Sacré FILO !

Et voilà , c’est Filo, arrivé le 17 mai à 12 h 40, pesant 3 kg 660, très serein devant sa nouvelle vie . Les parents, Mona et Andréas, sont ravis et fatigués.
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Mais Filo ! C’est quoi ce prénom ? A entendre les parents, c’est lui-même qui l’aurait choisi , tant Mona et Andréas l’ont spontanément désigné ainsi, comme un message reçu de l’au-delà des bébés.

Aucun exemple, aucun dictionnaire de prénom ne les ont inspirés. Ne cherchez pas non plus dans les diminutifs (de Philéas , par exemple ou de Philos , comme ses amis désignaient Charles Darwin pendant son long voyage). Non Filo, c’est Filo !

nono-filo.1242882776.jpg Alors bienvenue, Filo ! se félicite le grand-père devant la croissance de la troisième génération.

berceau.1242883035.jpgLes habitués du Clairon connaissent l’histoire précipitée du couple de ses parents, mariés avant même d’avoir trouvé travail, logement et titres de séjour pour la future maman. Les deux époux n’ont pas les deux pieds dans le même sabot :

tout était réglé et prêt pour le 9 mai, lendemain de la victoire et date déterminée par les autorités médicales comme issue normale de la gestation. Dans la chambre le berceau était à sa place.

filo-zoom.1242883723.jpg Mais Filo ne l’entendait pas ainsi et a préféré prendre son temps, laissant ses parents fréquenter la maternité tous les deux jours pour surveillance médicale. Le manège a duré ainsi 8 jours… jusqu’à la fête organisée pour les anniversaires de son oncle ( 1er mai) et sa tante (5mai) , qui avait un parfum de retour aux sources et …. au bac à sable. titan.1242883481.jpg

Est-ce le rêve prémonitoire de Nora, est-ce l’ambiance, la musique, la danse, les vapeurs d’alcool (boudé par ses deux parents qui se doutaient de quelque chose )… qui ont déclenché la sortie ? Toujours est-il que la soirée festive s’est terminée pour Mona et Andréas dans la salle d’accouchement.

cousin.1242884045.jpg Un accouchement sans souci, un rétablissement rapide. Au bout de 72 H, Filo se retrouve à la maison dans son berceau.

Le temps est venu de se montrer aux amis, oncles et tantes et … cousins – Antonio en l’occurence  pas vraiment intéressé par cette petite chose. grands-parents.1242927361.jpg

Le temps, aussi pour Andréas de se poser avec son fils et de prendre son congé de paternité. Le temps enfin de préparer la venue des grands parents accourrus depuis Beyrouth, ravis de découvrir leur premier petit-fils et de prendre contact avec la famille d’Andréas.

Fast wedding

On connaît le fast food , on a vu arriver le speed dating. Andréas, mon fils cadet, 22 ans, a inventé avec Mona le fast wedding, le mariage éclair :mona-et-dede-77.1223303313.JPG

 – 10 jours pour se décider, fixer la date, prévenir les proches, juste le délai de publication des bans imposé par la loi.

– 3 jours pour définir le déroulement de la journée, arrêter la liste des invités et préparer la fête.Il faut dire qu’ils n’avaient pas bien le choix, les fiancés. Mona se trouvait avec un visa étudiant qui ne pouvait pas se renouveler éternellement et elle avait raté plus d’une embauche à cause des formalités. Et les amoureux n’avaient pas envie d’affronter une séparation avec un retour imposé vers le Liban, pays d’origine de Mona.

Du coté d’Andréas, qui termine à peine son master 2, il lui fallait assurer : trouver un appartement pour installer sa petite famille, décrocher un job et différer d’autres projets plus aléatoires. Pari en passe d’être gagné dans des délais aussi courts que le mariage.

Pour l’organisation de la journée,  deux tendances s’affrontaient  :

-les minimalistes réalistes : on n’a pas le temps d’organiser. Ce sera un mariage quasi-clandestin. On paye juste le café aux témoins après la mairie (c’est comme ça que je me suis marié la première fois en 1971, c’était avec Annie.)

-les maximalistes insouciants : on invite tout le monde et on improvise !

nora-temoin.1223304229.jpg Et au milieu,  Nora (ci-contre, témoin à la mairie) s’est imposée, la sœur aînée qui tenait à concocter une belle fête pour les mariés, en prenant les moyens réalistes de la préparer : location de chapiteau, chauffage, boissons, buffet. C’est elle qui a eu le dernier mot, avec l’aide logistique de son père, des parents et amis.

 

Ce fut une belle journée.

La météo nous a évité le froid et la pluie qui étaient à craindre. L’affluence fut grande, surtout  dans la classe d’âge des fiancés , là où le téléphone et les textos circulent à la vitesse de la lumière, moins dans la génération des parents qui avaient hésité à convier leur génération d’amis et de parents dans des délais aussi courts.

La petite salle des mariages étaient pleine. L’adjoint au Maire a rappelé devant les époux les enjeux du mariage et de la vie commune. Ensuite Murielle, l’indispensable voisine et amie, a ponctué d’une chanson tendre et émouvante ( librement adaptée de J’envoie valser de Zazie) cet instant unique où deux jeunes gens, les poches vides et des projets pleins la tête s’engagent l’un vis à vis de l’autre et face à tous les proches.

(En cas de débit insuffisant, lecture saccadée, vous pouvez mettre en pause le temps que le téléchargement avance)

hanna-texte.1223400165.jpg Hanna, la mère d’Andréas, fait alors appel à la poésie de Khalil Gibran, auteur libanais du Prophète,  texte d’amour et de sagesse, pour accompagner ce moment.


Quand L’amour Vous Fait Signe, Suivez Le.

Bien Que Ses Voies Soient Dures Et Rudes.

Et Quand Ses Ailes Vous Enveloppent, Cédez-Lui. […]

Aimez-Vous L’un L’autre, Mais Ne Faites Pas De L’amour Une Chaîne.

Laissez Le Plutôt Etre Une Mer Dansant Entre Les Rivages De Vos Ames.

Emplissez Chacun La Coupe De L’autre, Mais Ne Buvez Pas A La Même Coupe.

Donnez A L’autre De Votre Pain, Mais Ne Mangez Pas De La Même Miche.

Chantez Et Dansez Ensemble Et Soyez Joyeux, Mais Laissez Chacun De Vous Etre Seul.

De Même Que Les Cordes Du Luth Sont Seules Pendant Qu’elles Vibrent De La Même Harmonie.

Donnez Vos Cœurs, Mais Pas A La Garde L’un De L’autre.

Car Seule La Main De La Vie Peut Contenir Vos Cœurs.

Et Tenez-Vous Ensemble, Mais Pas Trop Proches Non Plus :

Car Les Piliers Du Temple Se Tiennent A Distance,

Et Le Chêne Et Le Cyprès Ne Croissent Pas A L’ombre L’un De L’autre.

temoins-et-maries.1223467955.jpgVient le moment des signatures, pour les mariés et les témoins. Mona est accompagnée des deux soeurs d’Andréas, Clara, la cadette et Nora, en tant que témoins. Pour Andréas ce sera ses deux colocs qu’il connait depuis le berceau pour Tristan, le collège pour p’tit Ben ( qui a gardé son surnom, bien qu’il soit maintenant un grand gaillard). Tout ce petit monde pose patiemment devant les flashs qui mitraillent .

 choeur.1223471123.jpgL’assemblée ne se disperse pas sans que Murielle reprenne sa guitare. Tout le monde reprend en choeur une version adaptéé des copains d’abord de Georges Brassens qui est devenue :  

L’amour d’abord 

(…)  Mona et  Dédé  se marient!

C’est une page bien jolie

D’une belle histoire d’amour sincère,

Oui, mais pas pépère!

On vous souhaite tout c’que vous voulez,Santé, boulot, prospérité…

Mais surtout de l’amour d’abord, de l’amour d’abord!!! 

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Dehors, la noce s’attarde.  Chacun s’efforce de se faire photographier avec les mariés : Parents, amis, collègues d’études : Chaque cercle de relation s’affiche ainsi devant les objectifs, tour à tour photographes puis photographiés.

vin-d-honneur.1223476684.jpgUn peu plus loin chez Hanna, les bouchons de Champagne commencent à sauter et les flutes à se remplir. Les invités se pressent, se reconnaissent, découvrent les derniers arrivés, échangent les nouvelles. Des bulles, des bulles blondes ou rosées. Chacun se retrouve un verre à la main.

96xwgofqbg44anqxizzsnhqkddecjf00300.1223477229.jpgAprès la solennité de la cérémonie, c’est le moments des plaisanteries qui fusent, des chansons plus ou moins improvisées et des discours moins officiels.

Honneur à la belle-mère c’est Danièle qui prend la première la parole:        Chère Mona,

« Je me souviens qu’Andréas t’a présentée à nous le 3 juin 2007 et j’avais noté à l’époque dans mes petits cahiers :« Andréas nous présente Mona : intelligente, décidée, attentive, directe, ainée de 5 enfants, libanaise, jolie, 27 ans, en master 2, capricorne du 3 janvier 1980….Parfaite ! »

Un peu plus d’un an après, il n’y a rien à changer….mais que de chemin parcouru !Mais il n’en fallait pas moins pour emporter cet adolescent qui dialoguait avec les sphères célestes, ce champion des pouvoirs immatériels, ce navigateur des mondes futurs, ce rêveur des forces de l’esprit.Et tu en as fait un homme décidé, efficace, concret et amoureux…capable de se trouver un travail en 1 jour, et bien payé en plus (là tu nous épate Andréas). 

Sans rien renier de ta personnalité, Mona tu as très vite fait ta place dans la famille et auprès des amis de toujours que sont p’tit Ben et Titan jusqu’à accepter de coloquer avec eux (pas trop longtemps certes… mais là tu nous épates Mona). 

 Vous avez tous les deux la conscience de votre valeur et la certitude que vous méritez de choisir la vie dont vous rêvez. Quand vous nous avez reçus cette année au moins d’aout, dans cette superbe maison de la montée  du Gourguillon, j’ai compris que vous aviez raison de penser que la vie ne vous devait rien moins que cela. Certes, vous viviez au sous-sol, mais comme des princes ! Vous avez raison d’y croire, ce monde est vieux mais il a besoin de vous pour le bousculer et le faire changer ! 

Vous allez amarrer votre soucoupe à St Didier au Mont d’or à deux pas des berceaux de la famille recomposée. Voilà qui ne va pas trop nous changer. Mais ce n’est que le début de l’histoire : aujourd’hui vous vous mariez, nous vous souhaitons d’être heureux et d’avoir beaucoup d’enfants. » 

norbert-discours.1223482379.jpgClins d’œil, sourires, rires, l’assistance en redemande. C’est à mon tour de monter sur la chaise et de donner le point de vue du père du marié. 

Fast Wedding  « Tout d’abord, je voudrais avoir une pensée pour celui qui nous réunit aujourd’hui, celui qui a conduit nos deux tourtereaux encore insouciants à s’engager officiellement ,de manière aussi précipitée, devant le maire.

Jbrice-hortefeux.1223482552.jpge veux parler de … Brice Hortefeux qui, non content de faire la chasse aux immigrés clandestins, cherche à pourrir  la vie de tous les étrangers en France, étudiants, salariés, avec ou sans papiers, faisant des institutions de notre pays une machinerie xénophobe.

Mais comme nous savons tous « A quelque chose, malheur est bon » En l’occurrence, cette contrainte amène nos deux amoureux à accélérer le tempo et à brûler les étapes. Ce n’est pas moi, après trois mariages, et six enfants dans le sillage qui vais reprocher à mon fils de s’engager trop vite dans une carrière conjugale et familiale.Mais je dois avouer qu’il nous a surpris, l’animal ! Qui donc, dans la tribu, l’aurait désigné comme  le premier à suivre l’exemple de Chloé, l’aînée  qui s’est mariée ici même en 1999. Qui aurait cru que ce serait l’avant-dernier des frères et sœurs qui les coifferait tous sur le poteau. 

 Il faut dire qu’Andréas a toujours été précoce. Il savait lire avant le CP. A 12 ans il avait décidé qu’il serait  développeur en jeu video, à 16 ans il décrochait son bac, à 21 ans un master 2.  Mais je n’aurais pas su dire s’il était précoce avec les filles, voire même prêt pour le mariage  et la vie conjugale. La démonstration en est aujourd’hui faite.   

dd-et-tristan-bateau-lego.1241290019.jpg Il faut dire aussi qu’il est tenace. Quand il était petit je l’appelais Idéfix  tant son désir se faisait insistant, récurrent pour ce bateau play Mobil qu’il avait vu chez des voisins, pour cette moto électrique

moto-electrique.1223482812.jpgà laquelle il ne voulait pas renoncer malgré la résistance des parents. Alors j’imagine que notre Idéfix s’est promis de conquérir, séduire et retenir cette belle étrangère qui avait croisé sa route. Il n’a eu de cesse  d’arriver à ses fins.

Et puis dans ce mariage, je ressens un peu le parfum du Liban .J e regrette  que les circonstances n’aient pas permis à Mona d’associer sa famille, ses amis de Beyrouth à ce départ pour une nouvelle vie.liban1.1223482845.jpg

Je ne suis jamais allé au Liban, mais ce pays m’est familier et cher à mon cœur. Depuis 1976, en pleine guerre civile où j’hébergeais des réfugiés de Beyrouth qui sont devenus mes amis, jusqu’à ces dernières années où nos amis Diab faisaient partie de la famille.

Mona est attachée à son origine et je ne doute pas qu’elle ait parfois le mal du pays. Mais je sais qu’elle est avant tout désireuse de vivre l’aventure universelle de la connaissance et du développement de tous les hommes et de tous les pays. C’est une véritable citoyenne du Monde. Nous sommes heureux de l’accueillir parmi nous.

Un dernier mot sur ce mariage : vaguement improbable deux semaines en arrière, la physionomie de la cérémonie, le nombre des invités n’étaient pas fixés il y a trois jours encore. Bref un air de mission impossible. Devant le défi, tout le monde a été vraiment réactif.Et tout se présente bien maintenant grâce à la ténacité des fiancés et à l’efficacité de la parenté et des amis, surtout Nora qui tenait vraiment à organiser une véritable fête malgré la brièveté des  délais. Et grâce, j’espère, à votre indulgence pour les petits ratés qui ne manqueront pas d’apparaître dans la journée.

Alors maintenant souhaitons aux époux le bonheur, pour longtemps et beaucoup d’enfants ! « 

Sur ces belles paroles, les invités étaient conviés à une soirée organisée – dans l’urgence- à la Buchette. Chapiteau, feu decheminée et terrasse pour les moins frileux, tous les espaces se sont révélés utiles à une assemblée joyeuse et un peu bruyante au fur et mesure que la soirée avançait.

Alors, fast wedding,  mariage éclair ou  noce surprise, cela n’empêche pas de trouver l’émotion, la chaleur humaine et la gaité.

A qui le tour, maintenant, dans cette bande de 20 à 30 ans ? L’avenir nous le dira !

 

Galères internet

Le Clairon est bien silencieux depuis plus d’un mois. Et pourtant, plus d’une fois je me suis mis au clavier, des idées et des images plein la tête. .. Mais au bout de quelques minutes, patatras ! DECONNEXION !

Je relance la live box , les LED se rallument , le réseau est de nouveau là . L’espoir revient et me relance dans ma saisie. Pas pour longtemps… hélas !

C’est ce qu’on appelle une panne intermittente, le cauchemar de tous les dépanneurs.

logo-orange.1210869142.jpgIl faut bien se résoudre à appeler la Hot Line d’Orange. Mais sur quel téléphone ? Je n’ai plus d’abonnement France Télécom et mon téléphone internet est en carafe comme le reste (avec la télé d’ailleurs, heureusement je ne regarde jamais la télé).

Bref, ce sera sur mon portable. Le temps d’attente n’est pas décompté … si on appelle sur la ligne fixe de l’opérateur. Autant dire que mon forfait de 2 heures sera au bout du compte pulvérisé.

Les opérateurs de la Hot Line sont toujours très polis. Après l’exposition du problème (le caractère « intermittent » de la panne le laisse de marbre), mon premier interlocuteur me fait procéder à un reset de la live box. On reparamètre ensuite la connexion et … tout remarche.

Soulagement et gratitude.

Mais la sournoise panne intermittente n’a pas dit son dernier mot. Au bout de quelques heures de tentatives désespérées, je me retrouve de nouveau en contact avec la Hot Line pour finalement répéter la même procédure. A chaque fois, je signale -sans écho chez mon interlocuteur- une panne antérieure, avant l’ADSL ( la préhistoire en quelque sorte), sur mon téléphone filaire qui avait amené le technicien à incriminer une rupture partielle du câble souterrain.

Ce n’est qu’à mon troisième appel (au bout de 2 h de communications inutiles) que l’opérateur se résout enfin à solliciter les « experts ligne ». Dès lors l’espoir renaît, en attendant le coup de fil de ces maestros des courants faibles qui sont capables, par des pouvoirs inconnus de moi, de diagnostiquer à distance l’état d’une ligne. Magique !

L’expertise renforce le soupçon sur la ligne. Dès lors c’est à un technicien en chair et en os que j’ai affaire la semaine d’après. Son diagnostic est clair : le câble souterrain est endommagé ! Comment faire ?

« Dans le temps (du temps du monopole public) France Télécom se chargeait de tout. Maintenant on n’intervient que sur le domaine public, de l’armoire de branchement jusqu’à votre porte. Il faut que vous retrouviez le passage de la ligne sur votre propriété, en creusant un peu partout et jusqu’à un mètre de profondeur. Et encore, vous avez de la chance la semaine dernière, j’étais chez un particulier qui avait 80 mètres à explorer. » panneau-travaux.1210869399.jpg

Le technicien dans un élan charitable me promet en partant de m’indiquer les coordonnées d’un gars qui me prendrait pas trop cher –au noir, parait-il-

Dès son départ, le découragement me submerge. Je ne me vois pas, jouant les terrassiers du dimanche, retourner de fond en comble les dix mètres de cour qui séparent le portail de la porte d’entrée. Prenons le temps de la réflexion.

Après tout, il n’y a pas que Orange sur terre : Free, Cegetel et autres opérateurs alternatifs. Renseignement pris, ils sont tous obligés de passer par France Télécom lorsqu’il y a un problème sur la ligne. Retour à la case départ.

logo_numericable.1210869497.gifEt Numéricable ? Il y a justement une borne de branchement sur la rue devant la maison. Le lendemain, je suis dans leur boutique de Vaise : 29€90 pour une connexion de 30 Méga, téléphone et télévision, Bingo ! Le technicien sera chez moi le mercredi suivant.

Mercredi, à l’heure dite, le technicien commence à repérer les lieux pour l’installation. Arrivé à l’ouverture de la borne, le verdict tombe : « la borne n’est pas en service, le câble n’est pas branché. Pour installer un point de branchement, Numéricable doit faire appel à un autre intervenant (ils sont tous sous-traitants) chargé de la maintenance réseau. Je leur fais passer un rapport »

Les jours passent, sans nouvelles (et toujours sans connexion fiable). Je tente la Hot Line : «Vous êtes en attente d’une étude de connexion. Vous serez contacté par nos services».

J’essaye la boutique de Vaise : « fermeture exceptionnelle jusqu’à midi ». J’y repasse le lendemain à l’ouverture : une file d’attente devant une grille fermée. « L’ouverture est reportée d’une heure ». Je vais prendre un café, lis le journal. Ca y est, la boutique est ouverte.anpe_queue.1210869699.jpg

A l’intérieur, six guichets mais seulement deux malheureuses opératrices se démènent face à une queue compacte et bougonnant. On se croirait à l’ANPE un jour de grève.

Je comprends alors mieux la réputation exécrable du service client de Numericable qui avait été placé l’année dernière sous la surveillance de la Répression des Fraudes. Et je m’interroge sur l’optimisme de l’UFC-Que choisir : « Après une période noire, Numéricable a amélioré sa qualité de service. Mais tout n’est pas résolu »

Finalement, la semaine d’après, une opératrice compréhensive a pris bonne note de mon impatience légitime, s’engageant à faire le nécessaire auprès du sous-traitant … et j’attends toujours.

Mais, heureusement, les beaux jours sont arrivés. Quel rapport avec Internet, me direz-vous ?

Eh bien ! Là-bas, sous la terre, le fameux câble endommagé craint l’humidité. La présence d’eau multiplie les court-circuits. Si bien que, lorsque le temps est plus sec, ma connexion est presque normale. En attendant que les fournisseurs d’accès internet me trouvent une solution moins aléatoire….

service-clientele.1212302472.jpg Et pour rire – jaune- de nos mésaventures avec les services clients, un livre désespérant mais salutaire:

 » Des caisses d’hypermarchés aux péages autoroutiers, des halls d’aéroports aux guichets d’ex-services-publics-privatisés, il fallait continuellement attendre son tour pour se renseigner, attendre son tour pour payer, attendre son tour pour retirer la marchandise, embarquer très en retard sur des vols surchargés, franchir très lentement des kilomètres d’embouteillages. Et si, par malheur, votre cas finissait par échapper aux cases prévues automatiquement, alors commençait le cycle beaucoup plus long des vaines réclamations à un personnel dépassé, lui-même, par la logique aveugle de cette organisation.  » (Présentation de l’éditeur)

 

Le dernier Voyage de Mammy

mammy-chien.1205742555.jpg Depuis avril 2006, ma mère vivait, bon gré mal gré,dans une maison de retraite, un peu hors des lieux et des temps qu’elle ne reconnaissait plus. Seuls repères, bien vivaces ceux-la, les visages de ses enfants, petit-enfants et des proches qui la visitaient. Même les soignants de la maison de retraite (pas tous, car elle avait ses têtes !) avaient droit à ses signes de reconnaissance et de sympathie. Et puis, le chien que je lui amenais à chacun de mes passages ou qu’elle bichonnait lorsqu’elle se déplaçait jusqu’à la Buchette.

Mais dès la fin de l’année, son état s’est brutalement dégradé, avec de violentes douleurs qui ont nécessité son hospitalisation, fin janvier. Après quelques tentatives, la médecine s’est résigné à soulager la souffrance, sans espoir de rémission. Elle s’est éteinte à 95 ans, un matin, le 7 mars.

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés autour d’elle, mardi dernier dans la chapelle de l’hopital Charial. C’est Danièle, notre soeur, la fille ainéé, qui a pris la parole:

« Nous enterrons aujourd‘hui notre maman , mes frères et moi.Pour un moment encore elle est parmi nous ,entourée de toute sa famille  » Ils sont venus , ils sont tous là… » , même le petit Antonio, la petite Lucile… et de vous tous ….Merci !

Je voudrais vous la présenter un peu, retracer brièvement son parcours , qui est un long parcours de presque 96 ans .

Une relation qui sera , bien entendu , très subjective ….

De plus , toute sa jeunesse , sa vie de très jeune- femme , je ne la connais que par les récits qu’ elle nous en a fait , par les nombreuses photos, mais je m’ appuie , également , sur les témoignages de ses amis d’ enfance du patronage des Charpennes à Villeurbanne , comme Augustine , l’ abbé Gadriot , ses amis de la Drôme…que j’ ai connus dans ma jeunesse ..

De ses anciennes guides,aussi,qui avaient gardé un si vivant souvenir de leur « Cheftaine Yette » , du cousin Marcel de mon père , qui avait créé le GSL , qui est devenu par la suite le Club Alpin Français, qui nous parlait de la belle descendeuse qui aimait aussi tant le saut à ski .Les souvenirs également de son neveu , mon cousin Maurice ,ils n’ont que 13 ans de différence ; qui a toujours été si proche de sa « jeune tante Yette , si élégante »

Maman est donc née en juillet 1912, 4°enfant de la famille et la 1° fille , c’ est dire qu’ elle a été adorée de ses parents , particulièrement de sa chère maman , qu’ elle a tant appelé , du reste, tout au long de ces 5 dernières semaines et également de ses frères . Elle gardera de ces premières années un souvenir de grande liberté .

Mais 1914 est bientôt là , 4 années sans père à la maison , sur le front de l’ est pendant toute la guerre …..elle ne le reconnaissait plus quand il revenait en permission…..


1925 , elle a 13 ans ; chômage des hommes de la famille ; elle est obligée de quitter l’ école pour travailler dans une filature, la seule paie qui rentrera dans la famille ; c’ est un déchirement …elle adore étudier ….

Elle apprend toute seule la sténo , l’ anglais en cours du soir et devient vers 15 ans sténo- dactylo , puis assistante de direction , métier qui la passionnera .

Modernité, curiosité d’ esprit, enthousiasme sont ses caractéristiques ; elle fait partie du patronage des Charpennes à Villeurbanne ; elle y pratique l’ amitié, le théatre , le chant , la danse ….

Et puis , 1932, la mort de ses 2 parents , elle a 20 ans .

Elle découvre le Scoutisme féminin catholique qui débute à Lyon sous l’ égide de MGR LAVARENNE, qui sera , du reste, l’ aumônier de sa compagnie , la 3° .Guide- aînée, puis cheftaine de guides .

Sa quête de spiritualité, son goût de l’ action sont comblés. Elle découvre, aussi, les voyages, la route, L’ Autriche et Venise en camp itinérant en 1936….

Mais aussi, la Normandie, la savoie …..elle qui n’ avait que peu quitté la région lyonnaise .

Et puis, le SKI, qui sera sa grande passion ,elle s’ inscrit au GSL . c’ est dans une « collective » à Ceillac qu’ elle fera, du reste, la connaissance de son futur mari, qui, lui, est piètre skieur, timoré (….. comme sa fille, du reste) ! Elle qui dévalait les pentes en criant de joie …

1936, elle a 24 ans et ce sont les premiers congés payés.

Elle s’ est mise à la moto avec son frère GABY et ils découvrent ensemble la Côte d’ AZUR, le bateau ….

maries.1205744837.jpg Mai 1939 , elle épouse mon père.

L’ Europe en crise , la guerre éclate .5 années sombres.

Son jeune mari est envoyé en SYRIE en tant que lieutenant dans l’ artillerie.

Elle est enceinte de moi, se retrouve dans une ville inconnue, SÊTE, à la tête d’une entreprise ayant une activité qui lui était également inconnue… mon père rentre de Syrie en avril- mai 1940, et trouve une affaire qui marche bien, elle a tout géré au mieux !

J’ ai toujours dit que ma mère aurait pu tout faire ….Vaillance, courage, goût du travail bien fait, persévérance …

sur-les-quais.1205745549.jpg En tant qu’ épouse, elle est toujours restée aux côtés de son mari, fidèle, courageuse dans les difficultés; Il a toujours pu compter sur elle.

Avec nous, ses enfants, les rapports n’ ont, certes, pas toujours été faciles avec une maman à la grande exigence morale.

En revanche, elle a su nous laisser une trés grande liberté de mouvement. Et moi, qui, par mon métier, ai rencontré tant de parents, je lui serai toujours reconnaissante d’ avoir été une maman intelligente, ayant des projets pour ses enfants.


marc-dany.1205745820.jpg La femme que je suis, également … car elle a attaché, ainsi que mon père, du reste, autant d’ importance à mes études, mes projets personnels qu’ à ceux de mes frères; ce qui était assez rare à cette époque.

Elle était une femme moderne; elle a su, également, évoluer dans sa vision des rapports humains, des codes sociaux, tout au long de sa vie.

Je l’ ai toujours vu beaucoup lire, en particulier les auteurs ayant eu des prix divers ….Goncourt et autres.

Elle avait une grande curiosité intellectuelle et des interrogations …elle a cherché des réponses toute sa vie …

Elle s’ est intéressée à toutes les innovations technologiques du quotidien, c’ est ainsi que nous avons été parmi les premiers à posséder un frigidaire, une Télé, la première machine à tricoter, les premiers robots – cuisine performants, elle qui cuisinait bien, mais peu souvent.

Elle s’ est mise à la photo avec son Reflex; elle a été le photographe de la famille. Ainsi qu’à la vidéo.

Passionnée par l’ astronomie, l’ Univers et ses inconnues, elle a lu pratiquement tous les livres d’ Hubert Reeves, malgré les difficultés liées à sa vue et aux déficits du grand âge.

Elle a adoré les animaux et tout spécialement les oiseaux qu’ elle observait à Sète et à Montagnieu, je me souviens de ce disque de tous les chants d’ oiseaux qu’ elle s’ était procurée .

Enfin, elle a gardé un goût immodéré pour les magasins jusqu’ à un âge très avancé .

Courageuse, ayant le le goût de l’ autonomie, à la mort de mon père en 1977, à 65 ans elle se remet vaillamment à la conduite, avec sa petite FIAT, je dois dire qu’ être son passager vous procurait pas mal de sensations …..vitesse souvent excessive et quand elle freinait, c’ était souvent en ayant oublié de rétrograder ….

Son besoin d’ autonomie l’ a poussée à rester le plus longtemps possible alerte, même dans sa maison de retraite elle passait son temps à se déplacer avec son déambulateur….vous la laissiez un instant à un endroit et à votre retour, elle n’ y était déjà plus …..

C’ est dire que ses douleurs osseuses affreuses qui ont commencé en Décembre l’ ont beaucoup handicapée, rendant sa marche si pénible…. ski-sepia.1205746582.jpg

Et maintenant, je lui souhaite :

De belles pistes neigeuses à dévaler en respirant à pleins poumons l’ air vivifiant qu ’elle a eu tant de peine à trouver ces derniers jours. »

 

 

Après cette brève cérémonie, nous avons accompagné Mammyette (c’est ainsi que mes enfants l’appelaient) dans son dernier voyage, elle qui ne savait plus vraiment où elle habitait, entre la maison de retraite, les hôpitaux, les centres de réadaptation, avec ce souvenir vague mais tenace de son appartement qu’elle imaginait retrouver un jour.

vignes-montagnieu.1205747393.jpgNous la conduisions ainsi vers sa dernière adresse, celle qu’elle n’avait pas oublié : au cimetière de Montagnieu pour rejoindre son mari, au milieu de quelques tombes qui surplombent les vignobles, en plein Sud.

C’est maintenant chez elle.

La Buchette insolite

Sur les chemins aux alentours de la Buchette, au bout des lotissements standards, on peut trouver des surprises et s’imaginer dans quelque voyage exotique.

mexique.1198000052.jpg Au coin de la rue c’est presque l’Andalousie . Il manque évidemment les palmiers et les bassins d’eau fraîche mais avec un peu d’imagination, on se retrouve plus au Sud, une belle journée d’automne.

suede.1198001218.jpg En descendant vers Sanville, on change radicalement de lattitude, avec ce rouge intense qu’on ne trouve qu’en Suède, le falufärg, sous -produit des mines de cuivre de Falun. La simplicité de ces façades de bois, et cette proximité avec la verdure me rappelle cet été 2005, au fond des bois,en Scanie ( la région la plus méridionale de la Suède).

allo-la-lune-ici-la-terre.1198058063.jpg Plus haut, en remontant vers Plambeau, on quitte carrément la planète : Allo, La terre? Ici la Lune ! allo-la-lune.1198058326.jpgAu pied de cette étrange boule de la base aérienne, une construction insolite s’est blottie, telle une base de vie lunaire. Mais, vue de plus près, c’est bien une habitation avec ses baies vitrés qui éclairent un groupe de bulles dominées par des cheminées.

Construites voici quelques décennies, de telles habitations non conventionnelles auraient du mal de nos jours à obtenir leur permis de construire. Et pourtant , dans leur diversité , elle ne portent pas atteinte aux paysages et nous font un peu réver.

Une ZAC à la Buchette !

Monsieur le Maire

Dans le cadre de l’enquête publique préalable, j’ai consulté en Mairie le dossier de la Zone d’Aménagement Concerté de la Buchette.

buchette-ruiseau.1192524702.jpg Ce vallon verdoyant, que traverse un clair ruisseau, abrite à longueur d’année un petit troupeau de chevaux qui y trouvent pâture et ombrage, l’été, sous les quelques frais bosquets, appréciés également par les buchette-chevaux.1192524782.jpg tourterelles qui s’y rassemblent le matin.

Ce tableau bucolique ne sera plus qu’un souvenir, emporté par le flot continu des constructions nouvelles, des routes, des lampadaires, des parkings qui transforment sans cesse notre commune en paysage urbain.

C’est pourquoi je suis opposé à ce projet de ZAC qui prévoit l’installation de 80 logements sur ce site naturel. Mais cet attachement au paysage naturel, qui relèverait, selon les adeptes d’une « modernité » aveugle, d’une époque révolue, n’est pas le seul argument qui milite en faveur de l’abandon de ce projet.

nouvelles-constructions.1192525104.jpg Les équipes élues de notre commune ont fait le choix depuis longtemps du « 100% lotissement » (à quelques petits % près, au centre du village). A chaque mandature a correspondu un projet important de maisons individuelles, sans compter les petits lotissements qui poussent ici ou là au fil de l’eau. Le mouvement n’est pas près de cesser.

lotissements-us.1192524938.jpg Dans quelques années, le territoire de la commune sera entièrement quadrillé par les lotissements, à l’image de ces suburbs, immenses banlieues américaines d’habitat individuel. Il serait temps de s’interroger sur les avantages et les inconvénients de cette formule pour les habitants de notre commune.

La croissance d’une commune, son urbanisation constante, sont-elle forcément un progrès pour le bien-être de ses habitants ?

En revanche on peut penser à d’autres orientations pour assurer le développement d’un village :

diversifier l’habitat résidentiel avec plus de collectifs locatifs, moins dévoreurs d’espace . Cela permet à des jeunes ménages de s’installer et de participer ainsi au renouvellement démographique de la commune. Mais aussi, à des personnes âgées de trouver un logement plus petit et plus pratique et de libérer ainsi leur maison individuelle devenue trop grande et inadaptée. Cela introduit ainsi un peu de mixité sociale et générationnelle dans une population marquée par une homogénéité excessive

Conserver des coupures vertes afin de briser la continuité des surfaces bâties.

Prévoir des cheminements piétonniers (et deux roues) qui permettent de gagner le centre du village – et les arrêts de bus – sans croiser d’automobiles.

Ce n’est pas aux propriétaires vendeurs de terrain, ni aux lotisseurs, ni aux promoteurs immobiliers de décider de l’avenir de notre village. J’espère que nos concitoyens saisiront l’occasion de cette enquête publique pour s’exprimer sur le sujet et indiquer ainsi à nos élus une voie plus respectueuse de notre cadre de vie.

La vague rose

Les présidentielles nous ont apporté, avec la venue d’Antonio , leur lot de surprises. Et pour ce dimanche 10 juin, 1er tour des législatives, nous attendions Chloé à la Buchette. Mais finalement, elle n’est pas venue, handicapée qu’elle était d’une fin de grossesse qui s’éternisait. Le bébé (sa mère commençait à la surnommer Désirée) attendu pour le 2 juin prenait son temps comme s’il voulait attendre les résultats du premier tour, sans s’engager (vers la sortie).

Et c’est bien cette abstention qui a marqué l’actualité électorale de ce dimanche. Mais quelque soit la vague bleue ( rose pour les filles), les sages (-femmes) avaient donné leur consigne : en cas de ballotage, ne pas attendre le second tour pour agir : Il fallait dès le lundi déclencher l’accouchement (d’un monde nouveau ? ).

Désirée fut bien contrainte d’écourter ses préparatifs en vue du second tour. Il n’était pas question de se désister.

lucile.1181669325.jpg C’est donc lundi vers 13 h que l’héroîne du jour (nous savons maintenant qu’elle se prénomme Lucile et qu’elle pèse 3 kilos 910) a bien voulu mettre le nez dehors, affamée et fatiguée de ce difficile épisode. Alors, il paraît qu’elle ne fait rien d’autre que dormir et téter. Et pas de sourire pour les photographes, ça viendra plus tard.

Alors , l’affaire est dans le sac, inutile d’attendre dimanche prochain. D’ailleurs du coté de la Buchette ( 8ème Rhône) l’UMP est passé avec 53 %. Pas de deuxième tour.

Du nouveau entre les deux tours

Décidément cette période électorale a été féconde…  en rebondissements.

 

Dès le dimanche 22avril nous nous retrouvions à la Buchette , sous le soleil, pour une journée électorale à les-deux-futures.1178607227.jpgl’occasion du 1er tour. Et dans l’après-midi , avant les premiers indices de résultats, Nora et Chloé, profitant du jardin sous le soleil, faisaient des pronostics sur la fin de campagne, sachant que Nora était annoncée avec une avance de trois semaines sur Chloé, soit une date de quelques jours après le deuxième tour.  

Finalement Antonio a pris de court tous les observateurs en apparaissant dès le vendredi 3 mai à 11 H , avec un score très intéressant ( 3 Kg 600, 54 cm ) juste un peu au-dessous des prévisions nora-tonio1.1178607413.jpg( l’échographie , pas les sondages) qui le donnaient à 4 Kg à terme. La mère et l’enfant se portent très bien, mais Nora a finalement dû utiliser sa procuration pour voter (Ségolène en l’occurrence, ce n’est pas un secret).

 

Les résultats de Dimanche ont été accueillis avec déception chez les proches. Ils suscitent beaucoup d’inquiétudes sur ce qui nous attend dans les prochains mois.

tonio2.1178607572.jpgAntonio semble partager les interrogations de son entourage mais garde un recul salutaire.

 

 

Mais il n’y a pas que les présidentielles dans la vie ; il faut penser à la suite. Dès Lundi Antonio a disparu de la clinique et du feu des médias. Des témoins assurent l’avoir vu du coté de Civrieux où sa mère vient d’emménager dans un appartement refait à neuf par ses proches et ses amis. La veille au soir, on voyait une armée de peintres, plâtriers, électriciens, nettoyeurs – pour la plupart improvisés- s’activer, tels les lutins des contes,  pour terminer  la chaumière. berceau.1178607897.jpg

 

 

 

La France d’après, heureusement, se fait aussi dans les berceaux !

 

 

 

 

 

 

Benabar : un chanteur pour les lotissements ?

Quatre murs et un toit, c’est une histoire de vie dans les lotissements. Quand on voit de nouvelles constructions s’achever, il faut dire que ça rajeunit tout de suite le quartier;nouvelles-constructions.1174900309.jpg les poussettes et les vélos d’enfants envahissent de nouveau les trottoirs, tranchant un peu sur le lot de tempes grises qui se rappellent le temps où elles sont venues s’installer à la Buchette avec une bande de gamins.

Oui les lotissement naissent, vieillissent, et se transforment avec les générations qui passent. Ou se fossilisent, comme ces maisons que nous avions visitées avant d’acheter à la Buchette. Les chambres d’ados conservées telles quelles, les posters aux murs, le tourne-disque, les maquettes d’avions ou les peluches entassées et ces parents désormais agés, veufs ou dépendants qui se résolvaient à vendre ce sanctuaire, témoin de toute une vie de famille révolue.

J’ai l’impression que les attitudes et les pratiques changent dans les générations montantes. Même si l’acquisition d’une maison ( par ici on n’aime pas parler de pavillon , c’est réservé à la banlieue parisienne) reste une aventure très désirable pour les jeunes couples, il n’y a pas, me semble-t-il, d’enracinement, de sacralisation de la propriété familiale. Rien d’étonnant dans une société où les repères changent constamment : travail, couple, modes de vie.

Témoin : les multiples changement de propriétaires autour de nous dans un lotissement qui date de 30 ans. Et les nouveaux venus n’hésitent pas à transformer, agrandir, améliorer.

Alors Benabar nous raconte un peu cette histoire, à la fois banale et touchante  mais un peu nostalgique du passé , ne trouvez-vous pas ?

Un terrain vague, de vagues clôtures, un couple divague sur la maison future. On s’endette pour trente ans, ce pavillon sera le nôtre, et celui de nos enfants corrige la femme enceinte. Les travaux sont finis, du moins le gros oeuvre, ça sent le plâtre et l’enduit et la poussière toute neuve.Le plâtre et l’enduit et la poussière toute neuve.

Des ampoules à nu pendent des murs, du plafond, le bébé est né, il joue dans le salon. On ajoute à l’étage une chambre de plus, un petit frère est prévu pour l’automne. Dans le jardin les arbres aussi grandissent, on pourra y faire un jour une cabane.

On pourra y faire un jour une cabane.

Les enfants ont poussé, ils sont trois maintenant, on remplit sans se douter le grenier doucement. Le grand habite le garage pour être indépendant, la cabane, c’est dommage, est à l’abandon. Monsieur rêverait de creuser une cave à vins, Madame préfèrerait une deuxième salle de bain.

Ça sera une deuxième salle de bain.

Les enfants vont et viennent chargés de linge sale, ça devient un hôtel la maison familiale. On a fait un bureau dans la p’tite pièce d’en haut, et des chambres d’amis, les enfants sont partis. Ils ont quitté le nid sans le savoir vraiment, petit à petit, vêtement par vêtement.

Petit à petit, vêtement par vêtement.

Ils habitent à Paris des apparts sans espace, alors qu’ici il y’a trop de place. On va poser tu sais des stores électriques, c’est un peu laid c’est vrai, mais c’est plus pratique. La maison somnole comme un chat fatigué, dans son ventre ronronne la machine à laver.

Dans son ventre ronronne la machine à laver.

Les petits enfants espérés apparaissent, dans le frigo, on remet des glaces. La cabane du jardin trouve une deuxième jeunesse, c’est le consulat que rouvrent les gosses. Le grenier sans bataille livre ses trésors, ses panoplies de cow-boys aux petits ambassadeurs, qui colonisent pour la dernière fois la modeste terre promise, quatre murs et un toit.

Cette maison est en vente comme vous le savez, je suis, je me présente, agent immobilier. Je dois vous prévenir si vous voulez l’acheter, je préfère vous le dire cette maison est hantée. Ne souriez pas Monsieur, n’ayez crainte Madame, c’est hanté c’est vrai mais de gentils fantômes. De monstres et de dragons que les gamins savent voir, de pleurs et de bagarres, et de copieux quatre-heures, « finis tes devoirs », « il est trop lourd mon cartable », « laisse tranquille ton frère », « les enfants : à table ! ».

Écoutez la musique, est-ce que vous l’entendez ?

Quatre murs et un toit  

Paroles: Bénabar. Musique: Bénabar   2005  « Reprise des Négociations »

Préparez les layettes !

Bien avant Noël on était au courant : Nora, ma fille aînée – 22ans- et Chloé, ma belle-fille, la fille de ma première épouse – 28 ans- se retrouvaient enceintes presque en même temps.

noel-49.1170146812.JPGEt, déjà au réveillon, les ventres s’arrondissaient, annonçant les heureux événements pour le mois de Mai.

 Depuis les futures mères sont revenues en exhibant leurs échographies du 5ème mois. Alors, pour Nora ce sera un garçon et pour Chloé une fille ( Célia, l’aînée, 7 ans aura donc une demi-sœur de plus, après Héloïse, 2 ans et Aymeric, quelques mois, du coté de son papa Moh). 

Joie des familles recomposées : Nora et Chloé, bien qu’elles n’aient aucun lien de sang, se désignent comme sœurs – avec les frères,comme les 6 jeunes de la tribu de la Buchette – c’est plus facile, sinon il faudrait deux plombes pour expliquer la parenté. Et on peut penser que la génération suivante n’aura pas de scrupules à se présenter comme cousins. 

Alors les futurs grands-parents  (et beaux grands-parents) se préparent moralement –et matériellement : racheter un lit-parapluie – à se retrouver avec des bébés dans les pattes, après l’épisode de Célia en 2000, lorsque sa mère, Chloé, en rupture de couple s’était réfugiée un moment à la Buchette.

 Bienvenue à la nouvelle génération !