un moment au cauchemar.

Martinique: sous le soleil, exactement !

fort-de-france.1203599324.jpgNous sommes arrivés dimanche à l’aeroport Aimé Césaire. Après huit heures de vol sur un océan dégagé, miroitant, enfin apparaissent les montagnes élevées de la Martinique, couvertes d’une végétation sauvage, Au fond de la baie, batie sur une ancienne mangrove, Fort de France est une métropole très étalée, bouillonnante ; la circulation y frôle constamment l’embolie.

saint-joseph.1203598499.JPGHeureusement nous voici rapidement conduits sur les hauteurs de Saint-Joseph, une des communes périphériques ,où Claire , la fille de Danièle loue avec Raoul une maison au bout d’un chemin, perdue au milieu des arbres à pain, des cocotiers, des manguiers et des bambous. Une pelouse bien tondue et plus loin, dans la pente, le fouillis de la forêt tropicale.

Sous ces lattitudes, le soleil disparaît rapidement, autour de 18 h 30, laissant la place à l’obscurité profonde.

Dès la tombée de la nuit, s’élève le vacarme des nuits tropicales : insectes, batraciens, oiseaux nocturnes, cabrits bois et autres kataks bois

Le lendemain matin, sous un ciel lavé par les pluies nocturnes , nous partons vers le Sud, en essayant d’éviter les embouteillages de la rocade, passage obligé de tout déplacement dans l’île.

anse-noire.1203603624.JPGPassé les Trois Ilets, les habitations se font rares, place aux pentes escarpés, à la végétation plus clairsemée, plus aride et aux anses discrètes au bout de chemins difficiles.

Nous nous arrêtons vers l’Anse Noire. Un escalier nous mène à une petite crique de sable noir sous les cocotiers. Un hamac tendu entre deux palmiers pour Danièle et le soleil tropical pour clara en mal de bronzage, nous voci vite installés. L’eau est à 26°. Idéal pour patauger, nager, faire la planche. Il paraît aussi que c’est le meilleur emplacement du Sud pour observer les fonds marins et les poissons.

Midi approche. Nous avons repéré quelques cabanes de restaurant à coté, dans le petit hameau niché au creux de l’Anse Dufour. C’est un village de pêcheurs, une dizaine de cabanes où sont rangés les filets et le matériel. Sur le sable, quelques barques à moteur .

anse-dufour.1203604426.JPG« Chez Nini » propose des accras de morue, des poissons grillés et le fameux poulet boucané qu’on trouve partout dans l’île. Juste ce qu’il nous faut, avec la bière d’ici, curieusement dénommée  » la Lorraine ».

Difficile, quand on est dans le sud, d’échapper aux plages de Diamant et à son rocher noir omniprésent. Ce sera notre dernière étape baignade avant de rentrer.

diamant.1203605244.JPG

Underground


Le Sonic est amarré sur la Saône sous les ponts Kirchener-Marchand, celui de l’A6 et celui du TGV ;sonic.1201886972.jpg c’est une adresse discrète à la sortie du tunnel de Fourvière, en bas de la montée de Choulans qu’il est toutefois possible d’atteindre à pied en toute sécurité dès lors qu’on a réussi à garer sa voiture. Une île paisible cachée sous la plate-forme intermodale du grand Lyon.

A l’intérieur, c’est tout rouge avec des lumières bleues, très simple aussi : un bar, une banquette et une scène et les flots de la rivière au ras des hublots.

l-ombre-du-8.1201887150.jpg Nous sommes venus pour le concert de « l’ombre du huit » et je refuse, dans un premier temps, les bouchons d’oreille en les prenant pour des bonbons.

Et c’est fort comme musique et malgré la tequilla sunrise, il faut s’accrocher. . Je prends les bouchons d’oreille quand le chanteur présente son groupe. Je ne comprends pas les paroles mais Norbert me conseille de ne pas m’approcher. Je ne vois pas bien le chanteur non plus car une petite foule se tient debout devant la scène et applaudit à tout rompre. Il est déchaîné et très mignon, gesticulant comme un vrai rockeur avec sa guitare en bandoulière. Le batteur met tant d’ardeur dans ses frappes que je n’arrive pas à retenir la mélodie, mais c’est une musique très forte et vraiment underground.

Les spectateurs sont jeunes et parfaitement disciplinés malgré la bière qu’ils éclusent dans de grands gobelets en plastique et ils vont tous fumer sur le pont.

Je vous recommande cet underground très propre pour une soirée agréable et dépaysante à deux pas de chez vous.

Par Danièle

Et puis (note de la rédaction)

-une autre péniche à Lyon, sur la Saône aussi, mais rive gauche, en aval, au niveau de la Sucrière (La péniche Loupicka) un jeune groupe rock en concert ce samedi 2 février : Les élans d’Arkel

– loin de la scène rock, une pop un peu sucrée mais fraîche, d’une israélienne de Paris, Yael Naim .

le blog préféré du Clairon:

banniere les mots justes bis