bretagne : la pêche à pied

La pêche à pied fut vraiment une découverte pour nous deux. Danièle avait quelques vagues souvenirs de vacances sur l’atlantique ( à Ronce-les-Bains). Quant à moi, mon enfance sétoise et mon tropisme méditérranéen m’avait radicalement tenu à distance de cette activité.

En effet, ne comptez pas vous adonner à la pêche à pied en méditerranée, puisque l’absence de marée ne donne pas accès aux animaux. Les huitres sont élevées dans le bassin de Thau entre Bouzigues et Mèze en les laissant grandir , fixées au moyen de ciment sur des cordes suspendues à des cadres. Et les palourdes sont péchées par des professionnels en apnée jusqu’à des profondeurs de 7 mètres. La pêche amateur ou avec du matériel de plongée est interdite.

La récolte des palourdes (rudipates) est le principal but des pêcheurs à pied des côtes atlantiques.ruditapes.1180341731.jpg L’animal s’enterre dans le sable et se nourrit du phytoplancton présent dans l’eau de mer ( plus abondant à la belle saison) qu’il aspire par l’intermédiaire de deux siphons ( l’un pour l’entrée , l’autre pour la sortie) Les longues plages sableuses sont les meilleurs endroits où creuser à marée basse.

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Bien évidemment les jours de grande marée offrent plus de possiblités car ils permettent d’accéder à des espaces jusqu’alors peu exploités. Alors que vous marchez le long du sable mouillé, surveillez les petits trous par terre.

Lorsque vous en découvrez une paire espacée de 1 à 2 cm ( la trace des deux siphons), piquez autour avec la fourche. S’il y a de l’eau qui sort, continuez à creuser avec la fourche ou la houe et sortez la palourde. Répétez le processus jusqu’à ce que vous avez recueilli le montant voulu de palourdes tout en respectant la taille ( au moins 35 mm dans le golfe du Morbihan) et la limite quotidienne : 3 kilos par personne.

Ça y est Danièle a pris le virus ! Elle expérimente plusieurs techniques, écoute les conseils des pécheurs chevronnés. Les premières prises l’encouragent à persévérer. Impossible désormais de l’arréter tant que son sac n’est pas plein.

palourdes.1180342828.jpg Retour à la cuisine, laissez dégorger 2, 3 heures en changeant l’eau (salée). Et faites ouvrir vos palourdes, dans une poêle. sortez-les des coquilles. C’est délicieux sur des pâtes ( des spaghetti ou des penne) avec ail, persil et un filet d’huile d’olive.

Les tellines, bien plus petites se ramassent dans les mêmestellinier.1180355981.jpg

habitats en ratissant le sable. En méditerranée les pêcheurs professionnels utilisent un matériel particulier pour exploiter les fonds à moins d’un mètre de profondeur.

  • Et puis les huitres ! Elles ne poussent pas que dans les parcs des ostréiculteurs. Et la plupart des zones rocheuses, bien placées dans les mouvements de la marée, en sont couvertes.

pc070038.1180340565.JPG Un coup d’oeil un peu averti pour délaisser les petites ou celles qui sont trop imbriquées les unes dans les autres, trouver les plus développées et un outil pour décrocher la coquille de son support, voilà tout l’équipement nécessaire à une bonne récolte.

Le chien a de la curiosité pour cette chose qui intéresse tant ses maîtres. Mais une fois ouverte, il délaisse l’huitre qu’on lui présente. Ce n’est pas le cas de sa maîtresse !

Alors, bon appétit !huitres.1180428710.jpg

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Bretagne – Sarzeau : Accès réservé

La Bretagne : Par ou commencer ? Pornichet et la Baule et leurs front de mer bétonnés, Guérande et ses artisans paludiers ? Nous ne nous sommes pas attardés. Nous avions plutôt idée de démarrer par le golfe du Morbihan, merveille incontournable de la Bretagne Sud.

Première approche : Penerf à l’embouchure de la rivière éponyme. Premier contact avec l’ostréiculture bretonne.

huitres-penerf.1179770205.jpg On entrevoit les parcs que la marée découvre, à distance du rivage, les huitres sont ensuite affinés dans des bacs à proximité. Les naissains proviennent du bassin d’Arcachon car la température des côtes bretonnes est trop fraîche pour assurer la reproduction. Nos premières amplettes auprès d’un producteur sont vite ramenées au fourgon.

Répartition des rôles : j’ouvre les huitrespremieres-huitres.1179770271.jpg

et Danièle les mange. Non parce que je n’aime pas ces coquillages mais parce que je ne les digère qu’en petite quantité.

Il est temps d’aborder enfin le golfe, ce sera par le Sud-Est, la presqu’île de Rhuys : Grandes routes 4 voies , lotissements en constructions , supermarchés, l’espace est bien occupé.

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Nous poussons vers un petit port, le Logéo sur la commune – très étendue- de Sarzeau, en espérant trouver un panorama plus marin et plus accueillant.

Hélas : Interdit aux Camping-car, mise à l’eau payante dans le port, littoral cadenassé par un alignement de clotures protégeant les propriétés des curieux et des indésirables, en infraction manifeste à la loi Littoral. Bref, nous avons rarement vu un espace aussi privatisé.

« C’est le problème de tout le littoral breton. Mais le Golfe du Morbihan concentre toutes les dérives de l’urbanisation cotière. » nous expliquent Patrice et Olga, nos amis de la Forêt-Fouesnant, animateurs de l’Association de défense du Pays Fouesnantais . La loi littoral , 21 ans après son adoption, n’est pas appliquée ( voir le bilan de l’UICN ) , sauf lorsque des associations se mobilisent. Quand les associations vont en justice, elles gagnent à chaque fois, dès le moment où les dossiers sont bien préparés. Ainsi les défenseurs de la Forêt Fouesnant ont obtenu l’arrêt d’un projet grandiose ( 280 places) d’extension de Port la Forêt.

Dans bien des cas, la création de réserves a eu un effet de modération sur l’appropriation de l’espace. En remontant de quelques kilomètres au Nord-Est de Sarzeau, nous trouvons enfin un libre accès à la rive et des espaces naturels accueillant une multitude d’oiseaux, dont ces bernaches en vol

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Bretagne – réserves ornithologiques: des espaces préservés

Entre Sarzeau et le sud de Vannes est installée une vaste réserve ornithologique qui donne un peu d’espace libre dans un golfe du Morbihan soumis à une forte pression touristique et immobilière.

On y trouve des bernaches cravant par centaines : ici devant l’île de Tascon bernaches.1179991518.jpg

Et puis, plus rare, des spatules, à coté de l’observatoire du Duer, qui constituent une espèce menacée:

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Plus solitaire, le Tadorne de Bellon, le plus gros des canards présents en Europe,Tadorne de bellon promène son masque écarlate sur les rivages sablonneux où il trouve sa nourriture, composée essentiellement de mollusques bivalves. Il niche d’avril à juin sur la rive dans des cavités qu’il squatte : terrier de lapin ou autres trous dans les talus. Au mois de juillet , il rejoint des milliers de ses congénères qui se retrouvent sur des bancs de sable au moment de la mue ( migration de mue).

ibis-prairie-web.1179993784.jpg Mais le plus exotique se trouve dans les zones humides un peu plus à l’intérieur des terres, trouvé par hasard dans un champ, en bordure d’une petite route du Morbihan. Il s’agit de l’Ibis Sacré, originaire d’Egypte et d’afrique subsaharienne, un nouveau venu sous nos latitudes.Quelques centaines de couples, issus d’animaux échappés de parcs zoologiques, sont maintenant installés en sédentaire sur la façade atlantique, de la Charente au Morbihan.

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Pour en savoir plus, une documentation considérable sur les oisaux, sur le site Oiseaux.net

Une seconde vie pour ma 505

Cela faisait 6 mois qu’elle rouillait dans la cour de la Buchette.

505-face.1179394738.jpg La 505 qui avait transporté famille et amis pendant 18 ans avait encore belle allure, modèle 1986, avec ses trois rangées de sièges de familiale à 8 places, bien avant la vogue des luxueux monospaces. Et se sentait prête à prolonger encore sa longue carrière ( plus de 300 000Km) à notre service.

Mais le joint de culasse en a décidé autrement, le fourbe. Je me suis dès lors mis à la recherche d’une culasse rénovée pour remonter un moteur au poil. Introuvable dans les casses de France et de Navarre, sauf un fournisseur de Toulouse qui se faisait fort de m’envoyer le bon modèle. On a vite déchanté, après deux envois non conformes. Finalement mon interlocuteur m’explique qu’il me trouvera la bonne pièce si je lui envoie l’original, ce que j’ai fait sans méfiance. Deux mois après, toujours pas de culasse et la mienne introuvable chez le fournisseur, perdue corps et biens. 

Alors, il fallait bien se résoudre à se débarasser du véhicule désormais inutilisable, puisque non roulant. Cela n’a pas géné mon acheteur, Monsieur Armand.

En fait, Monsieur Armand est un intermédiaire, a505-afrique.1179394891.jpgu service, en l’occurence, d’un compatriote Beninois qui va se charger de transporter la 505, de remettre en état le moteur et de le faire exploiter comme taxi par un chauffeur qui lui versera une redevance.

Une nouvelle vie attend donc ma 505 au Bénin.

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C’est avec un pincement de coeur que nous la voyons partir. Direction Grenoble dans un premier temps, puis Anvers pour une longue traversée vers Cotonou.

J’ai encore en tête la réflexion de la famille (nombreuse) à qui nous l’avions acheté d’occasion en 1989, surpris de nous voir avec  » seulement  » trois enfants. Le soir, de retour à la maison, nous savions, grâce au test, que Clara, la quatrième, était en route.

Le grand volume de la voiture ne suffisait cependant pas à loger tout le nécessaire aux départ en vacances, et c’est bien souvent la galerie sur le toit et la remorque attelée qu’il fallait utiliser.

C’est comme cela, au seuil d’une séparation avec la mère des enfants, que j’ai fait la connaissance de Danièle, ma future épouse, avec une voiture pleine de mes gamins et de ceux de Christiane. Pas idéal pour séduire la belle. On ne peut pas dire non plus que je lui ai caché ma situation de famille.

p7020048.1179396013.JPGLa 505 convient bien aux familles recomposées. Ainsi ce séjour en Lozère avec deux des miens, Claire, ma belle-fille et Margot, une copine de Clara.

C’est une page qui est maintenant tournée. Les parents, en devenant grands-parents, se débarassent des mini-bus, des breaks et des monospaces, et retrouvent des voitures compactes.

Mais je crois bien que , si j’avais pu réparer la 505, je l’aurais gardée, même avec une consommation de 15 litres aux 100 km !

Pour en savoir plus sur les 505, le site qui lui est consacré (merci pour la photo d’afrique)

Du nouveau entre les deux tours

Décidément cette période électorale a été féconde…  en rebondissements.

 

Dès le dimanche 22avril nous nous retrouvions à la Buchette , sous le soleil, pour une journée électorale à les-deux-futures.1178607227.jpgl’occasion du 1er tour. Et dans l’après-midi , avant les premiers indices de résultats, Nora et Chloé, profitant du jardin sous le soleil, faisaient des pronostics sur la fin de campagne, sachant que Nora était annoncée avec une avance de trois semaines sur Chloé, soit une date de quelques jours après le deuxième tour.  

Finalement Antonio a pris de court tous les observateurs en apparaissant dès le vendredi 3 mai à 11 H , avec un score très intéressant ( 3 Kg 600, 54 cm ) juste un peu au-dessous des prévisions nora-tonio1.1178607413.jpg( l’échographie , pas les sondages) qui le donnaient à 4 Kg à terme. La mère et l’enfant se portent très bien, mais Nora a finalement dû utiliser sa procuration pour voter (Ségolène en l’occurrence, ce n’est pas un secret).

 

Les résultats de Dimanche ont été accueillis avec déception chez les proches. Ils suscitent beaucoup d’inquiétudes sur ce qui nous attend dans les prochains mois.

tonio2.1178607572.jpgAntonio semble partager les interrogations de son entourage mais garde un recul salutaire.

 

 

Mais il n’y a pas que les présidentielles dans la vie ; il faut penser à la suite. Dès Lundi Antonio a disparu de la clinique et du feu des médias. Des témoins assurent l’avoir vu du coté de Civrieux où sa mère vient d’emménager dans un appartement refait à neuf par ses proches et ses amis. La veille au soir, on voyait une armée de peintres, plâtriers, électriciens, nettoyeurs – pour la plupart improvisés- s’activer, tels les lutins des contes,  pour terminer  la chaumière. berceau.1178607897.jpg

 

 

 

La France d’après, heureusement, se fait aussi dans les berceaux !

 

 

 

 

 

 

Benabar : un chanteur pour les lotissements ?

Quatre murs et un toit, c’est une histoire de vie dans les lotissements. Quand on voit de nouvelles constructions s’achever, il faut dire que ça rajeunit tout de suite le quartier;nouvelles-constructions.1174900309.jpg les poussettes et les vélos d’enfants envahissent de nouveau les trottoirs, tranchant un peu sur le lot de tempes grises qui se rappellent le temps où elles sont venues s’installer à la Buchette avec une bande de gamins.

Oui les lotissement naissent, vieillissent, et se transforment avec les générations qui passent. Ou se fossilisent, comme ces maisons que nous avions visitées avant d’acheter à la Buchette. Les chambres d’ados conservées telles quelles, les posters aux murs, le tourne-disque, les maquettes d’avions ou les peluches entassées et ces parents désormais agés, veufs ou dépendants qui se résolvaient à vendre ce sanctuaire, témoin de toute une vie de famille révolue.

J’ai l’impression que les attitudes et les pratiques changent dans les générations montantes. Même si l’acquisition d’une maison ( par ici on n’aime pas parler de pavillon , c’est réservé à la banlieue parisienne) reste une aventure très désirable pour les jeunes couples, il n’y a pas, me semble-t-il, d’enracinement, de sacralisation de la propriété familiale. Rien d’étonnant dans une société où les repères changent constamment : travail, couple, modes de vie.

Témoin : les multiples changement de propriétaires autour de nous dans un lotissement qui date de 30 ans. Et les nouveaux venus n’hésitent pas à transformer, agrandir, améliorer.

Alors Benabar nous raconte un peu cette histoire, à la fois banale et touchante  mais un peu nostalgique du passé , ne trouvez-vous pas ?

Un terrain vague, de vagues clôtures, un couple divague sur la maison future. On s’endette pour trente ans, ce pavillon sera le nôtre, et celui de nos enfants corrige la femme enceinte. Les travaux sont finis, du moins le gros oeuvre, ça sent le plâtre et l’enduit et la poussière toute neuve.Le plâtre et l’enduit et la poussière toute neuve.

Des ampoules à nu pendent des murs, du plafond, le bébé est né, il joue dans le salon. On ajoute à l’étage une chambre de plus, un petit frère est prévu pour l’automne. Dans le jardin les arbres aussi grandissent, on pourra y faire un jour une cabane.

On pourra y faire un jour une cabane.

Les enfants ont poussé, ils sont trois maintenant, on remplit sans se douter le grenier doucement. Le grand habite le garage pour être indépendant, la cabane, c’est dommage, est à l’abandon. Monsieur rêverait de creuser une cave à vins, Madame préfèrerait une deuxième salle de bain.

Ça sera une deuxième salle de bain.

Les enfants vont et viennent chargés de linge sale, ça devient un hôtel la maison familiale. On a fait un bureau dans la p’tite pièce d’en haut, et des chambres d’amis, les enfants sont partis. Ils ont quitté le nid sans le savoir vraiment, petit à petit, vêtement par vêtement.

Petit à petit, vêtement par vêtement.

Ils habitent à Paris des apparts sans espace, alors qu’ici il y’a trop de place. On va poser tu sais des stores électriques, c’est un peu laid c’est vrai, mais c’est plus pratique. La maison somnole comme un chat fatigué, dans son ventre ronronne la machine à laver.

Dans son ventre ronronne la machine à laver.

Les petits enfants espérés apparaissent, dans le frigo, on remet des glaces. La cabane du jardin trouve une deuxième jeunesse, c’est le consulat que rouvrent les gosses. Le grenier sans bataille livre ses trésors, ses panoplies de cow-boys aux petits ambassadeurs, qui colonisent pour la dernière fois la modeste terre promise, quatre murs et un toit.

Cette maison est en vente comme vous le savez, je suis, je me présente, agent immobilier. Je dois vous prévenir si vous voulez l’acheter, je préfère vous le dire cette maison est hantée. Ne souriez pas Monsieur, n’ayez crainte Madame, c’est hanté c’est vrai mais de gentils fantômes. De monstres et de dragons que les gamins savent voir, de pleurs et de bagarres, et de copieux quatre-heures, « finis tes devoirs », « il est trop lourd mon cartable », « laisse tranquille ton frère », « les enfants : à table ! ».

Écoutez la musique, est-ce que vous l’entendez ?

Quatre murs et un toit  

Paroles: Bénabar. Musique: Bénabar   2005  « Reprise des Négociations »

Ouverture de la pêche : les pécheurs à l’assaut des berges

J’ai l’habitude de faire courrir le chien sur les bords de l’Azergues, habituellement déserts. Mais ce Samedi n’était pas un jour ordinaire. Des dizaines et des dizaines de voitures garées dès le petit matin, les cannes sorties, cuissardes.1173612089.jpg

les cuissardes jusqu’à mi-taille, les pécheurs ne voulaient surtout pas rater l’ouverture de la pêche. Les semaines auparavant, les fédérations de pêche avaient procédé à l’alevinage qui consiste à repeupler la rivière avec des spécimens d’élevage. 

Mais ces grandes manoeuvres n’ont pas été du goût de tout le monde. 500 mètres plus loin, traversant une prairie, deux chevreuils se hâtent de quitter l’abri familier de la ripisylve, désormais envahie. Malheureusement, pas d’appareil photo sous la main pour fixer cet instant (merci à l’association AAFF pour cette illustration).

Décidément l’ouverture de la pêche n’est pas un long fleuve tranquille.

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Préparez les layettes !

Bien avant Noël on était au courant : Nora, ma fille aînée – 22ans- et Chloé, ma belle-fille, la fille de ma première épouse – 28 ans- se retrouvaient enceintes presque en même temps.

noel-49.1170146812.JPGEt, déjà au réveillon, les ventres s’arrondissaient, annonçant les heureux événements pour le mois de Mai.

 Depuis les futures mères sont revenues en exhibant leurs échographies du 5ème mois. Alors, pour Nora ce sera un garçon et pour Chloé une fille ( Célia, l’aînée, 7 ans aura donc une demi-sœur de plus, après Héloïse, 2 ans et Aymeric, quelques mois, du coté de son papa Moh). 

Joie des familles recomposées : Nora et Chloé, bien qu’elles n’aient aucun lien de sang, se désignent comme sœurs – avec les frères,comme les 6 jeunes de la tribu de la Buchette – c’est plus facile, sinon il faudrait deux plombes pour expliquer la parenté. Et on peut penser que la génération suivante n’aura pas de scrupules à se présenter comme cousins. 

Alors les futurs grands-parents  (et beaux grands-parents) se préparent moralement –et matériellement : racheter un lit-parapluie – à se retrouver avec des bébés dans les pattes, après l’épisode de Célia en 2000, lorsque sa mère, Chloé, en rupture de couple s’était réfugiée un moment à la Buchette.

 Bienvenue à la nouvelle génération !

Adieu Betty

Vendredi soir, nous sortions chez des amis. En prenant la voiture sur le parking nous avions bien remarqué que notre chatte Betty nous faisait un brin de compagnie. Nous n’aimions pas la voir traîner sur le chemin de la Buchette, car nous savions qu’elle était plutôt insouciante dans ses déplacements. Mais, de toute façons, elle entrait et sortait comme elle voulait en sautant sur le mur, en escaladant le pin ou en exploitant un trou dans la clôture.

 betty-bis.1169888475.jpgAvant minuit, sur le chemin du retour, notre voisin nous téléphona pour nous annoncer qu’elle avait été fauchée par une voiture devant notre portail, morte sur le coup.

Elle n’avait pas un an et déjà de bien nombreuses péripéties dans sa brève existence. betty-pansement.1169888444.jpg

Le fait de s’être sortie de situations difficiles semblait lui avoir donné une absence totale de crainte, une confiance dans sa bonne étoile qui lui avait réussi tant de fois … jusqu’à la dernière.

Elle vivait donc avec 30 g de métal dans la patte, ce qui faisait dire aux enfants que c’était la première chatte bionique de la famille.

C’était une chatte particulièrement familière : elle venait se glisser la nuit dans notre lit ou se caler dans le fauteuil dès qu’on se posait un moment. Quiconque à la maison pouvait la prendre dans les bras et la trimballer sans qu’elle proteste le moins du monde.Il n’était pas rare qu’elle accompagnât dans leurs promenades quotidiennes le chien et les maîtres, toujours à portée de vue, ou en laisse, lors de nos escapades en terrain inconnu, en Camping-car.

betty-michelin.1169888498.jpgElle était, toujours partante pour une nouvelle destination, prête à s’installer dans le fourgon .Et puis, c’était une vraie compagne de jeu pour le chien : même âge, même goût pour les poursuites, pour des parties de cache-cache interminables.

  Mais elle était  aussi extrêmement indépendante, disparaissant souvent la nuit, quelquefois plusieurs jours d’affilée. Le goût du grand air, de l’aventure et aussi du changement (s’installer quelque temps chez la voisine, avant de réapparaître) était plus grand que la recherche du confort.

La vie des chats en terrain libre est souvent brève, particulièrement ceux des mâles souvent en chasse, batailleurs et aventuriers. Les femelles connaissent  en général des parcours  plus tranquilles et plus longs, une fois que la curiosité et l’insouciance de la jeunesse s’éloignent et que les premières portées de chatons arrivent, les transformant en mères respectables.  Il n’a pas été donné à Betty d’avancer vers cette étape plus sereine … et moins dangereuse.  

 Pendant ses six mois à la Buchette, Betty  avait  beaucoup mobilisé  nos soins, notre attention. Elle n’avait pas été une ingrate ; elle avait apporté sa part de joie et de bonne humeur dans la maison. Tout le monde la regrettera.

Toscane, Ombrie : les saveurs d’automne

A la différence de l’année dernière où nous avions des envies d’horizons lointains (Maroc et finalement Portugal),  nous n’avions pas prévu pour cette fin d’année de nous éloigner de la Buchette. Mais lorsque Philippe nous a parlé de son projet de Toscane et plus loin, l’Ombrie, l’idée a fait son chemin.

 Et finalement le fourgon était prêt à partir, avec son équipage ( le chien , le chat et les maîtres ) , le lendemain matin de Noël. nez-a-nez.jpgC’était la première fois que nous allions partir avec un autre camping car. Philippe et Béa avaient amené leur fils Léopold. Ils ont toujours rencontré plus de succès que nous  auprès de leurs enfants pour les escapades motorisées.

 Nous avons rapidement trouvé un modus vivendi (ou plutôt movendi) qui convenait à tout le monde. Chaque matin, nous définissions la cible pour l’étape du soir, libre à chacun d’y parvenir selon son rythme et ses envies. 

 Mais de fait, il n’était pas rare de se retrouver ici en haut d’un col à l’entrée du Mugello, randonnéel’accès nord de la Toscane,  pour une petite randonnée ou là Gubbiodans la petite ville renaissance de Gubbio, adossée à un éperon rocheux impressionnant, dominé par la cathédrale San Ubaldo, havre de paix après une longue ascension entre les cyprès et les oliviers. 

Cette manière d’avancer de conserve est sans doute à l’image de notre compagnonnage à Philippe et moi : les étapes sont plus ou moins longues, les itinéraires divergent parfois, les distances souvent s’allongent mais le lien s’est toujours  maintenu depuis le moment où, il y a trente ans, nous nous sommes retrouvés journalistes militants dans le même journal quotidien. Quatre ans plus tard, c’est aux fourneaux que nous partagions l’aventure du Café de la Plage, un restaurant–librairie orienté vers la bande dessinée. Malgré son parcours ultérieur au profit d’une autre passion : la radio,  Philippe est resté une fine gueule et un cuisinier inventif et curieux.  

Et, de fait, la fin de l’automne en Toscane est une période intéressante pour un parcours gourmand : c’est en décembre que l’on trouve à la vente l’huile d’olive nouvelle de l’année. recolte-olives.jpgEn effet, le gel précoce sur les collines de Toscane amène les producteurs à récolter plus tôt que dans les régions plus méridionales : selon les connaisseurs, il en résulte une huile plus « verte », un peu trouble, légèrement âpre et moins acide que celle provenant de récoltes plus tardives. 

 C’est aussi la période où les marchés forains sont particulièrement riches aux approches des fêtes : les parmesans frais découpés après un ou deux ans de mûrissement, la Mozarella di buffala flottant dans de grands seaux de petit lait, la charcuterie du nord de l’Italie avec son speck ( un jambon crû fin tranché), sa Bresaola ( sorte de viande des Grisons, en  plus moelleuse).  Et puis de magnifiques oranges de Sicile qui arrivent juste à maturité. Et une multitude de légumes verts : salades mélangées, cerfeuil, bettes, épinards et  rapa, une rave dont on consomme les feuilles.

La Toscane est aussi un grand fournisseur de champignons : les cèpes,  les bolets, les girolles à tous les étals et puis un des meilleurs terroirs pour la truffe : il tartuffo , tartufosurtout la blanche – Tuber magnatum Pico qu’on ne trouve qu’ici, vendue dans les villages. Cela nous a incité à quelques expérimentations culinaires. La truffe fraîche n’a rien à voir avec ce qu’on trouve en conserve, à condition de maîtriser suffisamment les préparations. Le parfum puissant a vite empli le petit volume du fourgon. 

Nous avons laissé à l’Ouest les riantes collines de Florence pour aborder l’Ombrie à la végétation plus dense et plus austère. Précisément la haute vallée du Tibre qui alimente le fleuve jusqu’à la capitale. Sur son parcours,  de vieilles villes dans leurs remparts ( città di Castello, San Sepulcro …) et évidemment Perugia, la capitale de la région et le siège de l’université pour les étrangers qui viennent du monde entier pour apprendre la langue et la culture italienne.  Le centre historique se trouve perché sur un promontoire perugia1.jpgqui domine la vallée et les faubourgs qui s’étagent le long des pentes. La circulation automobile, quasiment impossible, a amené la ville à développer des modes alternatifs de déplacement. On marche beaucoup à pied et lorsque la pente est forte, on trouve des ascenseurs ou des escaliers mécaniques.

 rocca-paolina-perugia.jpgParticulièrement dans la Rocca Paolina, cette forteresse ancrée dans le rocher et qui accueille dans ses couloirs, ses rues souterraines, ses escaliers une foule de piétons en marche. Au-dessus, l’air de rien,  une esplanade, des jardins et la préfecture.

Perugia est une halte apprécié de nos amis Camping-caristes (on dit simplement Camper)  italiens, camper-perugia.jpgprincipalement le parking Bove (on prononce Bové , même si José n’est pas très connu là-bas) qui se trouve plein ce jour-là. De toute façon, les Campers sont nombreux sur les routes italiennes, et en toute saison. Dans la moindre bourgade, on trouve des haltes bien équipées de toutes les commodités.   Cette ville est vraiment intéressante, il faudrait au moins trois jours pour épuiser notre curiosité dans le dédale de ses ruelles et de ses monuments.

Hélas, il faut se rapprocher de notre retour. Un crochet par Corciano, village historique à 10 presepi-2-corciano.jpgkm à l’ouest, commune jumelée avec Civrieux d’Azergues où j’ai longtemps vécu et où les enfants ont leur deuxième maison. Les affiches signalaient dans toute la région la crèche et les santons (i presepi) installés partout dans le village, dans une étable, dans des cours, un atelier, sur la place pour représenter la vie des villageois et des différents métiers dans le temps jadis.   

Nous finissons la journée au bord du Lac Trasimène, le plus grand lac de l’Italie centrale, à Tuoro, sur le site de la terrible bataille où Hannibal défit les légions de Flaminius. tuoro-trasimene.jpg16000 soldats y trouvèrent la mort. On dit que les eaux du lac en furent rougies pendant plusieurs jours. Sur la rive, sont dressées, depuis quelques années, des colonnes, œuvres de divers artistes, taillées dans cette pierre sombre et dure qu’on trouve dans la région.  Le matin du 31 nous reprenons la route jusqu’à Modène. Modène c’est le berceau de Ferrari et la capitale du vinaigre balsamique. modene.jpgIl ne faut cependant pas oublier que  le centre historique est classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

 C’est là que nous passerons le réveillon, dans le fourgon de Philippe et Béa avec foie gras, gnocchi au saumon et prosecco à volonté. Mais bien avant minuit les habitants des environs convergent vers le centre. Nous sommes entourés de familles, de bandes de jeunes munis des feux d’artifices les plus sophistiqués – et les plus bruyants. Moins courageux que nos compagnons de route, nous irons finir la nuit sur un parking un peu à l’écart.

Avant de reprendre le tunnel du Fréjus, nous voyons la neige fraîche sur les pentes des contreforts alpins. Ça y est, l’hiver regagne un peu de terrain.