Cher Monsieur Reinhardt,

Eric Reinhardt
Cendrillon
Stock – 22 août 2007

Cher Monsieur Reinhardt


J’ai acheté « Cendrillon » chez Leclerc. Mon mari et moi avions apprécié « Le moral des ménages », je me suis dit que « Cendrillon » lui ferait plaisir. Bingo, le lendemain Ali Badou parlait de vous, en bien, en très très bien dans les matins de France Culture !

Vous dire si mon mari vous aime, il a lu aussi « Existence », et « Demi-sommeil » ; moi non, ni l’un ni l’autre. Pas envie de revenir en arrière quand on se doute qu’on sait déjà tout . Vous avez remarqué que pour certains auteurs on n’ a pas envie de revenir en arrière, sauf, à la rigueur si le livre paraît en poche. Pour Angot par exemple, je n’ai rien lu avant « Inceste ». Pour d’autres, on lirait tout dans le désordre, je pense à Duras, Céline ou même Proust et en plus ils ne parlent pas toujours de la même chose. Remarquez bien que je n’aime pas lire Mankell dans le désordre. Voir son père renaître alors qu’il était mort dans les bras de sa dame de compagnie, c’est dérangeant. J’y pense, ne faites pas revivre votre père maintenant qu’il s’est planté la fourchette dans la gorge, ça ne ferait pas crédible. Le lecteur peut tout croire, mais perturber le fil du temps, c’est gênant.

reinhart-eric.1193121021.jpgJe reviens à « Cendrillon » que j’ai bien du mal à lire. Je saute beaucoup, comme dans le dernier Houellebecq, les visites au gourou, c’était d’un ennuyeux ! Chez vous, ce sont les considérations sur l’automne et vos histoires de mail sur les sex-toys. J’ai sauté tout le chapitre. Vous n’êtes pas Fonelle, vous vous en êtes aperçu. Fonelle, ce n’est pas toujours bon, loin de là, mais c’est court. Et en ce qui concerne les golden-boys, je trouve que Clémence Boulouque en parle mieux que vous.

L’automne, j’y reviens. Je suis comme vous, je lis Elle et j’aime l’automne. On sent bien que ce que vous aimez dans l’automne, c’est la décroissance, la possibilité de rentrer sous terre, d’arrêter la dépense, de se terrer au creux de l’obscurité, de concentrer ses forces, de dormir et de se reposer. Je n’invente pas, c’est vous qui souhaitez louer une cave pour y écrire. Il faut vous reposer, cher Monsieur Reinhardt, il faut gérer votre énergie un peu mieux qu’en fréquentant les faux-semblants des cafés parisiens. Même Beigbeder a l’air de se porter mieux que vous ; il est vrai qu’il fréquente le café du sommet de la tour Montparnasse et la fille de Johnny, ce qui doit donner plus de hauteur de vue et une vraie connaissance du monde dont vous prétendez parler. Prenez un maître oriental et méditez sur les arbres qui perdent leurs feuilles et ne gardent que leurs troncs et leurs branches. Allégez-vous, dépouillez-vous, abandonnez le superflu. Cela vous fera le plus grand bien, et cela vous donnera de la profondeur. Allez au parc Montsouris, mais pas dans les jardins du Palais-Royal. Si Colette pouvait y écrire, c’est qu’elle portait en elle toute la campagne française et toutes les saisons, de la Bretagne au Jura, de la Bourgogne à la Côte d’Azur, rien à voir avec les pelouses de lotissement dont vous n’allez tout de même pas nous parler pendant le reste de vos jours.

Mais revenons au parc Montsouris ! Il se trouve qu’il y a 25 ans alors que je faisais des études de philosophie (épistémologie), j’ai bien connu votre voisin de palier que vous nommez « le philosophe marxiste de premier plan ». De premier plan, c’est sûr, il a été exclu du Parti communiste français… pour avoir contesté l’abandon de l’idée centrale de dictature du prolétariat, en 1978. Ce n’est pas à vous que cela arrivera. Vous n’aviez pas dix ans, viviez-vous déjà dans le lotissement ? Mais prenez garde à vos rapports avec Margot ! Louis Althusser était lui aussi très impressionné par sa femme Hélène ; Hélène et Margot, même combat aurait dit Brassens.

Etienne Balibar recevait ses étudiants dans ce petit local donnant sur le parc au-dessus de son appartement. Je suivais son séminaire consacré aux utopistes et il a relu et corrigé avec beaucoup de sérieux mon mémoire consacré aux agronomes du XVIII éme siècle où j’étudiais les écrits de Duhamel du Monceau et de l’abbé Rozier. C’est un homme cultivé et attentif qui ne mérite pas votre ironie. J’aime beaucoup sa fille également, Jeanne. Jeanne, Hélène et Margot, prenez garde, cher Eric !

Vous avez perdu une lectrice, cher Monsieur Reinhardt, une lectrice qui achète beaucoup de livres (Cf. vos 50 000€ de revenu imposable), une lectrice qui était même venue vous entendre à la fête du livre à Bron.

Danièle


reinhart.1193064213.jpgPrésentation de l’éditeur:

C’est un livre d’amour dédié à une saison, l’automne. C’est un livre d’amour et de guerre sur la mondialisation, les dérives du capitalisme moderne.
Laurent Dahl prend la fuite, abandonnant femme, enfants, appartement londonien et domestiques. Son ascension fulgurante dans une société d’investissements vient de s’achever en faillite.
Patrick Neftel roule à vive allure vers un studio de télévision, des armes cachées dans le coffre de sa voiture, pour accomplir le geste radical et désespéré qui lui donnera enfin le sentiment d’exister.
Thierry Trockel conduit son épouse vers un manoir isolé aux environs de Munich. Ils doivent y retrouver un couple rencontré sur Internet.
À travers ces trois personnages issus de la classe moyenne, c’est la société dans toute sa rudesse qui se révèle : traders bourrés de cocaïne, laissés pour compte de la promotion sociale, parents soumis et humiliés, adolescents rageurs, jeunes gens avides et ambitieux, arrogance et dégradation des people, mépris des intellectuels de gauche pour les déclassés.
Cendrillon est le roman documenté, précis, captivant, d’un monde qui agonise et ressuscite d’un marché financier à l’autre.
(Présentation de l’éditeur)

Une ZAC à la Buchette !

Monsieur le Maire

Dans le cadre de l’enquête publique préalable, j’ai consulté en Mairie le dossier de la Zone d’Aménagement Concerté de la Buchette.

buchette-ruiseau.1192524702.jpg Ce vallon verdoyant, que traverse un clair ruisseau, abrite à longueur d’année un petit troupeau de chevaux qui y trouvent pâture et ombrage, l’été, sous les quelques frais bosquets, appréciés également par les buchette-chevaux.1192524782.jpg tourterelles qui s’y rassemblent le matin.

Ce tableau bucolique ne sera plus qu’un souvenir, emporté par le flot continu des constructions nouvelles, des routes, des lampadaires, des parkings qui transforment sans cesse notre commune en paysage urbain.

C’est pourquoi je suis opposé à ce projet de ZAC qui prévoit l’installation de 80 logements sur ce site naturel. Mais cet attachement au paysage naturel, qui relèverait, selon les adeptes d’une « modernité » aveugle, d’une époque révolue, n’est pas le seul argument qui milite en faveur de l’abandon de ce projet.

nouvelles-constructions.1192525104.jpg Les équipes élues de notre commune ont fait le choix depuis longtemps du « 100% lotissement » (à quelques petits % près, au centre du village). A chaque mandature a correspondu un projet important de maisons individuelles, sans compter les petits lotissements qui poussent ici ou là au fil de l’eau. Le mouvement n’est pas près de cesser.

lotissements-us.1192524938.jpg Dans quelques années, le territoire de la commune sera entièrement quadrillé par les lotissements, à l’image de ces suburbs, immenses banlieues américaines d’habitat individuel. Il serait temps de s’interroger sur les avantages et les inconvénients de cette formule pour les habitants de notre commune.

La croissance d’une commune, son urbanisation constante, sont-elle forcément un progrès pour le bien-être de ses habitants ?

En revanche on peut penser à d’autres orientations pour assurer le développement d’un village :

diversifier l’habitat résidentiel avec plus de collectifs locatifs, moins dévoreurs d’espace . Cela permet à des jeunes ménages de s’installer et de participer ainsi au renouvellement démographique de la commune. Mais aussi, à des personnes âgées de trouver un logement plus petit et plus pratique et de libérer ainsi leur maison individuelle devenue trop grande et inadaptée. Cela introduit ainsi un peu de mixité sociale et générationnelle dans une population marquée par une homogénéité excessive

Conserver des coupures vertes afin de briser la continuité des surfaces bâties.

Prévoir des cheminements piétonniers (et deux roues) qui permettent de gagner le centre du village – et les arrêts de bus – sans croiser d’automobiles.

Ce n’est pas aux propriétaires vendeurs de terrain, ni aux lotisseurs, ni aux promoteurs immobiliers de décider de l’avenir de notre village. J’espère que nos concitoyens saisiront l’occasion de cette enquête publique pour s’exprimer sur le sujet et indiquer ainsi à nos élus une voie plus respectueuse de notre cadre de vie.

Vendangeurs d’un jour, amis toujours

jean-chantal.1189527735.jpg Depuis le mois d’Août, Jean et Chantal, nos amis viticulteurs en Centre-loire, nous tenaient informés de la maturation des grappes , nous comme la petite centaine d’habitués des vendanges. Avec ces vendanges qui approchent c’est tout une année dans les vignes qui va trouver son dénouement. Au fil du temps , la date et l’état de la future vendange se précisaient jusqu’à ce dernier mail :

«  Aux vendangeurs d’éternité.

Le ciel a continué ses caprices peu estivaux ,fraîcheur et pluies importantes ces derniers jours :ainsi certaines vignes voient-elles leurs grains de raisin grossir ,voire éclater. Alors se pointent les citoyens botritys toujours pressés de manger les sucres à notre place!
Le pinot noir tient bien le coup,grains petits, serrés ,à qui on ne fera pas le coup de l’obésité. Pour les sauvignons ça dépend…

Enfin JE CONFIRME LES DATES DU 7,DU 8 ET du 9 SEPTEMBRE  »

Nous ne sommes pas des fidèles réguliers de la ferme du Tremblay , mais cette année, rien ne s’opposait à ce qu’on participe aux vendanges.

Jean est pour moi un ami de trente ans lorsqu’à Paris, militants dans une extrème gauche polarisée par « la classe ouvrière, seule classe historiquement révolutionnaire », nous n’étions qu’une poignée à nous intéresser à la paysannerie. Plus tard, lorsque j’ai rencontré Danièle, nous nous sommes aperçu que nous connaissions le même Jean, Danièle depuis ses études d’Agronomie. Entre temps, Jean a repris la ferme de son père et s’est pris de passion pour l’activité viticole qu’il a fortement développée. Les blancs de Quincy, qu’on retrouve avec les autres sauvignons cultivés en Centre-Loire (Sancerre, Menetou-Salon, Reuilly…) et les rouges issus de Pinot noir sur l’appellation Reuilly.

pinot-noir.1189586002.jpg C’est le rouge qui nous attendait ce matin, à La Commanderie, une vigne jeune qui démontre une belle vigueur. Le pinot noir est ce fameux raisin rouge sombre au jus blanc. Il rentre dans la fabrication du Champagne lorsqu’on le presse rapidement sans macération . Mais on le retrouve aussi dans des Bourgogne très charpentés et astringeant lorsqu’on pousse la macération (le jus de raisin reste alors en contact avec la peau du raisin, pendant tout ou partie de la fermentation, ce qui lui donne couleur et tannins). Le Reuilly est un vin lèger, frais; on privilégie donc la macération à froid ( qui apporte couleur et arômes) avant de démarrer la fermentation.

botrytis.1189587212.jpg Tout cela nous explique pourquoi, ce matin-là, Jean nous incite à prendre beaucoup de précautions avec les précieuses grappes afin qu’elles arrivent indemnes dans la cave. Il faut aussi veiller à évacuer les dégâts dus au Botrytis ( photo ci-contre) la pourriture grise qui risque de donner un mauvais goût à la vendange et de perturber la fermentation.

demarrage.1189605380.jpg Au pied des rangs, une foule bigarrée se prépare à l’action, autour des seaux, des sécateurs et des caisses. Finies les pittoresques hottes vidées dans de grandes bennes, cette méthode était trop violente pour les délicates grappes.

Une trentaine de rangs à vendanger. Chaque équipe de deux va remonter le rang jusqu’au bout. En tendant l’oreille, on perçoit une grande diversité d’accents et même de langues.

darek-thomas.1189606467.jpg Darek et Thomas (ci-contre) sont tous les deux polonais, comme leur dissemblance physique ne l’indique pas (Darek a du mal à passer sous les portes…) . Un ami palestinien échange en anglais avec un couple tchéchène. Depuis longtemp, Chantal et Jean ont accueilli de jeunes étrangers à la ferme, dans le cadre d’échanges internationaux. Leurs trois filles ont ainsi noué beaucoup de contacts aux quatre coins de la planète.

chahut.1189607507.jpg Le travail de la récolte n’interdit pas les chahuts ni les bavardages. Les retrouvailles sont parfois animées. Mais chacun est attentif à la progression du travail. Le fourgon qui amène la récolte à la cave ne suffit pas à la tâche, laissant en attente les grappes coupées et les sécateurs en suspens, occasionnant une pause non prévue mais bien accueillie.Et quelle satisfaction de voir se remplir les seaux et les caisses!

grappes.1189608031.jpg

casse-croute.1189612467.jpg La matinée avance, les dos peinent dans les rangs et les estomacs se creusent.

retour.1189612746.jpg L’heure du casse-croûte de midi s’approche. On ramène les caisses pleines. Les préparatifs s’organisent autour de deux tables improvisées. Les coupeurs ne boudent pas le buffet, arrosé de quelques bonnes bouteilles issues des vignes de la parcelle.

sieste.1189613693.jpg La fatigue, un brin d’alcool, et le soleil qui prend de la force dans cette belle journée de fin d’été,

sieste-auto.1189613912.jpg tout cela fait des ravages dans les rangs des vendangeurs qui tombent les uns après les autres pour une courte sieste réparatrice à l’ombre d’un rang ou dans une voiture, saisis là par une fatigue soudaine et infinie, quelquefois aggravée par des nuits trop courtes.

pause.1189670519.jpg D’autres restent éveillés, devisant ou saisissant leur appareil photo pour ramener un souvenir de cette journée mémorable.

reprise.1189665964.jpg Mais la vendange n’est pas terminée, les équipes se remettent doucement en marche sous un soleil triomphant qui suscite des couvre-chefs improvisés, tee-shirts enturbannés ou mouchoirs noués aux quatre coins, comme les moissonneurs sur les gravures anciennes.

emmanuel.1189669935.jpg Chacun retrouve son rang, à quelques échanges près. L’heure avance et tout le monde voudrait en finir avec ces derniers 9 rangs qui nous narguent au bout de la parcelle. Heureusement ce sont des pieds plus jeunes, où on avance plus vite.

assis-debout.1189671176.jpg Les méthodes des coupeurs sont diverses. Certains s’assoient à coté des ceps, invisibles dans leur rang, d’autres se baissent alternativement, plus repérables d’un coup d’oeil sur le champ. Les mauvaises langues ( ?) les soupçonnent ainsi plus facilement de bavardages et de distraction. De toute façon, le camarade Stakhanov n’était pas parmi nous ce jour-là .

fin.1189671653.jpg Voilà les derniers ceps récoltés. Chacun ramène son seau , les dernières caisses vont partir à la cave. C’est le moment de se rincer les mains poisseuses du sucre des baies,et de se diriger vers la ferme où nous attendent douches, habits propres et nourritures solides et liquides.

Voici deux ans que Chantal et Jean ont aménagé dans les communs de grands gites et des salles d’accueil pour les groupes, fêtes ou séminaires. C’est là que nous nous retrouvons autour du bar. Le moment où Jean, un verre à la main, prend la parole est très attendu par l’assistance .

jean-harangue-les-invites.1189524215.jpg

S’agit-il de vanter les mérites de l’appellation Quincy, de haranguer les connaisseurs sur l’intérêt du vieillissement en fûts de chène, registre bien connu des habitués du Tremblay ?

hilares.1189524273.jpg Non, ce soir-là Jean voulait remercier les fidèles qui suivent son aventure, quelquefois depuis longtemps. Une occasion aussi pour les participants de resituer chacun dans une période, un lieu, un milieu professionnel ou militant qui l’avait amené à rencontrer Jean et à se retrouver dans l’action avec lui. Les anecdotes ne manquaient pas , déclenchant joie et hilarité.

super.1189524317.jpg Le Tremblay, c’est aussi un lieu de rencontre amicale ou même professionnelle, puisque certains évoquaient des projets qui avaient pris naissance autour d’un verre après vendanges. C’est aussi un sujet de curiosité pour la presse locale, témoin cet article dans le Berry républicain.

repas.1189676331.jpg Les discussions se poursuivent ensuite à table autour d’une soupe de poisson bretonne et de produits de la ferme.

danse.1189524398.jpg La nuit n’est pas finie. Malgré les courbatures qui nous ont dirigés direct au lit dans notre camping-car, Danièle et moi, bien des courageux vont rester sur les lieux à danser , à deviser jusqu’à une heure avancée.

Le lendemain dimanche c’est relâche pour tout le monde. mais lundi les vendanges recommencent pour les professionnels , avec la machine à vendanger , cette fois.

Camping-cars indésirables en corse ?

Nous étions prévenus : les camping-cars ne sont pas les bienvenus en Corse. Les revues, les forums de camping-caristes sur internet foisonnent de récits plutôt désagréables d’incident ou d’intimidations à notre destination.

A tel point que quelques jours avant le départ, nous nous interrogions sur l’opportunité de passer notre séjour en Sardaigne, réputée  » motor-home-friendly » plutôt que dans son île jumelle. Mais la curiosité vis à vis des charmes de la Corse l’emporta .

Afin de sauvegarder notre tranquilité, nous avons adopté une ligne de conduite constante: les nuits dans les campings et une attitude prudente dans nos contacts avec les insulaires. Bien que séjournant dans un département français, nous ne nous sommes jamais considérés « comme chez nous ».camping-solara.1190042039.jpg

Tant pis pour les nuits à la belle étoile, seuls en pleine nature. Mais nous n’avons pas regretté notre choix pour les campings.

A part quelques campings quatre étoiles, les pieds dans l’eau, que nous avons évités soigneusement, les campings corses sont simples, bon marché et trés proches de la nature, comme ce camping de Solara au bord de la cote orientale, les aiguilles de Bavella en arrière-fond. camping-cars-solara.1190047912.jpgChaque année, un groupe d’habitués d’Italie, d’Allemagne ou des Pays-bas s’y retrouvent au bord de la plage et de la rivière – le Travo – qui crée une zone d’étangs derrière le cordon littoral.

Dans la journée , lorsqu’on visite l’arrière-pays, c’est quelquefois difficile de se garer. Le stationnement, bien souvent en Corse, n’est pas prévu dans les sites touristiques. Les automobiles s’arrêtent, n’importe comment, sur les bords de routes, ce qui est plus difficile pour les camping-cars. Lorsque les parkings sont aménagés, ils sont souvent équipés de barres de hauteur qui en interdisent l’accès.

L’office du Tourisme de Calvi et sa région n’y va pas par quatre chemins dans sa brochure destinée aux campeurs et autres camping-caristes. S’ils rappellent que le camping sauvage est interdit dans toute l’île, ils y assimilent tout stationnement de camping-car : bords de route, chemins de terre, parking de super-marché. La chasse est ouverte, assortie d’une menace qui règlerait, selon eux, définitivement le problème: interdire totalement l’accès de l’île à tout camping-car!

De nombreuses communes – surtout dans les zones touristiques- interdisent totalement le stationnement -même pour acheter le pain ?- sur tout leur territoire, toute l’année, toute la journée, en dehors des campings. De nombreux arrêtés de ce type ont fait l’objet d’annulation devant les tribunaux au motif qu’on ne peut appliquer une telle discrimination à l’égard d’une catégorie de véhicules (pourquoi pas les voitures vertes ou les triporteurs bachés?) qu’en fonction de caractéristiques spécifiques (étroitesse d’une rue, hauteur limitée sous un pont, importance d’une circulation piétonne) et dans un périmètre délimité. Bref, il faut savoir que la légalité de ces décisions locales n’est pas bien solide.

Mais ce qui est plus inquiétant, c’est l’hostilité (plus ou moins manifeste, plus ou moins violente) que nous avons perçue d’une partie de la population. Les camping-cars peuvent faire l’objet de véritables attaques aussi violentes qu’anonymes, témoin cet article de Corse-Matin paru pendant notre séjour.

Pour notre part nous avons vécu une anecdote plutôt désagréable, la violence en moins.

 Partis du camping de la plage d’Arone vers 8 heures le 10 juillet, nous avons fait étape un moment « sur le plateau » avant Piana, au bord de la route.arone-le-plateau.1190042071.jpg La vue sur le golfe de Porto était magnifique et … la connexion à internet fort rapide, à deux pas de l’antenne Télécom. Une quinquagénaire blonde est arrivée en land-rover, s’est garée près de nous et, sans se présenter, nous a annoncé que nous étions en infraction, que nous avions une amende de 1000 € pour camping sauvage en zone interdite…en prétendant que nous avions été signalés par « la garde verte ». Protestant de notre bonne foi, nous avons signalé que nous dormions depuis deux jours au camping de la plage d’Arone…sur quoi, la belle s’est éclipsée arguant que la gendarmerie apprécierait  !!!

A la gendarmerie de Piana où nous nous sommes immédiatement rendus, il nous a été précisé qu’il ne s’agissait que d’intimidations, qu’il n’y avait aucune garde verte dans le secteur et que les contraventions n’étaient délivrées que par les gendarmes en respectant les formes, notamment constat en présence du contrevenant.

Nous sommes repartis rassurés, mais gagnés par un véritable malaise.

Il y a sans doute en Corse pas mal de gens qui ont envie de faire la peau aux Camping-Cars et qui voudraient les voir cantonnés dans les seules 4 aires de stationnement installées en Corse (plus de 3 000 en France) . [depuis 2007,la situation s’est améliorée: on trouve en 2016 16 aires de service, sans compter les campings]

Sur le chemin du retour (le ferry Bastia-Savona), nous nous sommes attardés en Italie, le pays de la plus grande tolérance aux « campers » comme disent les italiens.

stationnement-c-car.1190042706.jpg Une grande aire de stationnement près de Savona, un air de stalag à deux pas des plages huppées de la Riviera ligure. Des familles y passent des semaines entières, la table de camping coincée derrière le pot d’échapement du voisin . La plage en face, les apéros entre voisins, le linge qui sèche entre deux véhicules, la queue aux sanitaires rien ne semble s’opposer au bonheur simple de ces camping-caristes qui viennent de Milan, Turin, gênes …

On retrouve la même simplicité (le même sans-gêne?…) dans des sites plus reculés. col-de-la-madalena.1190042837.jpgC’est le cas de ce campement improvisé au bord d’un lac de montagne en haut du col de la Lombarde (2350 m) . Sans doute, ces campers, ravis d’avoir découvert ce petit paradis, n’ont-ils pas conscience qu’ils mettent en péril le fragile équilibre faunistique et floristique de ce site.

On se prend à rêver d’un pays où la liberté d’aller, venir, stationner pour ses loisirs ne serait limitée que par les impératifs de la sauvegarde des sites et le respect des autres usagers. Un pays sans barrières . La Suède , en somme… le soleil en plus !

Retrouvez les sujets du Clairon sur la Corse :

Merveilleuses forêts corses

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Merveilleuses forêts corses

Victime de mon inculture, je croyais la Corse uniquement couverte de maquis impénétrables propices à cacher les fugitifs ( La fuite aux Agriates de Marie Ferranti ). J’ignorais l’existence des forêts corses et de leur emblême : le pin Laricio. C’est un arbre splendide, au tronc parfaitement rectiligne qui pousse très lentement mais peut atteindre 50 m et vivre 1000 ans. De quoi impressionner les marins qui avaient parcouru les îles calcaires et pelées de la méditerranée lorsqu’ils entraient dans ses immenses forêts denses et lumineuses comme celles d’ Aïtone, d’Asco ou de Vizzavona. Les pluies et le granit des montagnes corses font bien leur travail !

Essence de pleine lumière, le laricio supporte aisément les contrastes climatiques de la montagne corse, avec ses étés doux et ses hivers rigoureux. Préférant l’humidité, il ne redoute pas la sécheresse. En fait, il ne craint que le calcaire (on dit qu’il est calcifuge). C’est pourquoi il abonde dans les massifs de la Corse du nord, cristalline ou granitique,

dont il affectionne les sols acides, souvent pauvres.

sous-bois-laricio.1187369213.jpgUn patrimoine qui craint surtout le feu

Tous les dépliants touristiques vous diront que le pin Laricio constitue une des richesses très convoitée de l’île malgré les pentes qui rendent l’exploitation difficile.

transport d'une grume de 24 m3Les gênois en faisaient des mâts de navire, l’administration  française a mis sous la protection des forêts publiques  le géant à la croissance si lente, l’ONF a construit un magnifique réseau de routes forestières pour les acheminer dans des conditions meilleures que sur les anciens chemins muletiers.

 

Ce que nous avons vu, nous incite à penser que l’exploitation reste parcimonieuse. Les sources même autorisées sont bien incapables de savoir ce que l’on fait du bois corse :

Pour certains, l’industrie du meuble de l’Italie du nord en serait le principal utilisateur comme bois massif ou tranché pour les plaquages. D’aucuns prétendent même que les Italiens seraient les détenteurs d’un procédé industriels permettant le déroulage des billes de laricio. Mais Joseph Luciani, le principal scieur de l’île qui traite près de la moitié de la production locale vous détrompe immédiatement : « les Alsaciens et les Allemands sont aujourd’hui mes principaux clients » dit-il.

pin-laricio-incendie.1184788882.JPGAujourd’hui c’est le feu, plus que l’exploitation qui  le menace, mais depuis les grands incendies de l’année 2000 (Restonica et Vivario) de nombreuses associations se sont constituées pour défendre la forêt enrôlant même Laetitia Casta, petite-fille de garde forestier. Du camping de Tatone, nous avons vu les dernières fumées d’un feu qui s’était déclaré la semaine précédente. Plusieurs jours de suite, les hélicoptères et les pompiers sont intervenus sur quelques foyers encore fumant susceptibles de faire redémarrer l’incendie.

   Respect

Le pin Laricio est un symbole qui résume à lui seul le splendide isolement de la Corse. laricio-1.1187419160.jpgDispersée à l’origine dans les montagnes du bassin méditerranéen, l’espèce pinus nigra a produit plusieurs variétés dont l’une, appelée laricio corsicana, confortée par 4 millions d’années d’insularité, ne croît qu’en Corse, à l’état naturel.

En Corse, le pin laricio inspire plus le respect que la convoitise. Contrairement au châtaignier qui est l’arbre « à pain », objet de tous les soins et autrefois de nombreux différends entre familles, le laricio est l’essence noble par excellence. 

  C’est aussi un pur objet d’admiration qui incite à la contemplation et à la méditation. Les forêts Corses sont splendides, les troncs si hauts et si droits qu’ils laissent toujours passer la lumière, le bruit du vent dans les aiguilles si léger qu’on ne ressent jamais cette pointe d’inquiétude que font naître les forêts obscures et oppressantes.

Dormir dans le camping municipal d’Asco ( à 1200m d’altitude) sous les pins Laricio est un vrai plaisir. C’est un endroit parfait pour lire Jim Harrison.

camping-asco.1187373480.jpg

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Ravins, torrents et bergeries

Installés au camping Alivettu à Corte, sur les bords de la Restonica, la-restonica.1184951380.jpgnous avons profité de ses eaux cristallines dans les vasques situées juste sous le camping. Mais lorsque nous avons programmé une randonnée, nous avons choisi de remonter le cours du Tavignano dont le confluent est voisin, renonçant ainsi au parcours de la restonica, trop visitée ( 250 000 l’année dernière) et finalement inaccessible. D’ailleurs, la circulation est interdite pour les camping-cars en haute saison. Pas passionnant pour nous de faire la route au milieu des voiture pour atteindre les bergeries de Grutelle, base de départ pour explorer le haut de la vallée.

Les jours suivants, nous avons parcouru de la même façon le cours du Vieccho, du Manganello (près de Vizzavona) et escaladé un modeste sommet la Madonuccia. A Chaque fois, nous suivons un peu le même programme.chemin-tavignano.1184949669.JPG

Démarrage à l’aube, approche dans la courte fraicheur du matin (à 10h, le soleil est déjà implacable sur les chemins non abrités). On imagine ces sentiers,abrupts, à peine pavés par endroit et quelquefois effondrés au bord du précipice, lorsqu’ils étaient les seuls moyens de communications entre vallées  comme la Scala de Santa Regina (ci-dessous).la-scala-di-santa-regina.1185783559.JPGC’était autrefois la seule communication entre le Niolo et le Nord-Ouest de l’île et la basse vallée du  Golo (le fleuve qui se jette au Sud de Bastia). La route, étroite et acrobatique pour un camping-car, ne fut construite qu’en 1937fontaine-madonuccia.1184950553.JPGDans cet environnement minéral, surchauffé par un soleil impitoyable, le marcheur rêve à la prochaine pause. Une bergerie, l’ombre de quelque vaste châtaignier, une fontaine claire, fraiche et glougloutante. Au détour d’un tournant, l’hallucination prend corps et réalité.Le chien se précipite vers le ruisseau (il n’a pas sa gourde sur ces longs parcours!) et ses maîtres soufflent enfin.

cascade-vecchio.1184951029.JPGLa marche reprend , maintenant plus près du ruisseau. Nous longeons parfois des cascades ( comme, ci-contre, la cascade des Anglais sur le Vecchio). La flore se modifie avec l’alitude, au-dessus de 800 m le Pin Laricio s’impose majestueusement. Cette espèce ne se trouve qu’en Corse; elle est remarquable par sa hauteur – de 30 à 50 m- sa résistance et sa rectitude qui était appréciées par les chantiers navals de Gênes ou de Toulon  pour fournir les mats des voiliers les plus grands. Ces forêts, souvent centenaires, sont , hélas, victimes de feux de forêts dévastateurs. Le maquis repousse en quelques années, mais c’est plusieurs décennies qu’il faut pour voir de nouveau ces géants verdir les à-pics et les ravins.  passerelle-rossolino-tavignano.1184950701.JPGPause casse-croûte et baignade dans l’eau fraîche. Danièle , habituellement frileuse, ne dédaigne pas un coup de fraîcheur tonique et réparatrice. Quant au chien , rien à faire, l’eau n’est pas son élément. Et pourtant il souffre de la chaleur dès que le soleil est haut.

 Mais il est temps de redescendre. Le retour est difficile avec un thermomètre à plus de 35 ° , surtout lorsqu’on considère que l’ombre se fait rare sur le chemin rocailleux. Vient un moment où le chien, toujours à la recherche d’un abri, ne veut plus sortir de l’ombre d’un rocher, épuisé de chaleur et de soif. Alors, pause pour tout le monde et les dernières gorgées de la gourde seront pour l’animal. Le camping est désormais proche, nous aurons évité le plus gros de la chaleur qui ne semble pas faire peur aux marcheurs que nous croisons, partant  quand nous revenons.

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Camping Le Soleil à 50 m de la gare de Tattone sur la ligne Ajaccio-Bastia. vizzavonna-gare.1184788462.JPGNous sommes tout près de Vizzavona. Cette  ancienne station climatique connut ses heures de gloire lorsque le train , inauguré le 14 juillet 1889, fut en mesure d’amener les riches touristes anglais et les bourgeois ajacciens au cœur de la Corse, à 1000 m d’altitude. C’est maintenant des troupes plus populaires de randonneurs ou de promeneurs avides d’air frais que la petite gare accueille quatre fois par jour.

Le lustre d’antan est ainsi révolu quand on voit les ruines de quelque palace abandonné au milieu de la végétation.vizzavonna-hotel-ruine.1184788190.JPG

Le thermalisme d’altitude a donc laissé la place aux pratiques de la randonnée et aux adepte des GR.  Les hôtels qui demeurent maintenant ont tous un dortoir pour les randonneurs du GR 20 et servent de refuge sur l’étape du Monte d’Oro.

pin-laricio-incendie.1184788882.JPGTattone abrite aussi un immense hôpital gériatrique, annexe du  Centre Hospitalier de Corte.

Les incendies de forêt semblent fréquents ; sur le versant en face, celui de la semaine dernière fume encore, ce qui explique les rotations régulières des Canadair et des hélicoptères venus en reconnaissance pendant notre sieste.

Néanmoins l’ambiance est particulièrement gaie au camping.

Demain nous ne prendrons pas le train, nous irons simplement nous baigner dans le Vecchio après une balade en forêt sous les hêtres et les pins Laricio.

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Le pays sartenais

sartene.1186495773.jpg » Sartène, la plus corse des villes Corses » écrivait Prosper Mérimée.

C’est vrai que cette grosse bourgade perchée a de l’allure et du caractère, entre les petites rues de l’ancienne citadelle et la place centrale, à la fois indolente et active. Un petit déjeuner à la terrasse d’un café, un matin paisible, nous sommes bienvenus .sartene-place-de-la-liberation.1186496692.jpgMais Sartène est bien autre chose. Avec seulement 3400 habitants, cette commune est la plus étendue ( 200 km2) de Corse et la deuxième de France .

Ce territoire s’étend du rivage de la mer jusqu’à la Montagne de Cagna omu-di-cagna.1186579163.jpg

( la Punta d’Ovace à 1340 m, ci-contre) et réunit ainsi les trois étages de la vie rurale en Corse :

  • le littoral et les vallées cotières
  • la mi-montagne où se trouvaient les villages
  • la montagne avec ses bergeries pour les estives

Le littoral est pour l’essentiel peu accessible par la route.

Il s’étend à partir de Roccapina, une des plus belles plages de Corse qu’on peut atteindre au bout de 2 km de piste assez mauvaise,rocapina-le-lion.1186580970.jpg

rocapina-plage.1186587103.jpgau pied du fameux lion de Roccapina, un rocher qui fait penser au roi des animaux, surmonté de sa couronne, un ancien fortin construit avant la tour génoise qui fait face à la mer. Derrière la hauteur, à une petite heure de marche on accède à la plage d’Erbaju, peu connue car inaccessible en voiture, 3 km de sable fin totalement préservé de toute occupation humaine.

erbaju.1186581466.jpgLe littoral de Sartene se prolonge ensuite en une série de golfes, de pointes et de caps, pas plus accessibles. A partir de Tizzano, un sentier longe le littoral à travers le chaos des rochers de granit, les genévriers et les myrtes, et les pelouses cotières , les pozzi, à l’herbe douce et rase, site protégé géré par le conservatoire du littoral. On rejoint ensuite campomoro dont la grande Tour génoise veille sur l’ouverture du Golfe de Valinco ( avec Propriano, loin, au fond).

campomoro-i-pozzi.1186582460.jpg

Ces espaces côtiers, restés désertés par leur habitants au XVème et XVIème siècle du fait des incessantes invasions, se sont repeuplés progressivement au siècle suivant. Quelques familles de notables des villages de la montagne en ont acquis l’ensemble des terrains. Ce régime de grande propriété, celui des signore (par abréviation les sgio), est sans équivalent en Corse. Dans le même temps, des bergers descendus de la montagne avec leurs troupeaux venaient l’hiver cultiver les terres des Sgio, vivant dans des cabanes une vie très précaire. Les bergers devaient reverser aux propriétaires la moitié de leurs récoltes.transhumance.1186584408.jpg

Au retour des beaux jours, les bergers et leurs troupeaux, fuyant la sécheresse des pâtures et le danger de la malaria, remontaient au village. Au plus fort de l’été, ils se trouvaient en montagne, dans les estives, quelquefois avec le plus gros des habitants qui s’installaient dans les bergeries.

Ce mouvement vertical rythmait la vie rurale de l’ensemble des territoires corses. Les déplacements des troupeaux, devenus maintenant plus sédentaires, se limitent souvent aux deux mois d’estive. Peu de bergeries sont vraiment en activité comme à Radule, plus au Nord, près du col de Vergio :bergerie-radulle.1186585461.jpg

ce berger installé avec ses 150 chèvres commercialise ses fromages en direct auprès des randonneurs du GR 20 qui passe opportunément là. Deux mois dans une solitude bien tempérée par les nombreuses visites des marcheurs. Et le ravitaillement en hélicoptère. Le troupeau bénéficie d’un complément en maïs – 150 sacs par saison à livrer en altitude. La bergerie est à 1600m, mais le troupeau passe la journée plus haut, avec les chiens.

radule.1186585977.jpgRetrouvez les sujets du Clairon sur la Corse :

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Pianottoli-Caldarello

port-figari.1183975144.JPGPar Danièle:

Arrivés au port de Figari, j’appelle Jeanine en souvenir de cette semaine d’écriture sur les hauteurs de Pianottoli-Caldarello, il y a onze ans (avril 96). Je pense trouver Jean Louis à qui elle prête souvent sa maison mais le téléphone émet un mauvais sifflement.

J’appelle Jean Louis qui est à Evry avec Simone : Jeanine a vendu sa maison l’an dernier pour se replier dans le Gers! Ribellina c’est fini ! La maison dont nous connaissions toute l’histoire à travers tant de textes au fil de nos ateliers d’écriture, depuis les aventures de la  construction jusqu’au charmes du havre de retraite en passant par les affres du divorce…est passée dans d’autres mains.

rocapina ter-Et nous n’avons même pas réussi à la retrouver en faisant tout le tour de Pianottoli et de Caldarello, mais la plage est toujours aussi belle.rocapina-lion.1184049378.JPG

Nous faisons halte juste un peu plus loin, sous la tête du lion de Roccapina, dans le camping municipal du même nom au-dessus de la plage. Le même sable blanc, l’eau turquoise et les blocs de granit rose érodés par le vent pour former de bizarres figures. Un petit air de Finistère nord démenti par le relief, la végétation et la chaleur.

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Corse : la découverte

Au XIXème siècle, de nombreux romanciers découvrent la corse, ses particularités et ses légendes. Prosper Mérimée avec la célèbre Colomba, mais aussi Alexandre Dumas et Gustave Flaubert. Mais celui qui a trouvé les phrases les plus fortes pour un pays qui l’a passionné est sans doute Guy de Maupassant:

En 1880, Maupassant arrive en corse; son bateau s’approche de ces rivages lointains:

 » Dans la clarté douteuse du jour levant , une tache grise apparaît au loin sur l’eau. Elle grandit, comme sortant des flots, se découpe, festonne étrangement sur le bleu naissant du ciel.

piana-arone-porto.1186418100.jpg

On distingue enfin une suite de montagnes escarpées, sauvages, arides, aux formes dures, aux arêtes aigües, aux pointes élancées. »  (Chronique, La patrie de Colomba, 1884)

calanche-piana.1186418958.jpg« Figurez-vous un monde encore en chaos, une tempête de montagnes que séparent des ravins étroits où roulent des torrents; pas une plaine, mais d’immenses vagues de granit et de géantes ondulations de terre couvertes de maquis ou de hautes forêts de châtaigniers et de pins.cascade-vecchio.1186419140.JPG C’est un sol vierge , inculte, désert, bien que parfois on aperçoive un village, pareil à un tas de rochers au sommet d’un mont… »   ( Le bonheur, 1884)

Le visiteur de 2007, une fois sorti des quelques villes modernes, se retrouve bien dans ces descriptions, livré aux mêmes émotions devant une nature à jamais sauvage. tavignano.1186419051.jpgRetrouvez les sujets du Clairon sur la Corse :

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