Eourres : la volonté de vivre

 » On ne peut pas inventer Eourres. Eourres, c’est la fin du monde ou en tout cas son extrème bord. » C’est ainsi que Pierre Magnan décrit ce petit village perché à 1000 m au-dessus de la vallée de la Méouge, dans un roman  » Laure du bout du monde  » qui raconte l’histoire d’une petite fille qui n’aurait pas dû survivre dans cet environnement hostile et qui a surmonté toutes les difficultés grâce à une exceptionnelle envie de vivre.

eourres-entree.1220544360.jpgEt c’est à ce village même que peut s’appliquer la métaphore : 22 habitants en 1960 , Eourres a failli disparaître, tellement loin de la vie civilisée : plus de 50 km de Buis les Baronnies, pareil pour gagner Laragne.

La route ne va pas plus loin, c’est une impasse, de toute façon les montagnes qui s’élèvent au-delà sont inaccessibles.

maison-eourres.1220602835.jpg C’est maintenant un village vivant avec près de 180 habitants. Les maisons sont habitées, restaurées , les jardins entretenus.

Une école primaire fonctionne, selon la pedagogie Steiner et un micro-collège devrait ouvrir à la prochaine rentrée. L’épicerie bio propose toutes les denrées de base en bonne partie produites sur les exploitations bio du village. Deux studios d’enregistrement, une asso culturelle produisant le FestiVal de Méouge, se sont également installés dans le village. Des familles avec de jeunes enfants, fuyant la pollution des villes, sont désormais attirées vers le village.

Comment s’explique ce développement ? En partie par l’installation dans le village de familles adeptes du mouvement « Terre Nouvelle »  d’orientation New Age.

De là à conclure que le village est devenu le repaire d’une secte, c’est un pas qu’on a franchi quelquefois dans le pays. La maire d’Eourres , sans renier sa philosophie et ses croyances personnelles, s’en défend.

Reste que le village est vivant, qu’on ne sent pas peser le secret sur des échanges qui se retrouvent sur le panneau d’affichage au centre du village. Le camping, les gîtes et les yourtes dans les prés sont là pour accueillir tous les candidats à un séjour nature, calme et randos.

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Gens de Lure

Tout le monde connaît le Mont Ventoux ( 1909 m) qui se dresse au-dessus de la vallée du rhône, large cône visible de Montélimar à Avignon. Mais beaucoup ignorent sa soeur jumelle, la montagne de Lure (1826m), plus à l’Est  qui jouxte le début des Alpes du Sud.

Les deux sont des crêtes orientée Est-Ouest, constituées de calcaire. Elles font partie des plissements provencaux contemporains du surgissement des pyrénées. Elles ont beaucoup de points communs : notamment le bandeau  blanc-gris qui coiffe leur sommet, dénué de végétation au dessus de 1600m, constitué d’un nappe continue de pierres calcaires éclatées par le gel.

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La chaîne de Lure ne mesure pas moins de 8 kilomètres sur son flanc sud, de la base à la crête; elle est formée d’un assemblage de côteaux, de collines, de montagnes, de pics escarpés, de contreforts (les ponchons) séparés par d’étroites vallées (les combes) et couverts en grande partie, selon l’altitude, de forêts de chênes blancs, de hêtres, de pins sylvestres ou de pelouses d’altitude.

Dès les beaux jours, le Mont Ventoux est fréquenté par des meutes de touristes, des cars de seniors en goguette, des grappes de cyclistes à la recherche de l’exploit. Les commerces sont là pour les accueillir. Rien de tel sur la Montagne de Lure, bien plus discrète, secrète même. Une fois quitté les villages qui parsèment ses premiers contreforts et notamment Saint-Etienne les Orgues dont l’immense espace communal s’étend jusqu’au sommet, la route serpente au milieu de la forêt sans rencontrer ni construction, ni âme qui vive. Mais ce n’est qu’une impression. Cette montagne est habitée, pour celui qui sait le découvrir.

C’est un panneau très discret, à l’entrée d’une voie forestiere, qui signale Notre-Dame de Lure,l’abbaye crée par les bénédictins de l’ordre de Chalais au XII ème siècle . Au bout d’un chemin enfoui sous les hêtres on parvient enfin aux abords de l’église, seul vestige de la grande abbaye désertée au XVème siècle; en dehors d’un batiment plus récent réservé à l’accueil des pélerins.

Dans la chaleur de l’été, c’est surtout l’ombre amicale des arbres tricentenaires qui marque les promeneurs. Les trois tilleuls et le noyer, un des plus vieux de France. Une fontaine s’offre à eux, occasion très précieuse dans ce pays aussi avare de points d’eau. Pourtant la montagne est arrosée ( plus de 800 mm); l’eau disparaît en profondeur dans le relief karstique. Les eaux souterraines alimentent, avec celle du Ventoux, la fontaine de Vaucluse, 50 km plus loin, la résurgence la plus importante de France.

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Personne autour de l’église ? Si les moines ont déserté depuis belle lure[tte] le site, une fumée monte cependant des batiments autrefois réservés aux pélerins. C’est Lucien, l’ermite de Lure, installé depuis 4 ans, qui est maintenant le gardien des lieux. Barbe grise, cheveux sur les épaules, Lucien qui connaît la solitude de l’hiver, profite du mouvement incessant des promeneurs en été pour faire le plein de relations sociales.

« Les autorités ne s’en plaignent pas car sa présence a évité des dégradations qu’on observait ces dernières année, avec la multiplications des fêtes sauvages, des raves improvisées ou des beuveries de fins de soirées », nous explique le technicien de l’Office National des Forets, lui même assidu à conserver ordre et propreté dans ce petit paradis au coeur de la forêt. L’ermite vit de l’air du temps et accepte les dons pour s’alimenter, pour la nourriture des oiseaux du ciel et des plantes pour son jardin.

Nous reprenons notre ascension vers le sommet que nous atteignons en fin de journée. Au détour de la route, la crête révèle la vue du versant Nord, terriblement abrupt : montagnes des Baronnies, collines de la drôme, et plus loin les alpes , le Pic de Bure, les Ecrins.

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La route continue à grimper au milieu des champs de lauze grise , jusqu’à un parking au pied du Signal de Lure.

lure-signal.1220456183.jpg Nous terminons à pied le chemin qui nous mène au sommet dominé par quelques antennes fantomatiques.Pas grand monde autour de nous hormis queques petits groupes qui viennent jeter un coup d’oeil rapide au paysage .

Nous redescendons au parking déserté, avec l’idée d’y passer la nuit. Le temps est clément et nous n’avons à craindre nul orage – qui sur ces sommets peuvent être redoutables.

Mais une rumeur attire notre attention. Nous apercevons un troupeau qui remonte du versant opposé en direction du sommet .

On distingue la bergère et le berger, les deux border collie qui se démènent pour garder le troupeau en ordre. La fin de journée est l’occasion de changer d’herbage. Ils vont passer la nuit « sous les antennes », nous expliqueront-ils. Ils doivent aussi descendre régulièrement à la station de ski un peu plus bas pour faire boire les bêtes. il n’y a pas d’autre point d’eau sur les hauteurs.

patou.1220458266.jpg C’est amusant d’observer la place respective des patous, ces grands bergers des Pyrénées qui protègent des loups, et celle des border. Pendant que les border s’activent  à faire avancer le troupeau sous les ordres des bergers, les patous , de leur coté, flanent à quelque distance, vaquent à leurs occupations selon leur humeur. Mais , attention ! Dès qu’un promeneur ou un chien étranger fait mine de s’approcher, les voilà sur leurs gardes, et, plutôt menaçants.

Une fois les 2300 bêtes installées pour la nuit, les bergers vont regagner leurs pénates en ramenant les border collies dans leur camionette. Ils laisseront le troupeau sous la garde distante des patous.

Le lendemain, nous voci partis pour une randonnée vers le Pré du Fau. En descendant la végétation se fait plus dense, malgré l’exposition de la crête que nous suivons aux terribles vents des sommets. On retrouve  ce mélange de hêtres et de pins sylvestres. Mais, hélas, les bucherons sont là et en train de ravager une de ces pentes où les arbres ont tant de mal à s’accrocher. Pourquoi s’acharner sur ces parcelles fragiles ? Ce n’est pas le bois qui manque sur Lure et dans des situations plus exploitables.

Les bois sont ensuite débités en bille de 1 m pour le bois de chauffage et réunis en fagots d’un stère.

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Une fois leur travail terminé, les bucherons redescendent dans la vallée. A la différence des charbonniers de jadis qui vivaient dans la montagne.

charbonniers.1220516541.jpg Nombreux, bien que dispersés sur tout le territoire de Lure, ces immigrés Piémontais habitaient, hiver comme été, des cabanes ou des jas (cabanes de bergers en pierre) abandonnés, dans des conditons de vie extrèmement difficiles. La production de charbon de bois constituait alors une activité très importante pour l’industrie et les particuliers.

C’est parmi ces charbonniers de Lure que Pierre Magnan situe au XIXème siècle le cadre de son roman Les charbonniers de la mort.

lure-encyclopedie.1220517296.jpg Pour en savoir plus sur Lure, on trouve La montagne de Lure une belle encyclopédie d’une montagne en Haute-Provence aux editions Alpes de lumière , association de jeunesse et protection du patrimoine  créée par Pierre Martel, Prêtre, chercheur, écrivain, une figure de l’ethnographie des  » Basses-Alpes » comme se plaisent à le dire les anciens des  » Alpes de Haute-Provence ».

Marcher en Haute-Provence, un livre à la main


De Danièle

Nous avions décidé cet été d’explorer les lieux que nous avions appris à aimer dans des livres pour allier deux passions : la littérature et le nomadisme. « Rien ne vous transporte comme un roman »…et un camping-car !

Première étape, Grignan et son festival de la correspondance où nous avons retrouvé  Catherine. Début Juillet, c’était juste l’explosion des lavandes, dont le parfum allait nous accompagner tout  au long de notre périple.

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J’ai ressorti le volume des lettres de la marquise de Sévigné à sa fille comtesse de Grignan que j’ai lu sous les terrasses du château. grignan_juillet.1220028708.jpg

A deux siècles et demi de distance, je me découvre les mêmes angoisses pour ma fille, aujourd’hui à l’autre bout du monde et les mêmes impatiences quand ses mails n’arrivent pas ;

« Je vous avoue que j’ai une extraordinaire envie d’avoir de vos nouvelles ; songez ma chère bonne, que je n’en ai point eu depuis la Palice. Je ne sais rien du reste de votre voyage jusqu’à Lyon, ni de votre route jusqu’en Provence : je me dévore, en un mot ; j’ai une impatience qui trouble mon repos. »

Pendant ce voyage, nous nous sommes déplacés guère plus vite que la diligence du temps de la marquise, tant nous voulions explorer chaque village, chaque paysage en relation avec nos lectures

 

Nous avions très envie de revoir Digne et la Bléone dont Pierre Magnan parle si bien (Le sang des Atrides), et de découvrir la clue de Barles   (les courriers de la mort), Forcalquier et Lurs (La maison assassinée, La folie Forcalquier ), mais aussi Eourres (Laure du bout de monde) et la montagne de Lure (les charbonniers de la mort). Nous sommes remontés par la vallée de L’Ubaye pour le suivre jusqu’à Enchastraye (Le mystère de Séraphin Monge).

 

clocher-bleu-vacheres.1220017564.jpg En suivant Magnan, on croise forcément les routes de Giono.

Manosque nous a rebutés.La bourgade d’origine s’est étalée dans ses faubourgs. L’approche de la ville s’est enlaidie de toutes les zones commerciales qu’on trouve partout.

Nous avons repris le chemin de la montagne de Lure. « Le pays ? Voilà une étendue de terre sans bornes, ondulée, couleur de perle, portant des arbres. » du côté du Contadour cette fois (la maison achetée en tontine par Giono et ses fans pour passer les étés) en passant par Vachères.  Le clocher était bleu pour Giono . A apprécier sur la photo ci-contre à droite : contre toute vraisemblance, le poète avait-il raison ?

Dans le pays de Forcalquier c’est vers la ferme de La Margotte aux beaux chênes que nous nous sommes dirigés au cours d’une longue promenade dans les blés à peine moissonnés. Giono l’avait achetée après ses premiers succès. Ce fut la base de ces expéditions à travers les contreforts de la montagne de Lure.

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Nous sommes dans les environs de St Maime et de Mane où Pierre Magnan fait se dérouler sa « Chronique d’un château hanté », son dernier roman.

 Pierre Magnan utilise avec une telle avidité tous les détails des lieux dont il parle qu’il devient un vrai guide. On le suit  pas à pas en cherchant ce qu’il a modifié pour les besoins de son récit : il y a bien une boite aux lettres sur la porte du abeille-tilleul.1220262588.jpgcimetière de Barles .

L’ermitage de Lure est caché sous trois immenses tilleuls, en fleur en ce mois de juillet, le noyer tricentenaire plus éloigné fleurit plus tôt, mais le  vacarme est bien celui-là « Le moine de Lure supputait les desseins de Dieu en écoutant le vacarme formidable des abeilles qui butinaient parmi les frondaisons naissantes du noyer en fleur. ».

Grâce à lui on découvre des traces que plus rien ne signale : la chapelle de St Donat (photo ci-dessous) que nul panneau ne signale au fond du val du Mardaric,  où le Félicien Brédannes de la folie Forcalquier retrouvait une guillotine achevant de se consumer  ou bien le chemin de fer de Mane à Cavaillon qui suivait toute la vallée du Calavon, aujourd’hui transformé en véloroute le long du grand Lubéron.

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Plus loin c’est Maria Borelly qui nous amène, en face du plateau de Valensole, à Bras d’Asse et  nous raconte dans Le dernier feu la mort de ce vieux village déserté par ses habitants.

Nous avons maintenant tout l’hiver pour lire ou relire Giono

*Des textes et des itinéraires sur les traces de Jean Giono: « 10 balades littéraires à la rencontre de Jean Giono » de Jean-Louis Carribou Editions Le bec en l’air,  centre Jean Giono à Manosque

Barles : sur le chemin du cimetière

Barles se trouve dans la vallée du Bès, à 15 km au Nord de Digne. Après un paysage de robines, ces molles odulations sculptées par l’érosion dans des marnes grises, la rivière s’enfonce rapidement entre les versants calcaires qui s’élèvent, abrupts, au dessus de la vallée.

On distingue plus loin, plus haut, le Blayeul, géant débonnaire, qui,du haut de ses 2189 m coiffe de sa croupe arrondie les hauteurs environnantes.

Mais Barles ne s’atteint pas aussi facilement…

clue-de-barles.1219927306.jpgLes gorges deviennent plus sauvages, plus austères, plus minérales jusqu’à la Clue de Barles. Les Clues , en Haute-Provence ce sont ces passages que les torrents ont taillé dans ces couches verticales d’un calcaire très dur, jusqu’à un verrou vertigineux, ici le pas de Pierre.

Voici ce qu’en dit Pierre Magnan dans Les courriers de la mort qui tourne autour du village de Barles : « Le pas de Pierre, penché sur le vide du haut de ses deux cents mètres de verticale, domine le Bès comme un front buté. C’est un mur curviligne d’un seul tenant, à peine coupé par cette faille large de dix mètres où se faufilent le Bès et la route.(…) Depuis tant d’années pourtant qu’il explorait ce pays , Laviolette ne s’était jamais rassasié de méditer devant ce que la nature avait produit ici de plus étrangement hostile »

Le village se situe 2 km plus loin, lorsque la vallée prend toute sa largeur, avant de se retrouver ensuite contrainte dans ce goulet.

Quand on a fait connaissance avec ces prodiges de la tectonique, on n’est pas surpris d’apprendre que Barles est au coeur de la réserve géologique de Haute-Provence et visité par les géologues du monde entier.

Sur le chemin, nous nous arrêtons au cimetière de Barles. Mais nous repartons sans avoir trouvé ce que nous cherchions.

La vallée est accueillante. Nous nous installons au camping un peu en amont. Nous voilà prêt pour une visite des lieux.

Une route qui monte au-dessus du village; une chapelle qu’on voit de loin et qui surplombe le bourg.

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Visiblement la chapelle n’est plus fréquentée.

cimetierre-barles.1219932152.jpg En s’approchant nous découvrons le petit cimetière qui la jouxte, rempli d’herbes folles. L’ancien cimetière. Quelques marches et nous voici devant cette porte en bois qui nous apporte la confirmation que nous recherchions: Oui ! Il y a bien une boîte à lettres dans la porte du cimetière de Barles !

Mais qui donc écrit aux morts de ces concessions oubliées des lettres qui annoncent le malheur ?
C’est le point de départ de l’intrigue des Courriers de la mort qui va amener Laviolette, le commissaire fétiche de Pierre Magnan, des quartiers chics de Digne aux pentes austères de ce bourg perdu.

Et c’est dans l’histoire -secrète- des familles de ce pays que réside la clé de l’énigme…

Forcalquier : le moulin de Gouvan retrouvé et restauré

 » A vendre meule de moulin à huille » Lorsqu’il a vu cette petite annonce, André-Michel Breger, photographe, oléiculteur et passionné de tout ce qui touche à l’olivier, a tout de suite eu l’intuition d’une bonne découverte. En fait le vendeur avait entrepris de débarasser un sous-sol encombré depuis des lustres de toutes sortes de gravats et de saletés. Mais en fouillant un peu, le spécialiste repérait tout au fond les meules, animées autrefois par un âne ou à la force humaine. Les olives étaient tout d’abord écrasées jusqu’à faire une pâte homogène.

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Pas de doute, il s’agissait d’un moulin à huile qui remontait sans doute au XVIIIème siècle, d’après les techniques mises en oeuvre. Notre oléiculteur s’empressa de négocier l’achat des locaux et entreprit d’évacuer les gravats, et tout ce qui encombrait ces deux pièces.

La presse est la seconde étape de la fabrication de l’huile d’olive. La pâte sortie de la meule est répartie dans des scourtins, sorte de sac en fibres végétales qui sont soumis à la pression de la vis. Dans cette installation la vis était animée par un cabestan où s’enroulait la corde. Un peu plus loin, on aperçoit les bassins de décantation où l’huile est séparée de l’eau.

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L’ensemble est maintenant ouvert au public ; on peut y acheter l’huile des Breger qui exploitent à Lurs 1200 pieds d’oliviers.

les-3.1219851759.jpgL’huile, produite à partir de la variété Aglandau, bénéficie d’une appellation d’origine controlée : Huile de Haute -Provence qui concerne surtout les terrasses autour de la Durance . Les olives sont ramassées tournantes, à partir de la Sainte-Catherine, lorsque la couleur du fruit passe du vert au brun.

Le moulin de Gouvan, c’est à Forcalquier 4, rue Marius Debout . On peut aussi s’arrêter au gîte rural Campagne la Maréchale à Lurs.

Merci à l’exploitant qui à travers ses explications très documentées a su nous faire partager sa passion pour l’olive du champs à notre table, passion qu’il a rassemblé dans un petit livre très bien illustré :

L’olivier de France, l’olive et son huile aux éditions Mexichrome à Forcalquier

Col du Lautaret : campanules et marmottes

Nous quittons les Alpes du Sud pour regagner l’Oisans et la route vers Lyon. Le Lautaret est une étape incontournable. Lorsqu’on arrive de Briançon, en remontant la vallée de la Guisanne, lorsqu’on se retrouve sur la vaste étendue du col, on est frappé par la proximité de la Meije qui se dresse, imposante, face à nous.

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Voici un endroit ou l’on peut s’arrêter, marcher et passer la nuit , comme beaucoup de camping-caristes qui apprécient ce parking un peu à l’écart du trafic et des commerces. ccar-lautaret.1219336543.jpg Village d’un soir qui rassemble les camping-cars les plus luxueux au coté d’un fourgon pourri conduit par des jeunes baba cool, les marcheurs les plus sportifs mélés aux retraités les plus frileux qu’on ne voit que lorsqu’ils sortent leur caniche.

Un groupe de marcheurs ardéchois arrivés en plusieurs voitures se prépare au départ après un casse-croute animé et prolongé. Ils seront de retour au bout de trois quarts d’heure, chassés par l’orage de l’après-midi.

Danièle est décidée à tout faire pour ramener des photos de marmotte. Nous avons vu beaucoup de marmottes au col d’Allos, au col de Vars, au col de l’Izoard. Dès que nous approchions de leur territoire, elles se mettaient à siffer et tout le monde aux abris dans son terrier. On a vite compris que c’était surtout le chien qu’elles craignaient et qu’elles repéraient de loin.

Ce matin, Danièle part sans le chien et avec le zoom de 300 mm. On distingue nombre de terriers derrière le parking sur ce coteau exposé au sud. Il s’agit juste de s’approcher avec des déplacements lents et prudents.

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Après la faune, la flore. A 2000m d’altitude en juillet c’est l’explosion des oeillets, des gentianes, des renoncules, des panicaults et surtout des campanules sous toutes leurs espèces :

-d’abord la frêle silhouette, d’un bleu indigo intense, des campanules de Scheuchzer, très typique des prairies alpines :

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Et puis les deux cousines : Campanula barbata (à gauche) avec ses hampes de corolles finement agrémentées de quelques fils flottant au vent et Campanula Glomerata (à droite) avec ses bouquets puissants et serrés d’infloresences d’un bleu soutenu.

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Nous descendons ensuite vers la Grave, la vallée et bientôt Lyon avec une belle provision d’images de la splendeur de l’été alpin.

Bras d’Asse : une seconde vie pour le vieux bourg

L’Asse est un affluent de la Durance. A première vue, cette rivière qui serpente tranquillement au pied du plateau de Valensole dans une vallée fertile, n’a rien d’impressionnant. Mais c’est ignorer ainsi ses origines montagnardes.

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Quelques kilomètres plus loin en amont, La clue de Chabrières donne accès entre ses deux murailles disposées en verrou , au domaine des torrents colériques qui descendent des alpes du Verdon. La menace des inondations violentes a longtemps pesé sur les bourgs de la vallée où les paysans réfléchissaient à deux fois avant de mettre en culture les terres fertiles des bas-fonds, toujours à la merci de la dévastation.

Depuis le XIII ème siècle Bras d’Asse , installé sur un promontoire dans ses remparts, à l’abri de son chateau, contemplait avec circonspection cette rivière qui coulait à ses pieds.

A la fin du XIXème siècle, des grands travaux d’hydraulique sont entrepris, Bras d’Asse construit des digues en pierre dans le but d’éloigner définitivement la menace. Les agriculteurs n’hésitent plus à s’installer dans la vallée.

bras-d-asse-remparts.1218198893.jpg Désormais, c’est en bas, auprés de la rivière que la vie du village s’organise avec sa mairie, son école, ses échoppes. Là-haut le vieux Bras se vide de ses habitants. C’est que la vie n’y est pas facile, l’eau rare sur cette colline de pierre et de chènes verts, les champs bien loin.

Au tournant du XXème siècle, le bourg est déserté, abandonné aux ronces et aux ruines. Maria Borrely, romancière provencale, raconte avec Jean Giono dans Dernier feu la mort de ce village, lorsque les derniers habitants décident de partir.

Jusqu’en 1979… Un groupe de Belges flamands en visite en Provence, tombe amoureux des vielles pierres dominant la bourgade.

Un projet de reconstruction rassemble vite une vingtaine de famille, prêtes à retrousser les manches et à consacrer régulièrement l’essentiel de leurs vacances (une bonne partie était dans l’enseignement) à remonter le chateau, l’église et à sécuriser les ruines adossées aux remparts.

Trente après, le village est debout grâce à la tenacité des fondateurs .

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Organisé de manière égalitaire sous forme de SCI , le collectif a pu fournir un studio à chaque famille sociétaire, organise des stages et ouvre l’hébergement aux stagiaires. En savoir plus sur leur site ( Google propose un traducteur Néerlandais > francais).

bras-d-asse-atelirer-percussion.1218199995.JPG C’est maintenant la seconde génération qui occupe les lieux. Ceux qui ont eu le privilège (?) de passer leur vacances de gamin en poussant des brouettes de béton …Certains ont passé la main et des parts ont été cédées à de nouveaux actionnaires avec l’approbation de l’ assemblée générale.

L’église , retapée fait office de local commun pour toutes les activités collectives .Les repas sont toujours pris en commun et chacun peut participer à des ateliers musique ou peinture.

Une seconde vie pour Bras le Vieux et une aventure collective qui fêtera bientôt son 30ème anniversaire : Un vrai défi !

Plages de Martinique

A quelques exceptions près, les plages martiniquaises sont peu fréquentées. Même au plus haut des saisons touristiques, on ne se trouve jamais à se disputer un m2 pour poser son drap de bain. Le week-end, l’ambiance monte. Familles, amis se donnent rendez-vous, à l’ombre des cocotiers, pour des pique-niques géants.

L’intérêt , c’est qu’il y en a pour tous les goûts. Vous pouvez suivre le guide

plage-ste-marie.1206524998.jpg Sportives, agitées, voire dangereuses à Sainte-Marie sur la côte atlantique au nord-est. Ici, pas de barrière de corail pour abriter une baignade tranquille. D’ailleurs les baigneurs sont rares et nous sommes restés prudemment sur la rive, admirant le paysage. Mais quelle fraîcheur de l’air marin, quelle dynamique dans les grands rouleaux qui viennent s’affaler sur le sable sombre !

anse-l-etang.1206543888.jpg Un peu plus au Sud, on arrive sur la presqu’ile de la Caravelle au Nord de la Baie du Galion et de la Baie du Trésor. Des noms évocateurs du passé de flibusterie attaché à la légende du Chateau Dubuc, une ancienne Habitation pourvue d’une grande plantation, d’une sucrerie et d’un embarcadère . C’est à Anse l’étang que nous nous arrétons, entre le sable blanc et les cocotiers.

sieste.1206544092.jpg La plage est plus abritée qu’à Sainte-marie mais le vent et les vagues dissuadent les baigneurs. Il suffit d’un hamac tendu entre deux troncs pour que Raoul récupère de sa nuit blanche de garde à l’hopital. Nous en profitons pour partir en balade jusqu’au Chateau Dubuc que nous visitons avant la nuit .

Sur une portion très découpée de la côte atlantique,succession de pointes rocheuses, le François n’offre pas beaucoup de possibilités de baignade, à l’exception parfois de minuscules bandes de sable fin entre deux rochers ou de fonds plus ou moins vaseux. Du moins tant que l’on reste sur la terre ferme.

baignoires.1206545921.jpg Dans la baie, c’est une autre histoire . Les îlets comptent plusieurs très jolies plages accessibles en bateau ou en kayak. Derrière la barrière de corail , les fonds blancs ont accumulé les débris de corail qui constituent un sable clair et agréable sous le pied. Les  » baignoires de Joséphine  » accueillent les baigneurs pour de longues stations dans l’eau tiède et calme.

Tout au Sud de l’île, en bordure du canal de Sainte-Lucie ( cette île voisine n’est qu’à quelques kilomètres de la Martinique) se trouve la grande plage des Salines.

salines.1206613503.jpg Clara ne voulait pas quitter l’île sans lui faire une visite. Et c’est vrai que la large courbe de la grande anse des Salines, agrémentée d’une rangée épaisse de cocotiers, n’a pas son équivalent sur l’île.

salines-vent.1206616702.jpg Mais le temps n’était pas favorable, le vent s’était levé, apportant des nuages chargés de pluie et pas d’autre abri que … dans l’eau .

Si la plage était peu fréquentée ce jour-là, en revanche, la lagune qui s’étend derrière le cordon dunaire , apparaissait comme très peuplée : de centaines d’oiseaux et de toutes sortes de crabes fourmillant sous la mangrove.

C’est qu’en Martinique, les plages sont très habitées: Les crabes occupent tous les milieux: dans l’eau, à la limite de l’eau, dans la terre humide.

crabe-ce-ma-faute.1206626694.jpg Les crabes de terre sont particulièrement appréciés par les martiniquais. Ils occupent sur la terre ferme des terriers qui leur permettent d’accéder au niveau de l’eau, pour se nettoyer les branchies. Trés discrets pendant le jour, ils sont chassés à l’aide de pièges garnis d’appats à base de fruits ou de piments dont ils raffolent. Ils sont ensuite engraissés jusqu’au jour fatal. Ils constituent le mets recherché, le Matoutou de crabe à la base des menus de la fête de Paques. D’autres, plus envahissants, ( ci- desssus) ne possèdent qu’une grande pince qu’ils agitent en lacoq-ceron.1206626910.jpg ramenant vers eux, ce qui leur a donné leur surnom de Cé ma faute ou de violoniste. Plus prosaîquement, leur manège a pour but d’inviter les femelles à se rapprocher d’eux.

Ailleurs, ce sont des poules et des coqs que l’on trouve, dans l’Anse Céron par exemple ; ils ont mis à profit la fréquentation des aires de pique-nique sous les cocotiers pour trouver leur nourriture quotidienne.

chien-diamant.1206627566.jpg Plus loin, ce sont les chiens qui ont leurs habitudes, allant de baigneurs en baigneurs, comme autant de maîtres nourriciers potentiels. Celui-ci nous a tenu compagnie une bonne heure sur la plage du Diamant.

Mais l’essentiel de la vie sur ces rivages se trouve sous la surface de l’eau.

poisson18.1206634915.jpg Les fonds marins martiniquais réservent de belles surprises aux amateurs de plongée libre (snorkeling). De nombreux sites se prêtent à l’exploration avec palmes, masque et tuba. Dans des conditions idylliques (température / visibilité), le nageur part à la rencontre d’une faune et d’une flore colorées.

C’est à l’anse Dufour que Raoul a amené Clara observer les fonds. Au retour le débriefing était nécessaire : le nom des poissons et … la taille sur laquelle les avis divergeaient.

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Ces belles plages sont loin des concentrations urbaines. Mais la Martinique connaît aussi les plages dans la ville, moins sauvages mais plus accessibles dès la sortie du travail . Ainsi nous sommes-nous arrétés à Schoelcher, en fin de journée , avant de repartir à la nuit vers le Carbet où nous avions rendez-vous dans un restaurant de pêcheurs. Un moment de sérénité en regardant le soleil se coucher.

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Les marchés de Martinique et la cuisine créole

En Martinique, on trouve tout chez Carrefour ou Leader Price : camembert, filet mignon, bavette de bœuf, carottes de France, pommes du Chili, comme en Métropole, mais bien plus cher.marche-st-pierre.1204622061.jpg

Alors si on veut remonter à la source de la cuisine antillaise, il faut arpenter les marchés. On découvrira une multitude de racines dont beaucoup originaires d’Afrique : Ignames, madères, manioc, patates douces ou de plus loin, comme le chou dachine.

Sur le marché de Saint-Pierre, à coté d’un pécheur qui propose ce qu’il a ramené ce matin : quelques bonites et de curieux poissons volants, on trouve un grand stand qui offre la plupart des fruits et légumes du pays.

Le lundi suivant, c’est au marché des fruits et légumes de Fort de France que nous trouvons quelques rares mangues (ce n’est pas encore la saison) , de magnifiques et goûteux avocats et des gombos à l’allures de piments verts et qu’on prépare comme des haricots verts.

 

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Danièle apprend la cuisine antillaise :

chistophine.1204624779.jpg J’ai commencé par des cristophines à la crème en gratin et des vivaneaux au four. Les vivaneaux proviennnent de la zone tropicale de l’Atlantique; ils se présentent comme des daurades mais d’un beau rouge clair,comme beaucoup de poissons consommés aux Caraïbes. La cristophine se prépare un peu comme des pommes de terre ; il faut d’abord enlever le noyau qui se présente comme celui d’une mangue et les mettre à bouillir avant de préparer le gratin.

banane-ti-nain.1204637348.jpg Ensuite, je me suis lancée dans le colombo de poulet avant d’attaquer le court bouillon de morue au chou dachine et aux bananes Ti-nain.

Malgré « les meilleures recettes de la cuisine antillaise » de Christiane Roy-Camille et Annick Marie aux éditions Fleurus, les temps de cuisson et l’assaisonnement sont difficiles à apprécier. Les cristophines doivent cuire beaucoup plus de 20mn et je n’arrive pas à savoir si l’excès d’épices (pour Norbert et Clara, mais pas pour Raoul ni pour moi) dans la morue vient du piment ou des feuilles de bois d’inde. En revanche, le colombo de poulet était réussi, même de l’avis d’ Olivier notre convive martiniquais, encore que sa maman y mette des carottes en plus des courgettes, des aubergines et des pommes de terre.

Nous faisons nos courses sur les marchés, et au Ti-marché, chez un producteur martiniquais de St Joseph, qui vend, entre autres, de très beaux bouquets garnis (thym, oignons-pays, persil). Mais on trouve tout chez Laeder-Price ou chez Carrefour.

Ce qui me plait ce sont les noms : chou pour toutes sortes de racines sauf l’igname et la patate douce, oignon-pays et oignon-France, Ti-nain pour les bananes qui se consomment en légume, vertes et cuites, alors que nous les mangeons jaunes et crues, le giraumon qui est un potiron.

Et aussi de savoir quel goût et quelle consistance on va trouver sous l’apparence étrange : la chair de la cristophine bien cuite est douce fondante, une fois enlevés la peau piquante et le noyau fibreux de ce gros fruit légumier qui pousse sur une liane, le tamarin est délicieux sous sa coque fragile et les choux vont du farineux, immangeable sans sauce, au suave de la plus exquise pomme de terre primeur.

Je vais essayer les gombos, les papayes vertes, les prunes de cythère mais je crois que le matoutou de crabe de terre ou le civet de manicou ou encore le blanc-manger de coco seront trop difficiles pour moi.

Tout simple et tellement bon : un de ces énormes avocat sur quelques tomates du pays.

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Le retour du créole

Tous les antillais parlent le créole à la maison,dans la rue. Mais il n’avait pas droit de cité dans l’école – l’école républicaine de la métropole- . Les familles mettaient la priorité sur l’apprentissage et la maîtrise du français, véritable sésame pour améliorer sa position et peut-être trouver un poste dans l’administration.

Mais depuis quelques années le créole ne se cache plus , il s’affirme.

Issu principalement du français pour le vocabulaire et des langues africaines pour la syntaxe le créole est né au début de la colonisation. Il permettait alors à des populations très différentes de communiquer entre elles. De langue simplifiée servant seulement au troc et aux relations de travail maître- esclaves, le créole est devenue, au fil des siècles, une langue à part entière. Ses qualités d’expression ont donné naissance à une littérature et à une poésie d’une étonnante richesse.eloge-de-la-creolite.1206462099.jpg

Contrairement à la plupart des langues régionales métropolitaines, le créole est aujourd’hui encore, parlé par la totalité des Antillais, qu’ils soient noirs, hindous ou blancs. Cette langue est également devenue un moyen d’affirmer une identité, la « créolité », après la  » négritude » développée par Aimé Césaire :

<< Ni Européens, ni Africains, ni Asiatiques, nous nous proclamons Créoles. Cela sera pour nous une attitude intérieure mieux : une vigilance, ou mieux encore, une sorte d’enveloppe mentale au mitan de laquelle se bâtira notre monde en pleine conscience du monde. >> ( jean Bernabé, Patrick Chamoiseau, Raphël Confiant – Eloge de la créolité) >>

Ce mouvement a participé à la constitution et à la diffusion du créole comme langue écrite. Mais aussi à la multiplication de spectacles en créole.

Joby Bernabé tient une place particulière sur la scène antillaise. Joby Bernabé, c’est d’abord une voix sans nulle autre pareille, grave, profonde et forte. Ce sont aussi un regard et des mots, en créole, en français, sur la Caraïbe, le monde, leurs beautés et leurs maux. Il s’est imposé comme l’un des plus grands poètes de la Martinique, et sa notoriété dépasse aujourd’hui les frontières de son île.

fond-st-jacques.1206464131.jpg Ce n’est pas un hasard si Bernabé se produit à Fonds Saint Jacques cet ancienne habitation liée à une plantation et une sucrerie du Coté de Sainte-Marie , sur la côte Nord-Est. 500 esclaves y vivaient autrefois sur une exploitation de 253 hectares. L’habitation autrefois propriété des pères dominicains, dépend maintenant du Conseil général qui reconstitue patiemment le patrimoine architectural.

Depuis quelques années, Fond Saint Jacques s’ouvre au monde, à la création et à l’avenir, il est devenu Centre des Cultures et des Arts de la Caraïbe, lieu de patrimoine historique d’où jaillit l’expression artistique contemporaine.

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à une de ses soirées à écouter poèmes et contes, en créole et aussi en français , passant de l’un à l’autre.

Et en  » vedette américaine » un groupe musical « Sweetness » qui acclimate le gospel et la priere aux rythmes caribéens .

Ils illustrent ainsi la vitalité nouvelle de la religion dans les Antilles. Si le catholicisme est arrivé sur l’île en même temps que les colons au XVII e siècle, un protestantisme organisé ne s’est implanté dans l’archipel qu’après la seconde guerre mondiale. D’abord les adventistes, puis les autres évangéliques.

Une seconde vague de création d’Églises a eu lieu dans les années 1980 avec l’apparition d’une multitude d’Églises indépendantes créées par des pasteurs africains teintés de culture américaine.

Nous sommes là quelques « blancs France » parmi une assistance très familiale d’Antillais qui reprennent les refrains de la musique, qui répondent aux sollicitations de Joby Bernabé. Heureux de se retrouver pour une soirée particulièrement sereine et conviviale.