Saint-Pierre : l’histoire s’est arrétée en 1902

La côte Caraïbe de la Martinique c’est celle qui est tournée vers l’ouest, à l’intérieur de cet arc de cercle qui , de Cuba à Grenade et au Venezuela délimite en pointillé la mer des Caraïbes . La mer y est plus calme et souvent plus chaude que sur la façade atlantique. Le rivage est constitué d’une alternance de falaise et de rades au sable sombre, où se nichent des villages de pêcheurs.

st-pierre-baie.1206111311.jpg Mais Saint-Pierre y tient une place particulière. Cette petit ville est installée dans une vaste baie, au pied des contreforts de la Montagne Pelée qui domine de ses 1397 mètres tout le Nord de l’île et qui fournit un arrière fond vert et désolé à tous les paysages.

nuee-ardente.1206111725.jpg Pour connaître l’histoire de Saint-Pierre, on peut lire l’excellent livre « Nuée ardente » de Raphaël Confiant qui restitue l’ambiance du Saint-Pierre de la belle époque , quelques semaines avant la catastrophe de 1902.

On peut aussi reprendre des éléments de l’article de Wikipedia:

« Les premiers colons de Martinique s’installent à Saint-Pierre dès 1635 et de là, partent à la conquête du reste de l’île.La ville se développe grâce à l’industrie sucrière et au commerce des esclaves.

saint-pierre-mouillage.1206110928.jpg Le port de Saint-Pierre attire alors des navires et marchands du monde entier.

Surnommée le Petit Paris, le Paris des Isles, la Perle des Antilles ou encore la Venise tropicale, la ville était alors le chef-lieu mais aussi la capitale économique et culturelle de toutes les Antilles. En 1900, Saint-Pierre, cas unique dans la région, possédait un équipement particulièrement moderne : un réseau d’éclairage urbain électrique, un tramway hippomobile, un théâtre de 800 places, une chambre de commerce, l’un des premiers asiles soignant les aliénés, un jardin botanique et un port particulièrement actif.

En 1902, St-Pierre ainsi que les navires à l’ancre dans sa baie fut dévastée en 90 secondes par une nuée ardente dévalant la montagne à 500 km/h, il y aurait eu 30 000 morts et deux survivants à l’éruption de la Montagne Pelée. »

escalier-theatre-st-pierre.1206115369.jpg La ville ne s’en est jamais vraiment relevée. Le déblaiement des cendres et des ruines a pris des années, pendant que Fort-de-france s’affirmait comme la vraie capitale administrative, économique, culturelle. Reste une bourgade paisible, accrochée à cette magnique baie, où l’on visite des ruines étonnantes comme cet escalier monumental du théatre qui ne mène désormais nulle part, si ce n’est à quelques murs, rasés au niveau des fondations.

maison-coloniale-st-pierre.1206115923.jpg L’ancienne maison coloniale reconstitué sur le parvis du port, recrée un cadre d’animation pour ce centre ville qui peine à s’affirmer. Un centre d’exposition y est installé.

marche.1206123353.jpg A coté c’est le marché, avec ses productions locales: poissons de la baie, fruits et légumes pays.

Nous prenons un petit café à coté, sur le port. La vie est tranquille à St-Pierre, même si les rues ne respirent pas la richesse. On est loin de l’agitation débridée de Fort-de-France.

epave-saint-pierre.1206116612.jpg La baie de Saint-Pierre est un site apprécié des amateurs de plongée sous-marine. Principales attractions , les épaves coulées lors de l’éruption, paradis de toutes sortes de végétations sous-marines et de poissons colorés. Jean-Paul, le frère de Danièle, fanatique de plongée avec son amie Martine, nous avait précédé le mois précédent en Martinique. Habitué des lieux il en avait ramené en 2004 cette vidéo exceptionnelle sur la baie et ses épaves.

snack-ceronmg_0381.1206128418.jpg Nous quittons Saint-Pierre en direction du nord, à la recherche d’une baignade et d’un casse-croute.

Nous nous arrétons à l’anse Céron. De toute façon la route ne mène guère plus loin . Pour gagner l’anse Couleuvre , il faudrait finir par un chemin de terre.

Nous y trouvons la baignade et un petit snack-bar au bord de l’eau qui nous sert l’incontournable poulet boucané et une bière fraîche. De quoi oublier la tragédie de 1902 qui hante encore les rues de Saint-Pierre.

 

Baignoire de Joséphine : une sortie bien arrosée !

« Rendez-vous sur la marina du François demain à 9h ». On s’était mis d’accord avec Denis pour une journée dans la baie du François à bord de sa yole, embarcation légère des pécheurs du port. Une fois sur place, on retrouve une quinzaine de touristes qui avaient le même projet. Pas de problème, Denis, le grand organisateur de la journée, a fait appel à un collègue à lui avec une seconde yole.

ilet-oscar.1205854601.jpg Et nous voilà embarqués vers le large : direction les îlets qui parsèment l’étendue de cette baie. Le temps est clair et le vent frais , surtout avec la vitesse transmise par le puissant moteur hors-bord à cette frêle embarcation, portant le nom délicat de Scud.

Nous passons devant l’îlet Oscar qui , sous les cocotiers, abrite deux établissements hoteliers haut de gamme dans le plus pur style colonial des cases créoles.ilet-thierry.1205857579.jpg

Nous nous dirigeons vers l’îlet thierry, juste en face. Notre navigateur nous débarque sur la plage. Au programme baignade et bronzette.

L’îlet thierry, comme ses voisins d’ailleurs, n’est pas désert. La baie est appréciée de longue date des Békés qui y ont établi des résidences secondaires , plus ou moins luxueuses, de la simple cabane à la résidence quatre étoiles.

Denis et ses yoles en profitent pour faire un nouvel aller -retour et ramener de nouveaux touristes. La petite plage se remplit et les participants commencent à s’interroger sur le programme des activités sur lequel les organisateurs restent discrets: la surprise est un ingrédient décisif de cette aventure d’un jour.

josephine.1206029180.jpg Je me rappelle alors avoir lu dans les guides que la coutume s’était installée parmi les Békés habitués de ces fonds blancs, des bancs de sable clair accumulés à l’abri de la barrière de corail, de se faire servir des Ti’punch à volonté en barbotant dans cette eau tiède qui n’arrive qu’à la taille.Depuis, la pratique avait été démultipliée et reprise par des opérateurs touristiques. La baignoire de Joséphine était devenue une attraction incontrournable de tout séjour couleur locale.

grain.1206029790.jpg Au bout d’un moment, les yoles sont de retour; nous sommes priés de remonter à bord et reprenons le chemin du large.Mais le vent a fraîchi et l’horizon est barré de lourds nuages gris. Pas de quoi inquiéter nos organisateurs qui ne craignent pas une modeste averse tropicale. Le programme se déroule comme prévu; nous sommes débarqués au milieu des bancs de sables; les yoles repartent chercher le reste du groupe.

Mais le vent forcit, le rideau de pluie se rapproche. La bonne humeur commence à laisser place à l’inquiétude. Clara grogne à coté de moi : « ils vont pas nous laisser là ! C’est un scandale ». Les yoles reviennent et les gobelets commencent à circuler sous la pluie froide qui nous cingle. Pour nos animateurs, le ti’punch est la potion magique qui nous fera oublier l’orage qui se déchaîne. Tout à fait d’accord, Danièle se fait remplir son verre… et encore …et …, en clamant à la cantonade :  » Mon Dieu, quelle aventure ! »

Mais le temps passe et l’orage ne faiblit pas. Les parents s’inquiètent pour les enfants au bord de l’hypothermie. La carte postale tropicale est en train de virer à la scène du radeau de la Méduse. Denis, le grand chef, passe des coups de fils, cherchant des bateaux pour évacuer les naufragés qui s’aggripent aux bords des yoles; visiblement il n’avait pas de plan B.

Finalement l’ordre d’évacuation est lancée. Le premier bateau part vers la terre ferme , il nous faudra attendre la deuxième rotation.

L’îlet thierry n’est pas loin.

rescapes.1206033732.jpg Et les bateaux nous déposent auprès d’une case abandonnée qui nous offre l’abri de son toit. Nous sommes une trentaine de naufragés à s’abriter,et tenter de se sécher et de se réchauffer.

Les nouveaux robinsons explorent la case, ressortent un bancrobinsons.1206036664.jpg pour assoir les enfants un peu sonnés, et se mettent à découvrir les alentours avec la fin de la pluie.

L’ambiance commence à se détendre, avec le retour du soleil et sous l’effet différé du punch.

Il est temps de passer à l’étape suivante. De nouveau le ballet des yoles reprend , les navigateurs connaissent bien la baie et ses passages en évitant les bancs de sable.
depart.1206037030.jpgNous voici en vue d’un autre îlet – l’îlet Long- agrémenté d’une plage de sable fin. Le soleil est revenu, la mer est d’une tiédeur douillette dans les fonds blancs.

soif.1206037723.jpg Bref, la matinée se finit mieux qu’elle avait commencé. Nos organisateurs abordent de nouveau l’île avec des arguments de poids : une grande platée d’accras et toujours ce punch qui se laisse boire sans soif.

coequipiers.1206085411.jpg Du coup les langues se délient: les quelques habitués (des résidents à l’année qui accompagnent famille ou amis en visite) font partager leur connaissance de l’île. D’autres reviennent chaque année pour une semaine et ne se lassent pas de ce type d’excursions. Et le coté  » koh Lanta » de la journée, comme dit Denis, n’est pas fait pour leur déplaire. Bref la grosse panique de l’orage se dissout dans les vapeurs du rhum. langoustes.1206086167.jpg

D’autant plus que nos animateurs sont en train d’amener le repas : Colombo de poulet , comme annoncé et …. langoustes grillées à volonté , ça c’était la surprise !

Sur la plage, le calme s’installe une fois les assiettes remplies. Le soleil est maintenant haut, les nuages ont disparu , et les convives recherchent l’ombre des quelques arbres accrochés à la courte falaise qui surplombe la rive. Ici, certains s’abandonnent à une sieste réparatrice, là, des groupes de discussion se forment, notamment autour de Denis qui prend à 200% son rôle d’animateur couleur locale. Il parle de la baie, abritée derrière sa barrière de corail, mais aussi du large où son métier de pécheur l’amène. Il faut bien connaître les passages pour gagner la haute mer.

L’après-midi s’avance, alanguie sous les arbres ou dans la tiedeur de l’eau dans les baignoires où on papote et fait connaissance, comme dans un jacousi.

denis-clara.1206091048.jpg Denis fait le tour des groupes. La journée a été chaude pour lui : « Depuis dix ans que j’accompagne des groupes, c’est la première fois que me retrouve avec un orage qui dure dans la baignoire de Joséphine ! »

Il connaît vite les prénoms, il a un mot pour chacun et chacune. Clara, à la fois charmée et agacée – « une jolie fille comme toi sans son petit ami ! » n’a pas pu éviter sa curiosité.

Mais l’heure tourne et il est temps d’embarquer pour regagner le port à 17 h, avec le concours d’autres embarcations qui nous ramènent en une seule rotation.kayaks.1206092288.jpg

Sur le chemin , nous dépassons des kayaks qui reviennent à la rame après avoir suivi le même chemin que nous dans la journée. A voir la vigueur qu’ils appliquent à leurs pagaies, on imagine qu’ils ont moins forcé que nous sur le rhum.

Dans la vitesse du trajet, la brise nous rafraîchit et nous extrait progressivement de ce rêve éveillé de sable clair, de fonds blancs et de cocotiers qui avait failli tourner un moment au cauchemar.

Martinique: sous le soleil, exactement !

fort-de-france.1203599324.jpgNous sommes arrivés dimanche à l’aeroport Aimé Césaire. Après huit heures de vol sur un océan dégagé, miroitant, enfin apparaissent les montagnes élevées de la Martinique, couvertes d’une végétation sauvage, Au fond de la baie, batie sur une ancienne mangrove, Fort de France est une métropole très étalée, bouillonnante ; la circulation y frôle constamment l’embolie.

saint-joseph.1203598499.JPGHeureusement nous voici rapidement conduits sur les hauteurs de Saint-Joseph, une des communes périphériques ,où Claire , la fille de Danièle loue avec Raoul une maison au bout d’un chemin, perdue au milieu des arbres à pain, des cocotiers, des manguiers et des bambous. Une pelouse bien tondue et plus loin, dans la pente, le fouillis de la forêt tropicale.

Sous ces lattitudes, le soleil disparaît rapidement, autour de 18 h 30, laissant la place à l’obscurité profonde.

Dès la tombée de la nuit, s’élève le vacarme des nuits tropicales : insectes, batraciens, oiseaux nocturnes, cabrits bois et autres kataks bois

Le lendemain matin, sous un ciel lavé par les pluies nocturnes , nous partons vers le Sud, en essayant d’éviter les embouteillages de la rocade, passage obligé de tout déplacement dans l’île.

anse-noire.1203603624.JPGPassé les Trois Ilets, les habitations se font rares, place aux pentes escarpés, à la végétation plus clairsemée, plus aride et aux anses discrètes au bout de chemins difficiles.

Nous nous arrêtons vers l’Anse Noire. Un escalier nous mène à une petite crique de sable noir sous les cocotiers. Un hamac tendu entre deux palmiers pour Danièle et le soleil tropical pour clara en mal de bronzage, nous voci vite installés. L’eau est à 26°. Idéal pour patauger, nager, faire la planche. Il paraît aussi que c’est le meilleur emplacement du Sud pour observer les fonds marins et les poissons.

Midi approche. Nous avons repéré quelques cabanes de restaurant à coté, dans le petit hameau niché au creux de l’Anse Dufour. C’est un village de pêcheurs, une dizaine de cabanes où sont rangés les filets et le matériel. Sur le sable, quelques barques à moteur .

anse-dufour.1203604426.JPG« Chez Nini » propose des accras de morue, des poissons grillés et le fameux poulet boucané qu’on trouve partout dans l’île. Juste ce qu’il nous faut, avec la bière d’ici, curieusement dénommée  » la Lorraine ».

Difficile, quand on est dans le sud, d’échapper aux plages de Diamant et à son rocher noir omniprésent. Ce sera notre dernière étape baignade avant de rentrer.

diamant.1203605244.JPG

Camping-cars indésirables en corse ?

Nous étions prévenus : les camping-cars ne sont pas les bienvenus en Corse. Les revues, les forums de camping-caristes sur internet foisonnent de récits plutôt désagréables d’incident ou d’intimidations à notre destination.

A tel point que quelques jours avant le départ, nous nous interrogions sur l’opportunité de passer notre séjour en Sardaigne, réputée  » motor-home-friendly » plutôt que dans son île jumelle. Mais la curiosité vis à vis des charmes de la Corse l’emporta .

Afin de sauvegarder notre tranquilité, nous avons adopté une ligne de conduite constante: les nuits dans les campings et une attitude prudente dans nos contacts avec les insulaires. Bien que séjournant dans un département français, nous ne nous sommes jamais considérés « comme chez nous ».camping-solara.1190042039.jpg

Tant pis pour les nuits à la belle étoile, seuls en pleine nature. Mais nous n’avons pas regretté notre choix pour les campings.

A part quelques campings quatre étoiles, les pieds dans l’eau, que nous avons évités soigneusement, les campings corses sont simples, bon marché et trés proches de la nature, comme ce camping de Solara au bord de la cote orientale, les aiguilles de Bavella en arrière-fond. camping-cars-solara.1190047912.jpgChaque année, un groupe d’habitués d’Italie, d’Allemagne ou des Pays-bas s’y retrouvent au bord de la plage et de la rivière – le Travo – qui crée une zone d’étangs derrière le cordon littoral.

Dans la journée , lorsqu’on visite l’arrière-pays, c’est quelquefois difficile de se garer. Le stationnement, bien souvent en Corse, n’est pas prévu dans les sites touristiques. Les automobiles s’arrêtent, n’importe comment, sur les bords de routes, ce qui est plus difficile pour les camping-cars. Lorsque les parkings sont aménagés, ils sont souvent équipés de barres de hauteur qui en interdisent l’accès.

L’office du Tourisme de Calvi et sa région n’y va pas par quatre chemins dans sa brochure destinée aux campeurs et autres camping-caristes. S’ils rappellent que le camping sauvage est interdit dans toute l’île, ils y assimilent tout stationnement de camping-car : bords de route, chemins de terre, parking de super-marché. La chasse est ouverte, assortie d’une menace qui règlerait, selon eux, définitivement le problème: interdire totalement l’accès de l’île à tout camping-car!

De nombreuses communes – surtout dans les zones touristiques- interdisent totalement le stationnement -même pour acheter le pain ?- sur tout leur territoire, toute l’année, toute la journée, en dehors des campings. De nombreux arrêtés de ce type ont fait l’objet d’annulation devant les tribunaux au motif qu’on ne peut appliquer une telle discrimination à l’égard d’une catégorie de véhicules (pourquoi pas les voitures vertes ou les triporteurs bachés?) qu’en fonction de caractéristiques spécifiques (étroitesse d’une rue, hauteur limitée sous un pont, importance d’une circulation piétonne) et dans un périmètre délimité. Bref, il faut savoir que la légalité de ces décisions locales n’est pas bien solide.

Mais ce qui est plus inquiétant, c’est l’hostilité (plus ou moins manifeste, plus ou moins violente) que nous avons perçue d’une partie de la population. Les camping-cars peuvent faire l’objet de véritables attaques aussi violentes qu’anonymes, témoin cet article de Corse-Matin paru pendant notre séjour.

Pour notre part nous avons vécu une anecdote plutôt désagréable, la violence en moins.

 Partis du camping de la plage d’Arone vers 8 heures le 10 juillet, nous avons fait étape un moment « sur le plateau » avant Piana, au bord de la route.arone-le-plateau.1190042071.jpg La vue sur le golfe de Porto était magnifique et … la connexion à internet fort rapide, à deux pas de l’antenne Télécom. Une quinquagénaire blonde est arrivée en land-rover, s’est garée près de nous et, sans se présenter, nous a annoncé que nous étions en infraction, que nous avions une amende de 1000 € pour camping sauvage en zone interdite…en prétendant que nous avions été signalés par « la garde verte ». Protestant de notre bonne foi, nous avons signalé que nous dormions depuis deux jours au camping de la plage d’Arone…sur quoi, la belle s’est éclipsée arguant que la gendarmerie apprécierait  !!!

A la gendarmerie de Piana où nous nous sommes immédiatement rendus, il nous a été précisé qu’il ne s’agissait que d’intimidations, qu’il n’y avait aucune garde verte dans le secteur et que les contraventions n’étaient délivrées que par les gendarmes en respectant les formes, notamment constat en présence du contrevenant.

Nous sommes repartis rassurés, mais gagnés par un véritable malaise.

Il y a sans doute en Corse pas mal de gens qui ont envie de faire la peau aux Camping-Cars et qui voudraient les voir cantonnés dans les seules 4 aires de stationnement installées en Corse (plus de 3 000 en France) . [depuis 2007,la situation s’est améliorée: on trouve en 2016 16 aires de service, sans compter les campings]

Sur le chemin du retour (le ferry Bastia-Savona), nous nous sommes attardés en Italie, le pays de la plus grande tolérance aux « campers » comme disent les italiens.

stationnement-c-car.1190042706.jpg Une grande aire de stationnement près de Savona, un air de stalag à deux pas des plages huppées de la Riviera ligure. Des familles y passent des semaines entières, la table de camping coincée derrière le pot d’échapement du voisin . La plage en face, les apéros entre voisins, le linge qui sèche entre deux véhicules, la queue aux sanitaires rien ne semble s’opposer au bonheur simple de ces camping-caristes qui viennent de Milan, Turin, gênes …

On retrouve la même simplicité (le même sans-gêne?…) dans des sites plus reculés. col-de-la-madalena.1190042837.jpgC’est le cas de ce campement improvisé au bord d’un lac de montagne en haut du col de la Lombarde (2350 m) . Sans doute, ces campers, ravis d’avoir découvert ce petit paradis, n’ont-ils pas conscience qu’ils mettent en péril le fragile équilibre faunistique et floristique de ce site.

On se prend à rêver d’un pays où la liberté d’aller, venir, stationner pour ses loisirs ne serait limitée que par les impératifs de la sauvegarde des sites et le respect des autres usagers. Un pays sans barrières . La Suède , en somme… le soleil en plus !

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Merveilleuses forêts corses

Victime de mon inculture, je croyais la Corse uniquement couverte de maquis impénétrables propices à cacher les fugitifs ( La fuite aux Agriates de Marie Ferranti ). J’ignorais l’existence des forêts corses et de leur emblême : le pin Laricio. C’est un arbre splendide, au tronc parfaitement rectiligne qui pousse très lentement mais peut atteindre 50 m et vivre 1000 ans. De quoi impressionner les marins qui avaient parcouru les îles calcaires et pelées de la méditerranée lorsqu’ils entraient dans ses immenses forêts denses et lumineuses comme celles d’ Aïtone, d’Asco ou de Vizzavona. Les pluies et le granit des montagnes corses font bien leur travail !

Essence de pleine lumière, le laricio supporte aisément les contrastes climatiques de la montagne corse, avec ses étés doux et ses hivers rigoureux. Préférant l’humidité, il ne redoute pas la sécheresse. En fait, il ne craint que le calcaire (on dit qu’il est calcifuge). C’est pourquoi il abonde dans les massifs de la Corse du nord, cristalline ou granitique,

dont il affectionne les sols acides, souvent pauvres.

sous-bois-laricio.1187369213.jpgUn patrimoine qui craint surtout le feu

Tous les dépliants touristiques vous diront que le pin Laricio constitue une des richesses très convoitée de l’île malgré les pentes qui rendent l’exploitation difficile.

transport d'une grume de 24 m3Les gênois en faisaient des mâts de navire, l’administration  française a mis sous la protection des forêts publiques  le géant à la croissance si lente, l’ONF a construit un magnifique réseau de routes forestières pour les acheminer dans des conditions meilleures que sur les anciens chemins muletiers.

 

Ce que nous avons vu, nous incite à penser que l’exploitation reste parcimonieuse. Les sources même autorisées sont bien incapables de savoir ce que l’on fait du bois corse :

Pour certains, l’industrie du meuble de l’Italie du nord en serait le principal utilisateur comme bois massif ou tranché pour les plaquages. D’aucuns prétendent même que les Italiens seraient les détenteurs d’un procédé industriels permettant le déroulage des billes de laricio. Mais Joseph Luciani, le principal scieur de l’île qui traite près de la moitié de la production locale vous détrompe immédiatement : « les Alsaciens et les Allemands sont aujourd’hui mes principaux clients » dit-il.

pin-laricio-incendie.1184788882.JPGAujourd’hui c’est le feu, plus que l’exploitation qui  le menace, mais depuis les grands incendies de l’année 2000 (Restonica et Vivario) de nombreuses associations se sont constituées pour défendre la forêt enrôlant même Laetitia Casta, petite-fille de garde forestier. Du camping de Tatone, nous avons vu les dernières fumées d’un feu qui s’était déclaré la semaine précédente. Plusieurs jours de suite, les hélicoptères et les pompiers sont intervenus sur quelques foyers encore fumant susceptibles de faire redémarrer l’incendie.

   Respect

Le pin Laricio est un symbole qui résume à lui seul le splendide isolement de la Corse. laricio-1.1187419160.jpgDispersée à l’origine dans les montagnes du bassin méditerranéen, l’espèce pinus nigra a produit plusieurs variétés dont l’une, appelée laricio corsicana, confortée par 4 millions d’années d’insularité, ne croît qu’en Corse, à l’état naturel.

En Corse, le pin laricio inspire plus le respect que la convoitise. Contrairement au châtaignier qui est l’arbre « à pain », objet de tous les soins et autrefois de nombreux différends entre familles, le laricio est l’essence noble par excellence. 

  C’est aussi un pur objet d’admiration qui incite à la contemplation et à la méditation. Les forêts Corses sont splendides, les troncs si hauts et si droits qu’ils laissent toujours passer la lumière, le bruit du vent dans les aiguilles si léger qu’on ne ressent jamais cette pointe d’inquiétude que font naître les forêts obscures et oppressantes.

Dormir dans le camping municipal d’Asco ( à 1200m d’altitude) sous les pins Laricio est un vrai plaisir. C’est un endroit parfait pour lire Jim Harrison.

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Ravins, torrents et bergeries

Installés au camping Alivettu à Corte, sur les bords de la Restonica, la-restonica.1184951380.jpgnous avons profité de ses eaux cristallines dans les vasques situées juste sous le camping. Mais lorsque nous avons programmé une randonnée, nous avons choisi de remonter le cours du Tavignano dont le confluent est voisin, renonçant ainsi au parcours de la restonica, trop visitée ( 250 000 l’année dernière) et finalement inaccessible. D’ailleurs, la circulation est interdite pour les camping-cars en haute saison. Pas passionnant pour nous de faire la route au milieu des voiture pour atteindre les bergeries de Grutelle, base de départ pour explorer le haut de la vallée.

Les jours suivants, nous avons parcouru de la même façon le cours du Vieccho, du Manganello (près de Vizzavona) et escaladé un modeste sommet la Madonuccia. A Chaque fois, nous suivons un peu le même programme.chemin-tavignano.1184949669.JPG

Démarrage à l’aube, approche dans la courte fraicheur du matin (à 10h, le soleil est déjà implacable sur les chemins non abrités). On imagine ces sentiers,abrupts, à peine pavés par endroit et quelquefois effondrés au bord du précipice, lorsqu’ils étaient les seuls moyens de communications entre vallées  comme la Scala de Santa Regina (ci-dessous).la-scala-di-santa-regina.1185783559.JPGC’était autrefois la seule communication entre le Niolo et le Nord-Ouest de l’île et la basse vallée du  Golo (le fleuve qui se jette au Sud de Bastia). La route, étroite et acrobatique pour un camping-car, ne fut construite qu’en 1937fontaine-madonuccia.1184950553.JPGDans cet environnement minéral, surchauffé par un soleil impitoyable, le marcheur rêve à la prochaine pause. Une bergerie, l’ombre de quelque vaste châtaignier, une fontaine claire, fraiche et glougloutante. Au détour d’un tournant, l’hallucination prend corps et réalité.Le chien se précipite vers le ruisseau (il n’a pas sa gourde sur ces longs parcours!) et ses maîtres soufflent enfin.

cascade-vecchio.1184951029.JPGLa marche reprend , maintenant plus près du ruisseau. Nous longeons parfois des cascades ( comme, ci-contre, la cascade des Anglais sur le Vecchio). La flore se modifie avec l’alitude, au-dessus de 800 m le Pin Laricio s’impose majestueusement. Cette espèce ne se trouve qu’en Corse; elle est remarquable par sa hauteur – de 30 à 50 m- sa résistance et sa rectitude qui était appréciées par les chantiers navals de Gênes ou de Toulon  pour fournir les mats des voiliers les plus grands. Ces forêts, souvent centenaires, sont , hélas, victimes de feux de forêts dévastateurs. Le maquis repousse en quelques années, mais c’est plusieurs décennies qu’il faut pour voir de nouveau ces géants verdir les à-pics et les ravins.  passerelle-rossolino-tavignano.1184950701.JPGPause casse-croûte et baignade dans l’eau fraîche. Danièle , habituellement frileuse, ne dédaigne pas un coup de fraîcheur tonique et réparatrice. Quant au chien , rien à faire, l’eau n’est pas son élément. Et pourtant il souffre de la chaleur dès que le soleil est haut.

 Mais il est temps de redescendre. Le retour est difficile avec un thermomètre à plus de 35 ° , surtout lorsqu’on considère que l’ombre se fait rare sur le chemin rocailleux. Vient un moment où le chien, toujours à la recherche d’un abri, ne veut plus sortir de l’ombre d’un rocher, épuisé de chaleur et de soif. Alors, pause pour tout le monde et les dernières gorgées de la gourde seront pour l’animal. Le camping est désormais proche, nous aurons évité le plus gros de la chaleur qui ne semble pas faire peur aux marcheurs que nous croisons, partant  quand nous revenons.

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Camping Le Soleil à 50 m de la gare de Tattone sur la ligne Ajaccio-Bastia. vizzavonna-gare.1184788462.JPGNous sommes tout près de Vizzavona. Cette  ancienne station climatique connut ses heures de gloire lorsque le train , inauguré le 14 juillet 1889, fut en mesure d’amener les riches touristes anglais et les bourgeois ajacciens au cœur de la Corse, à 1000 m d’altitude. C’est maintenant des troupes plus populaires de randonneurs ou de promeneurs avides d’air frais que la petite gare accueille quatre fois par jour.

Le lustre d’antan est ainsi révolu quand on voit les ruines de quelque palace abandonné au milieu de la végétation.vizzavonna-hotel-ruine.1184788190.JPG

Le thermalisme d’altitude a donc laissé la place aux pratiques de la randonnée et aux adepte des GR.  Les hôtels qui demeurent maintenant ont tous un dortoir pour les randonneurs du GR 20 et servent de refuge sur l’étape du Monte d’Oro.

pin-laricio-incendie.1184788882.JPGTattone abrite aussi un immense hôpital gériatrique, annexe du  Centre Hospitalier de Corte.

Les incendies de forêt semblent fréquents ; sur le versant en face, celui de la semaine dernière fume encore, ce qui explique les rotations régulières des Canadair et des hélicoptères venus en reconnaissance pendant notre sieste.

Néanmoins l’ambiance est particulièrement gaie au camping.

Demain nous ne prendrons pas le train, nous irons simplement nous baigner dans le Vecchio après une balade en forêt sous les hêtres et les pins Laricio.

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Le pays sartenais

sartene.1186495773.jpg » Sartène, la plus corse des villes Corses » écrivait Prosper Mérimée.

C’est vrai que cette grosse bourgade perchée a de l’allure et du caractère, entre les petites rues de l’ancienne citadelle et la place centrale, à la fois indolente et active. Un petit déjeuner à la terrasse d’un café, un matin paisible, nous sommes bienvenus .sartene-place-de-la-liberation.1186496692.jpgMais Sartène est bien autre chose. Avec seulement 3400 habitants, cette commune est la plus étendue ( 200 km2) de Corse et la deuxième de France .

Ce territoire s’étend du rivage de la mer jusqu’à la Montagne de Cagna omu-di-cagna.1186579163.jpg

( la Punta d’Ovace à 1340 m, ci-contre) et réunit ainsi les trois étages de la vie rurale en Corse :

  • le littoral et les vallées cotières
  • la mi-montagne où se trouvaient les villages
  • la montagne avec ses bergeries pour les estives

Le littoral est pour l’essentiel peu accessible par la route.

Il s’étend à partir de Roccapina, une des plus belles plages de Corse qu’on peut atteindre au bout de 2 km de piste assez mauvaise,rocapina-le-lion.1186580970.jpg

rocapina-plage.1186587103.jpgau pied du fameux lion de Roccapina, un rocher qui fait penser au roi des animaux, surmonté de sa couronne, un ancien fortin construit avant la tour génoise qui fait face à la mer. Derrière la hauteur, à une petite heure de marche on accède à la plage d’Erbaju, peu connue car inaccessible en voiture, 3 km de sable fin totalement préservé de toute occupation humaine.

erbaju.1186581466.jpgLe littoral de Sartene se prolonge ensuite en une série de golfes, de pointes et de caps, pas plus accessibles. A partir de Tizzano, un sentier longe le littoral à travers le chaos des rochers de granit, les genévriers et les myrtes, et les pelouses cotières , les pozzi, à l’herbe douce et rase, site protégé géré par le conservatoire du littoral. On rejoint ensuite campomoro dont la grande Tour génoise veille sur l’ouverture du Golfe de Valinco ( avec Propriano, loin, au fond).

campomoro-i-pozzi.1186582460.jpg

Ces espaces côtiers, restés désertés par leur habitants au XVème et XVIème siècle du fait des incessantes invasions, se sont repeuplés progressivement au siècle suivant. Quelques familles de notables des villages de la montagne en ont acquis l’ensemble des terrains. Ce régime de grande propriété, celui des signore (par abréviation les sgio), est sans équivalent en Corse. Dans le même temps, des bergers descendus de la montagne avec leurs troupeaux venaient l’hiver cultiver les terres des Sgio, vivant dans des cabanes une vie très précaire. Les bergers devaient reverser aux propriétaires la moitié de leurs récoltes.transhumance.1186584408.jpg

Au retour des beaux jours, les bergers et leurs troupeaux, fuyant la sécheresse des pâtures et le danger de la malaria, remontaient au village. Au plus fort de l’été, ils se trouvaient en montagne, dans les estives, quelquefois avec le plus gros des habitants qui s’installaient dans les bergeries.

Ce mouvement vertical rythmait la vie rurale de l’ensemble des territoires corses. Les déplacements des troupeaux, devenus maintenant plus sédentaires, se limitent souvent aux deux mois d’estive. Peu de bergeries sont vraiment en activité comme à Radule, plus au Nord, près du col de Vergio :bergerie-radulle.1186585461.jpg

ce berger installé avec ses 150 chèvres commercialise ses fromages en direct auprès des randonneurs du GR 20 qui passe opportunément là. Deux mois dans une solitude bien tempérée par les nombreuses visites des marcheurs. Et le ravitaillement en hélicoptère. Le troupeau bénéficie d’un complément en maïs – 150 sacs par saison à livrer en altitude. La bergerie est à 1600m, mais le troupeau passe la journée plus haut, avec les chiens.

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Pianottoli-Caldarello

port-figari.1183975144.JPGPar Danièle:

Arrivés au port de Figari, j’appelle Jeanine en souvenir de cette semaine d’écriture sur les hauteurs de Pianottoli-Caldarello, il y a onze ans (avril 96). Je pense trouver Jean Louis à qui elle prête souvent sa maison mais le téléphone émet un mauvais sifflement.

J’appelle Jean Louis qui est à Evry avec Simone : Jeanine a vendu sa maison l’an dernier pour se replier dans le Gers! Ribellina c’est fini ! La maison dont nous connaissions toute l’histoire à travers tant de textes au fil de nos ateliers d’écriture, depuis les aventures de la  construction jusqu’au charmes du havre de retraite en passant par les affres du divorce…est passée dans d’autres mains.

rocapina ter-Et nous n’avons même pas réussi à la retrouver en faisant tout le tour de Pianottoli et de Caldarello, mais la plage est toujours aussi belle.rocapina-lion.1184049378.JPG

Nous faisons halte juste un peu plus loin, sous la tête du lion de Roccapina, dans le camping municipal du même nom au-dessus de la plage. Le même sable blanc, l’eau turquoise et les blocs de granit rose érodés par le vent pour former de bizarres figures. Un petit air de Finistère nord démenti par le relief, la végétation et la chaleur.

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Corse : la découverte

Au XIXème siècle, de nombreux romanciers découvrent la corse, ses particularités et ses légendes. Prosper Mérimée avec la célèbre Colomba, mais aussi Alexandre Dumas et Gustave Flaubert. Mais celui qui a trouvé les phrases les plus fortes pour un pays qui l’a passionné est sans doute Guy de Maupassant:

En 1880, Maupassant arrive en corse; son bateau s’approche de ces rivages lointains:

 » Dans la clarté douteuse du jour levant , une tache grise apparaît au loin sur l’eau. Elle grandit, comme sortant des flots, se découpe, festonne étrangement sur le bleu naissant du ciel.

piana-arone-porto.1186418100.jpg

On distingue enfin une suite de montagnes escarpées, sauvages, arides, aux formes dures, aux arêtes aigües, aux pointes élancées. »  (Chronique, La patrie de Colomba, 1884)

calanche-piana.1186418958.jpg« Figurez-vous un monde encore en chaos, une tempête de montagnes que séparent des ravins étroits où roulent des torrents; pas une plaine, mais d’immenses vagues de granit et de géantes ondulations de terre couvertes de maquis ou de hautes forêts de châtaigniers et de pins.cascade-vecchio.1186419140.JPG C’est un sol vierge , inculte, désert, bien que parfois on aperçoive un village, pareil à un tas de rochers au sommet d’un mont… »   ( Le bonheur, 1884)

Le visiteur de 2007, une fois sorti des quelques villes modernes, se retrouve bien dans ces descriptions, livré aux mêmes émotions devant une nature à jamais sauvage. tavignano.1186419051.jpgRetrouvez les sujets du Clairon sur la Corse :

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